Coupe Canada 1981

 

Initialement prévue pour 1980, cette deuxième Coupe Canada est reportée d'un an en raison des problèmes politiques liés à l'invasion de l'Afghanistan par les Soviétiques : le Canada et les États-Unis boycottent les Jeux Olympiques de Moscou et ne veulent pas accueillir l'équipe d'URSS sur leur sol. Un an après, la tension n'est pas retombée pour certains. Harold Ballard, le tumultueux président des Toronto Maple Leafs qui a passé un an en prison pour évasion fiscale quelques années plus tôt, est toujours anti-russe au point de refuser catégoriquement que l'équipe soviétique mette les patins sur la glace du Maple Leaf Gardens, dont il est propriétaire.

La compétition évite donc Toronto et se déroule du 1er au 13 septembre 1981 à Montréal, Edmonton, Winnipeg et Ottawa. Au départ, Québec devait également accueillir deux rencontres (Tchécoslovaquie-Suède et une demi-finale), mais, parce qu'un match amical entre Canadiens et Américains n'y a attiré que 4055 spectateurs, elles sont déplacées à Ottawa. En agitant l'idée de la participation d'une équipe québécoise séparée du Canada, puis en appelant au boycott parce qu'aucun joueur des Nordiques de Québec n'a été sélectionné, l'agent de joueurs Guy Bertrand contribue par son sens de la polémique à cet accueil très froid dans cette ville. Les affluences sont néanmoins décevantes un peu partout, notamment en raison des tarifs d'entrée élevés.

États-Unis - Suède 3-1 (2-0,0-1,1-0)
URSS - Tchécoslovaquie 1-1 (0-0,1-1,0-0)
Canada - Finlande 9-0 (1-0,5-0,3-0)

Tchécoslovaquie - Finlande 7-1 (2-1,0-0,5-0)
URSS - Suède 6-3 (2-0,1-2,3-1)
Canada - États-Unis 8-3 (1-1,2-0,5-2)

Suède - Finlande 5-0 (1-0,0-0,4-0)
URSS - États-Unis 4-1 (1-0,2-1,1-0)
Canada - Tchécoslovaquie 4-4 (2-2,1-0,1-2)

Canada - Suède 4-3 (2-0,1-1,1-2)
États-Unis - Tchécoslovaquie 6-2 (0-1,2-1,4-0)
URSS - Finlande 6-1 (2-0,1-1,3-0)

Finlande - États-Unis 4-4 (1-1,1-2,2-1)
Tchécoslovaquie - Suède 7-1 (2-0,3-1,2-0)
Canada - URSS 7-3 (1-0,1-2,5-1)

Classement

                    Pts  V  N  D    BP-BC  Diff
1 Canada             9   4  1  0    32-13  +19
2 URSS               7   3  1  1    20-13  +7
3 Tchécoslovaquie    6   2  2  1    21-13  +8
4 États-Unis         5   2  1  2    17-19  -2
5 Suède              2   1  0  4    13-20  -7
6 Finlande           1   0  1  4     6-31  -25

Les Canadiens ne veulent plus répéter les erreurs du passé, commises notamment en 1979 quand une sélection de stars de NHL a été battue en trois manches par les Soviétiques à New York, dont un humiliant 0-6 au dernier match. On ne constitue donc pas une équipe de vedettes, mais une formation équilibrée où chacun a son rôle. La préparation ne dure pas deux jours, mais un mois entier. Résultat, le Canada a la faveur des pronostics, domine le premier tour et se joue au passage des Soviétiques (7-3).

Mais l'URSS avait aligné sur ce match son second gardien Vladimir Myshkin et non pas l'excellent Tretiak... Les Soviétiques ont également été atteints le 27 août par la nouvelle de la mort dans un accident de voiture du joueur-vedette des années 70, Valeri Kharlamov, renvoyé dans ses foyers quelques jours plus tôt.

La nouvelle génération tchécoslovaque commence à montrer le bout du nez, tandis que les Américains confirment leurs progrès même s'il leur manque un vrai buteur. La déception vient de l'équipe de Suède. Elle avait rappelée une quinzaine de ses joueurs évoluant en NHL, mais l'amalgame ne s'est jamais fait et ce groupe hétérogène a été éliminé.

 

Demi-finales (11 septembre 1981 à Ottawa et Montréal)

URSS - Tchécoslovaquie 4-1 (3-0,1-0,0-1)
Canada - États-Unis 4-1 (3-0,0-1,1-0)

Les demi-finales sont réglées dès le premier tiers-temps. L'URSS et le Canada se qualifient pour la finale attendue grâce à des doublés respectifs de Sergueï Shepelev et Mike Bossy.

 

Finale (13 septembre 1981 à Montréal)

Canada - URSS 1-8 (0-0,1-3,0-5)

L'URSS adopte une stratégie d'abord prudente et compte sur un excellent Tretiak pour frustrer les attaquants canadiens, particulièrement le jeune Wayne Gretzky, qui a beaucoup impressionné les Soviétiques qui ont chargé Sergueï Babinov et Zinetula Bilyaletdinov de l'empêcher de diriger le jeu derrière la cage. Puis, à la mi-match, les Soviétiques accélèrent irrésistiblement. Les ailiers ont l'ordre d'attirer le long des bandes les défenseurs adverses, trop contents de les mettre violemment en échec. Mais le palet est transmis au centre juste avant le contact, et des boulevards s'ouvrent devant l'attaque russe, beaucoup plus rapide que ses adversaires.

Une controverse éclate à la fin du tournoi lorsque des joueurs soviétiques emmenés par le vétéran Aleksandr Maltsev tentent d'emballer le trophée pour le transporter avec eux. Alors qu'ils avaient cru avoir le droit de ramener la coupe qu'ils avaient gagnée, les Soviétiques sont accusés d'avoir voulu le voler. La Coupe est en effet la propriété du gouvernement canadien et n'est pas censée être conservée par le vainqueur. Finalement, un homme d'affaires canadien fera faire une réplique du trophée, qui sera envoyée en URSS.

 

Meilleurs marqueurs

                             B  A Pts
1 Wayne Gretzky        CAN   5  7  12
2 Mike Bossy           CAN   8  3  11
3 Bryan Trottier       CAN   3  8  11
4 Guy Lafleur          CAN   2  9  11
5 Aleksei Kasatonov    URS   1 10  11

Meilleur joueur : Vladislav Tretiak (URSS).

Équipe-type : Vladislav Tretiak (URSS) ; Arnold Kadlec (TCH) - Aleksei Kasatonov (URSS) ; Sergueï Shepelev (URSS) - Gilbert Perreault (CAN) - Mike Bossy (CAN).

Trophée du fair-play : Guy Lafleur (Canada).

 

 

La Coupe Canada précédente (1976)

La Coupe Canada suivante (1984)

 

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