Un patin au paradis
Article de la Nouvelle République (10 mars 2003).
La rencontre du leader et de son dauphin a rapidement tourné à l'avantage de l'ASGT. Les Diables noirs, encore intouchables samedi soir, ne sont plus qu'à une victoire du titre national.
Contrairement au match aller, qui s'était achevé sur un score de 3-2 en faveur de l'ASGT, il n'a pa fallu attendre l'ultime seconde des prolongations pour savoir qui allait l'emporter, samedi soir. Le leader tourangeau, invaincu depuis le début de Coupe nationale, voulait montrer qu'il resterait le maître chez lui et , après une première grosse alerte signée Decaens, sur un service de Grossi, Clermont courba rapidement l'échine.
Mise à mal par le rythme imprégné par les Diables noirs, la défense auvergnate se met en effet rapidement à la faute. Naesset et Karlsson filent en prison (5ème) et donnent l'occasion à Eizenman d'ouvrir le score (7ème). Mais son but est refusé : il avait u pied dans la zone du gardien avant de shooter.
Les Sangliers qui s'en sortent bien sur ce coup-là, évitent de commettre la même erreur sur la punition de Pageau (9ème) et parviennent à contenir les assauts tourangeaux. Seulement voilà, dans sa patinoire, pleine à craquer, l'ASGT ne lâche rien, ne se déconcentre pas.
Son attaque à cinq ne marque pas ? Tant pis, elle possède de nombreuses individualités. L'inévitable Desrosiers s'échappe et déflore bien, cette fois, le tableau d'affichage (12ème).
On attend alors une réaction de Clermont. Elle ne vient pas. Roux prend à son tour le chemin de la prison (16ème) et Bohunicky parachève le travail de sape entamé par les siens en trompant pour la deuxième fois le très sollicité Pol Grotnès (19ème). " Le plus beau et le plus important but de la rencontre " commentera plus tard l'excellent Eizenman.
De retour sur la glace, les hommes de Bob Millette continuent à oppresser leur adversaire. Tours fait le siège du camp des équipiers de Kukla et c'est tout à fait logiquement que Jodoin (22ème) et Ilavsky (23ème) augmentent leur capital au classement des buteurs (4-0).
Sjodin a beau réduire la marque dans la foulée (24ème), le dauphin de la poule nationale est étouffé par le système de jeu des Noirs, y compris en situation de power-play sur la pénalité de Decaens (36ème).
La domination locale est à tel point sans partage que les protégés du Suédois Henrik Evertsson rejoindront les vestiaires après un nouveau but tourangeau signé Paul Fayault (5-1, 38ème).
Dans ce contexte, peu de chance que le troisième tiers voit la vapeur se renverser. L'ASGT domine toujours autant tandis que les Arvernes subissent. Presque inlassablement.
Le jeu des partenaires de Hiadlovsky consiste à garder au maximum la possession du palet. Ce qu'ils réussissent en s'offrant même la fantaisie d'inscrire un sixième but par l'intermédiaire de Grossi (52ème). Le match est plié. Tours ne se laissera jamais rattraper même si Marinov parvient à réduire l'écart avant la sonnerie finale (57ème).
Grâce à ce nouveau succès, le huitième en huit matches si l'on compte celui de la 3ème journée à Besançon (4-3), aujourd'hui forfait, l'ASGT roule désormais seule en tête du championnat. Elle voit sa route vers la Coupe Nationale de plus en plus dégagée et espère bien continuer sur sa lancée pour décrocher un nouveau sacre, après son dernier titre de champion de France de Nationale 1B (1987).
Julien Mallet
Ils ont dit
Bob Millette : "Ce soir on voulait gagner, on voulait montrer qui était le meilleur. Quand je disais qu'il fallait attacher sa ceinture, je m'attendais à un match comme ça. A un match où on leur rentrerait dans le corps et où ils ne comprendraient rien. On a joué notre système de jeu de A à Z. On a mis de l'intensité pendant soixante minutes. Ils n'ont pas pu nous développer leur talent".
Vladimir Hiadlovsky (gardien) : "Le premier but que je prends, j'arrête le palet, mais Paulo (Paul Fayault) vient buter contre moi et il rentre dans le but. Le deuxième est venu quand on gagnait 6-1, cela n'était pas grave. Toute l'équipe a bien joué ensemble, aujourd'hui. On a fait le match parfait."
Alon Eizenman : "C'est toujours comme ça quand deux équipes veulent gagner, le début ressemble à un match de boxe. Il y a des fautes et beaucoup de coups de sifflets. Mais ce soir on a fait une super première période. Marquer comme ça en toute fin de tiers-temps, cela leur a fait mal dans leurs têtes".
François Gleize : "On les a asphyxiés d'entrée de jeu et ils n'ont pas réussi à sortir la tête de l'eau. Avec deux buts d'avance au premier tiers, c'était le scénario idéal. Il ne nous restait plus qu'à enfoncer le clou. Tout le monde s'est fait plaisir à jouer. C'était ça le mot d'ordre du jour".
Sébastien Decaens : "Tout cela est très satisfaisant mais le travail n'est pas encore fini. On a pris goût à la victoire. Et comme cela nous a fait mal de ne pas être en Magnus, on a envie de tout gagner pour montrer qu'on était capable d'y jouer".
Jean-François Jodoin : "Même si j'ai un peu de chance sur ce coup-là, cela fait toujours plaisir de marquer dans des matches aussi importants, de participer au succès de toute l'équipe. Maintenant, s'il ne nous reste plus qu'une victoire pour être mathématiquement assuré du titre, notre objectif n'est pas ça. On veut tout gagner, faire le grand chelem pour montrer qu'on avait pas plus à faire en Nationale qu'en Magnus".
J.M.