Lyon - Mulhouse (19 janvier 2008)

 

Match comptant pour la seizième journée de division 2, poule est.

Gros déplacement pour les Scorpions ce soir chez le leader Lyon, battu une seule fois depuis le début du championnat lors de la première journée à Nice. Si Laurent Arnaud annonçait dans la presse qu'il fallait garder la tête froide et considérer cette rencontre comme un match ordinaire, il n'en demeure pas moins que ce genre de confrontation, à trois journées du début des play-off, ne peut être qu'un bon test afin d'évaluer les forces en présence et la forme du moment des uns et des autres. Et puis, peut-on parler d'un match totalement ordinaire lorsque Mulhouse s'en va affronter l'équipe coachée par son ancien entraîneur Christer Eriksson, l'homme qui a amené le titre de champion de France dans la cité du Bollwerk ?

Le public ne s'y était pas trompé, puisque ce ne sont pas moins de 3600 spectateurs (un record !) qui se retrouvent dans les gradins de la patinoire Charlemagne. Parmi eux, un nombre non négligeable de Mulhousiens, dont une trentaine de fidèles Ultras.

Mais, avec trois points d'avance sur le quatrième Dunkerque, Mulhouse pouvait néanmoins débuter sereinement le match, sachant que, quel que soit le résultat de la soirée, la troisième place resterait assurée avant de recevoir pour les deux dernières journées Chambéry et Asnières. Arrial et Bringuet ne sont d'ailleurs pas alignés ce soir, préférant soigner leurs blessures et se ménager en prévision des play-off.

Après une très agréable exhibition de l'équipe de patinage synchronisée, équipe sénior élite 11 fois championne de France, les choses pouvaient commencer pour les deux équipes sous l'il d'un duo arbitral d'expérience : Messieurs De Tao et Kattouche.

La rencontre débute sur les chapeaux de roues et les deux formations se ruent alternativement à l'attaque. Croteau est le premier pour Mulhouse à porter véritablement le danger dans la zone adverse après un débordement sur le côté droit, mais sa passe ne trouve personne. Suite à un mauvais dégagement du défenseur mulhousien Olivier Lyon, Lyon récupère le palet et l'ancien Strasbourgeois Mathieu Reverdin est à deux doigts d'ouvrir le score en décochant un gros tir en direction de Martel (1'20"). Après deux minutes seulement de jeu, Lyon a déjà alerté par quatre fois le portier mulhousien alors que les Scorpions cherchent encore à s'approcher de la cage adverse. Ils y parviennent après une sortie de zone de Croteau qui adresse une passe millimétrée à Oulik, laissé bien seul par la défense lyonnaise. Mais il est rattrapé à la dernière seconde par Xavier Simoni qui l'empèche d'ajuster son tir (3'50").

Les mises en échec son bien appuyées et Vincent Da Silva est le premier à en faire les frais lorsque Geoffrey Paillet le propulse contre la bande. Sur le choc, il chute lourdement. Blessé à l'épaule (fracture de la clavicule), il s'en ira rejoindre l'hôpital.

Les hommes de Christer Eriksson sont rapides et précis, alors que les Mulhousiens paraissent fébriles et souvent maladroits, comme cette très belle passe d'Oulik sur Claden qui ne peut cadrer son tir.

Dave Grenier oblige Martel à sortir le grand jeu pour contrer ses shoots puissants. Malgré une avalanche de tirs pendant qu'Olivier Lyon est en prison, le portier mulhousien tient bon. À 9.50, c'est Romain Masson qui remonte seul toute la patinoire pour arriver encore à tirer. À 10'10", nouvelle pénalité pour Mulhouse qui laisse beaucoup d'énergie dans ces périodes d'infériorité numérique. Le pressing lyonnais est énorme, à l'image encore une fois de Norin. Martel se fait bousculer et la tension monte d'un cran. Après une première alerte par Wikström et Bastian, les Lions arrivent bien logiquement à trouver la faille par Mathieu Reverdin (1-0, 11'48"). Deux minutes plus tard, le poteau sauve Martel sur le tir de Paillet.

Lyon impose un rythme d'enfer et les Scorpions, souvent en retard sur le palet, sont littéralement pris à la gorge. Croteau part en contre en infériorité, mais la défense adverse est imperméable. Les visiteurs s'en sorte finalement bien, Lyon oubliant pendant de longues secondes de mettre un joueur devant la cage de Martel ! Les Mulhousiens bénéficient également d'une supériorité en fin de tiers, mais David Croteau, contrairement à son habitude, rate une passe en or. Le score de 1 à 0 en faveur des locaux ne reflète pas l'énorme domination lyonnaise. Il est finalement bien heureux pour une équipe alsacienne largement dominée dans tous les compartiments du jeu, mais pouvant encore garder la tête haute grâce à l'excellente prestation de Marc-André Martel, choisi ce soir par Laurent Arnaud.

Mulhouse débute le deuxième tiers en supériorité. Julien Aubry travaille fort pour conserver le palet et l'adresse à Pierrel, un peu court pour pouvoir le reprendre en pleine course. Martel peut à nouveau remercier son poteau de l'avoir sauvé du gros tir adressé par Masson. Pendant que Grenier est en prison, Lyon profite d'une grosse erreur des visiteurs et part en contre, mais Martel s'impose magistralement face à Berthet. Dave Grenier se montre très dangereux à son retour sur la glace et le portier mulhousien n'a vraiment pas le temps de prendre froid, tant il a à faire. Mulhouse se bat et veut croire à une égalisation proche avec une occasion de Tremellat et Aubry, mais le tir de ce dernier n'est pas cadré (26'40"). Après une pénalité infligée à David Oulik pour charge contre la bande, c'est une nouvelle fois Joakim Norin qui alerte par deux fois Martel ; Croteau, comme à l'accoutumée, est à l'affût et part en contre : il n'arrive pas à cadrer son tir ! À l'opposé, les Lyonnais ne connaissent que très peu de maladresse et Martel est continuellement sollicité. Nicolas Maindron se montre comme d'habitude un gros travailleur pour pouvoir garder le palet en zone offensive, mais les passes de ses coéquipiers sont toujours aussi imprécises et les attaques vite avortées.

Et sur une énième attaque, Lyon marque son deuxième but ; un but tout en force conclu par Robert Olsson qui arrive à glisser le palet sous la jambière de Martel (2-0, 36'44"). Mulhouse paraît assommé par ce deuxième but et Lyon, en pleine confiance, profite de cette désorganisation et allant marquer deux fois en deux minutes, par un très beau travail collectif conclu par Romain Masson et par Joakim Norin sur une très belle passe de Reverdin (4-0, 38'52"). Mulhouse prend totalement l'eau en cette fin de deuxième période. Les Lyonnais semblent s'amuser dans la zone mulhousienne, et l'on peut s'attendre au pire dans le troisième tiers-temps qui verra malheureusement les Alsaciens devoir se priver de la présence sur la glace de Romain Pierrel, ne pouvant plus longtemps oublier la souffrance que lui inflige son ménisque depuis déjà de nombreuses semaines.

Cela ne se fait effectivement pas attendre, puisque le cinquième but de Lyon est marqué 19 secondes à peine après l'engagement ! Sébastien Berthet, profitant de l'absence totale de défense mulhousienne, décoche un tir puissant qui rebondit contre la bande pour revenir dans la crosse de Quentin Garcia (5-0, 40'19), devant un David Oulik totalement dépité et fortement en colère, et qui d'ailleurs en casse sa crosse de rage !

Le sursaut d'orgueil mulhousien vient du trio Oulik/Croteau/Tupy qui effectue une remonté ultra rapide de la patinoire afin de David Oulik sauve l'honneur des Scorpions piqués au vif (5-1, 41'25"). Mais Lyon ne semble pas du tout décidé à baisser les bras et repart à l'attaque de plus belle. Martel est une fois de plus mitraillé de toutes parts et doit effectuer des sauvetages spectaculaires. Croteau alerte à deux reprises Burnet qui n'aura pas eu trop à travailler dans ce match.

Les deux premières lignes lyonnaises sont diaboliques ; chaque palet perdu par Mulhouse est immédiatement exploité par les hommes de Christer Erisson. Et les spectateurs explosent littéralement lorsqu'en pleine course, Masson fait une passe en or à Berthet qui nettoiera la lucarne de Martel : un but magnifique (6-1, 52'25"). L'humiliation n'est pas loin et les esprits s'échauffent, à l'image de Croteau, prié de rejoindre les vestiaires suite à une méconduite. Mulhouse est à genoux et devra encore résister à une double infériorité numérique, d'autant plus que Lyon ne paraît pas vouloir se satisfaire de ses six buts. À quelques secondes de la fin, Paillet et Masson tentent encore leur chance, mais le score en reste là grâce à un Marc-André Martel qui aura tout de même arrêté 77 tirs entre les deux équipes en lice.

Compte-rendu signé Christian Catil

 

Lyon - Mulhouse 6-1 (1-0, 3-0, 2-1)

Samedi 19 janvier 2008 à 20h30 à la patinoire Charlemagne. 3400 spectateurs.

Arbitrage de Roy de Tao et Kamel Kattouche.

Pénalités : Lyon 8' (4', 4', 0'), Mulhouse 26' (4', 4', 4'+10').

Tirs : Lyon 83 (25, 30, 28), Mulhouse 13 (5, 4, 4).

Engagements : Lyon 44 (14, 18, 12), Mulhouse 22 (6, 11, 5).

Évolution du score :

1-0 à 11'48" : Reverdin assisté de R. Olsson et Norin

2-0 à 36'44" : R. Olsson assisté de A. Olsson et Reverdin

3-0 à 37'53" : Masson assisté de Paillet et Bigot

4-0 à 38'52" : Norin assisté de Reverdion et R. Olsson

5-0 à 40'19" : Garcia assisté de S. Berthet

5-1 à 41'25" : Oulik assisté de Croteau et Tupy

6-1 à 52'25" : S. Berthet assisté de Masson (sup. num.)

 

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