Bilan de la D3 française 2009/10

 

La division 3 est le dernier échelon du hockey français de compétition. Il en est le socle, la base, un étonnant mélange même où l'on retrouve des joueurs issus du loisir, des joueurs amateurs comme des joueurs venus d'ailleurs avec un CV qui ferait envie à bon nombre de club des étages supérieurs. C'est ainsi que plus de quarante joueurs formés à l'étranger ont participé à ce championnat : quelques Canadiens bien sur, mais aussi des Slovaques, des Russes, des Tchèques, des Belges mais aussi un Danois ou un Mongol ! Un sacré mélange, de nationalités mais aussi de niveaux. Entre les équipes du haut de tableau, structurées et capables de jouer à une division supérieure, et celles du bas de tableau, plus proches du loisir, l'écart est immense, rendant certains scores canoniques (on frôla même la trentaine de buts parfois) !

Mais c'est cette diversité qui fait toute la richesse d'une division en perpétuel mouvement. Des équipes s'y essayent avant de "redescendre" en loisirs, certains clubs se créent et recommencent par le bas de l'échelle, certains autres évoluaient il n'y a pas si longtemps dans des divisions plus huppées mais se sont retrouvés là à la suite de problème financiers. Finalement, la D3 reflète l'état de santé du hockey hexagonal dans son ensemble. Et si on s'attarde sur les chiffres, on peut parfois être inquiet : près de 50 clubs au début des années 90, on est passé à moins de 40 au début du nouveau millénaire pour continuer à voir le chiffre décroître jusqu'à 31 participants cette année. Retour sur cette année de division 3 avec un champion invincible, des recours judiciaires, des scores fleuves mais surtout des histoires d'hommes...

 

Premier : Toulon. La saison dernière, les Varois étaient passés à plusieurs reprises très près de se retrouver à l'échelon supérieur. Tout d'abord lors du carré final à Anglet quand ils avaient craqué dans la dernière période face à Val Vanoise, prenant finalement la troisième place. Puis ce fut au cœur de l'été lorsque Mont-Blanc confirma le non-engagement d'une équipe réserve en division 2. Une place se libéra alors mais la Fédération privilégia les Français Volants au dossier plus développé. Puis enfin, ce fut lorsque Tours fut rétrogradé en division 3. La FFHG promut alors les Varois avant que les différents appels de Tours ne renvoient l'équipe en D3.

Malgré leur déception largement étalée dans les médias locaux, les Boucaniers étaient prêts à repartir pour une saison dans le plus bas échelon du hockey hexagonal. Une fois de plus, l'effectif était tourné vers l'offensive avec des renforts qui auraient pu séduire des clubs bien plus huppés. Les Toulonnais privilégièrent tout d'abord des joueurs connus : les défenseurs Jozef Drzik (déjà passé ici en 2004/2005) et Olivier Lyon (connu pour son jeu viril à Mulhouse ou Valence) ou l'attaquant venu de Poitiers Jan Katrusin. Pour compléter l'escouade, Richard Brodeur (l'inamovible entraîneur/joueur depuis 24 ans) a choisi Martin Domian, un ancien international U18 slovaque, et Petr Burda, un Tchèque parti au Canada. Et comme cela ne suffisait pas, il fallait que la cerise sur le gâteau vienne se poser toute seule ! Søren Nielsen est un très bon gardien danois, backup à Odense avec lequel il a remporté trois coupes nationales, et est fiancé à une internationale danoise de handball. Comme sa belle a choisi de rejoindre le réputé club féminin de Toulon-Saint-Cyr, Søren en a profité pour s'engager avec un club où les gardiens étaient déjà de qualité avec le jeune Bolomier et l'expérimenté Merbah.

Avec un tel effectif, nul doute que les Boucaniers s'inscrivaient parmi les favoris de la division. Même s'ils durent disputer leurs deux premières rencontres sans Domian et Burda, leur bilan était digne d'un candidat ouvert au titre, les victoires succédant aux victoires, avec plus de dix buts d'avance en moyenne par match. Restait la dernière marche, celle qu'il ne fallait pas rater ce coup-ci, le carré final, organisé chez un autre favori, Orléans.

Le premier match ne fut finalement qu'une formalité face à des Belfortains déjà corrigés deux fois au cours de la saison (0-10 et 9-1). Le score de 7-1 permettait de bien se mettre en jambes avant le match de l'année face aux locaux. Si les Boucaniers l'emportaient ils étaient certains de monter à l'étage supérieur. Le premier tiers (4-0) donna le ton et permit de faire une bonne partie du chemin : si la suite du match fut plus équilibrée, les Toulonnais l'emportaient finalement 7-4 et pouvaient fêter leur premier titre national ! Le dernier match de la saison, qui ne comptait pas pour du beurre pour les autres équipes, contre Metz, se conclut lui aussi par une victoire, permettant de conclure la saison avec un 100% de matchs gagnés.

Les Boucaniers ont enfin pu concrétiser leurs ambitions en s'appuyant sur des joueurs importés de qualité mais aussi sur une bande de potes, tous formés dans le coin, et menée de main de maître par Willy Autran, meilleur artificier formé en France du club. Néanmoins, une épée de Damoclès pesait toujours au dessus des têtes toulonnaises puisque la FFHG avait conditionné, dès décembre, une éventuelle montée en D2 à la réalisation d'objectifs de recrutement chez les jeunes... Un ultime obstacle brillamment franchi durant l'été.

 

Deuxième : Orléans. Patiemment, étape par étape, Orléans a su construire un groupe capable de leur faire découvrir la division 2. Les Renards ont obtenu cette promotion chez eux, de quoi fêter dignement cette accession tant attendue. L'an passé, Orléans ne faisait pas partie du carré final par la faute d'une répartition géographique qui les avait mis dans la même poule qu'Anglet. Et pourtant, ce fut l'équipe qui donna le plus de fil à retordre aux futurs champions basques.

Finalement, il était logique de les retrouver à ce niveau sachant que le groupe avait peu évolué. L'international junior estonien Maksim Brandis restait le joueur de pointe de l'équipe bien entouré par le buteur formé à évry, Lucas Dehu, et le junior local, Thomas Saint-André, qui avait pu bénéficier en son temps de l'expérience en cadets élite lorsque les Orléanais étaient en entente avec Tours dans l'équipe du Val de Loire. Dans les buts, Arthur Noale, capable de matchs d'extra-terrestre et ancien membre du collectif U16, était resté alors que le groupe s'était étoffé de trois éléments de qualité : le défenseur estonien Dennis Brandis (le frère de Maksim), le polyvalent Gianni Vigezzi (de retour dans son club formateur après une expérience en espoirs élite avec Gap ainsi qu'un passage éclair sur la glace de la D1) ainsi que l'attaquant venu de Clermont, Alexandre Paul.

Durant la première phase, les Renards ne se firent pas beaucoup de frayeurs. Si le rendement offensif est en léger recul par rapport à la saison précédente, la défense a encore fait des progrès ! Ce bilan leur permit de franchir la première étape en ayant tout juste eu quelques inquiétudes en rencontrant les réserves de Courbevoie et d'Asnières (victoires 3-4 et 2-4). La seconde phase fut du même acabit bien que les Orléanais connurent leur première défaite de la saison lors de la dernière journée face à l'ACBB (6-5 sur un but encaissé en infériorité à cinq minutes du terme). Une défaite qui ne changeait pas grand-chose, les Renards préparant déjà leur carré final, chez eux. Non, le véritable souci de ce match fut l'expulsion idiote de Thomas Saint-André à quelques secondes de la fin, ce qui allait le priver du premier match de la finale.

Et pourtant, ce premier match était capital. Logiquement, Toulon paraissant au-dessus du lot, cette opposition face aux "néophytes" messins désignerait la seconde équipe à rejoindre la division 2. Dans cette rencontre un peu folle, les Renards durent d'abord courir après le score, puis reprirent l'avantage avant de faire le break peu avant la mi-match. Les Orléanais semblent avoir fait le plus dur mais en moins de deux minutes ils vont relancer les Messins. Accumulant les pénalités, il ne faut que quelques tentatives pour que les Graoully reviennent à égalité. Ce score de parité, les deux équipes semblent le traîner jusqu'au buzzer final. Mais dans la dernière seconde, Maksim Brandis, dans le rôle du libérateur, parvient à tromper le portier adverse pour apporter une victoire décisive à son équipe (4-3). La suite du week-end orléanais fut dans la logique des choses : défaite contre Toulon puis victoire contre Belfort. Ne restait plus qu'à attendre que Toulon fasse plier les Messins pour valider le ticket pour la D2, chose faite à dix minutes du terme de ce carré final. Les Renards de Gilbert Ledigarcher obtiennent donc une promotion logique, issu d'un travail entamé il y a plusieurs saisons de cela et qui trouve son apogée dans cette seconde place salvatrice.

 

Troisième : Metz. Au mois d'août, on s'était réjoui de la renaissance d'un club dans la capitale mosellane. Ils avaient même reçu un élan de sympathie lorsque la FFHG avait invalidé leur inscription en championnat à cause d'une patinoire non-conforme. Mais très vite, les Graoully parvinrent à s'attirer l'inimitié de nombreux suiveurs. En cause, la volonté farouche de construire une équipe première taillée pour le titre sans tenir compte de la nécessité de développer le hockey mineur. La Fédération mettra d'ailleurs très vite un terme aux ambitions locales en leur interdisant la participation aux play-offs parce que le club était bien loin de la centaine de licenciés annoncés par les dirigeants (15 licenciés en ne tenant pas compte de l'entente présentée par le club avec celui de Toul). Mais, imitant les Tourangeaux, Metz se mit en tête d'aller défier la FFHG sur le terrain judiciaire et, une nouvelle fois, un tribunal administratif allait donner raison au club plaignant. Du coup, il fallut remodeler les calendriers puisque Metz avait déjà entamé sur la glace la phase de play-downs (avec, au passage, une "petite" victoire à Roanne 1-29).

Car sur le papier, Metz présentait une équipe redoutable, bien que la moyenne d'âge fut très largement supérieure à celle de ses adversaires, à l'instar de Sergei Chesterikov avec son antique crosse en bois. Cinq joueurs arrivaient directement de division 1 - dont quatre du voisin Amnéville - et quelques étrangers présentaient un très bon CV, dont Renars Undelis, un ancien international junior letton qui écume les élites lettones et biélorusses depuis huit ans. Tout cela faisait un groupe redoutable, capable d'agir tel un rouleau compresseur sur ses adversaires.

Si les Messins commencèrent la saison par deux défaites, c'était principalement dû au fait que le group était neuf et incomplet. Ils se reprirent pour finir la première phase en alignant les cartons (dont un 1-24 à Épinal). La seconde phase proposait au club mosellan d'affronter de nouveau les deux clubs qui l'avaient battu en première phase (Chalons et Strasbourg II) ainsi qu'un autre ambitieux, Compiègne. Mais la machine était lancée et rien ne semblait l'arrêter. Et Metz assura sa qualification le temps d'un week-end où ils battirent Compiègne le samedi et Strasbourg le dimanche. Néanmoins, un sérieux écueil vint toucher l'édifice : le joueur/manager Yannick Hamri s'est rendu coupable d'une tentative de coup de patin et ratera les deux premiers matchs du carré final, absence qui se rajoutait à celle de Mathieu Bertrand qui ne pouvait se libérer le premier jour pour raison professionnelle.

Dans cette finale, il y avait trois équipes dont le niveau aurait permis de jouer confortablement en division 2. Mais sur les trois, il n'y avait que deux tickets disponibles. Et celui qui restera à quai, ce sera Metz. La faute à un but concédé dans la dernière seconde du match initial face à Orléans. Les Graoully auront beau blanchir largement Belfort (10-0) puis être l'équipe qui aura le plus résisté à Toulon de toute la saison (2-3), rien ne pourra renverser cette défaite face aux hôtes du carré final. Ils auront beau tout essayer, comme faire rechausser les patins à l'entraîneur Vladimir Kuznetsov (54 ans) pour les premières joutes ou bien encore faire redescendre le centre naturel Yann Vannienwenhove en défense, le sort était finalement jeté depuis le premier soir. L'administratif avait bien tenté de contrecarrer les plans messins, sans réussite, c'est finalement le sportif qui a rendu son verdict...

 

Quatrième : Belfort. Cela faisait deux ans que les Lions n'étaient pas autorisés à participer aux play-offs de division 3. En cause ? La relégation administrative du club suite à son titre de champion de France de division 2 ainsi que l'incapacité à présenter des effectifs conséquents en hockey mineur. Du coup, les Belfortains ont passé deux années ennuyeuses où les matchs n'avaient plus d'enjeu. Heureusement, le club s'est inscrit dans une politique de développement des plus jeunes catégories, avec le soutien de la DTN, ce qui leur permet d'enfin retrouver le gout de la compétition.

Et pourtant, l'année ne se présentait pas sous les meilleurs auspices. Malgré un recrutement intéressant, traditionnellement tourné vers l'est de l'Europe (avec les arrivées de trois Tchèques et d'un Slovaque) et vers l'est de la France (Gilles Heintz en provenance de la réserve strasbourgeoise), les Lions ont mal débuté en perdant deux de leurs trois premiers matchs, à Mulhouse puis contre Colmar. Mais la machine s'est ensuite mise en route et les Belfortains ont fini par obtenir la seconde place qualificative.

En play-offs, les Lions ont vite été désignés comme le premier adversaire de l'ogre toulonnais. Las, un double revers cinglant les attendait. Comme le club rêvait de retourner en D2, il ne restait plus qu'une solution : obtenir la place de meilleur second. Mais ça aussi c'était mal engagé puisqu'en plus de leurs deux défaites, ils ont concédé un match nul. Il leur fallait remporter leur dernier match et espérer un revers (improbable) de Compiègne à Valenciennes mais les miracles existent (surtout en sport) et les "vieux" Belfortains (près de 32 ans de moyenne d'âge) se sont retrouvés qualifier pour le carré final à Orléans. Une compétition où les Lions n'auront pas la force de montrer leurs crocs face à des équipes bien plus physiques et avec une meilleure profondeur de banc.

Le bilan de cette compétition est amer mais réaliste : Belfort n'avait pas le niveau pour atteindre la D2 mais a tout de même tenu son rang. Le souci désormais c'est l'avenir car bon nombre de joueurs actuels vont stopper leur carrière ou l'orienter vers les loisirs... et comme le mineur a pris un grand nombre d'années de retard en terme de formation, c'est l'existence même d'une équipe sénior à Belfort qui est compromise pour quelque temps.

 

Cinquième : Compiègne. L'équipe qui a raté d'un poil cette participation au carré final, c'est donc Compiègne. Comme Belfort, ce sont des Lions, mais ceux-ci se sont pris les pieds dans le tapis de la dernière marche. Pourtant le club, désormais présidé par l'ancien joueur et entraîneur Christophe Tagliapietra, n'était pas dénué d'ambitions, mais passer d'un club qui jouait les play-downs à un club de haut de tableau, même en D3, ne se fait pas aussi facilement.

La première "erreur" a eu lieu dans les termes de l'entente que le club entretient avec le voisin amiénois. Une mauvaise lecture du règlement entraîne une pénalité de six points pour avoir aligné un joueur sans en avoir le droit. Heureusement, le reste du parcours des Lions était un sans-faute, ce qui ne remit pas en cause la qualification pour la seconde phase.

Une seconde phase qui commençait bien et qui laissait augurer d'une possibilité d'atteindre le carré final. Mais, en cours de route, Metz se fit réintroduire en play-offs, mettant sur la route des Compiégnois un adverse lui aussi blindé d'ambitions. La double confrontation face aux Messins se soldant par deux défaites, les Lions ne pouvaient plus qu'espérer prendre le strapontin de meilleur deuxième des trois poules. Pour cela, il "suffisait" d'aller battre Valenciennes, une équipe qui n'avait pas beaucoup posé de problèmes jusque là (battue 8-3 puis 8-0 en première phase, puis 14-3 au match aller). Seulement, les Diables Rouges sont sortis de leur boîte pour maîtriser leur sujet et mener de bout en bout le match, s'offrant une victoire de prestige 5-2 qui par la même, éliminait Compiègne du carré final.

 

Sixième : ACBB. Le club historique de Boulogne-Billancourt a gagné dix matchs cette saison ! Soit le même nombre de victoires qu'au cours de leurs trois dernières saisons en division 2 cumulées ! Et pourtant, un tel parcours n'était pas gagné d'avance. Durant l'été, l'ACBB était une nouvelle fois relégué sportivement en D3 mais, une nouvelle fois, il aurait pu prétendre à un repêchage administratif. Mais il n'en fut rien, l'ACBB laissa sa place pour entamer une réflexion sur l'avenir de son hockey majeur. Devait-il repartir en D3, s'inscrire en loisirs ou bien tout simplement disparaître ? Finalement, le club s'engagea en division 3 malgré la perte de ses meilleurs éléments, partis profiter de la division 2 avec d'autres équipes franciliennes.

La première partie de la saison fut délicate. La qualification pour les play-offs ne se fit qu'à l'occasion de la dernière journée et d'une victoire sur Le Havre. Le jeu boulonnais s'appuyait principalement sur des retours au jeu comme celui de l'entraîneur vétéran Yves Lespérance ou de l'attaquant Anthony Becaglia. Grace à une envie de jouer retrouvée, à un vestiaire plus calme et plus motivé, l'ACBB s'est mis à gagner. La fin des play-offs se fit en trombe, avec notamment une victoire sur le leader orléanais, mais le début avait été trop poussif pour espérer atteindre le tournoi réunissant les quatre meilleures équipes de la saison. Néanmoins, l'essentiel était assuré puisque la belle patinoire de l'ACBB respire de nouveau la joie de pratiquer le hockey.

 

Septième : Limoges. La relégation administrative de D1 en D3, le passage de David Dostal, la mise sous tutelle du club par le club omnisports de l'ASPTT, voilà comment pourrait se résumer, rapidement, les deux dernières années du club limougeaud.

Et pourtant, pour cette saison, Limoges ne part pas la fleur au fusil. Certains cadres (ou plutôt certains fidèles) de l'équipe sont encore là pour encadrer les jeunes pousses. Du coup, l'équipe première est bien emmenée par des Veron, Carmona, Jacquinet, Rochette et bien sûr John-Henry Père. Les renforts ne sont pas non plus les premiers venus : François Allard, un Québécois passé par Roanne, ou Damien Pozzobon, ex-Font-Romeu.

Ainsi, les Limougeauds ont pu traverser la première phase sans trop d'encombre (une seule défaite face à Tours II) avant de se présenter comme le premier adversaire d'Orléans en play-offs. Mais leur première confrontation de la seconde phase face aux Renards leur a remis les pieds sur terre avec une défaite 1-5 aux Casseaux. Par la suite, les joueurs en bleu et jaune ont repris leur marche en avant, à tel point qu'à quatre journées du terme, ils pouvaient encore se qualifier pour le carré final : comme meilleur second, et il était même encore mathématiquement possible d'accrocher Orléans pour une qualification directe. Mais ces quatre matchs mirent un terme cinglant aux ambitions locales : défaites à l'ACBB, à Orléans puis à Tours, les Taureaux de Feu n'avaient plus rien à espérer. Ils conclurent néanmoins leur saison par une ultime victoire sur Tours, de quoi préparer la future saison.

 

Huitième : Strasbourg 2. Saison après saison, la réserve strasbourgeoise reste l'une des meilleures de France, mais comme le niveau de la D3 s'accroit chaque année, son classement final tend à légèrement glisser. Mais l'important n'est pas là pour l'équipe.

Bien sûr, comme tous les sportifs, ils ambitionnent d'obtenir de bons résultats mais son rôle consiste également à offrir du temps de jeu aux jeunes pousses locales et leur offrir un marchepied vers l'équipe première de Magnus. Il est ainsi normal de reconnaitre certains noms dans l'effectif alsacien : les frères Bastian, les frères Frank, Aziz Baazi, Jérémy Quillier ont tous joué en élite récemment. L'équipe sert aussi à offrir une seconde carrière à des joueurs plus anciens qui ont tiré un trait sur le haut-niveau comme l'ancien capitaine de l'Étoile Noire Stéphan Hohnadel, le Canadien Gayaz Charmasson ou l'ex-Angloy Xavier Idiart. Ce mélange hétéroclite de jeunesse et d'expérience, où les ambitions personnelles ne sont pas les mêmes, permet au club alsacien d'avoir une réserve compétitive qui a eu le désavantage de tomber aux côtés d'équipes ambitieuses comme Metz ou Compiègne.

Car, finalement, la première phase s'était bien passée : l'étoile Noire a fini en tête de sa poule, ne concédant qu'une défaite (contre Metz) et profitant du départ raté de ces mêmes Messins. Les Strasbourgeois se mirent alors à rêver en la possibilité de renouveler leur exploit de 2008 où ils avaient atteints le carré final aux côtés de la réserve rouennaise, d'évry et des Français Volants, autant de clubs qui font les beaux jours de la division 2. Malheureusement, ils n'y parviendront pas. Si l'entame fut parfaite avec quatre victoires contre les équipes réputées plus faibles, le premier raté eut lieu lors de la réception de Compiègne qui se conclut par un match nul. Rien de rédhibitoire mais les revers contre Chalons puis Compiègne commencèrent à réduire comme peau de chagrin les ambitions alsaciennes. Il restait un mince espoir avant la double confrontation contre Metz mais deux courtes défaites d'un but mirent un terme à la saison des Strasbourgeois.

 

Neuvième : Colmar. La dernière fois que Colmar avait atteint les play-offs, c'était en 2003. Une autre époque... Pour mettre un terme à cette trop longue période de disette, les dirigeants sont allés chercher un entraîneur/joueur de qualité chez le voisin strasbourgeois : Yannick Maillot a donc la lourde tâche de former un groupe pour redresser la barre d'un club qui voit chaque année défiler de très bonnes équipes, grâce à son Eurotournoi, sans jamais pouvoir y prétendre.

N'exister que par ce tournoi n'est plus au goût des locaux et l'entame de championnat a démontré que les Titans ont franchi un cap. Enchaîner avec cinq victoires consécutives, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas vu ça ! Même le favori belfortain a dû rendre les armes à domicile. Alors, même si la première phase s'est conclue plus difficilement avec deux revers à domicile (contre Belfort puis Besançon), l'important était acquis : la qualification.

Malheureusement, la période de Noêl ne fut pas sans déception : le club perdit Alexis Laieb mais surtout son renfort junior finlandais, Jari Virtanen, second meilleur pointeur du club, reparti pour son pays natal. Avec un effectif plus réduit, les Colmariens firent tout de même bonne figure, même s'ils ne pouvaient lutter avec Toulon, largement au-dessus du lot, ou avec Belfort, devenu plus régulier. Néanmoins, ils peuvent se targuer d'avoir enfin une place plus acceptable sur l'échiquier du hockey français.

 

Dixième : Tours 2. La réserve tourangelle est finalement l'exact contraire de ce que proposait l'équipe première. Ici, pas d'étrangers, tout juste les jeunes qui persévèrent dans le hockey et à qui l'équipe fanion ne fai(sai)t pas confiance. Quelques anciens glorieux sont là pour les entourer. Et comme les générations qui firent les beaux jours du club en cadets élite arrivent à maturité, la compétitivité de l'équipe est accrue d'autant. Le résultat est aussi spectaculaire qu'il est logique. De la dernière place de leur poule l'an passé, les Tourangeaux sont passés à la deuxième, leur permettant d'accéder à la seconde phase.

Et même dans ces play-offs, ils firent très bonne figure, accrochant à son tableau de chasse Limoges, arrachant deux matchs nuls contre l'ACBB ou passant à deux doigts d'un exploit dans le grand derby face à Orléans (défaite 4-5).

La révélation progressive de la vraie situation financière du club au cours du printemps et de l'été aboutira à rayer purement et simplement les Diables Noirs de la carte des clubs français... Heureusement que certains s'étaient battus pour permettre à cette équipe réserve de survivre, car finalement, c'est en s'appuyant sur elle que le hockey à Tours n'est pas mort. Voilà un nouveau club, de nouveaux dirigeants, une nouvelle équipe aux prises avec un nouveau défi, mais qui va pouvoir s'appuyer sur une base existante pour renaître de ses cendres. Ce hockey mineur qui fonctionne, grâce au bon travail de Normand Roy durant toutes ces années, c'est la chance du hockey tourangeau, qui lui permet de survivre à un dépôt de bilan. Ceux qui n'ont pas cette structure et cette relève ne peuvent assurer la même continuité, Belfort ou Besançon peuvent en témoigner.

 

Onzième : Valenciennes. Faire renaître un club "de ses cendres" n'est pas chose évidente. Surtout que dans le cas du club du Hainaut, il y avait aussi une patinoire à reconstruire, la précédente ayant fini en... cendres. Chose faite avec l'inauguration il y a près de deux ans de Valigloo, un tout nouvel outil dédié à la glace. Ensuite, il a fallu relancer l'équipe, qui n'a jamais réellement disparu pendant ces cinq ans de disette, et la préparer à un retour en championnat. Le club a ainsi multiplié les confrontations amicales la saison passée au point de se sentir prêt pour affronter la D3.

Renforcé par quelques anciens de La Roche (le gardien Barreteau ou le défenseur Selin), quelques joueurs du championnat belge (Kévin Tillier et Gil Krnac de Charleroi et Boris Kolyasnikov, un Russe passé par Louvain) ainsi que par les arrivées du Canadien Vincent Rivard et du nordiste Jérôme Stachowiak (formé chez le voisin de Béthune), les Diables Rouges étaient prêts pour les joutes de D3. Ils franchirent la première étape sans trop trembler, se débarrassant des équipes inférieures qu'étaient Saint-Ouen et Dunkerque 2.

Finalement, c'est en play-offs que l'équipe a le plus séduit. Devançant la réserve nocéenne, qui avait pourtant terminée devant eux en première phase, et en battant Compiègne (ce qui condamna les Lions pour le carré final), Valenciennes a su relancer de la plus belle manière le hockey dans la ville, le tout devant un public revenu en nombre avec ses plus de sept cents partisans !

 

Douzième : Besançon. Le hockey bisontin a une histoire tortueuse. Champion de France de division 2 en 2001, puis quatrième en division 1, voilà les Séquanes inclus dans le tout nouveau Super 16, l'élite française. Après l'escalade, la cascade... Salaires en retard puis impayés, joueurs qui quittent le navire avant le naufrage, la déchéance financière est là et le 27 février 2003, Besançon dépose le bilan. À la suite de ce cuisant échec, les Bisontins ont vécu plus de quatre ans sans hockey. Pas sans club puisque la disparition des Séquanes avait laissé la place à deux clubs rivaux pour une même ville, mais sans compétition senior.

Depuis l'aube de la saison 2007/2008, Besançon est revenu sur l'échiquier du hockey hexagonal. Discrètement, sans fioritures, et il poursuit calmement son travail de reconstruction en s'appuyant sur sa base, contrairement à ce qui avait été fait à l'époque de l'élite.

Pourtant, il existe un lien entre les deux époques, et ce lien repose sur deux hommes qui n'ont jamais quitté la glace bisontine : le portier Sébastien Clerc et le défenseur tchèque Lukas Frank, bien que ce dernier ait été débarqué au cours de la saison de Super 16. Ces deux hommes forment le socle d'une équipe qui ne compte plus une légion étrangère comme autrefois. Tout juste a-t-on enregistré cette saison le retour à la maison du défenseur Dany Parra, international espagnol mais formé dans la capitale du temps. Le reste est formé de joueurs locaux ou de quelques autres, venus dans la région pour autre chose que le hockey comme les vétérans canadiens Richard Roberge ou Sean McLaughlin.

Et avec cette équipe-là, patiente, les Bisontins, appelés Remparts cette saison, réalisent des résultats de plus en plus intéressants. Après une première saison d'apprentissage en 2008, ils ont profité la saison dernière de l'interdiction de play-offs frappant Belfort pour s'inviter à la seconde phase, et cette fois, la qualification n'est due à personne d'autre qu'eux. Devançant les réserves dijonnaise et mulhousienne, les Remparts se sont même offert une victoire de prestige à Colmar. La seconde phase fut sanctionnée comme l'an dernier d'une quatrième place, acquise en dépit de l'absence du gardien "vedette" pendant quelques parties.

 

Treizième : Font-Romeu. Durant l'intersaison, la petite station des Pyrénées a choisi une option douloureuse : renoncer à s'aligner en division 2 au risque de se brûler les ailes. Les Aigles sont donc repartis, la tête haute et les finances saines, au bas de l'échelle du hockey français, celle-là même qu'ils avaient quitté trois ans plus tôt. Certaines rumeurs les avaient envoyés dans le championnat espagnol, puis dans une coupe transpyrénéenne, mais aucun des projets n'a abouti.

Mais repartir en D3, cela signifie perdre bon nombre d'éléments, en particulier les étrangers. Et pourtant, certains sont restés au club : le portier Peter Kosa, qui s'occupe de la section sport du lycée climatique et sportif de la ville avec Marian Jakab, ou l'attaquant Tomas Tomasik, désormais marié à une romeufontaine. D'autres joueurs, évoluant en D2, ont choisi de rester comme le vétéran Christophe de Carné qui, à tout juste 54 ans, repartait pour une nouvelle saison. Le tout était complété par des joueurs venant du loisir ou qui avait arrêté la compétition.

Le retour en D3 ne fut pas simple car s'ils faisaient partie de la poule la plus réduite (quatre équipes pour trois places), il leur fallait faire face à une forte concurrence. Heureusement, les points primordiaux furent engrangés dès le début de saison, avant que Peter Kosa ne se blesse. Les play-offs furent heureusement plus animés. Bien calé dans le second groupe, où chaque point était précieux, les Pyrénéens terminèrent à l'avant-dernière place de leur groupe grâce à une ultime victoire en terre villardienne. Malheureusement, la D3 fait faire peu d'économies à Font Romeu qui y a peu de voisins. Un an après leur rétrogradation volontaire, les Aigles vont donc totamement disparaître du paysage.

 

Quatorzième : Courbevoie 2. Saison après saison, la réserve du COC s'enrichit de nouveaux éléments, venus tout droit de l'équipe première en division 1. Que cela soit pour des raisons professionnelles, familiales ou sportives, tout ce beau monde trouve son compte dans un championnat moins relevé et moins dense au niveau du calendrier.

C'est ainsi qu'on retrouve désormais près d'une dizaine de noms connus des suiveurs de la D1. Aux "anciens" comme Loïc Déo Van, Cyril Guenée ou Jérôme Laverny se sont rajoutés les "nouveaux" comme Alexandre et Antoine Motte ou Mathieu Ganivet. Comme les espoirs locaux (Vincent Elbaze, Esteban Semellier entre autres) font un passage également dans la réserve, et comme un certain Franck Constantin, gardien titulaire à Garges un an plus tôt, est venu retrouver le goût du hockey et le calme de la patinoire Thierry-Monier, l'équipe de Courbevoie présente un pédigrée qui commence à être intéressant.

La preuve, après avoir échoué l'an dernier aux portes des play-offs, les Coqs ont réussi à franchir ce palier cette saison, se permettant même d'inquiéter jusqu'au bout le leader invaincu orléanais. La seconde phase fut nettement moins réjouissante dans une poule très homogène où quatre équipes se battaient pour accéder au dernier carré. Il faut dire qu'entre temps, la D1, décimée, dut rappeler les frères Motte, handicapant un peu le sort de la réserve.

 

Quinzième : Châlons-en-Champagne. Depuis leur apparition en division 3 en 2006, jamais les Gaulois n'avaient atteint les play-offs. Autant dire que le résultat de cette saison est déjà plus que positif. Mais Châlons avait su quoi faire pour y arriver : en recrutant l'ex-Niçois et Romeufontain Marek Hanes et en maintenant son association avec le club voisin de Reims, il y avait un effectif de qualité et une profondeur de banc accrue par rapport aux exercices précédents.

La poule est était parmi les plus relevées de la première phase. Elle le fut encore plus que d'ordinaire avec l'introduction, tardive, d'une équipe messine pas vraiment taillée pour la D3. Du coup, il a fallu aller chercher les points contre les concurrents directs, et les Gaulois y parvinrent en remportant les quatre rencontres les opposant à la réserve spinalienne et à Luxembourg.

Cette première phase a mis en avant l'importance prise par le duo Marek Hanes et Richard Zavodny, qui inscrivirent près de la moitié des points de l'équipe. Une statistique qui allait se reproduire en seconde phase, mais le niveau de la compétition augmentant, les Gaulois furent moins à l'aise malgré une victoire de prestige contre la réserve strasbourgeoise et une, beaucoup plus large, contre Neuilly.

 

Seizième : Villard-de-Lans 2. La création d'une équipe réserve dans le Vercors remonte à deux ans lorsque, sous l'impulsion de Florian Pesce, plusieurs joueurs du cru, privés de place en équipe première, décidèrent de se regrouper pour continuer en compétition. Et le résultat fut des plus concluants, avec une équipe compétitive qui avait donné du fil à retordre à Toulon, futur médaillé de bronze.

Cette saison, Florian Pesce a quitté Villard pour Annecy mais l'équipe a continué son parcours. L'équipe est toujours composée de la même ossature de joueurs locaux auxquels viennent ponctuellement se greffer des éléments de l'équipe espoirs.

Dès l'entame du championnat, on retrouve l'équipe accrocheuse qu'on a connue l'année précédente et ils font mieux que se défendre en titillant une nouvelle fois Toulon, bien que ces derniers ne fussent pas encore au complet. Avec cette courte défaite à La Garde (6-2), on pense que les Villardiens vont aisément franchir cette première phase, qui plus est dans une poule où il y a trois places pour quatre équipes. Ce fut bien plus compliqué que prévu. Une défaite à Font-Romeu, un nul à Roanne, les Ours passent, mais par la petite porte.

Dans la seconde phase, les choses se compliquent : les Villardiens sont là pour bien faire alors que d'autres équipes sont là pour jouer le titre et la montée. Après des victoires face à Font-Romeu et Colmar, les mauvais résultats s'enchaînent. Les bleus et jaunes ont encore un dernier joker dans leur manche. Le coach de l'équipe première, Stéphane Barin, dit que si Fabrice Lhenry persiste à s'aligner en D2, alors il rechaussera les patins avec la D3 ! Et comme Lhenry jouera encore avec la réserve rouennaise, Barin tient sa parole et se retrouve sur la glace pour le match de la dernière chance (heureux hasard ?) face à Toulon. Las, si les Ours font encore un début de match tonitruant, menant de deux buts (c'est la seule équipe à avoir mené aussi "largement" face aux Boucaniers), ils vont se faire ronger petit à petit pour une défaite finale de 3-7.

La fin de saison fut plus "relax". À cours d'effectif, les Ours sont forfaits à Colmar (tout en prenant soin de se déplacer tout de même pour un match amical) puis explosent littéralement à Toulon pour le dernier match de la saison (24-1). Un manque de joueurs qui préfigure la non-réinscription de l'équipe et la fin d'un projet qui était issu d'une volonté personnelle et non d'une politique du club.

 

Dix-septième : Neuilly-sur-Marne 2. Depuis sa création, en 2006, la réserve des Bisons a toujours réussi se qualifier pour les play-offs. Il y a même quelques fois où elle s'est retrouvée en mesure d'accéder au carré final, échouant de peu. L'objectif est donc simple : continuer sur la lignée. Seulement, depuis l'an passé, l'équipe s'est retrouvée privée de son meilleur atout, l'attaquant slovaque Miroslav Kecka, rappelé par l'entraîneur Jérôme Pourtanel dans l'équipe première. De plus, un des cadres défensifs, Guillaume Leclancher, a choisi de partir pour Belfort.

Reste que l'équipe nocéenne peut s'appuyer sur un noyau solide de joueurs : d'anciens membres de l'équipe du temps où elle gravissait les échelons, d'ex-joueurs des équipes cadets et espoirs élite et le renfort d'actuels éléments de l'équipe du "Paris Grand Est", nouvelle dénomination de l'entente Champigny/Fontenay/Neuilly en espoirs excellence.

Dans une première phase plus qu'abordable, le Bisons n'ont guère tremblé. Certes, ils ont été deux fois battus par les ambitieux Lions de Compiègne, mais ils sont parvenus à terminer à la première place du classement suite à la sanction touchant les Compiégnois.

La seconde phase, elle, fut loin des attentes avec une longue série de défaites, parfois même quelques larges déculottées, au point de terminer l'exercice avec près de 100 buts encaissés ! Deux victoires à Valenciennes puis contre Châlons en début d'exercice seront les seuls coups d'éclat d'une équipe où Jimmy Persico et William Bottin se seront retrouvés bien seuls à la pointe de l'attaque. Reste que l'équipe nocéenne a commencé à préparer l'avenir en lançant dans le bain quelques jeunes cadets du cru, à l'image du portier Damien Leblevennec, ce qui traduit la volonté de faire de cette équipe autre chose qu'un regroupement d'anciens en fin de carrière.

 

Dix-huitième : Niort. Cela fait maintenant deux ans que la nouvelle patinoire niortaise est sortie de terre et que les "Lames Affutées" peuvent enfin évoluer sur une glace aux normes. Leurs débuts ne s'étaient pas fais sans soucis puisque, peinant à retrouver le rythme de la compétition, ils avaient fini leur première phase avec une seule victoire et un match nul. Et pourtant, par un concours de circonstances étonnant (interdiction faite à Anglet et Limoges de participer aux play-offs), les Niortais s'étaient retrouvés en seconde phase. L'an passé, le groupe était toujours aussi réduit et les Niortais baissèrent vite le pavillon, ne connaissant, là encore, qu'une victoire en première phase.

L'intersaison a été agitée dans les coulisses niortaises. Certains éléments qui étaient restés en loisirs franchirent le pas de la compétition, plusieurs cadets ont été surclassés, et plusieurs recrues sont même arrivées comme Guillaume Chanson, backup de La Roche la saison précédente, qui allait former avec Terence Dubois un joli duo de portiers à ce niveau.

Les résultats ne se firent pas attendre puisque les joueurs de la Venise verte parvinrent à arracher leur qualification pour la seconde phase. Des play-offs, mérités sur la glace cette fois-ci, durant lesquels les Niortais eurent beaucoup de mal à se faire une place avec un seul match nul (contre l'ACBB tout de même). L'essentiel était ailleurs : Niort avait retrouvé le goût de la victoire.

Reste que tout cela ne s'est pas fait sans quelques heurts. Il y eut tout d'abord les problèmes de discipline avec une équipe qui a comptabilisé en moyenne plus de 50 minutes de pénalité par match ! Et pour le coup, ces sanctions étaient devenus un peu l'évènement hebdomadaire que tout le monde attend. En ouvrant le fichier des sanctions de la CIRJ chaque vendredi, on se demandait toujours combien de Niortais on allait y trouver... Au final, on en trouvait beaucoup trop : 12 matchs fermes et 8 avec sursis...

L'autre souci niortais résidait dans la motivation qui s'est éteinte au fur et à mesure que les défaites s'accumulaient en play-offs. La "désertion" était telle que pour le dernier match de la saison, ils durent rappeler Vincent Champion, arbitre de son état, qui n'avait pas rejoué en compétition depuis une bonne douzaine d'années !

 

Dix-neuvième : Rennes. Au premier rang des déceptions de l'année se trouve Rennes ! Les Bretons avaient fait bonne figure la saison précédente. Et vu la qualité des recrues, on ne pouvait qu'espérer mieux. Yven Sadoun, qui avait décidé d'arrêter le professionnalisme pour rejoindre sa femme qui travaille ici, avait réussi à convaincre deux belles cartes de le rejoindre chez les Cormorans. Tout d'abord un Gabriel Bounoure dans un rôle inhabituel : non pas celui de gardien, mais celui d'attaquant, poste auquel il s'exerçait depuis un an avec les loisirs de Brest. Ensuite, un autre retraité du haut niveau, Roch Chevalier, qui après une belle carrière ponctuée d'une finale en division 1 avec Caen, est venu jouer les jokers de luxe dans une équipe qui avait principalement perdu son entraîneur/joueur, le buteur canadien Chrys Ferland.

Malgré tout, cela n'a pas suffi. Dans une poule homogène, les Cormorans ont vite montré leurs limites, surtout défensives. S'ils se sont bien repris par la suite, il était déjà trop tard... Un match nul concédé contre Niort firent partir les derniers espoirs, rendant inutile le dernier déplacement en Touraine.

Finalement, les Bretons trouveront une maigre récompense dans les play-down, avec une poule qu'ils maîtriseront largement, ne concèdent que deux matchs nuls face à la réserve de Cergy et remportant leurs six autres rencontres. Yven Sadoun (voir interview pour son bilan de la saison) aura bien entendu été l'attaquant le plus prolifique du groupe, devançant dans cet exercice un étonnant Gaby Bounoure, qui avec ses seize buts aura sans doute retrouvé le goût de jouer en compétition.

 

Vingtième : Asnières 2. C'était une nouveauté du côté asniérois, pour compléter le panel de possibilités de jouer au hockey, il fallait créer une équipe réserve, maintenant que l'équipe première affichait l'ambition de retrouver la division 1. Cette équipe hétéroclite était donc un mélange des genres entre des joueurs non-retenus par Dimitri Fokine pour la D2, des Espoirs qui n'avaient pas encore pu franchir le cap de l'équipe première et des joueurs aspirant à se faire plaisir dont certains retrouvaient le jeu après une ou plusieurs années d'arrêt. C'était notamment le cas de Mathieu Castellano, le dernier joueur du Vésinet (disparu il y a deux ans) qui n'avait pas encore repris le hockey.

La difficulté avec un groupe d'une trentaine d'unités était de pouvoir faire jouer tout le monde tout en ayant une équipe compétitive. Et visiblement, l'équation n'a pas été résolue du côté des Castors. La première phase ne fut guère propice aux bonnes nouvelles même si l'équipe arracha deux victoires (contre Cergy 2 et Courbevoie 2) et fut une de celles qui offrit le plus de résistance à Orléans en ne s'inclinant que 2-4, la faut à deux buts encaissés en six secondes à la fin de la deuxième période.

Non qualifiés pour les play-offs, les Asniérois se firent plus plaisir dans la poule basse du championnat. Ils y ont enchaîné les victoires jusqu'à une double confrontation lors d'un week-end passé au Luxembourg. Le samedi, les Castors s'imposèrent aisément 4-0. Ils ne leur restaient plus qu'à assurer le lendemain pour s'assurer la première place finale du groupe, chose faite malgré la défaite 4-6.

Et pour conclure la saison, les Asnières acceptèrent de participer au "tournoi final" des play-down, réunissant quatre équipes encore motivées à ce stade de la saison plutôt que les quatre meilleures équipes de cette phase de championnat. C'est ainsi qu'Asnières se retrouva, une nouvelle fois, au Luxembourg, où ils battirent Le Havre avant de s'incliner en finale face aux hôtes.

 

Vingt-et-unième : Dijon 2. Là aussi, nouvelle équipe, nouvelle réserve. Les Dijonnais décidèrent de la créer pour leurs juniors puisque la COS Est avait annulé le championnat espoirs cette saison. Cette équipe fut confiée à Yassine Fahas, un pur produit du club qui avait vécu un délicat moment dans sa carrière lors d'un déplacement à Gap, où se blessant grièvement à la tête, il avait dû être plongé dans le coma. Yassine vivait ainsi une énième naissance, celle d'une équipe qu'il devait faire progresser.

Le groupe était amené par plusieurs jeunes pousses ayant déjà eu l'occasion de se tester avec l'équipe de Magnus comme Loîc Chabert, qui fut le principal fer de lance durant la première phase, réalisant notamment deux triplés à Colmar puis à Besançon. Une éclaircie dans un ciel bien sombre. Hormis deux victoires face à la réserve mulhousienne, les défaites s'accumulèrent et à aucun moment les Dijonnais ne donnèrent l'image d'une équipe capable d'accrocher la troisième place qualificative.

Du coup, il fallait attendre les play-downs pour se réveiller. La gifle contre Metz effacée par le repêchage des Lorrains en play-offs, les petits Ducs purent enfin se faire plaisir en signant cinq victoires en six matchs. Ils gagnèrent ainsi sur la glace le droit de se rendre au Luxembourg pour tenter d'y remporter ce tournoi honorifique. Après une défaite initiale face à l'équipe locale (0-2), les Dijonnais vinrent à bout du Havre pour décrocher la médaille de bronze (7-5) grâce à un but gagnant, hautement symbolique, inscrit par l'entraîneur-joueur Yassine Fahas.

 

Vingt-deuxième : Luxembourg. La seule équipe étrangère du championnat français sortait d'une belle saison où elle fut à trois doigts d'accrocher une place pour le carré final. Tous les espoirs étaient donc permis dans la capitale du Grand-Duché, d'autant plus que les idées n'y manquent pas. Le Luxembourg avait accueilli le championnat du monde de division III en 2008. Une compétition qui présentait, entre autres, l'exotique Mongolie aux yeux des Européens. Altangerel Ichinnorov en était alors le capitaine et meilleur pointeur (2 buts et 3 assistances). Et bien cette visite ne fut pas sans suite puisque l'équipe luxembourgeoise a fait venir le Mongol cette saison.

Mais l'exotisme ne paya pas en cette première phase. Ichinnorov connaissant de grosses difficultés d'adaptation au mode de vie européen, il n'inscrit qu'un but, et l'équipe dut continuer de s'appuyer sur ses vedettes locales, Benny Welter et Robert Beran, et sur ses meilleurs étrangers, dans une équipe cosmopolite au possible (à l'image du pays lui-même) avec ses neuf nationalités ! Parmi eux, on retrouve quatre Français, les attaquants David Donzel et Pierre Huther ainsi que les gardiens, Julien Dequidt et Yann Livolant.

La première phase fut donc très loin des attentes. Aucune victoire en huit matchs pour un Tornado qui n'emportait plus rien sur son passage. La seconde phase remit, quelque peu, les pendules à l'heure.Les Luxembourgeois remportèrent quatre matchs et eurent le droit d'organiser le tournoi final des play-down. Un tournoi dont ils sortiront vainqueurs après avoir battu Dijon (2-0) puis Asnières (3-2) dans une finale où le but gagnant fut l'œuvre d'un défenseur canadien assisté d'attaquants luxembourgeois et suédois ! Cosmopolite vous avais-je dit !

 

Vingt-troisième : Épinal 2. Si un prix du fair-play devait être décerné cette année en division 3, il reviendrait sans doute à la réserve spinalienne. Lors de la première phase, elle échoua à la quatrième place. Mais comme dans le même temps, Metz s'était vu interdire de play-offs, elle fut repêchée en remplacement. Le temps que les Lorrains fassent appel auprès du Tribunal Administratif, le championnat avait repris ses droits et Épinal avait déjà disputé deux rencontres (dont une gagnée à Châlons). Et là, patatras, Metz gagne sur le terrain judiciaire et retrouve sa place en play-offs. Grand seigneur, Épinal accepte de se retrouver dans la poule basse afin de ne pas engendrer un calendrier tortueux à sept équipes...

Les Spinaliens avaient fait bonne figure dans cette première phase, ne s'inclinant que lors de la dernière journée lors d'un match fatidique face aux Chalonnais (0-6). Mais la réintégration en play-downs a dû engendrer une moindre motivation au sein d'un groupe pléthorique, puisqu'en plus des traditionnels membres de la réserve il a fallu intégrer les joueurs espoirs dont le championnat a été annulé dans la zone est. Les Spinaliens ont échoué à la deuxième place de leur groupe de consolation, devancé par la réserve dijonnaise.

 

Vingt-quatrième : Poitiers. Durant l'intersaison, Poitiers a perdu beaucoup de bons éléments : non seulement ses deux gardiens sont allés poser mitaines et jambières ailleurs (Robin à Nantes et Papillon à Tours) mais leurs deux étrangers ont également quitté la ville. Du coup, il a fallu reconstruire en faisant appel à des jeunes du cru, promus en équipe première. Sachant que l'équipe espoirs avaient terminé la saison précédente à la dernière place (et de loin) de son championnat, on ne pouvait espérer de miracles de la part des Dragons. Néanmoins, certains cadets portaient les espoirs d'un futur meilleur avec, parmi eux, Grégory Stinco, le fils de Jean-Vital.

Reversés dans la poule ouest, la plus homogène, les Dragons poitevins prirent un bon départ et restaient en lice pour la qualification jusqu'à la fin. Le tournant se déroula à La Roche, contre l'équipe réserve locale. Ils craquèrent dans la dernière période, offrant la première victoire de l'année aux Yonnais. Joli geste, certes, mais qui coûta la qualification aux Poitevins. Quatrième à quatre points de la qualification, les hommes de Stinco se voyaient donc contraints de jouer les play-downs, ce championnat destiné à "occuper" les équipes précocement éliminées. Une poule dans laquelle ils ont fait bonne figure, terminant deuxièmes derrière Rennes. Au final, l'équipe "nouvelle formule" de Poitiers a fait une saison de transition, permettant l'éclosion du junior Alexis Lateule, auteur de 40 points, près du double de son suivant.

 

Vingt-cinquième : Le Havre. Depuis la scission avec Rouen, l'équipe du Havre est repartie du plus bas échelon. Avec des joueurs locaux, des jeunes comme des moins jeunes, les Havrais tentent de subsister dans l'ombre de l'encombrant voisin rouennais. Seulement, l'entame de championnat semblait délicate puisque les ciel et marine (les couleurs d'Oxford et Cambridge tout comme le club de football local dont ils dépendent) devaient se débrouiller sans leur leader offensif, Pierre-Jean Serville. Du coup, les responsabilités atterrirent – avec succès – sur les épaules d'un junior, Antoine Keisser. Mais avec un banc réduit, les joueurs du HAC eurent du mal à lancer leur saison. Hormis les leçons reçues contre Orléans (2-17 et 1-19), les Havrais enchainèrent les bons résultats, ce qui leur permit de rester en course pour la qualification jusqu'à la dernière journée. Cet ultime match qualificatif se déroulait à l'ACBB mais les Dock's s'inclinèrent 6-2 et durent se contenter de la poule de consolation.

Dans cette seconde phase, ils ne se montrèrent guère à leur avantage. Deux petites victoires seulement (contre La Roche à chaque fois) et une quatrième place (sur cinq) au final, Le Havre n'avait pas fait honneur à leur rang. Même si Serville est revenu au jeu pour aider son équipe (onze points en trois matchs), les Havrais n'avaient pu montrer leur vrai visage.

Une dernière chance de briller leur fut offerte au travers d'une invitation (aussi inattendue qu'illogique) au tournoi final des play-downs. Malheureusement, avec une équipe composée d'un seul gardien et de dix joueurs de champs, les Havrais s'inclinèrent en demi-finale (6-9 contre Asnières) puis dans le match pour la troisième place (5-7 contre Dijon 2). L'incapacité chronique des Havrais à réunir un effectif complet fut finalement le plus gros problème des joueurs normands.

 

Vingt-sixième : Roanne. Dans la catégorie "équipe qui n'a pas de bol géographiquement", Roanne devrait l'emporter. Déjà, se retrouver dans une poule de quatre n'est pas un cadeau : six matchs à jouer n'est pas forcément très enthousiasmant. Mais quand, en plus, on se retrouve aux côtés du grandissime favori toulonnais, du relégué romeufontain et de la réserve villardienne, on a intérêt à être sérieusement équipé pour espérer accrocher un des tickets qualificatifs. Or le recrutement roannais n'est pas celui d'une équipe riche à foison : quelques joueurs loisirs de Clermont, de Louviers ou de Viry, ça ne fait pas une ossature de taille à lutter contre trois équipes prétendantes au carré final. Il y a bien quelques noms reconnus dans l'équipe comme les gardiens Sylvain Lerch (ex-Lyon et Mulhouse) ou Pierrick Boudot (troisième du championnat de France Espoirs Excellence avec Clermont) ainsi que l'attaquant William Mouly, venu se faire plaisir mais trop peu présent pour influer sur le destin des Renards.

Et pourtant, les Roannais se sont battus comme des beaux diables ! Loin d'être ridiculisés par Toulon (certes incomplet), ils arrachèrent deux points (nul à Font-Romeu puis contre Villard), ils étaient éliminés mais non sans honneur. Dans la poule de play-down, Roanne entama bien son parcours par un nul à Mulhouse avant de tomber sur Metz... Face à un candidat déclaré à la montée et qui n'avait pas grand-chose à faire ici (sportivement parlant), le résultat fut sans appel : 1-29 pour les Lorrains. Heureusement, ce résultat comptera pour du beurre, Metz étant réintégré en play-offs. Du coup, les Roannais firent bien meilleur figure, prenant la troisième place de poule, signant au passage leur unique victoire de la saison contre Dijon, 1-0, sur un but de Julien Vellet.

 

Vingt-septième : Saint-Ouen. 2006, c'est la dernière fois où les Loups audoniens ont réussi à participer à la seconde phase du championnat. Et ce ne sont pas les changements opérés cette saison qui ont pu changer quelque chose. Handicapé par une profondeur de banc relativement réduite, le club de Seine-Saint-Denis a décidé de s'associer avec son voisin val d'oisien de l'entente Deuil/Garges. Cela permet aux Chiefs de roder certains de leurs éléments espoirs à un championnat séniors et même si dans le cas présent, les résultats ne sont pas à la hauteur des ambitions affichées, le fait d'affronter des adversaires plus aguerris est toujours bénéfique aux jeunes pousses. Cela permettait donc de revoir Alexis Magnier sur une glace ou de découvrir certains joueurs qui avaient touché du bout du patin la division 1 (Yann Le Duff, Hugo Bineau) ou certains qui pourraient avoir l'occasion de s'y essayer (dont Nicolas Jeannin, le frère de Gaëtan) ; le tout "mélangé" avec les joueurs audoniens dont les meilleurs éléments furent encore Jefferson Lannes ou l'éternel Yvon Marie.

Néanmoins, la première phase ressembla à un véritable chemin de croix pour les Loups. Commencer par une défaite chez le néophyte dunkerquois n'était pas pour déclencher une dynamique positive. Mais si les défaites se succédèrent, elles le furent souvent dans l'honneur. Même le grandissime favori compiégnois ne parvint pas à enfiler les buts aisément (8-2 puis 5-2). Mieux même, les Audoniens termineront par glaner des points : tout d'abord le point du nul à Valigloo, puis en s'imposant face à la réserve dunkerquoise. La dernière place était donc évitée, un progrès par rapport aux trois dernières saisons.

La seconde phase, celle des play-downs, fut jouée afin d'assurer le minimum syndical. Sur les six matchs prévus au calendrier, les Loups n'en joueront que quatre, s'assurant la troisième place (sur quatre) en prenant leur revanche à Dunkerque (7-8).

 

Vingt-huitième : Cergy 2. La réserve des Jokers jouent le yoyo entre play-offs et play-downs depuis sa création. Elle qui récupère les joueurs du cru ne faisant pas leur trou en D1 est pourtant appelée à un tout autre avenir. Là aussi, comme pour l'équipe fanion, l'effet "centre fédéral" joue à fond. La direction du club s'est donc décidée à faire de cette section une véritable vitrine pour le club du Val d'Oise. Une fois que la Magnus sera atteinte, elle devra se frayer une place jusqu'à la division 2 afin de donner du temps de jeu et un niveau de compétitivité élevé aux joueurs issus de la formation locale. Enfin, ça, c'est dans le projet ! Car pour le moment, l'équipe réserve est avant tout là pour regrouper une "bande de potes" tandis que la formation cergypontaine ne brille pas encore de mille feux.

En attendant, cette saison aura été marquée par un nom : Lecomte. Un nom mais trois joueurs : Olivier le défenseur, Sylvain et Vincent, les attaquants. Les deux derniers ont été les fers de lance de l'offensive, terminant avec les deux meilleurs compteurs de l'équipe (avec un léger avantage pour Sylvain). Derrière eux, le niveau est assez hétérogène : si Cédric Petit continue de briller en D3 sans percer au niveau supérieur, l'apport de quelques joueurs habitués de la division 1 (Proutat, Renaud, Nicolas Lachat...) fut trop rare pour apporter véritablement à l'ensemble du groupe, malgré la présence dans les buts d'un Cédric Crevier qui vaut bien quelques seconds couteaux de division 1.

Parmi ces joueurs qui connaissent bien la D1, il y en a un qui s'est fait la frayeur de sa vie ! Ludovic Lachat, le défenseur "poids plume" (98kgs pour 1m85), a connu dans son malheur un sacré coup de veine ! Lors d'une rencontre de la première phase, il est victime d'une charge dans le dos, glisse sur la glace tout juste refaite pour atterrir la tête la première contre la bande. Résultat : trois vertèbres fracturées, le port d'un corset pendant un trimestre et une saison terminée. Mais vu les circonstances, tout cela aurait pu se terminer bien plus gravement. Finalement, à côté de ce qui aurait pu être un drame, le fait que Cergy termine avant-dernier de sa poule de play-downs est bien anecdotique.

 

Vingt-neuvième : Mulhouse 2. Lorsque Christer Eriksson débarque dans un club, ce n'est pas uniquement pour se focaliser sur le majeur, non, le mineur est aussi revisité. C'est ainsi que le coach suédois a tenu à la création d'une étape intermédiaire, et surement nécessaire, entre l'équipe cadets (qui évolue en excellence) et celle de division 1. Comme il n'y a plus de championnat espoirs dans l'est, c'est en division 3 que l'ADHM a engagé une équipe. La recette est connue à l'avance : on mélange quelques joueurs ayant connu la division 2 avec l'équipe première (Haenlin, Loeffel, Waterlot, da Silva ou Mathieu) à quelques jeunes du cru, ex-cadets ou espoirs, et on y rajoute quelques jeunes joueurs issus de l'extérieur qui doivent faire leur preuve avant de prétendre à une place meilleure, comme Loïc Claden qui revient dans son club formateur après avoir tâté de l'espoirs élite avec Lyon où était déjà coach Eriksson).

Pour commencer, rien de tel que la réception d'un favori à la montée, le voisin belfortain. Maxime Mathieu et Clément Ramos vont affoler les compteurs et faire chuter les Lions 7-6. On pense alors que la réserve des Scorpions peut jouer les premiers rôles, mais les espoirs vont vite s'envoler. Au lendemain d'une défaite à Colmar, voilà que Clément Ramos nous fait le coup du mal du pays et fait ses valises pour repartir à Gap (un syndrome visiblement très gapençais avec le retour au pays de Jonathan Piras, en visite à Reims). Ensuite, les défaites s'accumulent avec comme seule éclaircie un match nul 4-4 à Besançon.

La seconde phase n'offrira guère plus de réjouissances au niveau des résultats : six matchs, trois points tous obtenus contre Roanne. Néanmoins, le constat n'est pas aussi noir qu'il pourrait paraître. L'objectif premier visant à préparer les jeunes pour la D1 est une réussite : Maxime Mathieu est redevenu un titulaire (marquant même deux buts), Benjamin Adam et Benoît Salvin se sont mués en quatrième ligne défensive des plus respectables alors que quelques attaquants ont eu l'opportunité d'intégrer le groupe.

 

Trentième : Dunkerque 2. En 2008/09, Dunkerque engageait une équipe espoirs en excellence. La saison avait bien débuté par une victoire contre le futur champion de la ligue, Caen. Seulement, dès que les premiers déplacements apparurent, ce sont la motivation et les joueurs qui disparurent ! Effectif minimal, défaites, démotivation des dirigeants, tout cela amena le club à retirer son équipe peu après le nouvel an.

Pour ne pas connaître une telle mésaventure, les dirigeants dunkerquois décidèrent donc de monter une équipe de division 3. Pour la composition, pas de révolution, on fait comme tout le monde : les espoirs "survivants", quelques cadets surclassés, pas mal de loisirs retournant à la compétition et même quelques anciens qui étaient partis tenter l'aventure en Belgique. Enfin, quelques membres de l'équipe de division 2 sont redescendus pour trouver plus de temps de jeu. Cela devait ainsi permettre au défenseur belge Daniel Budde ainsi que les attaquants Alexandre Delmotte et Antoine Dewulf de se faire plaisir.

Seulement, du plaisir, les Dunkerquois devront en trouver dans la défaite... Après le match initial contre Saint-Ouen (gagné 8-7), les Nordistes vont en enchaîner douze ! Certaines sur des scores honorables, mais d'autres plus cuisantes, à domicile, face à Luxembourg (0-13) ou Asnières (3-11).

 

Trente-et-unième : La Roche-sur-Yon 2. Habitués à la catégorie loisirs ou au championnat Espoirs Excellence (où ils évoluaient en entente avec Nantes), les Yonnais se sont décidés à franchir un palier afin de ne pas obstruer l'avenir de leurs jeunes. Des jeunes, et des moins jeunes, qui ne vont pas avoir l'occasion de pavoiser dès l'entame du championnat. Pour commencer, on leur offre un joli déplacement chez le favori de la poule, Limoges. Le résultat est sans appel : 17-3 pour les Taureaux... Les Aigles, eux, sont plus près du crash que de l'envol : sept autres défaites vont suivre, la plupart du temps en concédant plus de dix buts (avec un record de 19-0 à Tours). Il ne reste plus que deux journées et la réserve yonnaise n'a plus rien à gagner... Mais pourtant, ils vont avoir une influence non-négligeable sur le déroulement du championnat.

Pour l'avant-dernière journée, ils reçoivent les Dragons de Poitiers. Ces derniers doivent absolument l'emporter pour espérer passer et s'acheminent vers une victoire aisée en menant de trois buts à la mi-match. Mais en l'espace de deux minutes, les Yonnais convertissent deux supériorités qui leur permettent d'aborder le dernier vingt avec un retard d'un but. Du jamais vu depuis le début de la saison ! Et voilà que peu après la reprise, Mario Planchot, junior première année, égalise... Et à huit minutes de la sirène finale, c'est un autre junior, Alexandre Martin qui offre la première victoire de la saison à l'Hogly ! Un succès qui ne change rien au classement pour La Roche mais qui élimine les Poitevins... Surtout, ce succès permet de lancer une dynamique positive qui se concrétise dès la semaine suivant lorsque les Aigles vont arracher le match nul, à vingt-deux secondes de la fin, toujours par Mario Planchot, à Tours, cette même équipe qui leur avait passé dix-neuf pions au match aller.

Malheureusement, cette embellie ne va pas passer le cap de la trêve hivernale... Une seconde phase, de play-down, qui sera une longue litanie de défaites, retrouvant même souvent le cap des dix buts encaissés, avec en "point d'orgue", une déroute à Cergy, 24-0.

 

Retrait : Amnéville 2. "Double victime", tel pourrait être le titre de l'équipe réserve des Mosellans. Victime une première fois de la décision de la COS Est de ne plus organiser de championnat espoirs par manque de participants. Victime une seconde fois de la création d'une équipe dans la ville voisine de Metz, ce qui aurait handicapé la constitution de cette équipe réserve. Voilà comment, en quelques semaines, on envoie une équipe qui a participé aux deux dernières phases nationales du championnat espoirs excellence aux oubliettes. Du coup, voilà les jeunes Galaxians privés de temps de jeu : Nicolas Biasion ne jouera pas de la saison, Mathieu Munch finira par se faire une place avec l'équipe première, Alexander Kuzmin s'est engagé avec le Torpedo de Luxembourg... Voilà une belle cassure dans la progression de tous ces jeunes...

Alex Mondin

 

Tous les résultats de D3

Meilleurs marqueurs de la saison régulière

                                         B   A  Pts
 1 Maksim Brandis (EST)      Orléans    37  39   76
 2 Richard Brodeur (CAN/FRA) Toulon     22  50   72
 3 Martin Domian (SVK)       Toulon     37  32   69
 4 Renars Undelis (LET)      Metz       31  34   65
 5 Jozef Drzik (SVK)         Toulon     23  41   64
 6 Roman Trebaticky (SVK/FRA)Belfort    29  34   63
 7 Thomas Saint-André        Orléans    28  27   55
 8 Petr Burda (TCH)          Toulon     31  21   52
 9 Tomas Hentek (SVK)        Belfort    25  25   50
10 Jan Katrusin (SVK)        Toulon     21  29   50

 

 

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