Jeux Olympiques de Cortina d'Ampezzo 1956

 

Le choix du représentant allemand s'est fait par le biais d'une qualification olympique.

Toutes les rencontres se tiennent au Stadio Olimpico del Ghiaccio, à Cortina d'Ampezzo, dans le nord de l'Italie. Il est ouvert sur un des côtés et accueille jusqu'à 12000 spectateurs pour les matches principaux.

 

Groupe A (du 26 au 28 janvier)

Italie - Autriche 2-2 (0-2,1-0,1-0)
Canada - Allemagne de l'ouest 4-0 (2-0,2-0,0-0)
Canada - Autriche 23-0 (6-0,11-0,6-0)
Italie - Allemagne de l'ouest 2-2 (1-1,0-1,1-0)
Italie - Canada 1-3 (1-1,0-0,0-2)
Allemagne de l'ouest - Autriche 7-0 (1-0,1-0,5-0) [le 29 janvier]

Classement : 1 Canada 6, 2 RFA 3, 3 Italie 2, 4 Autriche 1.

Avant d'aborder ces JO, l'Italie s'est renforcée de nombreux joueurs d'ascendance italienne mais formés au Canada. Cela ne suffit néanmoins pas à passer le premier tour.

 

Groupe B (du 27 au 29 janvier)

Tchécoslovaquie - États-Unis 4-3 (2-1,0-1,2-1)
États-Unis - Pologne 4-0 (1-0,0-0,3-0)
Tchécoslovaquie - Pologne 8-3 (1-1,6-2,1-0)

Classement : 1 Tchécoslovaquie 4, 2 États-Unis 2, 3 Pologne 0.

Tchécoslovaques et Américains se qualifient pour le deuxième tour.

 

Groupe C (du 27 au 29 janvier)

URSS - Suède 5-1 (1-1,2-0,2-0)
Suède - Suisse 6-5 (2-3,3-1,1-1)
URSS - Suisse 10-3 (4-1,2-0,4-2)

Classement : 1 URSS 4, 2 Suède 2, 3 Suisse 0.

Les Suédois se qualifient avec l'Union Soviétique mais perdent deux joueurs sur blessure dès le premier match. En plus, ils sont logés dans un hôtel très peu confortable où ils n'ont que la place pour dormir. Il n'y a aucun lieu de vie pour parler tactique et il faut faire la queue pour prendre une douche.

 

 

Poule finale (30, 31 janvier, 2, 3 et 4 février)

États-Unis - Allemagne de l'ouest 7-2 (6-0,1-1,0-1)
URSS - Suède 4-1 (1-1,1-0,2-0)
Canada - Tchécoslovaquie 6-3 (1-1,3-2,2-0)

Suède - Tchécoslovaquie 5-0 (1-0,2-0,2-0)
URSS - Allemagne de l'ouest 8-0 (0-0,7-0,1-0)
États-Unis - Canada 4-1 (2-0,0-1,2-0)

États-Unis - Suède 6-1 (1-1,2-0,3-0) [le 1er février]
Canada - Allemagne de l'ouest 10-0 (1-0,4-0,5-0)
URSS - Tchécoslovaquie 7-4 (2-1,3-0,2-3)

Canada - Suède 6-2 (3-2,1-0,2-0)
Tchécoslovaquie - Allemagne de l'ouest 9-3 (2-3,5-0,2-0)
URSS - États-Unis 4-0 (0-0,1-0,3-0)

Suède - Allemagne de l'ouest 1-1 (0-0,1-0,0-1)
États-Unis - Tchécoslovaquie 9-4 (1-0,3-2,5-2)
URSS - Canada 2-0 (0-0,1-0,1-0)

Classement (5 matches)

                   Pts   V  N  D   BP-BC  Diff
1 URSS              10   5  0  0   25-5   +20
2 États-Unis         8   4  0  1   26-12  +14
3 Canada             6   3  0  2   23-11  +12
4 Suède              3   1  1  3   10-17  -7
5 Tchécoslovaquie    2   1  0  4   20-30  -10
6 RFA                1   0  1  4    6-35  -29

Le Canada, représenté par les Kitchener Waterloo Dutchmen, se fait surprendre par les États-Unis à cause d'un grand match du gardien Willard Ikola (39 arrêts). Son vis-à-vis Denis Brodeur a arrêté 26 palets mais a surtout pris un but-gag : l'attaquant américain John Mayasich, fils de mineur que le hockey a aidé à échapper à sa condition et qui vient d'obtenir son diplôme universitaire, dégage dans les airs pour pouvoir changer de ligne, mais Brodeur, gêné par les projecteurs de la patinoire dans ce match en nocturne, perd de vue le palet qui le lobe en lui retombant sur l'épaule. Habituel gardien des Dutchmen, Brodeur est remplacé pour le match suivant par Keith Woodall, un des renforts ajoutés à cette équipe par la fédération canadienne.

Les Canadiens jouent à quitte ou double le dernier jour contre les Soviétiques, puisqu'ils doivent gagner par trois buts d'écart pour conserver leur titre olympique. Ils tentent d'imprimer un haut rythme pour asphyxier l'URSS, mais leur jeu rugueux leur vaut de prendre les premières pénalités. Après un premier tiers sans but, ils voient que c'est sans espoir et changent de tactique, tentant de mieux développer leurs actions car il leur faut absolument marquer. Mais les Soviétiques font valoir leur supériorité technique pour ouvrir le score par Yuri Krylov. Même la demande canadienne d'arroser la glace avant la dernière période, qui est ainsi retardée d'une demi-heure, ne modifie pas le cours du match. Valentin Kuzin inscrit le second but et conforte la victoire. Les deux passes décisives ont été signées Aleksandr Uvarov. L'extrême précision du jeu collectif de la ligne du Dynamo (Kuzin-Uvarov-Krylov), qui endosse souvent un rôle plus défensif en équipe nationale qu'en club, a fait la différence en déroutant les Canadiens.

Si décevante aux précédents championnats du monde en 1955, où on la voyait déjà à cours d'idées et en fin de cycle, l'URSS a encore progressé de manière impressionnante. Le premier défenseur offensif de l'histoire, Nikolaï Sologubov, prend des responsabilités importantes dans ce tournoi olympique, lui qui avait marqué un malheureux but contre son camp lors de la défaite des derniers Mondiaux contre le Canada. Le gardien Nikolaï Puchkov joue également un rôle dans cette victoire par son placement dû à une parfaite lecture du jeu des Canadiens. L'entraîneur canadien Bobby Bauer (le frère du Père David Bauer qui sera le premier dirigeant du "Team Canada" quelques années plus tard) déclare :"Quand vous jouez votre meilleur hockey et que vous perdez, qu'y a-t-il à dire ? Ils nous ont épaté par la précision de leurs mouvements offensifs. La Russie s'est imposée comme une puissance du hockey mondial."

Comme pour son coup d'essai aux championnats du monde, l'équipe soviétique remporte donc les Jeux Olympiques à sa première participation. "Il y a un domaine où les Russes ont atteint des résultats confinant à l'impossible, et ce domaine est le hockey sur glace" reconnaît le New York Times. La formation entraînée par Arkadi Chernyshev s'appuie sur sa première ligne composée des trois vétérans rescapés du crash du VVS, Babich, Shuvalov et bien sûr Bobrov, le premier grand joueur soviétique de l'histoire, mais le centre de la troisième ligne Aleksei Guryshev trouve également le chemin du but plus souvent qu'à son tour. Le Canada, devancé également par les Américains, doit se contenter pour la première fois de la médaille de bronze.

 

Meilleur gardien : Willard Ikola (États-Unis).

Meilleur défenseur : Nikolaï Sologubov (URSS).

Meilleur attaquant : Jack McKenzie (Canada).

Meilleurs marqueurs

                         MJ   B  A Pts  Pén
1 Jim Logan         CAN   8   7  5  12   2'
2 Paul Knox         CAN   8   7  5  12   2'
3 Vsevolod Bobrov   URS   7   9  2  11   4'
4 Gérard Theberge   CAN   8   9  2  11   8'
5 Jack McKenzie     CAN   8   7  4  11   4'
6 John Mayasich     USA   7   7  3  10   2'
7 Aleksei Guryshev  URS   7   7  2   9   0'
8 Vlastimil Bubník  TCH   7   5  4   9  14'

 

 

Poule de consolation (31 janvier, 1er, 2 et 3 février)

Suisse - Autriche 7-4 (3-1,2-1,2-2)

Italie - Autriche 8-2 (4-1,1-1,3-0)
Pologne - Suisse 6-2 (2-1,2-1,2-0)

Italie - Suisse 8-3 (6-1,1-2,1-0)
Pologne - Autriche 4-3 (2-2,0-1,2-0)

Italie - Pologne 5-2 (0-0,3-1,2-1)

Classement : 1 Italie 6, 2 Pologne 4, 3 Suisse 2, 4 Autriche 0.

L'Italie, emmenée par Branduardi, Crotti et Agazzi, prend finalement la septième place. Ces JO donnent une grande impulsion au hockey sur glace à Cortina, puisque le club local remporte le championnat italien dès la saison suivante, vingt-cinq ans après son dernier titre, et gagnera ensuite la quasi-totalité des titres jusqu'au milieu des années soixante-dix.

 

 

Les JO précédents (Oslo 1952)

Les JO suivants (Squaw Valley 1960)

 

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