Amiens - Épinal (17 novembre 2007)

 

Match comptant pour la onzième journée de la ligue Magnus.

Épinal et Amiens ont perdu cette semaine le doux espoir de goûter à la glace de Bercy. La défaite picarde sur l'île Lacroix, aussi prévisible qu'habituelle, anéantit l'un des objectifs annoncés de la campagne 2007-2008. Quant à la déroute spinalienne à Strasbourg, elle met fin à un éventuel retour surprise dans la capitale.

Les Dauphins nagent en eaux troubles depuis plusieurs semaines, et la prison infligée à Stéphane Gervais après neuf secondes de jeu n'augure rien de bon. Vincent Bachet en profite pour allumer la première mèche, aidé par Anthony Mortas. Épinal, qui souffle un temps grâce à Salmivirta, à la recherche de la lucarne, concède une nouvelle pénalité par Papelier. Le jeu de puissance gothique connaît certes quelques difficultés à l'allumage, la faute à un contrôle manqué par Kowalczyk et surtout à un Jan Plch capable de faire sentir le frisson en contre, il parvient à ses fins lorsque le capitaine pointe son nez dans la zone de vérité, d'un lancer à ras glace (1-0, 05'39").

La faute provoquée par le maestro slovaque permet aux Dauphins de venir tester Henri-Corentin Buysse, par Simo Romo, qui laisse la rondelle à son compatriote Salmivirta, dont le tir en force est repoussé par la jambière, et Michal Petrak, lui aussi avancé assez facilement dans l'arrière-garde picarde. Julian Marcos sur le flanc, Épinal confirme son redressement, mais Jan Simko ne fait trembler que l'extérieur du filet. Qu'importe, l'ancien Tourangeau insiste, prend la défense à revers et vient forcer Buysse à la parade. Ce dernier est encore là sur le lancer plus lointain de Gervais, mais il ne peut rien devant Guillaume Chassard, bien servi par Petrak (1-1, 13'08"). Épinal poursuit sur sa lancée, Salmivirta cherche à nouveau la lucarne, puis Listiak a tout le temps d'armer son lancer au milieu d'une défense aux abois sur le slalom de Simko. Les hommes de Denis Perez regagnent le vestiaire sur un score de parité, non sans avoir vu avec soulagement leur gardien capter du gant le lancer de Chassard et fermer la porte à Salmivirta.

Comme devant Strasbourg, les Gothiques réagissent par un début de deuxième tiers plus convaincant, et plus engagé aussi, témoin la charge de Brian Henderson sur Peter Slovak, qui se relève difficilement. Quant à l'autre Peter, Listiak, c'est tout seul qu'il trébuche, ouvrant la voie à Laurent Gras sur la gauche (2-1, 20'56"). Amiens est plus appliqué, notamment dans son repli défensif, mais Stanislav Petrik a retenu la leçon aux devants de la paire Guidarelli-Henderson, au même endroit. Les recrues picardes, quelque peu montrées du doigt, continuent par Rod Stevens à harceler le gardien des visiteurs, dont le gant repousse la rondelle in extremis. L'élan amiénois est coupé net à la suite d'un surnombre assez prolongé, l'occasion pour Buysse de s'illustrer face à Gervais, à la bleue, et surtout Jan Plch sur le rebond, grâce à une parade peu orthodoxe à la renverse. Au retour à égalité numérique, Loïc Sadoun, sur la droite, tente par deux fois de donner plus d'air aux siens, forçant Petrik à s'interposer. Le gardien vosgien doit toutefois s'incliner sur un déboulé de la paire Wiotte-Bardet, qui le déjoue de près (3-1, 31'21"). Le jeune amiénois joue ensuite la finesse devant le dernier rempart, sa tentative frôlant le poteau.

Les Dauphins recollent

Aux abois, les Spinaliens paraissent sur le point de craquer, tel Borislav Ilic, qui trébuche tout seul au centre de la glace, mais ils font preuve de ressources suffisantes pour rester dans la partie. Ainsi, Michal Petrak s'infiltre dans la zone pour réduire l'avance picarde (3-2, 35'19").

La dernière période s'initie par une nouvelle alerte des compères Henderson et Guidarelli, le premier passant tout près de convertir le rebond sur le tir de l'Américain, avant que Stevens ne soit à son tour stoppé par le dernier rempart, efficace de la botte puis du gant sur les tirs successifs de Sadoun. Malgré cette nouvelle entame convaincante, les Picards n'ont toujours qu'une unité d'avance, et s'apprêtent à souffrir d'autant plus qu'ils vont bientôt évoluer en infériorité. Pourtant, l'ICE voit ses projets contrecarrés par un Loïc Sadoun accrocheur, qui lance Laurent Gras en profondeur, l'international ne pouvant surpasser Petrik du revers, avant de contrarier les avants spinaliens, désespérément en quête de la rondelle sur la sortie de Henri-Corentin Buysse aux devants de Jan Plch. Ce dernier est assez secoué par ses adversaires, la première fois par Benjamin Dieude-Fauvel contre la bande, la deuxième par Thomas Roussel en zone neutre, la troisième par Julian Marcos, finalement sanctionné. Et comme Jan Simko reste étendu après avoir croisé le roc Kowalczyk, les Picards doivent évoluer en double infériorité. Ils résistent aux assauts de Gervais et Chassard, dont le tir est freiné par Buysse avant de toucher le poteau, mais le n°77 se rachète dans la foulée, expédiant le palet sous la barre (3-3, 54'24").

Lionel Wiotte le libérateur

On pense les Gothiques cuvée 2007-2008 moins bien armés, voire plus friables qu'auparavant. Au moment où leurs partisans pestent contre les fraîches décisions arbitrales, ils vont prouver que l'égalisation lorraine n'altère en rien leur confiance. En effet, ils reprennent les devants dès l'engagement, par l'entremise de leur troisième bloc, et plus précisément de Lionel Wiotte. Parfois décrié pour son manque d'efficacité offensive, le grand numéro 14 gothique reprend la passe de la droite de Mickaël Bardet pour la loger hors de portée d'un Petrik tout aussi surpris que le Coliseum, debout comme un seul homme (4-3, 55'00"). Les Spinaliens ne peuvent quant à eux se relever, laissant leur portier prendre le dessus sur Laurent Gras, et subissant à leur tour les pénalités, l'excellent Chassard itou. L'occasion pour Pavel Kowalczyk de soigner son lancer, parvenant sur sa deuxième tentative à creuser l'écart (5-3, 57'22"). La sortie de Petrik occasionne même l'anecdotique sixième filet picard, de Guidarelli (6-3, 59'39").

Les débuts de tiers difficiles des Spinaliens ne les ont pas empêchés de rester longtemps aux basques des Amiénois. Sous la houlette de Guillaume Chassard, les Dauphins ont montré du répondant à des Gothiques plus opportunistes et tout heureux de bénéficier du soutien providentiel de Lionel Wiotte. À l'aube d'un déplacement à Villard, Amiens conforte sa place parmi les huit premiers.

Désignés meilleurs joueurs du match (par le public) : Lionel Wiotte pour Amiens et Guillaume Chassard pour Épinal.

Compte-rendu signé Mathieu Hernaz

 

Commentaires d'après-match

Denis Perez (entraîneur d'Amiens) : "On va savourer car on cherche des buts. Il y a eu de la manière et des joueurs à fond du début à la fin. Il faut conserver le collectif, intéressant. À un moment Épinal recolle au score, mais Lionel [Wiotte] va à la cage. Ce n'est pas un match référence, car on aurait pu se mettre à l'abri avant, mais six buts, c'est bien. Nous restons les derniers Gaulois sur le territoire français ; cette victoire est un exemple. Nous pouvons être fiers en regardant la composition des deux équipes. Je préfère être de mon côté."

Guillaume Chassard (attaquant d'Épinal) : "Le résultat ne reflète pas trop la physionomie de la rencontre. Nous sommes frustrés car cela se joue à une erreur, une pénalité de trop. Amiens nous a laissé de l'espace, nous avons pu en profiter mais pas jusqu'au bout. Nous avons les occasions, mais beaucoup de pénalités aussi. Nous étions venus pour gagner, du fait de notre besoin de points. Nous faisons de bons matchs ; il manque la réussite sur la fin."

 

Amiens - Épinal 6-3 (1-1, 2-1, 3-1)

Samedi 17 novembre 2007 à 20h00 au Coliseum. 2000 spectateurs.

Arbitrage de Jimmy Bergamelli assisté de Jérémy Rauline et Savice Fabre.

Pénalités : Amiens 18' (6', 4', 8'), Épinal 36' (8'+10', 0', 8'+10').

Évolution du score :

1-0 à 05'39" : Bachet assisté de Guidarelli et Mortas (sup. num.)

1-1 à 13'08" : Chassard assisté de Petrak et Gervais (sup. num.)

2-1 à 20'56" : Gras assisté de Kowalczyk

3-1 à 31'21" : Wiotte assisté de Jestin et Bardet

3-2 à 35'19" : Petrak assisté de Plch et Simko

3-3 à 54'24" : Chassard asisté de Plch (sup. num.)

4-3 à 55'00" : Wiotte assisté de Jestin et Bardet

5-3 à 57'22" : Kowalczyk assisté de Bachet (double sup. num.)

6-3 à 59'39" : Guidarelli (cage vide)

 

Amiens

Gardien : Henri-Corentin Buysse.

Défenseurs : Vincent Bachet (C) - Benjamin Dieude-Fauvel ; Julian Marcos (A) - Pavel Kowalczyk ; Mathieu Jestin - Thomas Roussel.

Attaquants : Brian Henderson - Anthony Mortas - Thomas-Jason Guidarelli ; Loïc Sadoun (A) - Laurent Gras - Rod Stevens ; Mickaël Bardet - Lionel Wiotte - Simon Petit.

Remplaçants : Landry Macrez (G), Grégory Béron, Pierre-Charles Hordelalay, Élie Marcos. Absent : Fabien Leroy.

Épinal

Gardien : Stanislav Petrik (sorti de 59'13" à 59'39").

Défenseurs : Peter Slovak - Stéphane Gervais ; Marc-André Crête - Peter Listiak ; Borislav Ilic - Radoslav Regenda ; Lionel Simon.

Attaquants : Jan Simko - Michal Petrak - Jan Plch (C) ; Guillaume Chassard (A) - Simo Romo - Ilpo Salmivirta ; Guillaume Papelier - Marc Lefebvre - Shawn Allard [Tarik Chipaux de 09'29" à 21'29"] ; Daniel Scott.

Remplaçants : Franck Constantin (G), Sébastien Geoffroy. Absent : Luc Mazerolle (blessé).

 

Retour à la Ligue Magnus