Dijon - Angers (16 février 2008)
Match comptant pour la vingt-deuxième journée de la ligue Magnus.
D'Angers, Ducs renversants !
Dépositaires de Caen la semaine passée, les Ducs de Dijon poursuivent leur lutte à distance pour l'acquisition du huitième rang. Forts d'une dynamique positive, ceux-ci ont récemment mis à profit leurs matchs en retard pour se réinsérer dans cette bataille et recouvrer toute leur confiance. Comment en serait-il autrement, moyennant quatre succès de rang à la maison (série en cours) !
Les autres Ducs, ceux d'Angers donc, entendent pour leur part mettre à profit quinze jours de repos dus à la trêve internationale, et l'absence de Pavol Mihalik pour assigner le jeune Nicolas Deshaies au sein du contingent défensif. C'est donc l'esprit tranquille, et résolument tourné vers les séries éliminatoires, que la troupe de Heikki Leime, solidement ancrée dans le quatuor majeur, se pose en Bourgogne. Et dans l'optique du huitième rang, plumer les Angevins, certes réputés pour leur constance et leur qualité offensive, serait du meilleur effet pour le CPHD. Et la perfection, même si elle n'est pas de ce monde, se rapproche d'un bon début de partie. Comprenez ne pas subir l'ouverture du score, petit péché mignon des hommes de Daniel Maric depuis de longues, très longues semaines. Pour dire, même la lanterne-rouge caennaise eut droit à cette courtoisie voilà sept jours !
Toutefois, les Ducs dijonnais ont appris à vivre avec ce genre de passif. Et même mieux que ça puisque ni Strasbourg, ni Chamonix, ni Épinal et donc Caen ne résistèrent ensuite au sursaut d'orgueil local. Et cela, Angers doit forcément le savoir... Les joueurs du Maine-et-Loire, malgré leur duo Tessier-Fortier, hésitent à se découvrir et se heurtent, à chaque intrusion de leur part, à des Bourguignons bien décidés à appliquer les consignes en usant de leurs qualités habituelles. Beaucoup de générosité et d'efforts consentis dans les deux sens. Sans omettre cette coutumière agressivité dans les duels, engendrant une gêne non négligeable pour des contradicteurs pourtant plus aboutis collectivement. Et techniquement.
À leur tour donc, les Angevins de Heikki Leime redoublent de prudence. De quoi s'épargner quelques dangereux contres locaux, bien près de trouver la mire en ces premiers instants. Faute d'espaces donc, tout schéma offensif un peu trop audacieux (aussi bien angevin que dijonnais d'ailleurs) se voit bientôt désamorcé par la couverture ambiante...
En pareil cas, l'importance de la discipline est prépondérante. Mais comme les unités spéciales s'appliquent à se neutraliser, le score reste logiquement vierge au premier entracte. Toutefois l'emprise étrangère se précise. Croissant lentement, mais sûrement, aux portes d'un fort chèrement défendu par Radovan Hurajt.
L'intensité initiale perdure à la reprise où le CPHD, cette fois-ci, prend le taureau par les cornes sans toutefois ébranler la relative sérénité d'un Koivula bouclant alors au mieux sa cage. Muets devant l'inconstant rempart finlandais, les locaux baissent rapidement de régime pour à nouveau subir des assauts de plus en plus fréquents, et essentiellement menés par le deuxième bloc, des Angevins. Par sa vivacité et sa complémentarité, le trio finlandais de l'ASGA paraît être le seul à véritablement déstabiliser l'organisation dijonnaise et parvient à ses fins au terme d'une séquence menée côté droit par Hermanni Vidman. Toutes voiles dehors, l'ancien Scorpion trouve enfin le décalage et Jean-François Jodoin en tire les marrons du feu, jaillissant au rebond pour mettre la rondelle tout au fond du filet (0-1 à 28'11"). Radovan Hurajt, vacillant sur ce coup, n'en baisse sa garde pour autant et refroidit dans la foulée une réplique de Fortier qui aurait pu s'avérer lourde de conséquence...
Dijon reprend aussitôt le collier et remet les compteurs à plat au terme d'une action confuse où Ville Koivula, et l'ensemble de sa garde rapprochée, perdent la bataille du demi-cercle (1-1 à 29'47"). La suite est, elle, moins florissante pour les coéquipiers de Stephen Dugas, absents d'une manœuvre orchestrée par Jodoin derrière le filet d'Hurajt et conclue par le grognard franco-canadien dans une certaine confusion (1-2 à 30'19").
Malaise, vous avez dit malaise ? C'est justement là qu'entrent en jeu diverses décisions arbitrales contestables, ou du moins contestées avec vigueur par le banc côte d'orien. Et même en faisant contre mauvaise fortune bon cœur, c'est à dire en restreignant l'impact du jeu de puissance angevin, Dijon finit par craquer. Sur une passe de Vidman imparablement coupée dans le slot par Jokinen (1-3 à 36'44"). Les buteurs venus du froid ont encore frappé...
L'affaire tourne au vinaigre pour des locaux frustrés, mais pas encore décidés à baisser pavillon. C'est bien connu, les troupes de Daniel Maric sont coriaces et vendre leur peau n'est vraiment pas conseillé par les temps qui courent. Certes, ses Ducs sont habitués à courir après le score, mais ont-ils suffisamment de ressources, aussi bien physiques que morales, pour anéantir un tel retard à cet instant du match ?
Douchés à la Dijonnaise !
Eh bien oui, ces Ducs-là sont sans limites ! Deux indisciplines d'Éric Fortier et Simon Lacroix les y aident bien dans leur entreprise mais encore fallait-il que Miroslav Kristin, à mi-distance, ne décoche un parfait plomb en lucarne (2-3 à 46'34").
À l'instinct de buteur du Slovaque, parfois inconstant dans ses présences, se joint aussitôt celui de Michal Dian. L'ailier d'origine slovaque, couronné joueur du match, ne laisse pas filer l'aubaine née d'une relance de Peter Strapaty transperçant la zone neutre. L'ex-Spinalien, aussi précis sur ce coup que son ex-coéquipier Jan Bohacek (aujourd'hui parti cachetonner en Serie A2 italienne), lance idéalement l'ex-Clermontois dans le dos de la défense et vers une terre promise qu'il consacre sans coup férir (3-3 à 47'25").
Le cœur a ses raisons que la raison ignore dira t'on. Et celles des Angevins s'est évanouie en deux temps trois mouvement pour mieux confirmer le tempérament guerrier des locataires de Trimolet. Désormais dispersés et contraints de tout recommencer, les hommes d'Heikki Leime se heurtent immanquablement à des Dijonnais transcendés, acharnés dans leur zone. Et à un Radovan Hurajt aussi spectaculaire qu'efficace. Volontiers showman (esprit de Vladimir Hiadlovsky es-tu là ?), le cerbère slovaque peut narguer ses assaillants en dressant fièrement sa mitaine, plus ferme que jamais, à chaque arrêt "important".
Le coup de grâce, tout proche, ne pouvait décemment qu'être porté de l'épée d'un Dijonnais. Plus contrariants que jamais, les locaux se battent bec et ongles pour résister aux derniers powerplays adverses. Un contre de Pavol Milec à sa ligne bleue lance même Michal Dian en contre et le Slovaque se fait la belle sur le flanc droit, repiquant vers le centre. Là où Aymeric Gillet, l'un des leaders du cru, se mue en matador pour la mise à mort (4-3 à 57'25").
Comme dirait l'autre, pour déplacer une montagne, mieux vaut commencer par en ôter les petites pierres. Un adage parfaitement adapté aux vertus bourguignonnes, faites de solidarité défensive (quel abattage en box-play), d'homogénéité et de persévérance. Le pressing défensif qu'ils s'évertuèrent à porter aura finalement cassé le rythme angevin et permis l'obtention de contre-attaques décisives en fin de partie. Et même s'il fallu compenser ce déficit technique, le CPHD aura su démontrer qu'à cœur vaillant il n'était effectivement rien d'impossible. Une bonne leçon à méditer pour des Angevins apparus, eux, hâtivement suffisants. Au mauvais moment, mais surtout au mauvais endroit...
Compte-rendu signé Jérémie Dubief
Commentaires d'après-match (dans le Bien Public)
Heikki Leime (entraîneur d'Angers) : "Nous n'avons pas su mettre le quatrième but qui aurait tué le match. Leur goal a fait un bon match. Nous avons en plus commis de grossières erreurs. Nous perdons un engagement dans notre zone sur le deuxième but. Dans ces conditions, tu es rapidement en danger. Notre gardien n'est pas super sur l'égalisation et mon défenseur oublie son joueur sur la dernière action alors que nous sommes en supériorité. C'est impardonnable ! J'espère qu'à l'avenir nous serons plus humbles."
Daniel Maric (entraîneur de Dijon) : "Ils pensaient avoir gagné à 3-1. Je ne pense pas que nous étions largués, mais nous leur rendions trop vite le palet, si bien que nous nous mettions en difficulté. Nous sommes allés au bout des choses. Nous avons été très opportunistes également. Nous avons plus serré derrière. C'est vraiment bon. C'est à la fois une revanche par rapport au match aller, où nous méritions au moins de ramener un point, et une récompense suite à l'énorme travail fourni depuis quinze jours. D'ailleurs, si nous gagnons, c'est parce que nous sommes bien physiquement."
Aymeric Gillet (défenseur de Dijon) : "Je vois Michal (Dian) partir avec le palet. Je ne me suis pas posé de question, je l'ai suivi. On s'est retrouvé à deux contre un. J'avais toute confiance en Michal. Je savais qu'il allait tout faire pour me donner une passe dans d'excellentes conditions. Le fait que celle-ci soit contrée a obligé le gardien à arrêter son déplacement. Il a du coup laissé la place. J'avais un feeling sur le coup."
Dijon - Angers 4-3 (0-0, 1-3, 3-0)
Samedi 16 février 2008 à 20h15 à la patinoire Trimolet. 628 spectateurs.
Arbitres : Frédéric Bachelet assisté de Yann Furet et Éric Bouguin.
Pénalités : Dijon 24' (6', 4'+10', 6'), Angers 8' (2', 2', 4').
Évolution du score :
0-1 à 28'11" : Jodoin assisté de Metsäranta et Vidman
1-1 à 29'47" : Milec assisté de Fontana
1-2 à 30'19" : Jodoin assisté de Salonen et Metsäranta
1-3 à 36'44" : Jokinen assisté de Vidman et Jodoin (sup.num.)
2-3 à 46'34" : Kristin assisté de Guttig (sup.num.)
3-3 à 47'27" : Dian assisté de Strapaty
4-3 à 57'25" : Gillet assisté de Dian et Milec (inf.num.)
Dijon
Gardien : Radovan Hurajt.
Défenseurs : Juraj Sadlon - Aymeric Gillet (A) ; Andrej Mrena (C) - Peter Lalka ; Peter Strapaty.
Attaquants : Kévin Dugas - Pavol Milec - Yvan Fontana ; Anthony Guttig - Stephen Dugas (A) - Miroslav Kristin ; David Dauphin - Miroslav Fiser - Michal Dian ; Yannick Offret.
Remplaçants : Julien Roullier (G), Yassine Fahas. Absent : Alexandre Lefebvre (mononucléose).
Angers
Gardien : Ville Koivula [sorti de sa cage à 59'10"].
Défenseurs : Kévin Igier - Éric Lavigne ; Jean-François Jodoin (A) - Lauri Lahesalu ; Nicolas Deshaies - Simon Lacroix.
Attaquants : Tomas Baluch - Éric Fortier - Michael Tessier ; Sami Salonen - Mattias Metsäranta - Hermanni Vidman ; Juho Jokinen (A) - Martin Lacroix (C) - Julien Albert.
Remplaçants : Florian Hardy (G), Yven Sadoun. Absent : Pavol Mihalik (blessé).