Décembre 2009 : anecdotes

 

Un sponsor nommé Doping

Tout commence en 1999. Ivo Bebic, professeur de tennis et journaliste sportif de Fribourg-en-Brisgau, dépose la marque "Doping" à l'échelle européenne. Depuis, il essaie vainement de la vendre aux fabricants de boissons énergisantes, qui n'en veulent pas. Dix ans plus tard, il n'a toujours pas abandonné son "idée géniale" et s'allie avec une agence de marketing de Hambourg pour fonder lui-même une entreprise qui commercialisera une boisson à base de caféine sous ce nom. Comme on lui interdit de s'inscrire dans le registre du commerce avec cette dénomination, il appelle sa société "Dipong".

La boisson, elle, s'appelle bel et bien "Doping". Et c'est ce logo que Bebic a voulu faire afficher sur les casques des hockeyeurs de Fribourg-en-Brisgau. Le club n'y voit aucun problème, et son porte-parole évacue les objections en pointant du doigt le club rival local dans les colonnes du Badischer Zeitung : "À Schwenningen, ils font la pub pour un bordel [NB : légal en Allemagne]. Qu'en pensez-vous ?"

La publicité a d'abord été autorisée par l'ESBG, la ligue qui gère la 2e Bundesliga et l'Oberliga, avant qu'elle ne soit obligée de se rétracter devant la polémique provoquée. Le club se plaint de ne pouvoir honorer son contrat avec son sponsor alors qu'il a agi en bonne foi et obtenu l'aval officiel, mais comment s'étonner que les autorités anti-dopage se soient offusquées quand on lit le discours plein d'amalgames bas de gamme de Michael Schönbrodt, le directeur général de Dipong : "Le doping est une part quotidienne de nos vies. Chacun a recours à son doping personne, pour répondre à la pression de la performance. Pour certains c'est le chocolat, pour d'autres des boissons énergisantes et pour quelques-uns malheureusement des moyens pharmaceutiques."

Un arbitre au pilori

Il est assez commun que les arbitres soient promus ou sanctionnés en interne, en fonction de leurs performances. Cependant, il est rare que ces décisions soient annoncées au grand public, sauf en Russie où c'est habituel. Cependant, en début de mois, la DEL a communiqué au sujet d'une erreur de règlement grossière : Mannheim menait 5-4 à six secondes de la fin contre Straubing quand son second gardien Lukas Lang a volontairement bougé sa cage. La règle 554b de l'IIHF indique qu'il aurait dû être sanctionné d'un tir de pénalité, mais Rick Looker n'a sifflé que deux minutes. Conséquence : l'arbitre américain a été suspendu pour six journées, ce qui a évidemment des conséquences financières puisqu'il est professionnel.

Holger Gerstberger, la responsable de l'arbitrage de la DEL, a expliqué : "Il n'y a rien à enjoliver, c'était une faute de règlement de l'arbitre. Nous avons agi pareil les saisons précédentes dans le cas d'erreurs aussi graves. Looker parle de blackout. Il ne peut pas l'expliquer. Il connaît cette règle : c'est la même dans le monde entier, des moustiques aux juniors, et elle existe depuis des années." Décidément, le pauvre Looker, arbitre américain engagé comme professionnel, continue de faire parler de lui plus souvent que es collègues allemands pour la plupart amateurs, alors qu'il s'était un peu fait oublier depuis les polémiques de 2006.

Pas de pitié ni de respect pour la Lettonie

La Lettonie, avec dans ses rangs l'attaquant d'Asnières Rolands Vigners (2 points en poule mais avec une fiche de -9, la plus mauvaise de son équipe), connaît un championnat du monde des moins de 20 ans très difficile, avec 43 buts encaissés en 4 rencontres, dont un 16-0 qui est maintenant la plus grande victoire canadienne en effaçant des tablettes le 15-0 contre la France. L'amour-propre des Lettons avait déjà pris un sérieux coup à leur arrivée au Canada. En recevant les tenues confectionnées par le fournisseur officiel du tournoi, leurs responsables ont en effet eu la désagréable surprise de voir agrafé sur leurs maillots le drapeau... allemand ! Ils ont dû y coudre eux-mêmes le vrai drapeau de leur pays...

 

 

Les citations du mois

 

"Il pourrait y avoir Obama derrière le banc, cela ne nous aiderait pas"

Les dirigeants de Hambourg se sont rangés à l'opinion fataliste de leur capitaine Alexander Barta : même après huit défaites consécutives, l'entraîneur Paul Gardner n'a pas été viré, et son équipe a fini par remporter ses deux dernières rencontres de l'année.

- Les policiers finlandais ne prennent pas de pots-de-vin ?

- Jamais. Je plains l'homme qui oserait leur offrir de l'argent. Il encourt de gros problèmes.

- Quels gens étranges...

Interview de Hannes Hyvönen, l'attaquant du Dynamo Minsk, en interview dans Pressbol. Cela s'appelle un choc culturel entre un hockeyeur de Finlande - le pays le moins corrompu au monde - et un journaliste du Bélarus - le pays le, hem, le Bélarus, quoi.

"Je vais probablement regretter d'avoir dit ça mais ils peuvent aller se faire foutre !"

Mikael Samuelsson, réagissant à son absence de la sélection olympique de Suède, cité sur son compte Twitter par Dan Murphy - commentateur des rencontres des Vancouver Canucks et intime du vestiaire. Le regrettera-t-il effectivement et sera-t-il le premier appelé en cas de blessure comme on le suggérait ?

 

 

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Le mois suivant (spécial Jeux Olympiques)

 

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