Caen bien placé pour la montée

 

Article de Ouest France (31 janvier 2003).

Vainqueurs de la poule Nord de N2, les Caennais vont affronter en matches aller-retour les quatre meilleures formations du groupe sud. Au bout du chemin, un voire deux billets pour la D1.

Ils avaient glissé bien bas, ils rêvent de remonter en haut de la pente. Les Caennais n'avaient pas dévissé, lancés à l'ascension de la N3. Tout frais promus en N2, les Calvadosiens aimeraient déjà quitter ce rivage sans saveur. "La place de Caen n'est pas ici, clame Rodolphe Garnier, l'emblématique entraîneur joueur. Mon objectif est de remettre le HCC sur les rails en seniors." Destination N1, ou Elite dans quelque temps si les partenaires, publics ou privés, prennent conscience de la popularité du hockey dans la capitale régionale. En attendant, après avoir consolidé leurs fondations, ce sont celles de ses adversaires que les Drakkars s'apprêtent à saper.

Samedi, ils entameront la seconde partie de leur voyage, face à Avignon, Bordeaux, Lyon et Toulon, 1er, 2e, 3e, 4e de la poule sud. La formule actuelle vaut à Caen de pointer à une appréciable première place, ex-æquo avec Avignon, trois longueurs devant Bordeaux et Garges. "Certaines formations ont très mal débuté, alors que nous étions prêts d'entrée, rappelle Garnier, battu à Boulogne-Billancourt lors du premier round. Lyon se trouve ainsi distancé, et c'est vrai que ces trois points d'avance sont appréciables. Mais si nous tombons à Bordeaux, tout se resserrera rapidement..."

Les Caennais partiront en fait dans l'inconnu. "J'ai tenté d'étudier nos adversaires, souligne Garnier. Globalement, beaucoup d'équipes comptent 4 ou 5 très bons joueurs, 4 ou 5 bons, et le reste l'est moins. A la lumière de nos matches amicaux contre Nantes, et de la rencontre Bordeaux - Toulon à laquelle j'ai assisté, j'ai le sentiment que le Sud privilégie le beau jeu, en misant peu sur le physique. Ça frappe plus dans le Nord, j'espère que l'arbitrage ne sera pas trop sévère. Mais nous avons notre mot à dire, à condition d'être le plus souvent possible au complet à l'occasion des déplacements..."

Sans Soghomonian à Bordeaux

Au-delà de l'aspect financier (environ 10 000 euros de budget pour les quatre voyages en bus...), c'est dans ces longues sorties que se situe le hic. Retenus par leurs obligations professionnelles, ou leurs études, certains Normands risquent de devoir laisser filer la rondelle. Ce sera le cas de Soghomonian samedi, alors que Blainvillain, élève de math sup', ralliera la Gironde en voiture, après un examen matinal. "J'ai toujours dit qu'une individualité ne remplaçait pas l'esprit d'équipe", rappelle Garnier. Lequel avait étayé ses propos en décidant de se passer cette saison de Laurent Lecomte, ancien joueur d'Elite aux disponibilités incertaines.

Avec une troupe homogène, l'ancien grognard de Heikki Leime élabore ses "rêves d'or". "Avec 24 points, soit une défaite pour nous, on est champion, estime-t-il. Avec 22, on est 2e, avec 20 on finit sans doute 3e." Le premier montera directement en D1, le deuxième devra en passer par des barrages avec la lanterne rouge de D1. Garnier est prêt à se soumettre à ce régime à rallonges s'il le faut.

Dominique Faurie

 

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