Dunkerque - Brest (1er mars 2008)

 

Quart de finale de division 2, match aller.

L'année a débuté en douceur pour les Albatros, tenus en échec à Nantes et vaincus à Cholet. La victoire laborieuse face à Font-Romeu n'a pas vraiment convaincu, mais les joueurs du Finistère ont rapidement remis les pendules à l'heure. En terminant la première phase par deux dizaines de filets, ils ont clairement affirmé leurs prétentions. Les Éléphants de Chambéry n'ont pas résisté. Qu'en sera-t-il des Corsaires ?

L'albatros prend son envol...

Les premiers signes sont annonciateurs des intentions bretonnes. Qu'elles viennent d'une escarmouche du capitaine Oprandi, d'un bon placement défensif en infériorité numérique, ou d'une première charge de Jani Lehtinen sur Benjamin N'Guyen, il est clair que Sergueï Toukmatchev prend très au sérieux le déplacement à Michel-Raffoux. Dunkerque s'échine à défendre devant un Julien Peyre tout heureux de voir la rondelle frôler sa cage devant Oprandi avant d'opposer sa jambière à Bruno Maynard.

À la différence des visiteurs, les Corsaires peinent à trouver des solutions offensives et s'en remettent aux arrières pour générer le danger. Sur une infériorité numérique, Benjamin Louf coupe en effet une relance de Ville Parkkulainen pour inquiéter Gabriel Bounoure, mais les rôles s'inversent rapidement quand le Finlandais porte à son tour le danger sur la cage nordiste, le numéro 8 des bleus étant sanctionné. Lilian Prunet organise le jeu de puissance, installant les siens en zone offensive. Les compères "vendéens" Ocelka et Kaspar en profitent pour trouver une solution, venue de Jani Lehtinen (0-1 à 10'38"). Cet avantage est presque doublé dans la foulée par Serge Toukmatchev, suite à une nouvelle accélération de Juraj Ocelka. Quelque peu secoué, le navire corsaire répond par un coup de semonce de son capitaine, profitant d'un écran d'Arnaud Péan devant la cage, et un déboulé côté gauche de Benjamin Louf, repoussé par un solide Bounoure, pas plus perturbé par N'Guyen, de la droite. Il faut toutefois un boulet de canon de l'artilleur en chef Karl Dewolf pour faire vaciller le portier.

Les Brestois se sortent sans mal de cette tempête, aidés il est vrai par le pressing constant de Sébastien Oprandi et surtout par la virtuosité de Karel Kadlec, capable à tout moment d'éliminer ses adversaires mais lui aussi déjoué par Julien Peyre sur un service de Sami Wikström, et doublement pénalisé (25'37"). Pendant quatre minutes, ses équipiers s'attèlent à défendre et jouent les coups à fond, tel Bruno Maynard, repris in extremis par Benjamin N'Guyen. Au retour au complet, la paire Kaspar-Ocelka fait la différence, le second évitant Julien Peyre (0-2 à 30'24"), pour le plus grand bonheur des trois supporters bretons ayant fait le déplacement.

... mais reste à portée de crosse du marabout Dewolf

À 0-2, l'assistance craint le pire, voyant son gardien se coucher bien à propos sur la rondelle convoitée par Timo Korhonen suite au travail dans le coin de Maynard. Toutefois, les Corsaires parviennent à se donner de l'air, par Ghislain Folcke, servi par Camille Argiolas, d'un lancer croisé de la gauche (1-2 à 38'58"). Ce filet fait douter les visiteurs, soudain pris d'assaut, et Dubois allume deux fois la mèche. La première sur une passe de Clément Thomas. La seconde, de la droite, pour trouver Karl Dewolf devant la cage (2-2 à 39'34").

Loin d'être intimidés, Ivan Borzik, dès l'engagement, et Ville Parkkulainen, d'un lancer lointain sur le poteau gauche, passent près de tuer l'ambiance. Quant à Peyre, il sauve à nouveau Dunkerque devant Karel Kadlec, alors que la cage semblait grande ouverte. Toutefois, sa vigilance est mise à mal par les trois pénalités concédées par ses équipiers sur la première moitié de la période finale. Parkkulainen, de la bleue, et Toukmatchev, en repiquant de derrière le but, causent encore du souci. Le second trouve finalement la solution de près, grâce à la présence gênante d'Ivan Borzik dans l'enclave (2-3 à 51'20").

Bien en place et encore dangereux par Prunet et Mincak, les Albatros paraissent détenir un avantage décisif avant le retour en Armorique.

Cependant, les Corsaires repartent de l'avant par Benjamin N'Guyen, repris fautivement par Tomas Kaspar en entrée de zone. Le jeu de puissance fait encore mouche, grâce à Karl Dewolf, d'un débordement sur la gauche parachevé d'un lancer idéalement placé (3-3 à 54'31"). Comme ce fut le cas en fin de deuxième tiers devant Ivan Borzik, bien en jambes malgré une semaine compliquée par des douleurs aux adducteurs, Dunkerque concède une échappée dans les secondes suivantes. La faute de Clément Derepper offre à Juraj Ocelka l'opportunité de redonner l'avantage aux siens sur un tir de pénalité (54'57"). Karl Dewolf en profite pour tâter la rondelle, la retourner et la poser au centre de la glace avant que le Slovaque ne prenne son élan. La recette est payante pour les Corsaires car le disque est repoussé par le poteau gauche...

Les locaux, un moment acculés et deux fois poussés au dégagement interdit, ripostent sur des attaques rapides, émanant même de la jeune troisième ligne, comme sur un déboulé solitaire tout autant que spectaculaire de François Moretti. Serge Toukmatchev poussé à la faute par Arnaud Péan (58'06"), un temps mort permet aux Nordistes de s'organiser. Ghislain Folcke a parfaitement écouté les consignes, et sort la rondelle de l'arrière de la cage pour alerter Karl Dewolf à la bleue. Plutôt que de faire parler la poudre, ce dernier décale Benjamin N'Guyen, dont le lancer trouve la lucarne (4-3 à 58'51").

Dunkerque n'aura mené que pendant une grosse minute, mais la plus importante, d'une partie que Brest n'aura pas su tuer, et qui aura délivré un scénario décousu propre aux play-offs.

Compte-rendu signé Mathieu Hernaz

 

Commentaires d'après-match

Karl Dewolf (défenseur de Dunkerque) : "Nous avions des craintes en voyant cette belle cavalerie brestoise, mais je ne vois pas pourquoi nous devrions douter de nos capacités car nous pouvons travailler ensemble avec un coeur énorme. L'équipe a su rebondir à 0-2. Avec de l'envie et du plaisir on ira loin. Certes, nous avons commis des erreurs mais ce n'est pas en restant négatif que l'on avance. En discutant, nous avons convenu d'oublier le négatif parce que ce n'est pas en encaissant trois ou quatre buts qu'il faut s'arrêter. Un match n'est jamais fini. Il n'y a pas eu d'abus de confiance de leur part. Il faudra aborder le retour de la même manière, pour ne pas gâcher ce que l'on a fait à domicile et progresser ensemble. Je ne veux pas de regrets. Si nous n'en avons pas, c'est que l'on a fait le boulot, sinon, c'est que l'on est passé à côté de quelque chose."

Bruno Maynard (attaquant de Brest) : "Nous évoluons avec quatre défenseurs depuis plusieurs matchs et cela a rendu les choses plus difficiles. Dunkerque nous a mis la pression, avec un bon potentiel physique et du patinage. On a vu nos carences, nous ne sommes pas fiables depuis quelques temps. La taille de la glace n'est pas une excuse, nous avons joué sur ce type de patinoires en saison régulière et ce fut même plutôt à notre avantage. Nous nous attendions à ce type de rencontre. Gagner ou perdre d'un but ne change pas grand chose."

 

Dunkerque - Brest 4-3 (0-1, 2-1, 2-1)

Samedi 1er mars 2008 à 18h45 à la patinoire Michel-Raffoux. 600 spectateurs.

Arbitrage de Guillaume Gardiol assisté de Thierry Fraysse.

Pénalités : Dunkerque 22' (6', 10', 6'), Brest 16' (6', 4', 6').

Évolution du score : 

0-1 à 10'38" : Lehtinen assisté de Kaspar (sup. num.)

0-2 à 30'24" : Ocelka assisté de Kaspar

1-2 à 38'58" : Folcke assisté d'Argiolas

2-2 à 39'34" : Dewolf assisté de Dubois

2-3 à 51'20" : Toukmatchev assisté d'Ocelka (sup. num.)

3-3 à 54'31" : Dewolf (sup. num.)

4-3 à 58'51" : N'Guyen assisté de Dewolf (sup. num.)

 

Dunkerque

Gardien : Julien Peyre.

Défenseurs : Grégory Dubois (C) - Karl Dewolf (A) ; Benjamin Louf - Clément Derepper ; Benjamin Denis.

Attaquants : Clément Thomas - Benjamin N'Guyen (A) - Ghislain Folcke ; Loïc Destoop - Arnaud Péan - Daniel Delbarre ; François Moretti - Camille Argiolas - Alexandre Delmotte.

Remplaçants : Bram De Backer (G), Daniel Budde, José Mahieuw.

Brest

Gardien : Gabriel Bounoure.

Défenseurs : Ivan Borzik - Lilian Prunet (A) ; Ville Parkkulainen - Jani Lehtinen.

Attaquants : Bruno Maynard - Timo Korhonen - Sébastien Oprandi (C) ; Sami Wikström - Karel Kadlec (A) - Juraj Mincak ; Tomas Kaspar - Serge Toukmatchev - Juraj Ocelka.

Remplaçants : Antoine Olivet (G), Maxime Bot, Jérémy Cormier. Absents : Christophe Uguen (fracture de la mâchoire), Nicolas Medina (entorse du genou), Tomas Valko.

 

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