Septembre 2026 : anecdotes

 

Lutte contre l'absentéisme

Fribourg-Gottéron en est à plus de 100 rencontres consécutives à guichets fermés, mais il reste en moyenne 7% de places vides car des détenteurs de billets ne se présente pas. Pour remédier à ce paradoxe, le champion de Suisse a instauré une obligation de présence pour les abonnés, qui remplissent la patinoire à 80%. Les absents peuvent prêter ou revendre leur billet, qui est sous format digital, mais après 8 absences (sur 26 rencontres de championnat à domicile), l'abonnement ne pourra pas être reconduit. L'objectif est de répondre à la demande alors que 3000 demandes d'abonnement sont en liste d'attente malgré des prix en hausse. Les supporters ont néanmoins protesté, tout comme ils protestent contre la réduction du secteur visiteur, par solidarité avec les fans des autres équipes.

Évacuations réussies

La préparation ne sert pas forcément qu'aux hockeyeurs. La sécurité incendie ayant soudain resurgi comme un sujet important en Suisse après la tragédie de Crans-Montana au Nouvel An, le match de présaison Ajoie-Schwenningen a donné lieu à un exercice d'évacuation. Sitôt le match fini, une alarme a retenti. Les joueurs et arbitres étaient prévenus et sont rentrés aux vestiaires, mais les 1305 spectateurs ont été surpris. Ils ont quitté la patinoire de Porrentruy dans le calme par les deux sorties prévues pendant que pompiers et organisateurs vérifiaient la cohérence des flux.

La première journée de DEL2 a connu un exercice du même type... mais involontaire. Les 3415 spectateurs du match Rosenheim-Ravensburg attendaient le début du match quand l'alarme incendie a retenti. Il ne s'agissait que d'un détecteur de fumée au niveau du bar. L'évacuation s'est déroulée dans un grand calme, tout le monde a regagné sa place et la partie a pu commencer avec seulement 20 minutes de retard.

Agiter ses chaussures n'évite pas de rester à la cave

Le grand retour des Jokerit dans la Liiga finlandaise s'est accompagné d'une certaine effervescence médiatique... et la frénésie n'a pas gardé. Dès le quatrième match, les supporters ont enlevé leurs chaussures et l'ont agitée dans les airs pendant la défaite contre JYP (2-4). Il faut que le club de Helsinki, qui annonçait le troisième plus gros budget était bon dernier mais 1 seul point. Par ce geste, les supporters réclamaient déjà la tête de l'entraîneur Tomek Valtonen, l'ancien sélectionneur de la Pologne.

Après les chaussures, une autre banderole des supporters a attiré l'attention. On y lisait "Merci Tomek" avec plusieurs dates, dont le 1er septembre 2012. Ce jour-là, un joueur des Jokerit, Semir Ben-Amor, avait attaqué le capitaine du HIFK Ville Peltonen pendant l'échauffement. Sur une vidéo de l'incident, on entendait un "Tue ce trou du c..." lancé depuis le banc, sans que l'on sache à coup sûr d'où il provenait. On avait suspecté l'assistant-coach Tomek Valtonen, qui avait reçu 8 matches de suspension. Il est quand même curieux que ce soient les fans des Jokerit qui remontent à la surface cet épisode peu reluisant.

En tout cas, ranimer la vieille rivalité ne leur a pas porté chance. Les Jokerit sont toujours relégables... et le HIFK, le grand rival de Helsinki, aussi ! Quant à Valtonen, il n'a pas été viré le 22 septembre, date prévue de "remerciement" par la banderole des supporters, mais cinq jours plus tard, après une septième défaite en huit rencontres à Espoo, et une tribune "visiteurs" vidée par des fans en colère après le quatrième but encaissé. Son adjoint Waltteri Immonen a été débarqué avec lui et l'autre assistant Juuso Hahl est le nouvel entraîneur-chef.

Un traître même pas démasqué

Le troisième club relégable dans cette "super-saison" de Liiga qui s'annonce particulièrement tendue pour chaque coach, c'est KooKoo, pourtant finaliste l'an passé. Le club de Kouvola est aussi en mauvaise posture en CHL. Il a notamment perdu contre le champion slovaque Nitra dans un match qui a donné lieu à une situation cocasse. Les deux gardiens avaient le même masque ! En fait, celui de KooKoo, Patrikainen, portait encore son masque aux couleurs de Nitra, où il jouait la saison dernière ! Motivés en voyant leur logo devant le filet adverse, les Slovaques ont créé la principale surprise des quatre premières journées de CHL en gagnant 4-1 en Finlande.

Pris la main dans le sac

Les restrictions concernant les spectateurs en NHL sont toujours plus grandes. Les effets personnels autorisés se réduisent comme peau de chagrin, notamment au Prudential Center, l'arena des New Jersey Devils. Les sacs et sacoches seront désormais limités à des dimensions 4' x 6', soit 10 cm x 15 cm. Oui, c'est peu, est-ce encore un sac ? En tout cas, la décision a provoqué un tollé.

Les nouvelles restrictions excluent de fait la grande majorité des sacs à main, de même que les petits sacs à dos très en vogue (type Cabaïa). Une mesure perçue comme sexiste car très contraignante pour le public féminin. Il est d'ailleurs important de préciser que les mesures concernent les fans des Devils, mais aussi ceux des New York Sirens, l'équipe PWHL qui évoluera encore certainement de manière régulière au "PruCenter". La déception est grande chez les fans, pour des mesures toujours aberrantes.

Un tifo qui brave les interdits

La saison est également lancée en Suède, et l'Avicii Arena - le Globen de Stockholm - a déjà été mobilisée. L'AIK y a d'ailleurs lancé sa saison d'Allsvenskan contre MoDo, les supporteurs profitant de cette première pour déployer un superbe tifo. Le déploiement de cette banderole était toutefois en violation d'une interdiction de drapeaux.

Après l'utilisation en fin de saison dernière d'engins pyrotechniques, strictement interdits, les supporteurs de l'AIK se sont vu également interdire banderoles et drapeaux pendant cinq matchs à domicile. Cependant, avant cette première rencontre, les fans avaient prévu et communiqué sur le déploiement du tifo. Cette initiative ne peut d'ailleurs pas passer inaperçue puisque les agents de sécurité doivent être obligatoirement informés - en plus de l'évidente visibilité du drapeau à l'entrée des supporters. De son côté, le club a partagé un communiqué en prenant la défense de ses fans et en critiquant la sanction collective : « l’AIK Hockey défendra toujours les intérêts de ses supporters dans le respect des lois et règlements. Par conséquent, nous ne pouvons cautionner le principe selon lequel des milliers de supporters respectueux des règles devraient être sanctionnés à cause des agissements de quelques individus. Les sanctions collectives risquent non seulement d’être injustes, mais aussi d’être inefficaces. Si, de surcroît, des infractions similaires dans d’autres clubs entraînent des sanctions nettement plus légères, voire l’absence totale de sanction, cela ne fera qu’accroître la méfiance envers l’application des règlements. L’égalité de traitement ne saurait être un principe qui ne s’applique qu'occasionnellement. »

Disneyland s'invite sur les casques

Longtemps écartées, les publicités sont désormais bien installées sur les casques des équipes NHL. Pour la saison à venir, Anaheim a dévoilé un nouveau logo sur les casques de ses joueurs : Disneyland Resort. Un retour aux sources ?

Rappelons tout d'abord que le club a été créé à l'origine, en 1993, par la Walt Disney Company, le surnom faisant écho au film "The Mighty Ducks", Les Petits Champions en français, qui avait connu beaucoup de succès dans les salles américaines. Même si le "Mighty" a disparu en 2007, Mickey n'a jamais été loin des Ducks avec des animations et des évènements de promotion réguliers. Une journée dédiée à l'équipe de hockey est d'ailleurs organisée chaque année à Disney California Adventure, l'un des deux parcs du Disneyland Resort en Californie. Le fameux logo masque de canard avait d'ailleurs fait son retour en 2024. Disney est revenu au centre de la franchise des Ducks.

Les idées de règles parfois saugrenues de la KHL

La KHL s'est placée en dehors de la juridiction internationale et se prend à inventer des règles, pas forcément toujours très réfléchies. Une règle interdisant de fermer le gant sur un palet aérien, même pour le rabattre aussitôt au sol, a fait l'unanimité contre elle. Les joueurs ont dénoncé l'idée saugrenue de quelqu'un n'ayant jamais joué au hockey, car fermer le gant permet aussi de protéger la main alors que claquer un palet façon volleyball - seule solution autorisée - ferait très mal. Dès la pré-saison, la règle controversée a discrètement disparu et n'a pas été appliquée.

Les idées continuent quand même de fuser. Après le Conseil d'administration de la KHL, où devait se présenter la stratégie de la ligue sur trois ans, le président Aleksei Morozov a annoncé aux journalistes qu'il étudiait l'organisation d'une séance de tirs au but... avant l'engagement. En cas de match nul à la fin de la prolongation, on connaîtrait ainsi par avance le vainqueur. Raisons invoquées ? 1) Un sondage a montré que les fans aimaient voir ces tirs au but. 2) On s'assurerait que personne ne soit en retard pour les rencontres. Mais ce que les fans aiment, n'est-ce pas le suspense à la fin, qui serait éventé avec des séances organisées à chaque match et souvent pour rien ? Quant aux retardataires, le font-ils exprès ou sont-ils coincés par des accès difficiles ou autres contrariétés ?

Ceci dit, parmi les règles effectivement mises en place par la KHL, on trouve aussi des innovations qui ont du sens. Ainsi, quand une pénalité est à cheval sur deux périodes, l'équipe en avantage numérique commence aussi le nouveau tiers-temps en zone offensive.

 

 

Les citations du mois

"Ils seront en prison avant même que le palet ne soit mis en jeu"

Paul Maurice, l'entraîneur des Florida Panthers, explique pourquoi il ne réunira pas sur la même ligne Sam Bennett et les frères Tkachuk (ci contre Matthew, en photo par Pierre Maillard)...


"Je ne crois pas avoir d'encéphalopathie traumatique chronique. Mais j'ai récemment passé des examens et je sais qu'il n'y a pas de garanties car on on ne peut diagnostiquer à coup sûr la maladie qu'après la mort. Ce qui me donne espoir, c'est de n'avoir jamais eu deux commotions l'une derrière l'autre. Si vous êtes un parent ou un entraîneur d'un joueur, assurez-vous que son cerveau soit guéri avant qu'il ne rejoue. Cela m'a aidé de m'être rarement bagarré. Je n'ai jeté les gants qu'une fois [contre Sean Avery]. [...] À la vingtaine, je m'étais décidé pour le modèle de casque le plus stylé, pas celui qui protégeait le mieux ma tête. Rétrospectivement, c'était idiot, mais que sait-on à 20 ans ?"

Intéressante interview de Peter Forsberg sur les commotions dans le NZZ am Sonntag.
 

"Vous vous asseyez et vous n'arrêtez pas de demander 'Tkachyov, Tkachyov' Quoi, Tkachyov ? Vous avez ce qu'il a fait aujourd'hui, comment il a joué ? Devrais-je mettre une assiette à bordure bleue devant lui, le faire s'asseoir et lui souffler dans le c... ? Quelle assiette je lui dois ? C'est un hockeyeur ! Ce que le coach dit, p..., il doit le faire. Un coach devrait avoir de l'autorité, m..., pour que ces gars essaient, et ne pensent pas à avec qui ils veulent jouer."

Conférence de presse d'Andrei Razin, entraîneur du Metallurg Magnitogorsk, qui s'inquiétait aussi de recevoir encore une amende. Ah bon, pourquoi ?

"Quand je serai au chômage, j'espère être invité à l'université pour donner un cours. Je vais vous en faire un. Les jeunes joueurs sont motivés par l'envie de se faire une place dans l'équipe ou gagner des médailles. Chez les adultes, c'est la compétition pour un rôle dans l'équipe. Prenez Yakovlev. Je serai probablement viré... L'homme a tout gagné, il a remporté la Coupe Gagarine avec le Metallurg comme capitaine. Il l'a réussi. L'année suivante, il est encore capitaine, mais il n'y a plus de motivation. Résultat, une élimination prématurée en playoffs et un bilan de 0+7 et -7. Qu'est-ce que j'ai fait ? Je lui ai enlevé le capitanat. Il a répondu par sa meilleure saison, à 34 ans. J'ai dû le secouer pour en obtenir 100% ou même 120% [...] J'avais souligné en conférence qu'il n'avait mis que deux buts de la ligne bleue en powerplay pendant la saison. Yakovlev a répondu en marquant contre le Spartak et a célébré dans ma direction. Qui a eu tort ? De qui est-ce la victoire ? De l'équipe ! [...] Pareil pour Vova [Tkachyov]. Pour moi, comme coach, c'est très mal qu'un joueur reçoive des bonus s'il est dans les trois meilleurs marqueurs. [...] C'est un artiste, un créatif, comme un Mozart du hockey. Mais il y a des situations où, au lieu de jouer du violon, il doit porter le piano, laisser son ego de côté et jouer pour l'équipe. C'est ma mission. Comment le motiver, c'est mon affaire."

Andrei Razin, toujours, à la conférence de presse du match suivant, après avoir insulté les journalistes qui évoquaient des conflits entre lui et certains joueurs. Quant à Vladimir Tkachyov, dont le placement sur une ligne avec les jeunes Andrei Kozlov and Mikhail Fedorov a déclenché toute l'affaire, il ne s'est engagé dans aucune polémique publique... et a utilisé l'humour en postant une photo de lui avec une assiette à bord bleu sur les réseaux sociaux !


"Le jeu est devenu beaucoup plus rapide, mais plus stupide. [...] Il y a évidemment beaucoup de joueurs avec un très haut QI [de hockey]. Mais, mec, il y a aussi beaucoup de gars stupides."

Cette déclaration lapidaire de Nikita Kucherov, répondant à une question sur l'évolution du hockey sur glace à la journée médias d'avant-saison du Lightning de Tampa Bay, a déclenché de grands débats. Kucherov a peu détaillé sa pensée et laissé libre l'interprétation, mais les entraîneurs qui vont en son sens pointent le temps consacré au développement des qualités individuelles avec le palet au détriment de la compréhension du jeu. D'autres pointent aussi la concentration des jeunes qui diminue, les gens qui ne regardent plus un match entier mais juste des extraits.

 

 

La photo du mois

"Je préfère Klagenfurt à New York" : c'est par cette phrase, mise en exergue par les supporters du KAC avant le match de CHL contre Bordeaux, que Sepp Puschnig - décédé cet été - avait expliqué son choix de refuser les offres de NHL et de rester dans son club de toujours.

 

 

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