Amiens - Grenoble (20 janvier 2007)

 

Match comptant pour la vingt-deuxième journée de la Ligue Magnus 2006/07.

L'addition s'il vous plaît !

Une nouvelle fois étrillés à l'extérieur, à Briançon, les Gothiques se doivent de réagir au Coliseum pour assurer le minimum vital d'une place en playoffs. Mais l'adversaire proposé aux Picards n'est autre que Grenoble, et vu les difficultés posées par l'Hormadi onze jours plus tôt, la tâche paraît bien compliquée, sinon insurmontable comme le susurrent certains.

Pourtant Amiens propose une entame de match assez séduisante, une accélération de Brice Chauvel sur la droite prenant de vitesse la paire Woods-Amar. Eddy Ferhi s'interpose, tout comme devant Laurent Gras. L'envie picarde est toutefois sanctionnée sur la première montée de la ligne Papa-Tartari-Montesinos (3'59). Dans la continuité d'un contre de François Rozenthal repoussé par la jambière de son ultime rempart, Grenoble installe son jeu de puissance et, temporisant à hauteur du rond point d'engagement, Ludek Broz trouve la lucarne d'un lancer du poignet (1-0, 4'55). Ce coup du sort pique les Gothiques au vif. Pazak cherche à contourner un Ferhi bien positionné (5'46), suivi peu après de Loïc Sadoun, du revers, sans plus de succès car le gardien ferme encore son angle (6'49). Bien en place défensivement, et parfaitement épaulés par l'ancien angloy, les Brûleurs de Loups pointent ensuite le nez en zone offensive pour leur deuxième véritable accélération, elle aussi à l'origine d'une faute picarde (8'41). Jean-François Bonnard croit en profiter mais Henri-Corentin Buysse ferme la porte, avant que Valcak ne lance trop haut, dans une position pourtant intéressante. Sur son repli défensif, l'attaquant grenoblois commet même une faute sur Vincent Bachet.

En infériorité, les visiteurs s'en remettent à Ferhi pour faire face aux assauts dirigés vers une cage sinon assiégée, du moins sujette à un trafic assez dense, notamment sur le missile de Jonathan Gauthier (11'15). Divers protagonistes cherchent à s'emparer de la rondelle, et les premiers échanges de politesse opposent Glaude à Treille, Bonnard récoltant au passage les vivas de ses fans du Coliseum. Grenoble parvient finalement à tuer la pénalité, par son abnégation personnifiée par Simon Bachelet, et par le brio de Ferhi, impérial devant Pazak, qui pensait convertir le tir de Pulscak (12'35). Mieux, Chauvel à son tour puni suite à une explication derrière le but avec Bonnard, les visiteurs ne tardent pas à en tirer profit, par le biais de leur passeur vedette, à l'origine d'une offrande pour Masa au deuxième poteau, pour un but à l'air de déjà-vu (0-2, 13'28). Avec deux buts d'avance, les Isérois commettent toutefois quelques fautes susceptibles de relancer leurs adversaires. Si la pénalité infligée à Millerioux (14'08) ne donne rien, Baptiste Amar est dans la foulée mis à l'amende (16'47). Viktor Wallin a beau se coucher devant Pazak, le danger n'est que repoussé sur Gauthier, lui aussi contré, mais le défenseur québécois persévère et arme son lancer en direction d'une cage prise d'assaut (1-2, 18'06). Amiens a l'occasion de terminer le tiers en supériorité, mais Nicolas Antonoff provoque la faute de Bachet pour permettre aux siens de regagner le vestiaire l'esprit plus tranquille.

L'hémorragie se poursuit au deuxième tiers, car c'est même Broz qui est invité sur le banc. Eddy Ferhi reste imperturbable, capte du gant le nouveau lancer frappé de Gauthier (22'04) et déjoue une tentative de Vincent Bachet, monté sur la droite. Il faut un avantage de deux hommes pour qu'il s'avoue vaincu, paraissant de facto bien seul sur la reprise à bout portant de Laurent Gras, même s'il fut l'auteur du premier arrêt suite au tir de Sadoun (2-2, 23'19). Grenoble paraît soudain dans le trou, et les discussions s'éternisent entre le corps arbitral, Jean-François Bonnard et Benoît Bachelet. Un nouveau duel Pazak-Ferhi tourne encore à l'avantage de ce dernier, dont la mitaine ne chôme pas (25'11), mais Amiens se montre assez convaincant et le danger revient de manière récurrente dans la zone grenobloise. Loïc Sadoun pilote depuis la gauche une action partie de l'arrière, servant de relais à Gauthier, qui transmet instantanément à Laurent Gras arrivé comme une flèche pour parachever en beauté un travail collectif admirable de vitesse, sur lequel Grenoble ne peut rien, pas même son gardien (3-2, 26'07).

Les Brûleurs de Loups doivent quasiment attendre neuf minutes pour proposer leur premier lancer, par Cyril Papa, dans un match qu'ils ne semblent plus maîtriser après avoir dilapidé un avantage de deux longueurs. Mais les apparences sont trompeuses car la réussite initiale des hommes de Gérald Guennelon revient au meilleur moment pour leur permettre de faire taire une assistance au soutien indéfectible pour les Gothiques. C'est d'abord Roger Jönsson qui s'échappe sur la gauche pour repiquer au centre et glisser la rondelle hors de portée de Buysse (3-3, 32'08). À peine le temps de remettre la rondelle en jeu que, de la droite, Patrik Valcak trouve Nicolas Antonoff idéalement placé au second poteau, dont le tir croisé trompe un gardien gothique bien seul (3-4, 32'27). Grenoble se retrouve de suite dans une rare situation d'avantage numérique, et Jönsson se balade derrière la cage pour mieux servir Jimmy Lindström, dont la reprise en première intention glace l'assistance (3-5, 33'22). Et comme Ferhi reste imperturbable dans son but, au grand dam de Miroslav Pazak (34'35), Baptiste Amar se permet de porter le danger dans le camp adverse, ajustant Henri-Corentin Buysse d'un lancer en lucarne droite (3-6, 36'20). Le jeune gardien amiénois laisse sa place à Éric Raymond, un moment rappelé sur le banc pour permettre un surnombre, mais rien n'y fait car Ferhi sort un nouvel arrêt-réflexe devant Bachet.

Quel scénario réserve le dernier acte ? Un cavalier seul des Grenoblois ou un baroud d'honneur de Gothiques soucieux de jeter leurs dernières forces dans la bataille ? La solution se situe entre les deux, au cours de vingt dernières minutes s'avérant moins animées. D'emblée, Masa rend la pareille à son habituelle rampe de lancement, mais Ludek Broz bute sur Raymond. Grenoble s'applique à préserver son avance, ne laissant pas Ferhi trop exposé, malgré la sortie sur blessure de Bonnard, suppléé par Antonin Manavian. Même Gauthier ne peut trouver la faille sur la seule pénalité subie par les visiteurs (45'24). À forces égales, Broz reprend son rôle habituel de passeur pour Masa, mais Raymond ne tombe pas dans la feinte (48'02). De l'autre côté, un nouvel arrêt de Eddy Ferhi devant Pazak fait comprendre aux Gothiques que la messe est dite, car le portier isérois ne laisse pas les rebonds si recherchés par ses adversaires. Seuls Gras, esseulé, et Elie Marcos, à la reprise d'une passe de Pazak, se créent de rares occasions, et c'est même Amar, encore avancé, qui arme son tir pour contraindre Raymond à la dernière parade de la rencontre. L'écart se creuse entre Amiens et le haut du tableau.

Désignés meilleurs joueurs du match : Ludek Broz pour Grenoble et Laurent Gras pour Amiens.

Compte-rendu signé Mathieu Hernaz

 

Commentaires d'après-match

Denis Perez (entraîneur d'Amiens) : "Il nous a manqué six minutes de vigilance. Ils ont marqué rapidement mais l'équipe a bossé, a repris la gestion du match. Il y eut des choses positives, rassurantes, puis... C'est usant, frustrant. Il nous faut des matchs avec zéro erreur, c'est ce qui est usant. Sur les deux premiers buts, ils ont 100% de réussite et nous 100% de frustration. J'espère que cela basculera de notre côté. Il faut l'accepter, penser à autre chose, redynamiser tout cela mais cela fait mal. Il y a eu du renouveau, on a notamment attaqué la cage. C'est dur, il n'y a pas d'autres mots. Les mecs en prennent suffisamment dans la tête. Il n'est pas question de baisser les bras, surtout moi. J'espère que la fin viendra vite car il y en a marre. Il y a la volonté de faire des bonnes choses pour l'ensemble du groupe, pour le club, mais nous ramons en permanence. Nous ne baisserons pas les bras, il faut que cela tourne en notre faveur. Sur ce match et celui de Briançon, nous payons les erreurs cash. Le public répond présent, la patinoire est pleine, les gens y croient et ont raison, mais on traverse un moment difficile qui devient long."

Jean-Philippe Glaude (défenseur d'Amiens) : "C'est frustrant. Je dois peser mes mots mais c'est défaite sur défaite. On a beau travailler cela ne tourne pas pour nous depuis quatre matchs. Le seul moyen de s'en sortir est de bosser, chacun individuellement devra donner plus. On a bien joué en début de deuxième tiers avant de connaître cinq minutes cauchemardesques. Le même refrain recommence. Je ne me cache pas, depuis Rouen il faut bosser plus. Chacun doit se regarder dans le miroir. On n'a rien fait de bon depuis."

Jean-François Bonnard (défenseur de Grenoble) : "On se demandait comment Amiens allait réagir après deux déculottées. On a bien démarré car on devait faire un bon premier tiers. Ils marquent deux fois en supériorité puis une troisième fois dans la foulée mais on a de suite su réagir. Notre indiscipline fait partie des risques du jeu et de la tolérance zéro. À nous de faire attention, quand nous sommes physiquement supérieurs, à ne pas tomber dans l'excès d'énergie. Nous marchons bien cependant en infériorité numérique. La réaction du groupe signifie que tout le monde s'investit, chacun veut gagner sa place. Les jeunes ne se cachent pas derrière les joueurs plus expérimentés, ils sont prêts à payer le prix. Nous devons jouer l'une des deux premières places pour obtenir l'avantage de la glace, c'est important de continuer à bien jouer. Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas gagné aussi facilement à Amiens. La roue tourne vite, quand on joue mal on en tire les leçons et on n'a pas envie d'y retourner."

 

Amiens - Grenoble 3-6 (1-2, 2-4, 0-0)

Samedi 20 janvier 2007 à 20h30 au Coliseum. 3200 spectateurs.

Arbitrage de Marc Mendlowictz assisté de Thibaud Juret et Benjamin Gremion.

Pénalités : Amiens 22' (10', 8', 4'), Grenoble 36' (10', 14'+10', 2').

Évolution du score :

0-1 à 04'55" : Broz assisté de Masa (sup. num.)

0-2 à 13'28" : Masa assisté de Broz et Hecquefeuille (sup. num.)

1-2 à 18'06" : Gauthier assisté de Rozenthal (sup. num.)

2-2 à 23'19" : Gras assisté de Sadoun et Gauthier (double sup. num.)

3-2 à 26'07" : Gras assisté de Gauthier et Sadoun

3-3 à 32'06" : Jönsson assisté de Millerioux

3-4 à 32'27" : Antonoff assisté de Valcak et Treille

3-5 à 33'22" : Lindström assisté de Jönsson (sup. num.)

3-6 à 36'20" : Amar

 

Amiens

Gardiens : Henri-Corentin Buysse puis à 36'20" Éric Raymond (sorti de 39'36" à 39'55").

Défenseurs : Vincent Bachet - Frantisek Pulscak ; Jean-Philippe Glaude - Jonathan Gauthier ; Thomas Roussel -Benjamin Dieude-Fauvel ; Julian Marcos.

Attaquants : Miroslav Pazak - Anthony Mortas (C) - Brice Chauvel ; Loïc Sadoun - Laurent Gras (A) - François Rozenthal (A) ; Elie Marcos - Lionel Wiotte - Simon Petit ; Geoffrey Paillet - [J. Marcos] - Rob Millar.

Remplaçant : Nicolas Primout.

Grenoble

Gardien : Eddy Ferhi.

Défenseurs : Baptiste Amar (A) - Brad Woods ; Viktor Wallin - Jean-François Bonnard (A) [puis Antonin Manavian à 40'00"] ; Simon Bachelet - Martin Millerioux.

Attaquants : Martin Masa - Ludek Broz - Kévin Hecquefeuille ; Benoît Bachelet (C) - Roger Jönsson - Jimmy Lindström ; Nicolas Antonoff - Patrik Valcak - Sacha Treille ; Cyril Papa - Christophe Tartari - Joan Montesinos.

Remplaçant : Frédéric Dorthe (G). Absents : Martin Paquet (rentré au Québec, deuil familial), Teddy Trabichet (blessé à l'orteil).

 

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