La Riviera à la mode Gratta Keka
Finir premier de la saison régulière en remportant l'intégralité des matchs retour avant de titiller la Magnus en parvenant en finale du championnat, forcément, cela aiguise les appétits du côté de Nice. Dans une ville où le football est le sport roi, avec le Gym en vitrine de la ville, le hockey trouve petit à petit place dans la communauté niçoise. Tout d'abord auprès des spectateurs qui ont fini par remplir intégralement la patinoire Jean-Bouin et ses 1200 places, mais aussi auprès de la ville qui n'hésite plus à communiquer autour de ce sport et qui laisse au club le "droit à l'initiative", preuve en est, une rame du tramway a été entièrement repeinte pour faire la promotion du NHCA grâce à l'aide financière d'un sponsor et à une idée du manager Alex Duyck, lui-même ancien joueur des Aigles jusqu'à la catégorie Espoirs. Ainsi, les Aigles apparaissent au grand jour autant sur la scène du hockey hexagonal que dans les ruelles de sa propre ville.
Troisième saison consécutive comme entraîneur des Aigles pour Stanislas Sutor avec la progression comme mot d'ordre : maintien, playoffs, finale. Si la dernière marche sera sans doute plus difficile à franchir, pourquoi ne pas maintenir en place un homme impliqué dans le sportif comme dans le financier et dont les résultats sont probants ? Pourtant le doute a failli être permis. Il y a trois ans, on avait l'impression que Stan Sutor était devenu entraîneur "par défaut" afin de compenser le départ de Pascal Margerit pour Lyon et dans le but de ne pas créer un poste budgétaire trop important dans un club qui annonce toujours des budgets à la limite du famélique. Avec la fin du congé sans solde de Margerit et son réemménagement sur la Côte d'Azur, son retour à la tête des Aigles devenait une hypothèse raisonnable. Il n'en fut finalement rien, Sutor étant confirmé à son poste moins d'une semaine après la finale perdue contre les Scorpions de Mulhouse. Finalement, Sutor pourra continuer à apposer sa griffe sur l'effectif niçois, exploitant au mieux sa filière en Popradie (la très grande majorité pour ne pas dire la totalité des Slovaques de Nice ont été formé ou sont passés par Poprad) et profitant de généreux mécènes pour s'offrir de jeunes espoirs finlandais.
Lundberg : pas toucher, pas bouger !
Des gardiens suédois, il en est passé par Nice. Pas moins de six ces neuf dernières saisons. Si peu étaient restés plus d'une saison, Jimmy Lundberg devient un habitué des buts niçois puisqu'il enchaîne sa troisième saison sur les bords de la Méditerranée. En constante progression lui aussi depuis son arrivée, il fait désormais partie des valeurs sûres de la division, au point d'avoir obtenu sa première voix à l'occasion de l'élection de l'équipe-type de D1 l'an passé. Calme, presque impassible, ses mouvements rapides lui offrent un avantage considérable sur les attaquants qui auraient dans l'idée de se présenter seul devant lui, d'autant plus que son jeu de crosse n'est pas des plus vilains. Finissant avec la troisième meilleure moyenne de buts encaissés la saison écoulée, Lundberg aurait pu être réclamé par d'autres clubs mais au final, Nice a su le conserver dans - et devant - ses filets.
Pour le seconder, les Aigles compteront encore une fois sur le jeune Kévin Fouassier. Arrivant dans sa dernière année avec la catégorie Espoirs, il espère se voir confier un peu plus de temps de jeu, lui qui, en quatre saisons, n'aura connu que dix fois le plaisir de rentrer en jeu et ce même s'il a connu ses six premières minutes de playoffs l'an passé à l'occasion du quart de finale retour contre Courbevoie.
On bétonne derrière...
Ayant fini avec la seconde meilleure défense du championnat, Nice se devait de conserver au maximum cette escouade défensive qui avait permis à l'équipe d'être la plus imperméable à domicile. Néanmoins, tout le monde ne sera pas au départ de cette nouvelle saison. L'emblématique capitaine Tomas Banas avait fait valoir ses droits à la retraite (pour raisons professionnelles) en cours de saison. Après n'avoir jamais trouvé le chemin le menant en Avignon, Lukas Cvejn aura bien trouvé celui de Jean-Bouin mais ne sera resté qu'un an. Départ également du Finlandais Roope Rautanen qui a choisi de retourner dans son pays natal.
Arrivé en cours de saison pour pallier l'absence de Banas, Joni Räikkönen fait toujours partie de l'effectif mais est, pour le moment, confiné aux entraînements sans pouvoir jouer. La cause ? Quelques phrases sorties du vestiaire et qui n'ont pas plu au staff niçois. C'est d'ailleurs pour la même raison que l'attaquant Joonas Saari a été prié de faire ses valises. Un "scandale" à l'image des relevés de télémétrie publiés sur un réseau social par un certain Lewis Hamilton... Mais cela est un autre sport même si un Räikkönen y sévit également !
Du coup, parmi ceux qui restent et qui jouent dès le début de la saison, il y a Jan Tomaska. Ce Slovaque (même pas passé par Poprad !) s'est distingué aussi bien dans l'apport offensif que dans sa sobriété défensive. Point d'ancrage évident de la défense, il avait séduit de nombreux coachs et devrait prendre une place encore plus prépondérante dans le dispositif de Stan Sutor. Autre défenseur à conserver son pied à terre niçois - mais lui pour une quatrième saison -, le feu follet Andrej Brejka. Pourtant doté d'un gabarit le prédisposant pour l'offensive, c'est surtout à proximité de son gardien qu'il excelle.
Enfin, dernier élément, et non des moindres, à rester en place, le "nouveau" capitaine Sylvain Roy. Avec près de 200 matchs disputés en division 1, on aurait pu croire qu'il avait fait le tour de la question entre Gap, Lyon, Annecy et Nice. Et bien non, sa reconversion comme entraîneur dans le mineur à temps plein attendra encore un peu. Si vous comptez sur Roy pour affoler les compteurs, vous vous trompez de personne. Son rôle est bien majeur et il dépasse le cadre du glaçon. Il est l'homme de vestiaire par excellence et le relais de Stan Sutor.
Bon, avec tout ça, ça ne fait pas une défense complète... Il s'agit de rajouter du monde et tant qu'à faire, autant que ça soit du "frenchy" parce que Nice était un peu limite avec la nouvelle règle des 10 joueurs formés localement. Maxim Belov s'était raccroché au dernier moment à Mont-Blanc l'an passé mais a choisi de rejoindre une équipe plus ambitieuse avec l'espoir de jouer de nouveau en Magnus. Arrivé également de Nicolas >Motreff de Brest, club qu'il avait déjà failli quitter peu avant le 15 novembre la saison passée. Ce coup-ci, il arrive à Nice pour jouer à l'arrière. A priori, pour lui, finis les allers-retours entre centre de l'attaque et défense. Enfin, arrivé comme par surprise, Alan Dana revient en France après un séjour en Midget puis en Junior AAA où tout le monde avait oublié jusqu'à sa nationalité française. Physiquement solide, son slap de la bleue peut en faire un atout précieux pour son équipe.
Mais on n'allait pas manquer l'occasion de se renforcer (au sens propre comme figuré) avec le retour au club de Martin Dubaj. Décevant avec Lyon, Dubaj reste l'un des rares joueurs de D1 à avoir ces mises en échec destructrices. Celles qui restent le plus souvent propres mais qui font faire des grimaces aux adversaires qui semblent avoir reçu un violent rappel de l'existence de leurs côtes sous leur plastron.
Et pour finir, Nice continue à promouvoir ses jeunes joueurs dans l'équipe première. Pour combler le banc ou pour s'aguerrir ? En avion ou en camionnette ? Tout ceci reste à voir. Néanmoins, Pierre Balbiano, Benoît Maschi et Pierre Vaiarello conservent leur strapontin en D1, rejoints par l'ex-cadet strasbourgeois - et formé en Bulgarie - Nathan Saint-James qui, lui, est bien arrivé à Nice contrairement au dernier "Saint" à avoir signé sur la promenade des Anglais.
... et on met le maçon devant !
Et oui, si le soleil niçois brillait un peu plus par la confirmation de son meilleur talent local ? Après avoir éclaté en 2010 avec 23 points, Aurélien Macon a eu du mal à confirmer, comme beaucoup de jeunes d'ailleurs, dans une division 1 en perpétuelle progression. Néanmoins, son repositionnement sur la première ligne pourrait lui permettre de renouer avec ses performances passées.
Car oui, la première ligne de l'an passé, celle que Nice aurait voulu conserver, a finalement volé en éclats. Seul Jozef Slaninak est resté, et encore a-t-il fallu lui trouver deux nouveaux compagnons de jeu. Car Stefan Rusnak a très vite annoncé son départ pour raisons familiales. Quant à Michal Dian, les rumeurs et les vérités se mélangent à son égard et on finirait par croire que son histoire est tirée d'un roman de série B sur la mafia niçoise. Montage financier tombé en désuétude ? Problèmes relationnels avec le jeu ? L'argent ? Allergie au soleil ? De ce que l'on sait, pour de "vrai" ce coup-ci, c'est que Dian a d'abord été annoncé comme reconduit début juin avant d'être débarqué par le club fin juillet et de signer à Vanoise début septembre... Pour le reste, affabulations et spéculations continueront d'alimenter les discussions de couloirs.
Pour remplacer ces éléments précieux, Nice n'a pas fait dans la dentelle. Pour commencer, c'est Andrej Themar qui s'est engagé. Âgé de tout juste 24 ans, il comptait déjà 210 matchs et 60 points en Extraliga slovaque. Pouvez-vous dire mieux ? Vous, je ne sais pas, mais Nice oui ! Alors que l'on commençait tout juste à se prélasser sur les plages début juin, les Aigles nous annonce l'arrivée d'Arne Krotak. Ce magnifique joueur a été pendant une dizaine d'années un joueur majeur de l'Extraliga dont il est le meilleur pointeur de l'histoire. Alors, même s'il a 40 ans révolus, même si l'on devine qu'il est venu sur la Côte d'Azur pour finir sa carrière dans un cadre agréable, il n'en demeure pas moins un joueur d'exception pour cette division !
Pour compléter le tout, il fallait quand même continuer à exploiter les Slovaques en place : Marcel Hölcz, qui semble avoir définitivement épousé Nice, rempile dans le rôle du joker de luxe alors que Stefan Majernik, auteur de 44 points pour sa première saison en D1, continuer à mener le second bloc. Ensuite, il fallait quand même continuer à exploiter la filière finlandaise. Si la pépite Karri Koivu reste en place, ce sont deux nouveaux "suomis" qui rejoignent l'effectif : Janne Kumpulainen et Joona Peränen présentent un profil et un parcours assez similaire à Koivu.
Ensuite, pour respecter le règlement et pour donner une couleur locale à l'équipe, il reste les Français ! Le plus en place et le plus expérimenté est sans doute Nathan Bernier, un combattant formé à l'école grenobloise, alors que le plus prometteur semble être Franck Fulop qui, malgré un temps de jeu limité, aura tout de même inscrit 7 points - dont 4 buts - pour sa première saison complète en D1. Pour finir, Cédric Cheylan, de retour au jeu après deux ans d'arrêt, accompagne les demi-finalistes du championnat Espoirs excellence il y a deux ans.
Alex Mondin
Effectif :
Gardiens
N° NOM Prénom Naissance cm kg Club formateur Club & Ch 2011/12 MJ Min Moy. Pén 33 LUNDBERG Jimmy 06/05/1986 180 95 Nice Nice FRA-2 33 1904 2,87 8' 91 FOUASSIER Kevin 11/11/1991 173 73 (Suédois) Nice FRA-2 6 53 3,34 2'
Défenseurs
N° NOM Prénom Naissance cm kg Club formateur Club & Ch 2011/12 MJ B A Pts Pén 3 RÄIKKÖNEN Joni 14/11/1989 189 95 (Finlandais) Nice FRA-2 25 5 6 11 52' 4 SAINT-JAMES Nathan 13/07/1994 175 70 Slavia Sofia Stras. U18 FRAcd2 8 1 0 1 16' 5 ROY Sylvain 03/07/1981 180 74 Besançon Nice FRA-2 32 1 2 3 46' 6 BALBIANO Pierre 26/10/1990 168 75 Nice Nice FRA-2 30 0 0 0 0' 7 DANA Alan 23/02/1989 180 72 Athis-Paray ------------- n'a pas joué -------------- 8 TOMASKA Jan 20/10/1984 184 90 (Slovaque) Nice FRA-2 32 6 20 26 30' 21 DUBAJ Martin 21/09/1980 177 83 (Slovaque) Lyon FRA-2 23 2 4 6 36' 25 VAIARELLO Benjamin 20/04/1993 181 82 Nice Nice FRA-2 7 0 0 0 0' 55 BELOV Maxim 11/05/1988 179 80 Amiens Mont-Blanc FRA-2 26 0 4 4 26' 71 BREJKA Andrej 22/11/1989 170 65 (Slovaque) Nice FRA-2 32 5 10 15 32' 89 MOTREFF Nicolas 09/02/1989 174 80 Brest Brest FRA-2 30 2 9 11 57' 93 MASCHI Benoît 24/09/1993 183 67 Nice Nice FRA-2 1 0 0 0 0'
Attaquants
N° NOM Prénom Naissance cm kg Club formateur Club & Ch 2011/12 MJ B A Pts Pén 9 KOIVU Karri 12/06/1991 170 70 (Finlandais) Nice FRA-2 32 19 16 35 24' 12 CHEYLAN Cédric 03/07/1987 175 65 Nice ------------ n'a pas joué -------------- 13 KROTAK Arne 06/06/1972 176 80 (Slovaque) Poprad SVK-1 54 22 19 41 98' 14 MAJERNIK Stefan 31/12/1986 180 90 (Slovaque) Nice FRA-2 32 24 30 54 16' 15 HÖLCZ Marcel 15/09/1989 178 70 (Slovaque) Nice FRA-2 13 1 1 2 6' 20 KUMPULAINEN Janne 12/03/1991 175 75 (Finlandais) JYP-Akat. FIN-2 27 5 6 11 6' 22 BERNIER Nathan 06/02/1990 179 82 Grenoble Nice FRA-2 31 3 2 5 12' 23 MACON Aurélien 27/08/1988 174 75 Nice Nice FRA-2 32 3 4 7 28' 27 SLANINAK Jozef 25/11/1983 180 72 (Slovaque) Nice FRA-2 32 18 32 50 56' 66 FULOP Franck 26/10/1993 172 72 Nice Nice FRA-2 32 4 3 7 6' 78 FLEURY Cesar 01/08/1992 174 63 Nice Nice FRA-2 14 0 1 1 6' 87 PERÄNEN Joona 23/09/1990 179 73 (Finlandais) JYP-Akat. FIN-2 30 1 5 6 8' 88 THEMAR Andrej 28/06/1988 176 85 (Slovaque) BB/Mart./LM SVK-1 47 6 9 15 22'
Entraîneur : Stanislas Sutor (SVK/FRA, 41 ans).
Partis : Tomas Banas (D, 1+1, arrêt), Lukas Cvejn (D, 5+19, Champigny), Roope Rautanen (D, 2+6, Karhu-Kissat, FINjr), Jan Babic (A, 15+18), Michal Dian (A, 21+33, Val Vanoise), Alexis Dicharry (A, 0+2, Gap), Stefan Rusnak (A, 21+24, arrêt), Joonas Saari (A, 9+23, Bewe TuusKi, FIN-3).