France - Suède (2 mai 1999)

 

Championnats du monde 1999, premier tour, groupe B.

Niklas Sundstr÷m

Les Français ont surtout besoin de se rassurer pour ce premier match face aux champions du monde en titre, la pression attendra les matches décisifs contre la Lettonie et la Suisse. Mais après moins de deux minutes de jeu, Maurice Rozenthal prend la première pénalité du match pour une charge par-derrière, donnant l'occasion aux Suédois de s'installer dans le camp français pendant plusieurs minutes, même après le retour à l'égalité numérique. Mais Gravel, titularisé dans les buts, réalise quelques arrêts importants, et les assauts suédois sont finalement repoussés. Après 10 minutes de jeu, Christian Pouget s'échappe sur la gauche et centre sur Arnaud Briand qui prend le premier lancer dangereux de la partie côté français. Une minute plus tard, les Suédois répliquent : la cage semble ouverte pour l'attaquant de MoDo, Samuel Påhlsson, mais Gravel intercepte magnifiquement. Suite à une pénalité de Perez, c'est au tour d'Alfredsson, servi par Naslund, de se retrouver face à Gravel, mais le gardien français a encore le dernier mot. Au bout d'un quart d'heure, Niklas Sundström part seul en contre-attaque dans le dos de Lemoine, et en plongeant pour tenter un poke-check, Gravel se troue et lui laisse la cage vide pour ouvrir le score.

Même si leur indiscipline les contraint à tuer deux nouvelles pénalités, les Français se montrent beaucoup plus dangereux offensivement dans le deuxième tiers-temps que dans le premier. Ainsi, Benoît Bachelet, en lutte derrière la cage adverse, pousse intelligemment du patin le palet derrière lui, et Guillemard échoue sur Rönnqvist (Salo n'arrive d'Edmonton que demain). À la 28e minute de jeu, Nylander fait le tour de la cage, mais Gravel, couché sur la glace, réussit à intercepter avec son gant. Pourtant, les Bleus vont finir par craquer. Sur un lancer de la bleue de Per Djoos avec Jan Larsson en écran, Gravel laisse un rebond et Daniel Alfredsson est absolument seul avec l'angle grand ouvert. Deux minutes plus tard, sur un lancer non cadré, le palet rebondit sur la bande derrière les buts de Gravel, qui ne peut se saisir de la rondelle lorsqu'elle revient vers lui, et Niklas Lundström, opportuniste, signe son doublé personnel. Ce but un peu idiot laisse la France avec trois buts de retard à la pause et quelques regrets.

Au troisième tiers-temps, la France confirme ses dispositions en infériorité numérique en se sortant encore sans dommages des pénalités de Lemoine - pénalisé à sa première présence pour la seconde période de suite... - et Ouellet. À neuf minutes de la fin, Sundström et Falk sont envoyés consécutivement en prison, offrant leur première supériorité numérique aux Français. À 5 contre 3, les Bleus multiplient les lancers et sont finalement récompensés : à quatre secondes de la fin de la pénalité de Sundström, après un tir de Poudrier, Arnaud Briand prend le rebond et réduit le score. Mais, une minute plus tard, le défenseur Per Djoos anéantit les espoirs tricolores en marquant le quatrième et dernier but. Cette défaite logique est en fin de compte plutôt encourageante pour les Français, surtout en comparaison avec le dernier match de préparation contre l'Autriche, mais ils devront concéder moins de pénalités s'ils ne veulent pas partir avec un handicap face à la Lettonie et la Suisse.

Désignés joueurs du match : François Gravel pour la France et Kim Johnsson pour la Suède.

Marc Branchu

Commentaires d'après-match (dans L'Équipe)

Mikael Lundström (entraîneur de la France) : "Je crois qu'on était dans le vrai pour jouer la Suède. On a eu une première période difficile, c'est certain, mais après nous nous sommes améliorés au fil des minutes. On s'est même créé un certain nombre d'occasions qu'on n'a pas pu transformer. J'ai aimé notre réaction, la manière dont nous nous sommes battus jusqu'au bout pour essayer de revenir. En ne lâchant jamais le match, notamment dans la dernière période. Je pense que ce qu'on a fait là est très important pour la suite ; ça doit nous donner confiance. Les Lettons ne sont pas aussi forts que les Suédois, bien sûr. Mais ils sont excellents patineurs, très en rythme, Ó mon avis meilleurs Ó l'attaque qu'en défense. Ils seront les favoris logiques. Gravel a été très bon, mais c'était un match typiquement pour lui. Avec Huet, on a deux excellents gardiens techniquement très différents. Je verrai demain qui jouera contre la Lettonie."

 

France - Suède 1-4 (0-1, 0-2, 1-1)
Dimanche 2 mai 1999 à 18h00 au Jordal Amfi d'Oslo. 2115 spectateurs.
Arbitrage de Sergei Karabanov (RUS) assisté d'Eduards OdinÜ (LET) et Hirokazu Takahashi (JAP).
Pénalités : France 16' (4', 6', 6') ; Suède 8' (0', 2', 6').
Tirs : France 21 (3, 8, 10) ; Suède 34 (10, 15, 9).

Évolution du score :
0-1 à 14'57" : Sundström assisté de Näslund
0-2 à 34'28" : Alfredsson assisté de Larsson et Djoos
0-3 à 36'37" : Sundström assisté d'Eriksson
1-3 à 53'20" : Briand (double sup. num.)
1-4 à 54'10" : Djoos assisté d'Alfredsson

 

France

Attaquants :
Christian Pouget (-2) - Arnaud Briand (-2) - Philippe Bozon (A, -2)
Richard Aimonetto (-1) - Robert Ouellet (-2, 2') - Stéphane Barin (-1)
Maurice Rozenthal (2') - Anthony Mortas (2') - Pierre Allard
Franšois Rozenthal - Franck Guillemard (-1) - Benoît Bachelet (-1)
Laurent Meunier

Défenseurs :
Jean-Philippe Lemoine (C, -2, 4') - Serge Poudrier (-2)
Denis Perez (A, -1, 4') - Karl Dewolf (-2)
Gérald Guennelon - Jean-Christophe Filippin (2')
Grégory Dubois (-1)

Gardien :
Cristobal Huet

Remplašant : Franšois Gravel (G). En réserve : Fabrice Lhenry (G).

Suède

Attaquants :
Markus Näslund (+2) - Nichlas Falk (C, +2, 2') - Niklas Sundström (+2, 2')
Michael Nylander (+2) - Jan Larsson (A, +2) - Daniel Alfredsson (+2)
Jesper Mattsson (2') - Jörgen Jönsson (A, 2') - Ove Molin
Peter Nordström, Samuel Påhlsson

Défenseurs :
Anders Eriksson (+2) - Jan Huokko (+2)
Kim Johnsson - Christer Olsson
Hans Jonsson (+2) - Pär Djoos (+2)

Gardien :
Petter Rönnqvist, remplacé par Johan Hedberg de 34'18" à 34'28"

 

Les championnats du monde 1999