Tours - Rouen (3 novembre 2007)
Match comptant pour la dixième journée de la Ligue Magnus.
L'un des chocs au sommet de cette 10e journée se déroule donc à "l'Elyseum" entre Rouen et Tours. 2e attaque et 4e défense, les Dragons ont fait parler la poudre depuis le début de saison, faisant notamment tomber le meneur du classement, Angers, cette semaine. Tours, en net regain de forme après un mois d'octobre fructueux, passe son premier gros test après le départ de Jonathan Gauthier. La rumeur Guillaume Rodrigue se fait insistante : plusieurs sites nord-américains reportent la signature de l'ancien buteur d'Angers en Touraine, et un autre défenseur, pour l'heure inconnu, serait lui aussi en instance d'arrivée. Les supporters de Rouen sont venus nombreux en Touraine et mettent une chaude ambiance dans les tribunes. Une minute de silence est tout d'abord observée en la mémoire de Michel Royer, ancien vice-président du club, décédé cette semaine.
Festival offensif
Seize secondes de jeu et Rouen ouvre déjà le score... Un palet dégagé sur la bande rebondit sur un défenseur et revient plein axe sur Carl Mallette, qui trompe Vladimir Hiadlovsky en pivot (0-1 à 00'16"). Peut-être nerveux, les Tourangeaux peinent à la relance face à une formation qui débute avec un rythme très élevé. L'échec-avant des Dragons gêne considérablement la défense. Malgré tout, les Diables tentent de créer du jeu, trouvant Ramon Sopko d'un tir de l'aile droite de Subrani à la 3e. Sur l'engagement remporté par Antoine Amsellem, le tir de la bleue de Radek Stepan est dévié par Zdenek Novosad en pleine lucarne (1-1 à 02'44"). Dans la foulée, Scott Rozendal est séché par Jarkko Glad devant le banc tourangeau : deux minutes logiques et un joueur sonné. Le jeu de puissance s'installe et, après un premier tir sans danger de Noël, Tours double la mise sur un tir puissant plein axe de Dominic Perna, imparable, servi par Martin Filip depuis la bande (2-1 à 04'15").
Rouen tente de réagir mais Hiadlovsky fait bonne garde et sa défense a su élever son niveau. De plus, les hommes de Robert Millette dominent les mises au jeu, ce qui leur permet de contrôler le rythme. En contre-attaque cependant, les Dragons égalisent par Éric Doucet, à l'affût d'un palet qui traîne dans le cercle droit. Il fixe le gardien et le trompe au ras du poteau (2-2 à 06'09"). Et ce n'est pas fini. Redoutables en attaque, les Normands récupèrent encore un palet sur le côté et profitent de l'anticipation de Hiadlovsky, surpris par une déviation, pour contourner la cage : Marc-André Thinel fait à nouveau se lever les bruyants supporters visiteurs (2-3 à 07'49").
La partie devient nerveuse et quelques coups s'échangent : on joue à 4 contre 4, puis 4 contre 3 lorsque Noël est puni pour un accrochage à la mi-période. Rouen s'installe bien et décale Carl Mallette, pour un arrêt de la plaque. Tours joue crânement sa chance grâce à une bonne action de Perna, qui file au duel face à deux défenseurs et parvient à trouver Sopko. Puis, à peine le pied sur la glace, Noël récupère le palet dans la neutre, file en échappée avant de se heurter à nouveau au gardien.
Le jeu s'équilibre, mais l'ambiance est électrique et les provocations se multiplient. Doucet et Stepan se chauffent : 4 contre 4. L'occasion pour Subrani de démarrer côté droit, trouvant la plaque de Sopko. Un autre ex-Tourangeau, Julien Desrosiers, fait ensuite des misères à la défense, récoltant un palet côté droit, cage ouverte. Hiadlovsky, qui semblait battu, parvient à sortir la rondelle de justesse. Il enchaîne avec un nouvel arrêt sur un tir puissant côté gauche. Tours est à nouveau sanctionné dans la foulée pour un 4 contre 3. La défense est héroïque, offrant même une échappée à Radek Stepan sorti de prison : il est repris de justesse devant Sopko. Présents au bloc, les défenseurs parviennent à tuer la pénalité, avec l'aide de Hiadlovsky, attentif sur un tir dans l'axe puis sur un essai de près. La tension est à son comble, chaque arrêt de jeu étant l'occasion de frictions. Les mises en échec sont très appuyées : Novosad en fait les frais, restant au sol sur une mauvaise charge de Jérémie Romand, qui prend 2'+10'. Les hommes de Millette font la différence à un de plus : le tir de la bleue de Divisek est parfaitement dévié par Jan Sebo juste devant le gardien (3-3 à 18'10"). Un but attribué à Michal Divisek en dépit de la très nette déviation de l'attaquant. Malheureusement pour les Diables, sur l'engagement, ce même Michal Divisek prend deux minutes, offrant une chance aux Dragons. Jonas Liwing en profite de la bleue, sans réussite. Pas mieux pour Mallette du cercle droit... puis Glad de la bleue, Hiadlovsky se jetant sur le rebond. À quelques secondes de la sirène, Filip prend deux minutes sévères sur un plongeon de Mallette ligne bleue... Il ne reste pas suffisamment de temps pour en profiter et les deux équipes se quittent sur ce score de 3-3 après une première période complètement folle.
Les Dragons creusent l'écart
Rouen entame la deuxième période avec 15 secondes de double avantage. Pas de souci pour les Tourangeaux, qui jouent ensuite 1'30" à quatre. Ils se montrent même en contre, avec une percée de Pazak puis, peu après, un trois contre un terminé par Sabol face à Sopko. La pénalité est tuée malgré les efforts des Dragons, punis immédiatement lorsque Benýsek accroche un joueur en zone offensive. Les Diables ne sont pas plus efficaces et le portier normand n'est guère inquiété. Marc-André Thinel relance alors son équipe avec un bon tir devant l'enclave, qui frôle la lucarne. Finalement, Rouen fait la différence grâce à son patinage. Un palet dégagé par Virolainen crée un duel dans la neutre. Desrosiers est plus rapide que Drzik sur l'aile droite, et Mallette plus rapide dans l'axe pour bonifier la remise (3-4 à 26'37"). Rouen est en feu : la supériorité technique et collective commence à se faire sentir et Hiadlovsky doit sortir quelques parades, d'autant que Divisek prend deux minutes. Trop pour les Tourangeaux : la circulation de palet exceptionnelle de gauche à droite décale parfaitement le slap de volée de Julien Desrosiers au cercle (3-5 à 28'46"). Lionel Tarantino manque ensuite l'occasion de creuser encore l'écart avec un 2 contre 1, sauvé par Hiadlovsky. Il obtient tout de même un nouvel avantage numérique, de courte durée puisque Bouchard est puni à son tour sur un démarrage de Perna. À quatre contre quatre, les occasions pleuvent. Perna et Pazak initient un 3 contre 1 sauvé par Sopko. Son homologue riposte dans la continuité... et Sopko encore face à Noël, puis Sebo à deux reprises... Tours a repris du poil de la bête mais paraît parfois en sur-régime. La partie est redevenue serrée et une crosse haute de Tristan Lemoine offre l'occasion aux hommes de Millette de revenir au score. Malheureusement, sur une reprise de volée manquée par Pazak, Tarantino démarre en deux contre un et fusille Hiadlovsky entre les jambières (3-6 à 33'25').
La pénalité de Lemoine n'est cependant pas finie. Dominic Noël joue mal un palet dans la neutre mais parvient à le conserver, puis à slalomer, presque au ralenti : il ajuste finalement Sopko ras glace (4-6 à 34'28"). La partie est loin d'être finie pour l'équipe locale, qui doit tout de même, avant tout, tenir le score pendant deux minutes après un accrochage de Stepan. C'est chose faite sans souci, le défenseur manquant même la réduction du score en échappée en sortant de prison... Tours insiste, frôlant le but sur un tir croisé de Drzik alors que Sokpo est hors de position. Le gardien prend ensuite deux minutes pour avoir déplacé sa cage sur une action chaude, et doit s'imposer sur plusieurs banderilles dangereuses, avec l'aide d'une défense regroupée. La période s'achève sur cet avantage 6-4 aux visiteurs, avec encore cinquante secondes de supériorité tourangelle. Rien n'est fait...
Tours ne lâche rien
C'est la ola dans la patinoire, et le public, mené par la cohorte rouennaise, est déchaîné pour la reprise du jeu. Perna est le premier en action, trouvant la mitaine du gardien après une transversale de Noël. C'est la seule action en supériorité côté Diables, et Rouen obtient peu après une chance à son tour lorsque Sebo prend deux minutes. Hiadlovsky verrouille sous les yeux d'un public jaune et noir survolté. Tours revient sans souci à cinq et repart à l'attaque. Le jeu est de plus en plus fermé avec peu d'occasions, les rares chances étant plus dues à des erreurs de relance qu'autre chose. Dans la tension ambiante, Rouen concède une nouvelle pénalité à la 47e par l'ancien joueur de NHL Benýsek. Les Dragons restent dangereux en contre-attaque, notamment par Mallette ou Desrosiers, alors que Tours réplique par un tir de la bleue de Pazak, sorti de la plaque. L'avantage numérique ne donne rien. Dans la foulée, les Normands enfoncent le clou. Mise au jeu gagnée côté gauche, feinte de tir à laquelle tout le monde se laisse prendre et Thinel ajuste du revers devant une cage ouverte (4-7 à 49'11").
Si l'attaque rouennaise est impériale, la défense laisse tout de même des espaces, qui profitent à Amsellem ou encore Sebo. Et sur un très beau jeu collectif, Noël expédie une passe millimétrée au second poteau pour Divisek lancé (5-7 à 51'29")... Tours ne veut pas lâcher ! Pourtant les décisions arbitrales ne les aident pas. On évolue ainsi à quatre contre quatre lorsque Pazak est séché devant l'enclave par un coup de coude violent. L'attaquant est sonné et quitte la glace... Jarkko Glad prend 2'+10' entièrement logiques. Le public en feu assiste à un 4 contre 3. Sans Pazak, les hommes de Millette s'appuient sur Noël et Perna, avant de voir leur coéquipier revenir ! Rouen tue la pénalité mais est clairement passé en mode défensif pour mieux procéder en contre-attaque. Les Dragons se contentent de se dégager, ce qu'ils font d'ailleurs très bien en "tuant" en quelque sorte les dernières minutes, frôlant même le 8e involontairement sur un palet bondissant devant Hiadlovsky. Ce dernier sort dans la dernière minute pour un attaquant de plus. Une option qui paie à trois secondes de la fin dans la confusion, lorsque Filip nettoie la lucarne d'un Sopko masqué depuis le cercle gauche (6-7 à 59'57"). Trop tard, les Diables Noirs sont passés tout prêt de l'exploit à l'issue d'un festival offensif... et tendu, même après la traditionnelle poignée de main. Cela promet un match retour chaud bouillant !
Compte-rendu signé Nicolas Leborgne.
Commentaires d'après-match :
Alain Vogin (entraîneur de Rouen) : "C'est un match qui n'est pas parfaitement maîtrisé, on a accordé trop de buts. Tours a été chanceux en première avec trois déviations. On ne s'attendait pas à un match facile, avec un public bouillant. On est satisfait après un dur combat et un enchaînement de gros matches. On ne va pas faire la fine bouche, on a pris quatre points cette semaine et la partie était pliée avant leur 6e but. J'ai reposé Marc-André Thinel en fin de match, qui a joué blessé mais a fait tout un travail. Tours va aller chercher de grosses victoires, je les ai trouvés plus agressifs qu'à Angers. Ce sera une équipe difficile à battre pour le reste de la saison et ils peuvent viser une des quatre premières places, ou pas loin. Bob a beau se cacher en disant qu'ils sont des promus... Il y a un bel effectif, et encore plus avec la rumeur d'un défenseur de plus et de Rodrigue."
Robert Millette (entraîneur de Tours) : "C'est un bel effort, avec seulement cinq défenseurs. On n'était pas impressionné et on est revenu jusqu'au bout. Il y a eu beaucoup de buts, c'est bon pour le spectacle. Je pense qu'on peut être meilleur dans le futur et les gars réalisent ça de plus en plus. La semaine prochaine il y aura l'arrivée de nouveaux joueurs, là les défenseurs manquaient d'énergie. On aura notre mot à dire dans ce championnat encore long. Ce qui est amusant, c'est que les deux gardiens que j'ai ramenés en France prennent 6 et 7 buts ! Il y a encore beaucoup de travail, on a pu faire tourner les lignes. L'équipe progresse, tout le monde nous respecte et sait que ce sera dur et intense contre nous. Le départ de Gauthier m'a beaucoup déçu mais en même temps motivé. Je voulais faire en sorte qu'on soit encore meilleurs en équipe et que chacun compense. Je veux un défenseur avec un gros physique, très défensif, et un attaquant capable de marquer les 10-12 buts que l'on attendait de Gauthier. Il y a un contact avec Rodrigue, mais il y a aussi d'autres joueurs sur la liste et on prendra une décision en début de semaine."
Tours - Rouen 6-7 (3-3, 1-3, 2-1)
Samedi 3 novembre à 20h00 à la patinoire de la rue de l'Élysée. 2000 spectateurs.
Arbitrage de Didier Bocquet assisté de Savice Fabre et Benjamin Gremion.
Pénalités : Tours 20' (12', 6', 2'), Rouen 42' (8'+10', 8', 6'+10').
Tirs : Tours 33 (10, 11, 12), Rouen 30 (12, 11, 7).
Évolution du score :
0-1 à 00'16" : Mallette
1-1 à 02'44" : Novosad assisté de Stepan et Amsellem
1-2 à 04'14" : Perna assisté de Filip et Sabol (sup. num.)
2-2 à 06'09" : Doucet assisté de Bouchard et Benýsek
2-3 à 07'49" : Thinel assisté de Doucet
3-3 à 18'10" : Sebo assisté de Divisek et Drzik (sup. num.)
3-4 à 26'37" : Mallette assisté de Desrosiers et Virolainen
3-5 à 28'46" : Desrosiers assisté de Glad et Benýsek (sup. num.)
3-6 à 33'25" : Tarantino (inf. num.)
4-6 à 34'28" : Noël assisté de Devèze et Drzik (sup. num.)
4-7 à 49'11" : Thinel assisté de Doucet
5-7 à 51'29" : Divisek assisté de Noël
6-7 à 59'57" : Filip assisté de Perna et Devèze
Tours
Gardien : Vladimir Hiadlovsky (sorti de sa cage à 59'15").
Défenseurs : Michal Divisek - Jozef Drzik ; Radek Stepan (A) - Marcel Simak ; Vladimir Sabol.
Attaquants : Miroslav Pazak - Dominic Noël - Jan Sebo ; Scott Rozendal - Martin Filip - Dominic Perna (C) ; Andy Corran - Franco Subrani - Zdenek Novosad ; Claude Devèze (A) - Bastien Quinsac - Antoine Amsellem.
Remplaçant : Yoann Therre (G). Absent : Pierre-Olivier Girouard (G, adducteurs).
Rouen
Gardien : Ramon Sopko.
Défenseurs : Ladislav Benýsek - Jonas Liwing ; Daniel Carlsson - Benoît Quessandier ; Jarkko Glad - Petri Virolainen.
Attaquants : Marc-André Thinel - Éric Doucet (C) - Olivier Bouchard ; Carl Mallette - Éric Houde - Julien Desrosiers ; Édouard Dufournet - Tristan Lemoine - Lionel Tarantino ; Loïc Lampérier - Jérémie Romand - Lucas Bini.
Remplaçant : Ronan Quemener (G).