Viry-Châtillon - La Roche-sur-Yon (7 février 2004)

 

Match comptant pour la première journée de la poule finale de division 2.

C'est le jour de vérité. On est en poule finale, et on passe aux choses sérieuses. C'est aussi valable pour le public, finies les invitations disponibles dans les boutiques de la ville, désormais il faut payer sa place et débourser cinq euros (et l'affluence chute de moitié, l'Essonien est radin !). La Roche-sur-Yon a annoncé la couleur ce matin dans Ouest France en déclarant jouer la montée en D1, ce qui passe nécessairement, sans s'en cacher, par une victoire à Viry-Châtillon... qui est invaincu à domicile.

Impression de "déjà vu"

Des déclarations aux actes, il n'y a qu'un pas. Robert Blaha intercepte une mauvaise relance de Germack à la bleue et gagne son face-à-face avec Francis Larivée (0-1 à 05'39"). Après cette nouvelle bévue coûteuse, et comme contre Annecy, Ludovic Germack ne remontera plus sur la glace. La mise à l'écart est cette fois-ci définitive et Viry jouera à cinq défenseurs. Mais le mauvais départ des Castelvirois est collectif. Ils sont encore une fois trop peu incisifs en début de partie, et La Roche-sur-Yon engrange pendant ce temps avec beaucoup de réalisme par Xavier Davranche (0-2 à 09'16").

Viry-Châtillon est maîtrisé physiquement et ne fait la différence ni individuellement ni collectivement, même pas en supériorité numérique. Il y a globalement une légère domination locale mais les séquences de passes les plus propres sont les remontées de palet vendéennes. On frôle déjà le pire à la dix-septième minute pendant que Jérémy Buigues est trop occupé à s'expliquer avec Samson Samson, qui avec son engagement physique habituel finit toujours ses charges y compris sur des joueurs qui n'ont plus le palet. La défense est du coup absente et Bertrand Pousse se retrouve seul devant Larivée, qui maintient son équipe dans le match par cet arrêt. Et une minute plus tard, Sébastien Roujon réduit le score (1-2 à 17'17"). L'espoir demeure. Des débuts de match catastrophiques, on en a vu d'autres ici, et ça s'est toujours bien terminé. Mais à jouer avec le feu... Cédric Gassiot part en breakaway, fait se coucher le gardien et lève le palet... hors cadre. La pause intervient à temps.

La poigne... qui laisse échapper sa proie

Dès la deuxième période, il y a un renversement de tendance dans l'engagement physique. Le meilleur symbole, c'est que Robert Blaha, coupable d'une charge douteuse après le coup de sifflet de l'arbitre, est puni régulièrement et dans le jeu en un contre un par le défenseur castelvirois. À partir de maintenant, les duels sont à l'avantage de Viry-Châtillon. Sur une relance du gardien contrée dans les airs, Bertrand Danton reprend de volée (2-2 à 26'59").

À 31'02", Davranche s'en prend à plus petit que soi en décoiffant Ledoux, et c'est Bertrand Danton qui vient s'interposer pour défendre son compagnon de ligne. Cela équilibre les pénalités, mais les dix minutes de méconduite assorties à la sanction vendéenne poussent l'entraîneur-joueur Cédric Gassiot à venir engueuler dans sa prison Davranche, coupable d'avoir "mis dans la merde" son équipe. Cela ne bouleverse pas outre mesure les alignements, mais cela permet à Cyril Selin de rentrer en remplacement sur la première ligne (après avoir joué les substituts). Quant à Bertrand Danton, en sortant de sa geôle, il s'en va donner directement l'avantage à Viry d'un revers en angle fermé (3-2 à 33'11").

C'est bon, le score a été rétabli, on arrête de jouer... La Roche-sur-Yon ne tolère pas un tel manque de respect, Cédric Gassiot égalise rapidement d'un tir de l'enclave (3-3 à 34'51"), et puis Francis Larivée s'emmêle les bottes sur un tir de Thomas Lhomme (3-4 à 37'56"). Et Viry connaît une nouvelle fin de tiers difficile en infériorité numérique...

Les buts somptueux ne comptent pas double

Les atouts sont pourtant là pour l'équipe locale : la technique et l'engagement du capitaine Arnaud François, le travail des frères Roujon, l'appui de Hugo Astic pour les tirs de la bleue et la présence physique en défense, et bien sûr les casques d'or, avec un premier beau mouvement collectif qu'ils mènent avec Benjamin Aubry. Ils font parler leur vitesse et leur technique, Kévin Ledoux élimine un défenseur en un contre un par l'extérieur, Romain Danton est à l'affût d'une relance offerte de Grimaud, mais ce qui manque, c'est l'efficacité, car Paul Charret, il ne faut pas l'oublier, est particulièrement solide dans ses buts. Et contre le cours du jeu, La Roche-sur-Yon creuse l'écart, sur deux supériorités numériques. Un tir de Blaha fuse entre les jambières de Larivée (3-5 à 47'13"), qui se prend ensuite sa deuxième pénalité du match. Une seconde après la fin de celle-ci, le gardien canadien, dans un mauvais jour, rate une sortie derrière ses buts, permettant à Arnaud Disnard d'envoyer le palet dans le but vide (3-6 à 50'13").

Viry-Châtillon demande alors un temps mort. Trois buts à remonter en dix minutes, c'est presque mission impossible. Mais cela paraît envisageable une minute plus tard après un débordement grandiose de Kévin Ledoux, petite souris à centre de gravité bas qui évite que les gros matous le serrent contre la bande, et centre parfaitement pour la reprise de Romain Danton (4-6 à 51'27"). Mais deux buts, cela reste une avance confortable, et La Roche-sur-Yon parvient ensuite à contrôler le match défensivement. Et même quand Larivée sort de ses cages, le tir de Blaha atteint avec précision les filets déserts, accompagné des yeux par un Cédric Gassiot tout joyeux, qui fête la victoire acquise par de petits sauts de cabri (4-7 à 59'22").

Casques d'or en cache-misère ?

La poule finale ne pardonne rien. Les cadeaux de début de match, les passages à vide une fois l'effort fait pour rétablir un score favorable, cela avait pu passer même face à Annecy, mais pas aujourd'hui, pas avec une telle inefficacité offensive et avec un match médiocre de Larivée. Évidemment, la situation de Viry-Châtillon est compromise. Maintenant, il ne faut plus calculer. Après avoir concédé sa première défaite chez soi contre La Roche-sur-Yon, une équipe bien meilleure à domicile qu'à l'extérieur, il faudra réussir l'exploit en Vendée... et partout ailleurs.

Quand la défaite menace, Viry s'en remet de plus en plus aux mêmes solutions. Mais ce recours aux casques d'or serait-il plus une faiblesse qu'une force ? En effet, dans une équipe supposée homogène, et qui l'est dans des circonstances faciles, il est bizarre que ce soit toujours la même ligne qui ait la charge de marquer quand ça se corse. Oui, Kévin Ledoux a des qualités individuelles indéniables. Oui, on a même vu Romain Danton se lancer sans crainte au milieu de deux défenseurs, et commencer à convertir sa vitesse en puissance. Mais il a fallu attendre une situation de quatre contre quatre en fin de premier tiers-temps pour qu'ils exploitent les espaces et apparaissent. Ils étaient aux abonnés absents pour aller au charbon en début de match. Dans l'état actuel des choses, ils ne peuvent plus se contenter d'attendre un peu que tout le monde soit fatigué pour faire leurs fins de rencontre du feu de dieu. Ou alors, qu'on les utilise à dessein dans ce rôle-là, mais il faudra dans ce cas que quelqu'un d'autre assume en début de match quand l'adversaire impose un défi physique, et personne ne l'a fait, les vacances prolongées de Pasquereau y étant peut-être pour quelque chose. On ne peut pas gérer un match de compétition relevée comme un autre où la marge de sécurité est suffisante. Et l'on en vient à se dire qu'Éric Lamoureux aurait sans doute été plus utile au coaching que sur la glace ce soir.

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Commentaire d'après-match (dans Le Républicain)

Éric Lamoureux (entraîneur-joueur de Viry) : "C'est un match à oublier. Il est toujours facile de blâmer les arbitres, mais nous n'avons pas fait notre match. Tout n'est pas rose mais nous restons à deux points des places qualificatives. Certes, notre marge de manœuvre est inexistante et nous sommes dos au mur, mais connaissant les joueurs nous allons réagir et rien n'est perdu.

 

Viry-Châtillon - La Roche-sur-Yon 4-7 (1-2, 2-2, 1-3)

Samedi 7 février 2004 à 20h30 à la patinoire municipale de Viry-Châtillon. 180 spectateurs.

Arbitrage de Michel Hamont et Christian Maltaverne.

Pénalités : Viry-Châtillon 10' (2', 4', 4'), La Roche-sur-Yon 18' (6', 2'+10', 0').

Tirs : Viry-Châtillon 43 (11, 16, 16), La Roche-sur-Yon 26 (8, 11, 7).

Évolution du score :

0-1 à 05'39" : Blaha

0-2 à 09'16" : Davranche assisté de Gassiot et Blaha

1-2 à 17'17" : S. Roujon assisté d'O. Roujon

2-2 à 26'59" : B. Danton assisté de Ledoux

3-2 à 33'11" : B. Danton assisté de François

3-3 à 34'51" : Gassiot

3-4 à 37'56" : Lhomme assisté de Lévêque

3-5 à 47'13" : Blaha assisté de Gassiot (sup. num.)

3-6 à 50'13" : Disnard assisté de Lévêque

4-6 à 51'27" : R. Danton assisté de Ledoux

4-7 à 59'22" : Blaha (cage vide)

 

Viry-Châtillon

Gardien : Francis Larivée.

Défenseurs : Jérémy Buigues - Hugo Astic ; Guillaume Jeannette (A) - Clément Dinay ; Ludovic Germack - Guillaume Cormont.

Attaquants : Arnaud François (C) - Olivier Roujon - Sébastien Roujon ; Benjamin Aubry - Éric Lamoureux - Chris Desuert ; Bertrand Danton - Kévin Ledoux - Romain Danton ; Rémi Jeannette - Mickaël Marouillat - Mohamed Benyahia.

Remplaçant : Thierry Lallemand (G). Absents : Olivier Monneau (ligaments du genou), Julien Pasquereau (tout juste revenu de l'étranger).

La Roche-sur-Yon

Gardien : Paul Charret.

Défenseurs : Cyril Sabatier - Julien Thomas ; Benoît Barreteau - Frédéric Grimaud ; Samson Samson (a débuté le match sur la troisième ligne d'attaque à la place de Cler).

Attaquants : Robert Blaha - Cédric Gassiot - Xavier Davranche ; Thomas Lhomme - Arnaud Disnard - Frédéric Levêque ; Benoît Thomas - Bertrand Pousse - Gaël Cler ; Cyril Selin.

Remplaçant : Yohann Barreteau (G). Absents : Martin Dubaj, Thomas Le Cam.

 

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