Novembre 2004

 

01/11 Bill Stewart à Lausanne

Inexorablement décroché en LNA suisse avec une seule victoire sur ses douze dernières rencontres, Lausanne a démis hier son duo d'entraîneurs Gary Sheehan et Andreï Khomutov de la charge de l'équipe première. Pour leur succéder, le LHC a d'abord cherché une solution interne, puisqu'il possède dans le staff de son hockey mineur un homme aussi prestigieux qu'Alpo Suhonen. Mais l'entraîneur finlandais, qui a eu une crise cardiaque la saison passée, ne souhaite pas revenir dans le circuit senior et a décliné la proposition. Le LHC a donc recruté Bill Stewart, l'ancien entraîneur de Mannheim et de Krefeld. Ce technicien méthodique devra dans un premier temps découvrir le championnat suisse, qu'il connaît moins que son homologue allemand, mais aussi imposer son caractère bien trempé. Dès son arrivée, la presse a annoncé la couleur : "la récréation est finie". Six mois après la mise à l'écart du dictatorial Riccardo Fuhrer, sous lequel l'équipe avait été complètement dégoûtée du hockey, les joueurs lausannois retrouvent donc un entraîneur autoritaire, en espérant qu'il connaisse un meilleur sort. La place est piégeuse car tout le monde a bien conscience que l'effectif du LHC est le plus faible de LNA et qu'abandonner la lanterne rouge sera difficile.

Lugano est toujours en tête du championnat suisse, mais vient de se séparer d'Alex Tanguay, d'un commun accord entre le club et le joueur. Le jeune Canadien, qui ne sera pas resté longtemps aux bords du lac, était en effet blessé et est rentré chez lui se soigner. Les Tessinois n'ont pas tardé à recruter un autre joueur rendu disponible par le lock-out NHL, Kimmo Timonen. Désormais, ils ont deux défenseurs internationaux finlandais (Nummelin et Timonen) au sein d'un effectif qui est toujours le plus impressionnant de Suisse.

Après un article remarqué dans un journal canadien dans lequel il dénonçait les "briseurs de grève" de NHL qui venaient piquer leurs places aux joueurs évoluant en Europe (un point de vue dans l'ensemble peu partagé par les lecteurs qui l'ont trouvé déplacé de la part de quelqu'un joueur qui évolue comme étranger et est déjà recruté aux dépens d'un local), Corey Hirsch, barré pour le poste de gardien titulaire du fait de retour de Martin Gerber à Langnau, a finalement trouvé un emploi en DEL, à Kassel.

03/11 Ligue Magnus : pas de miracle pour Amiens

Tours ne jouera son match de la douzième journée contre Dijon que le 13 novembre pendant la trêve internationale, les deux équipes ne comptant aucun international dans leurs rangs. C'était donc une occasion idéale pour Mulhouse de reprendre la tête du classement, et les Scorpions ne l'ont pas manquée en se baladant à Villard-de-Lans 7-0. Grenoble n'a pas eu plus de difficultés dans son déplacement à Clermont-Ferrand (6-0). Anglet est par contre toujours aussi impuissant à l'extérieur, battu 6-1 à Morzine avec un hat-trick de Christian Magnusson.

Un point sépare désormais le promu, neuvième, du champion en titre Amiens, maigre septième à égalité de points avec Dijon chez qui il se rend samedi pour un match capital. Les Gothiques ont pourtant cru que le réveil était venu face au grand rival Rouen, et les Amiénois ont mené 2-0 après un peu plus de sept minutes de jeu sur des buts de François Rozenthal et Brice Chauvel. Mais l'espoir n'a duré qu'un tiers-temps, et puis les Dragons et leur ligne Doucet-Broz-Besse (ce dernier, transparent ces derniers temps, a retrouvé son jeu face à ses meilleurs ennemis noirs et rouges) ont inexorablement renversé le score (2-5).

Face à une équipe de Gap qui s'est déplacée à deux lignes pour ce match en semaine, entre les blessés et les joueurs retenus professionnellement, Dunkerque n'a pas manqué l'occasion de remporter sa deuxième victoire de la saison (3-0), avec un blanchissage à la clé pour Landry Macrez, ce qui doit faire du bien au moral quand on a plus l'habitude d'être mitraillé. Avec deux buts, Mickaël Bardet a assumé les responsabilités offensives qui lui incombent depuis que le HGD s'est débarrassé la semaine dernière de ses deux pseudo-jokers qui ne lui apportaient rien, Vadims Mahnevs et Tomas Valko. Du coup, Dunkerque laisse la dernière place à son adversaire du jour.

Enfin, le match des outsiders a tourné court puisqu'Angers a écrasé Briançon 8-1. Après avoir tranquillement effectué sa rentrée suite à sa blessure, Julian Pihant a déjà retrouvé ses marques avec un hat-trick.

 03/11 Équipe-type de Ligue Magnus d'octobre

S'il est une qualité qui sied à un gardien, c'est la régularité. Celle d'Éric Raymond a été sans faille lors du mois d'octobre où son équipe a marqué le pas face à des adversaires plus sérieux. Éric Doucet a quant à lui été le Dragon le plus en vue, en orgueilleux leader offensif qui a su maintenir son niveau. Chez l'autre favori Mulhouse, la star de NHL Steven Reinprecht a tenu toutes ses promesses, mais il ne faut pas négliger le plus discret Greg Day, avec qui il a rapidement développé une bonne complicité sur la glace.

L'arrivée de Tours au sommet a été l'évènement de ce mois d'octobre, elle est notamment le fruit d'une défense accrocheuse qui n'a rien lâché, et au sein de laquelle Frantisek Pulscak et Philippe Roy se sont détachés. Un petit avantage est donné au Slovaque, dont le travail défensif est toujours impeccable et propre, et qui amène un petit plus en attaque avec ses coups d'il et la précision de ses passes et de ses lancers. Son partenaire dans la ligne d'arrières de l'équipe du mois est Baptiste Amar, qui s'impose plus que jamais comme le défenseur tricolore le plus constant, et n'a rien à se reprocher au sein d'une formation de Grenoble qui a connu des passes difficiles surtout offensivement. Il est le premier Français à intégrer l'équipe-type cette saison.

L'équipe-type d'octobre 2004 : Éric Raymond (Rouen) ; Baptiste Amar (Grenoble) - Frantisek Pulscak (Tours) ; Éric Doucet (Rouen) - Greg Day (Mulhouse) - Steven Reinprecht (Mulhouse).

03/11 Mort de Sergejs Zoltoks

Sergejs Zoltoks, un des piliers de l'équipe de Lettonie de hockey sur glace, champion du monde junior 1992 pour le compte de la "Communauté des Etats Indépendants" dans les premiers mois post-URSS (il évoluait sous le nom retranscrit du cyrillique de Sergei Zholtok, que la NHL a conservé comme dénomination), est mort d'un arrêt cardiaque après une rencontre de Ligue d'Europe de l'Est à Minsk. Il s'était senti mal à cinq minutes de la fin et son entraîneur Julius upler lui avait alors conseillé de prendre la direction des vestiaires, accompagné du kiné. Il s'est écroulé sur le chemin, et l'unité e réanimation cardiaque arrivée vingt minutes plus tard n'a pas pu le sauver. Zoltoks se trouvait déjà faible lors de l'entraînement le matin du drame, mais il avait tenu à jouer car ses parents étaient venus le voir (son père habite Minsk et sa mère avait fait le déplacement).

Les problèmes cardiaques de Zoltoks avaient été décelés lorsqu'il jouait en NHL pour les Minnesota Wild, après qu'il avait perdu connaissance lors d'un entraînement. Il avait passé une nuit à l'hôpital en observation et les examens avaient révélé une arythmie cardiaque. Malgré cette irrégularité dans ces battements, les médecins avaient donné le feu vert à son retour au jeu. Il n'avait manqué que sept matches et avait contribué aux bons play-offs de Minnesota.

Le sympathique attaquant balte laisse derrière lui une femme et deux fils, Edgars et Nikita.

04/11 Coupe de France

Tirage au sort du second tour de la Coupe de France par le président de la FFSG Norbert Tourne, toujours par zone géographiques. On a donc droit à des derbys dont les plus remarqués sont les chocs Angers - Tours, Mont-Blanc - Morzine et Caen - Rouen. La coupe de France.

Pronostics :

Cholet (D2) 50 % - Nantes (D2) 50 %

Angers (M) 50 % - Tours (M) 50 %

Toulouse (D2) 1 % - Anglet (M) 99 %

Dijon (M) 15 % - Mulhouse (M) 85 %

Reims (D2) 2 % - Épinal (M) 98 %

Cergy (D1) 85 % - Le Havre (D2) 15 %

Caen (D1) 2 % - Rouen (M) 98 %

Amiens (M) 99 % - Neuilly-sur-Marne (D1) 1 %

Béthune (D3) 10 % - Viry-Châtillon (D2) 90 %

Asnières (D1) 70 % - Amiens II (M) 30 %

Toulon (D2) 2 % - Montpellier (D1) 98 %

Nice (D2) 2 % - Briançon (M) 98 %

Avignon (D1) 75 % - Valence (D1) 25 %

Mont-Blanc (D1) 45 % - Morzine (M) 55 %

Lyon (D1) 25 % - Villard-de-Lans (M) 75 %

Grenoble (M) 95 % - Chamonix (D1) 5 %

06/11 Lecavalier tatar

La hiérarchie implacable des moyens financiers, bousculée depuis un peu plus d'un an, semble maintenant reprendre forme dans le championnat russe. L'étonnant leader de début de saison, le Severstal Cherepovets, n'a plus connu la victoire depuis six journées, et le toujours surprenant Neftekhimik Nijnekamsk, qui continue de jouer les trouble-fête dans les qualifiés en play-offs, reste sur quatre défaites consécutives. C'est donc maintenant le Dynamo Moscou qui fait la loi en tête du classement, avec la meilleure attaque et la meilleure défense (le Lada a concédé un but de moins, mais a aussi joué un match de moins). Mais un nouvel adversaire tout puissant va jouer les épouvantails.

Les autorités du Tatarstan ont en effet décidé que l'année 2005 serait marquée par les festivités du millième anniversaire de la ville de Kazan, et que le titre de champion de Russie en hockey sur glace devait être offert en paquet cadeau pour l'occasion. Le club local, l'Ak Bars, a donc un budget illimité ou presque pour recruter, et l'argent n'est pas un problème. Le Sparta Prague pouvait toujours espérer faire venir Vincent Lecavalier, élu meilleur joueur de la récente coupe du monde, il ne pouvait rien face aux 300 000 dollars par mois offerts par les Tatars. Après Lecavalier, l'Ak Bars Kazan est en négociations avec Brad Richards et le gardien Nikolaï Khabibulin, deux autres vedettes qui ont amené la Coupe Stanley à Tampa Bay, et même si Färjestad est aussi sur le coup Richards, la largeur du portefeuille devrait faire la différence.

Car l'Ak Bars Kazan ne recule devant rien pour atteindre cet objectif. Il a déjà recruté pour la trêve quatre internationaux évoluant en NHL et encore libres pendant le lock-out, les internationaux russes Darius Kasparaitis et Alekseï Kovalev, ainsi que deux stars des pays voisins, Ruslan Saleï (Belarus) et Nikolaï Antropov (Kazakhstan, va se faire faire un passeport russe). Reste à savoir si ce recrutement impressionnant sera forcément un gage de succès, ou si les nouveaux arrivants vont imiter l'exemple d'Ilya Kovalchuk, qui a inscrit 51 buts en NHL l'an passé, mais qui n'en a plus marqué un seul pour Kazan depuis un mois.

Évidemment, ces multiples arrivées signifient que des joueurs en place de l'Ak Bars vont prendre la porte. Recruté à l'intersaison, le défenseur international Aleksandr Guskov a déjà été écarté et devrait être récupéré par Omsk. La situation actuelle ne fait donc pas que des heureux au Tatarstan où les supporters voient partir des symboles du club. L'un d'eux est Dmitri Yachanov, le gardien formé au club qui avait amené Kazan à son premier titre en 1998. Il avait été prêté en début de saison au Neftyanik Almetievsk, club tatar de deuxième division et il vient maintenant d'être prié de se chercher une nouvelle équipe après qu'on a rompu son contrat.

06/11 Ligue Magnus : Mulhouse sans glace

La qualité de l'effectif de Mulhouse n'est malheureusement pas en adéquation avec l'état déplorable de sa patinoire. Comme déjà l'an dernier contre Épinal, un match des Scorpions a dû être repoussé à cause d'une glace pleine de trous qui ne veut pas prendre. Ce report permet à Tours de reprendre la tête de la Ligue Magnus après sa victoire à Gap 6-3. Le protagoniste du match a été Jan Simko, décrit par Bob Millette comme le joueur le plus rapide du championnat. Ses trois buts et son assistance ont permis aux Diables noirs de se défaire d'une équipe accrocheuse, et il a clos la journée par un retour aux vestiaires après une bagarre avec Andreï Kozyrev, l'une des deux nouvelles recrues russes de Gap avec l'ex-joueur de NHL Vadim Sharifianov (venu de l'équipe-réserve du SKA Saint-Pétersbourg).

C'est qu'il ne faisait pas bon être un ancien de NHL ce soir. Ceux de Mulhouse ont été frustrés de match. Pour son premier match à Morzine, Brad Ference a pris trois pénalités mineures et a connu une défaite 5-1 à Briançon. Et du côté d'Épinal en déplacement au Pays basque, Daniel Goneau a réalisé un "festival" d'un genre étrange en première période. Après avoir passé six minutes en prison, il a trouvé le moyen d'ouvrir le score dans son maigre temps de liberté avant de recevoir une pénalité de match pour une charge dangereuse. Son coéquipier Radoslav Regenda, qui rassurez-vous n'a jamais joué en NHL en ce qui le concerne, a été à son tour expulsé en dernière période, permettant ainsi le but décisif de Nicolas Courally. Anglet a gagné 3-1 avec un doublé de David Dostal et continue à engranger des points à domicile.

Pas de surprises pour Rouen contre Villard-de-Lans (6-1) et pour Grenoble contre Dunkerque, si ce n'est l'ampleur du score (15-1). Dire que le HGD était jusqu'à ce soir la seule équipe que les Brûleurs de Loups avaient croisée en championnat de France sans jamais la battre... L'autre grand club (en péril ?), Amiens, a pu se jauger à Dijon, une équipe très prévisible, qui a gagné tous ses matches contre les adversaires moins bien classés et a toujours perdu contre les mieux classés. Il fallait donc savoir à quelle catégorie les Gothiques appartenaient. Ouf, c'est la première, puisqu'ils ont gagné 3-0. C'est qu'il vaut mieux être devant Dijon que derrière puisque les Ducs sont huitièmes. Les prochains adversaires des Bourguignons savent ce qu'il reste à faire s'ils veulent prétendre aux play-offs.

06/11 Division 1 : la sale semaine de Montpellier

C'est une dure semaine qu'a vécu Montpellier. D'abord, le club héraultais a perdu le bénéfice de sa victoire à Chamonix, avec un point de pénalité au passage, parce qu'il y avait aligné Anton Rojko qui aurait dû être suspendu après une seconde méconduite de match en un an, la précédente datant de décembre 2003. Le MAHC a reconnu son erreur, tout en faisant savoir que les torts étaient partagés avec la fédération qui n'avait pas adressé au club les casiers judiciaires de ses joueurs à l'intersaison comme le prévoyait aussi le règlement. Il a toutefois renoncé à se lancer dans des recours qui auraient accablé un hockey français en lent redressement.

Ce soir, Montpellier se rendait à Cergy, un déplacement difficile chez une équipe qui l'avait gênée à l'aller et qui lui a encore tenu tête en tenant le nul pendant deux tiers-temps. Malheureusement, le troisième n'a jamais pu commencer. Les arbitres ont arrêté le match pour raisons de sécurité. En effet, une altercation avait eu lieu entre le joueur montpelliérain Thomas Appert et un membre du public qui était allé le chauffer sur le banc des pénalités et qui a ensuite été chercher la police pour porter plainte après avoir reçu un coup de poing du hockeyeur. Les patinoires franciliennes aimeraient un vrai public et non des perturbateurs qui déchaînent leur frustration.

Notons qu'Amnéville a également perdu un match sur tapis vert en poule nord, interrompu ainsi dans son élan. Par conséquent, la lutte pour la qualification est subitement moins indécise. Caen, vainqueur 5-2 à Garges, et Neuilly-sur-Marne, qui a ramené une importante victoire de Courbevoie (3-1), devraient prendre le wagon. Le COC pourrait les rejoindre s'il gagne son derby au Vésinet la semaine prochaine.

07/11 Suède : rien n'arrête Timrå

Le leadership de Frölunda dans le championnat suédois ne tient plus qu'à un fil. Avec douze victoires sur les treize derniers matches, Timrå est revenu à seulement un point. Cette série doit beaucoup à des joueurs sous-estimés comme le jeune Yared Hagos ou comme l'ensemble de la défense, qui n'a pas de grands noms mais qui est très solide et n'a pas toujours besoin de la protection du gardien finlandais Miikka Kiprusoff. Derrière le duo de tête, seul Linköping s'accroche encore. La blessure de Kristian Huselius, qui était alors le meilleur marqueur du championnat, aurait pu être un rude coup, mais Tony Mårtensson l'a remplacé aux côtés de Morrison et Knuble et la ligne continue de marquer, même si elle domine moins qu'avant.

Par contre, MoDo ne parvient plus à suivre. Certes, Peter Forsberg s'est échappé avec cinq points d'avance au classement des marqueurs, mais Tommy Salo prend beaucoup de buts, encore six hier soir à Brynäs qui était pourtant resté trois journées sans marquer en octobre. Pour ne pas être irrémédiablement lâchées, les autres prétendants au titre vont devoir s'activer pendant la trêve. C'est déjà le cas de Färjestad, où le défenseur slovaque Zdeno Chara a fêté ses débuts jeudi par une assist et... une méconduite de match. Le FBK vient de réengager aujourd'hui le gardien suisse Martin Gerber qui l'avait conduit au titre il y a deux ans. Hier, Djurgården avait également fait signer un nouveau gardien, Andrew Raycroft, élu rookie de l'année en NHL la saison dernière avec d'exceptionnelles statistiques chez les Boston Bruins. Le jeune Björn Bjurling, qui comme Stefan Liv à HV71 a été rendu responsable du départ moyen de son équipe et devra céder sa place à un Canadien, a bien réagi hier soir avec un blanchissage sur la glace de Färjestad (2-0). Pour les prochaines signatures, il faudra regarder du côté de Malmö, bon dernier après six défaites consécutives.

08/11 Suisse : samedi noir à Berne

Les quatorze mille spectateurs de la BernArena se souviendront du samedi 6 novembre 2004 comme d'une soirée très noire pour leur club. Le champion suisse en titre a en effet perdu à domicile 1-2 contre Genève-Servette, sur un but décisif de Derek Armstrong, marqué en supériorité numérique après l'expulsion de Sébastien Bordeleau, qui pour sa dernière sortie avant de rejoindre l'équipe de France a commis une vilaine charge dans le dos de Jan Cadieux, propulsé contre le poteau. De plus, un tir de Daniel Brière a fini sa course... dans l'il de son coéquipier Dany Heatley, qui a une fracture du plancher orbital et sera absent six semaines après une opération. Et enfin, l'entraîneur Alan Haworth a été licencié. Celui qui avait terminé sa carrière de joueur en pleine gloire à Berne avec trois titres de champion n'aura tenu que deux mois comme entraîneur en chef, après une saison comme "assistant" de Ruhnke avec qui la communication était en fait inexistante. Le SCB n'est que huitième, avec trois équipes en embuscade derrière lui à un point ou moins.

Rapperswil espérait également que ce jour rentrerait dans l'histoire, mais comme une date à marquer d'une pierre blanche. En effet, le SCRJ, étonnant comme à chaque début de saison, avait l'occasion de réussir une dixième victoire consécutive à domicile, égalant ainsi les records établis par Davos dans les années 80 et Kloten dans les années 90. Rapperswil y a cru en menant 2-0 dans le premier tiers-temps, mais le problème est qu'en face se trouvait Lugano. Le défenseur finlandais Petteri Nummelin a inscrit la bagatelle de trois buts et le leader a renversé la situation (3-4). Dommage, le rêve est passé à Rapperswil, où c'était le dernier match du très rapide défenseur américain David Tanabe, qui avait été recruté provisoirement pendant la blessure de Marko Tuulola. Le SCRJ, cinquième, sera à la reprise le seul club qui n'aura dans ses rangs aucun joueur libéré par le lock-out, puisque Fribourg-Gottéron a engagé l'arrière américain Paul Martin jeudi, et que Lausanne vient de faire signer le meilleur joueur et meilleur marqueur de la dernière saison de NHL, Martin Saint-Louis, qui devra endosser le costume (petite taille) de sauveur dans une équipe qui a encore accumulé trois défaites depuis l'arrivée de Bill Stewart comme nouvel entraîneur.

Langnau a perdu de son côté ses deux gardiens en une semaine. Peu après la mise à l'écart de Corey Hirsch, qui avait pesté dans les médias canadiens contre les grévistes NHL qui piquaient le job des joueurs en place, le gréviste en question, Martin Gerber, part à son tour. Il poursuit la tournée de ses anciens clubs en quittant le SCL pour la Suède et Färjestad. Du coup, Langnau devra chercher un nouveau gardien pour la reprise. Le candidat évident est l'unique Suisse sur le marché, Pauli Jaks, qui a été poussé dehors de son poste de doublure en Superliga russe quand l'Avangard Omsk (qui vient aussi de signer Jágr) a recruté le gardien canadien Norm Maracle.

08/11 Finlande : arythmie cardiaque pour Mika Alatalo

Faut-il voir une conjonction quelques jours seulement après la mort de Sergejs Zoltoks, malgré ses antécédents cardiaques ? Le capitaine du TPS Turku, Mika Alatalo, a été victime d'arythmie cardiaque. Il n'a pas joué avec le TPS hier pour la dernière journée avant la trêve et va subir des examens complémentaires.

08/11 Allemagne : concurrence pour Cristobal Huet

La belle machine de Mannheim s'est enrayée et le favori du championnat allemand accumule les désillusions, désormais relégué à quatre points du leader Cologne qui a pourtant joué deux fois de moins. L'effectif excellent sur le papier ne rentabilise plus les investissements sur la glace, au point que l'attaquant John Tripp a osé évoquer la comparaison fatidique avec les New York Rangers (parlera-t-on un jour de "syndrome Kazan" à la place ?)

Les Adler avaient relevé la tête la semaine dernière en s'imposant 5-2 à Kassel, un match où Cristobal Huet a fait face à 51 tirs (plus un poteau) et en a arrêté 49. Mais cette éclaircie est rare et le gardien français n'est plus aussi souverain qu'en début de saison (deux grosses erreurs lors du derby perdu 0-5 contre Francfort il y a dix jours). Mannheim a encore connu deux défaites à domicile consécutives, 2-4 contre Ingolstadt et surtout 3-4 contre les Eisbären Berlin... après avoir mené 3-0. Enfin, hier soir, la victoire était de nouveau au rendez-vous. Le lieu s'y prêtait. Depuis sa construction, la Color Line Arena de Hambourg n'a jamais fait figure de forteresse imprenable. C'est encore vrai cette saison, où les Freezers viennent d'être battus à guichets fermés pour la quatrième fois de suite. Mannheim s'est imposé avec un doublé de Thomas Greilinger... et avec Steve Passmore dans les cages. Revenu de blessure, le gardien canadien a été inscrit pour une licence par le club, et il s'est montré sûr. Cristo a désormais de la concurrence.

En bas de classement, Kassel a été déposé comme lanterne rouge après la défaite 4-0 chez le promu Wolfsburg. Rien ne va plus pour un club qui devait connaître une saison de la renaissance et s'enfonce au contraire de plus en plus. Il a joué parfois de malchance, mais a réagi. Après avoir été privé de sa recrue John-Michael Liles blessé au pied lors de la coupe du monde, il avait engagé un autre défenseur américain libéré par le lock-out, Nick Schultz. Et comme la blessure du gardien titulaire Joaquin Gage n'en finissait plus de se prolonger, les Huskies ont mis un terme au bon intérim assuré par Jan Münster - parti du coup Landshut en division inférieure - et ont récupéré le mécontent Corey Hirsch (qui pourra discuter de ses théories sur l'égoïsme des joueurs de NHL venus piquer des jobs en Europe avec son nouveau coéquipier Schultz...). Celui-ci a fait trois premières prestations correctes, mais cela ne fait que rappeler que le problème n1 est à l'attaque, avec cinq maigres buts marqués lors des sept dernières journées. Kassel n'a plus gagné de match dans le temps réglementaire depuis un mois, et s'est contenté d'une victoire 3-2 aux tirs au but à domicile vendredi face à l'autre club en crise Hanovre, dont les nouveaux dirigeants font en fin de compte autant scandale que les anciens. Ils ont récemment viré trois défenseurs à passeport allemand (Andrej Teljukin, Gordon Borberg et Lars Brüggemann) comme boucs émissaires du mauvais début de saison des Scorpions, et ont engagé à la place le joueur de NHL Paul Mara. Le projet d'une équipe plus germanisée, vendu aux médias pendant l'été, a du plomb dans l'aile...

09/11 L'équipe de France sans Bordeleau

L'équipe de France devra se passer des services de Sébastien Bordeleau pour le tournoi de pré-qualification olympique ce week-end à Briançon. Son club, le SC Berne, tient en effet à ce le Franco-Canadien se fasse opérer en raison d'un problème récurrent au pied. Il souhaite donc profiter de cette trêve internationale, et peut-être aussi de la très probable longue suspension qui suivra, suite à la charge de Bordeleau qui a envoyé Jan Cadieux percuter le poteau la tête la première. Le monde du hockey suisse a eu très peur pour le joueur de Genève-Servette, qui s'en tire avec les ligaments du cou déchirés et des contusions aux cervicales, et es voix s'élèvent pour réclamer une sanction exemplaire. Les Canadiens de Berne sont dans le collimateur du juge unique de la ligue puisque Christian Dubé avait été suspendu six matches pour un coup de crosse à la tête de Jeff Shantz. Son club avait fait appel et... sa peine avait été alors aggravée en dix matches.

En l'absence de Bordeleau (remplacé par le Grenoblois Nicolas Antonoff, revenu en force après sa blessure), il n'y aura qu'un seul représentant du championnat suisse au sein de l'équipe de France. Et il s'agit de... Jimmy, le responsable du matériel, employé de Genève-Servette, qui a affirmé dans La Tribune de Genève du jour qu'il viendrait "par amitié pour les joueurs, car [il n'a] toujours pas été payé pour les services rendus la saison passée".

11/11 Nouvelle patinoire près de Perpignan

Cela faisait quinze ans que le Roussillon attendait cela, depuis que le toit de la patinoire de Perpignan s'était effondré... sous le poids de la neige ! Une circonstance météorologique pour le moins imprévue vu le climat local qui avait signé l'arrêt de mort d'une des patinoires les plus méridionales de France. Le club avait alors continué à exister sans avoir de résidence, et les ultimes résistants du hockey perpignanais devaient s'entraîner aux Angles, à une heure de route, dans les Pyrénées. Dernièrement, le sud de la France, zone sinistrée de hockey, avait commencé à revivre avec la création d'un club à Narbonne.

Et voilà qu'un projet privé pourrait réveiller la Catalogne au hockey. Un investisseur veut construire un "mini-Bercy" à Cabestany, en banlieue de Perpignan. Ce grand complexe comprendrait de multiples commerces et centres de loisirs, mais surtout deux patinoires, une de taille olympique pouvant accueillir quatre mille spectateurs et une seconde piste de glace de 56 x 26. Comme un bonheur n'arrive jamais seul, on évoque aussi un projet de patinoire à Rivesaltes... Débouchez les bouteilles !

12/11 Le rêve des JO s'envole pour les Françaises

En leur donnant 30 % de chances d'accéder aux JO, leur entraîneur Renaud Jacquin avait sans doute surévalué le potentiel des joueuses de l'équipe de France. Comme à chaque échéance olympique, le rêve d'une qualification est entretenu, comme si cette exposition pouvait représenter l'aubaine miraculeuse pour le hockey sur glace féminin français. Le retour sur terre est douloureux dans ces cas-là, mais traduit une vérité évidente. Les structures du hockey féminin hexagonal sont incomparables avec ne serait-ce que les plus petites nations susceptibles - réellement - de se qualifier, comme l'Allemagne et la Suisse qui ont de vrais championnats nationaux, ou encore comme la Chine qui s'entraîne à temps plein dans un Centre national d'État. Hier à Pékin, la confrontation face à l'équipe locale, qui retrouve une nouvelle génération et un second souffle dans le hockey international, a ainsi été sans appel (1-7).

Aujourd'hui, les Françaises ont perdu leur dernières chances - purement théoriques - de qualification en perdant 3-4 contre la Suisse. Contre une nation qui compte trente-cinq équipes engagées en championnat en trois divisions, c'est déjà un exploit. Les Bleues ont même terminé le premier tiers-temps en tête grâce à un but de Sophie Serre, avant que les Helvètes ne renversent le score en cinq minutes à la reprise, avec un doublé de Stefanie Marty, l'attaquante de Zoug-Seewen, club qui avait déjà battu la majorité de l'équipe de France sous le maillot de Cergy lors de la Coupe d'Europe. Quant aux deux autres marqueuses des Suissesses, elles évoluent à l'étranger; Kathrin Lehmann à Kornwestheim en Allemagne et Laura Ruhnke à l'université de McGill au Canada.

Croire que les filles étaient plus proches de Turin que les garçons (L'Équipe d'hier) était une illusion. La hiérarchie du hockey féminin n'est pas si mouvante qu'on veut bien le dire, la preuve en est que la France n'a jamais battu une vraie grande nation d'Europe. Et quand on voit que même l'Autriche - inexistante jusqu'ici chez les féminines - se met à attirer des étrangères dans ses clubs en profitant des réseaux suisses (le championnat helvète étant saturé vu que les quotas étaient déjà remplis), on se dit que les Bleues ont plus de risque de reculer que d'avancer au classement mondial. À moins qu'un vrai projet voie le jour pour le hockey féminin, dernière roue d'un carrosse qui a déjà d'autres pièces usées par ailleurs.

14/11 Les Bleus avec facilité

Trente buts marqués, zéro encaissé, buts et blanchissages (dont un avec seulement deux tirs pour Lhenry contre les Bulgares) à gogo, premier but à la première sélection pour Guillaume Karrer... Les Bleus ont vu la vie en rose ce week-end à Briançon, s'acquittant de leur tâche en toute tranquillité. Même l'Estonie, balayée 7-0, n'a pas été capable de rivaliser ce soir, comme l'avait prouvé sa surprenante défaite d'hier contre une Roumanie dont le hockey espère encore une renaissance. Mission accomplie pour la France, même si tout le monde est conscient que le tour qualificatif en février sera une toute autre paire de manches face au Kazakhstan, à l'Ukraine et surtout à l'Autriche.

La Pologne s'est elle aussi baladée dans son groupe. Elle a battu son adversaire le plus sérieux, les Pays-Bas, par 5 à 0, avec un doublé pour Michal Garbocz, le centre d'Anglet. Par contre, la Norvège, avec son "meilleur effectif de tous les temps", est passée très près du cataclysme face à la Hongrie pourtant privée de trois de ses défenseurs habituels. Dans ces circonstances, c'est à peine si les visiteurs croyaient la victoire possible, et pourtant elle a bien failli advenir sur un dégagement qui a fait un étrange rebond contre la bande et est entré dans les filets vides, le gardien Harstad-Evjen étant sorti de ses cages... Le ciel est alors tombé sur la tête du public de Stavanger car il restait moins de trois minutes à jouer. Mais les Scandinaves ont réussi à égaliser à l'avant-dernière minute sur une déviation dans les airs de Patrick Thoresen. Ce but très contesté, les Hongrois réclamant une crosse haute, a sauvé la Norvège du désastre.

14/11 Europe 3 - Asie 0

Les qualifications pour le tournoi olympique féminin donnaient lieu à trois duels décisifs entre nations européennes et asiatiques. Dans deux d'entre eux, les équipes du Vieux Continent étaient favorites. C'était le cas hier de la Russie, qui a battu difficilement les Japonaises 3-2. Celles-ci, qui avaient déjà participé aux JO en tant que pays organisateur à Nagano, ont bien progressé depuis ce temps et n'ont pas été loin de remporter leur billet sur la glace. Les Italiennes, qualifiées d'office pour Turin sans aucun passé pour plaider en leur faveur, pourront-elles en dire autant dans quelques années ? Le Kazakhstan, lui, n'a pas existé, défait à plate couture 5-0 par l'Allemagne, avec un doublé de Maritta Becker, leader de la formation germanique qui entraîne aussi l'équipe nationale B.

Si les pays européens organisateurs étaient favoris, il en allait de même de la Chine. Et c'est assurément un sacré revers que cette défaite 2-3 face à la Suisse. L'entraîneur canadien embauché en mai dernier, Paul Shrople, a échoué dans sa mission. Après deux tiers-temps vierges de but, les Chinoises ont pris deux fois l'avantage dans les vingt dernières minutes, mais sans pouvoir se défaire de Suissesses compactes et agressives qui ont égalisé à chaque fois. Celles-ci ont sorti leur gardienne à cinquante secondes de la fin, et alors qu'il ne restait que neuf secondes au chronomètre, Claudia Riechsteiner est devenue la première héroïne du hockey suisse en qualifiant son équipe pour les JO et en brisant les rêves chinois. Pour la première fois, il n'y aura donc aucun représentant asiatique au tournoi olympique de Turin. Comment le hockey féminin chinois se remettra-t-il de ce premier échec marquant (après le contretemps des Mondiaux à domicile annulé à cause de l'épidémie de SRAS) ? Verra-t-il sa cote diminuer auprès des autorités ou reviendra-t-il au contraire encore plus fort ? Réponse peut-être en 2010 à Vancouver.

16/11 Ligue Magnus : Tours, leader très solide

Les lendemains de trêve internationale sont souvent des caps difficiles à négocier pour les équipes qui comptent le plus de joueurs sélectionnés. Grenoble doit ainsi satisfaire des deux points ramenés de Gap, où sa maigre victoire 1-0 en prolongation ne rassure en rien sur ses capacités offensives. Or, les Brûleurs de Loups recevront samedi Tours pour le prochain grand choc du championnat. En effet, les Diables noirs auront l'occasion de s'échapper en tête du championnat en cas de victoire, ou d'assister à un resserrement général. Ce soir, ils ont battu le champion en titre Amiens 3-1, avec un doublé de Jonathan Roy et un dernier but en cage vide. Les Gothiques, privés de François Rozenthal touché aux cervicales lors de France-Estonie et mis au repos une semaine, y ont pourtant cru en menant après le premier tiers-temps grâce à un joueur qui n'est plus international, Anthony Mortas, mais eux aussi ont dû baisser pavillon devant la bande à Millette.

À une journée de la fin des matches aller, seule une équipe a réussi à battre Tours, et c'est Briançon, qui avait pourtant perdu tous ses autres matches à l'extérieur - sauf à Dunkerque - jusqu'à ce soir. Car les Diables rouges, qui évoluaient sans leur dernier renfort de NHL Mark Rycroft (dont le transfert a été bloqué par la commission de contrôle pour cause de dépassement de la masse salariale) se sont imposés en prolongation à Épinal grâce à un but de leur meilleur joueur, le Tchèque Martin Filip.

En hausse, Anglet a réussi enfin à briser le tabou et à gagner un match à l'extérieur, cela s'est passé à Clermont-Ferrand (6-4). En voyant les Basques revenir à toute allure avec deux nouveaux points en perspective samedi contre Dunkerque, les Dijonnais, après cinq défaites consécutives, n'avaient plus le choix et jouaient gros ce soir. Leur victoire très importante à Villard-de-Lans (3-1) les maintient à la huitième place, alors que les Isérois, sortis sous les huées de leur public, font la mauvaise opération de la soirée en s'éloignant de la zone des qualifiés.

Il y a une inconnue dans cette équation, et c'est Morzine, privé de match compétitif ces temps-ci. Le déplacement d'Épinal samedi a été reporté car les suspensions de Goneau et Regenda étaient venues s'ajouter aux convocations en équipe d'Estonie de Kozlov et Ivanov, ce qui laissaient les Vosgiens fort démunis. Et le match à Mulhouse qui était prévu demain sera finalement joué le 8 février, car la municipalité alsacienne a décidé de procéder cette semaine à des travaux pour enfin régler les problèmes de glace de l'Illberg. À la fin des matches aller, il y aura quatre matches en retard en Ligue Magnus, et Morzine sera impliqué dans trois d'entre eux (le troisième est la réception de Dijon, match de la première journée décalé pour cause de championnat du monde de VTT aux Gets).

17/11 La vie sans Jágr

L'Extraliga tchèque a connu ces derniers mois une phase euphorique, avec une hausse significative des affluences et de l'intérêt médiatique. Reste à savoir si ce boom pourra survivre au départ de Jaromír Jágr. Car l'attention était surtout concentrée autour de lui, et si le record de spectateurs à un match d'Extraliga avait été battu juste avant la trêve (15783 personnes pour voir Slavia-Kladno), ce n'était pas grâce aux supporters du Slavia Prague, toujours peu nombreux. La Sazka Arena se remplit en effet surtout de supporters visiteurs, ils étaient par exemple sept mille à avoir fait le déplacement pour soutenir Pardubice.

Jaromír Jágr était retourné jouer dans son club formateur de Kladno par simple accord verbal, sans signer de contrat. Mais finalement, comme il y a dix ans, il n'a finalement fait que passer, avant de céder à une offre plus lucrative de l'Avangard Omsk, qui s'est dédit de sa politique 0 % NHL. Il a pu se renseigner sur son nouveau club russe auprès de Patera et Procházka, ses compagnons de ligne à Kladno qui y ont tous deux joué. Il est vrai qu'il avait un peu fait le tour de la question dans le championnat tchèque, où seuls quelques rares joueurs (Pavel Kubina de Vítkovice et Jan Smarda du promu et dernier Jihlava) ont réussi à le neutraliser. Le reste du temps, il a explosé les compteurs, avec 11 buts et 17 assists en 17 matches.

Cette domination d'un seul homme - surtout maintenant qu'il est parti - apporte un démenti à ceux qui prétendent que l'Extraliga est le championnat le plus fort du monde pendant le lock-out. Elle est trop en retard à la base sur les championnats russe et suédois. D'ailleurs, le joueur qui avait déclaré publiquement il y a moins de trois semaines que le meilleur hockey du monde se jouait actuellement en République tchèque, Martin Havlát, a lui-même contredit ses propos par ses actes, puisqu'il est lui aussi parti pour la Russie, au Dynamo Moscou.

Cette autre défection est une bien mauvaise nouvelle pour son club de Znojmo, qui a également perdu Karel Rachunek, le troisième joueur tchèque envolé en Superliga à la trêve, qui gagnera plus au Lokomotiv Yaroslavl que le salaire qu'il touchait aux New York Rangers ! Grands perdants de la courte période des transferts, les Aigles de Znojmo volaient déjà à très basse altitude dans le classement, ils ont déjà licencié leur entraîneur le mois dernier, et la situation ne risque pas de s'arranger maintenant.

18/11 Mort d'Aleksandr Ragulin

Aleksandr Ragulin, un des plus grands défenseurs russes de l'histoire, est mort hier d'une crise cardiaque à 63 ans. Dix fois champion du monde (en incluant les JO de 1964 et 1968 qui comptaient également comme championnats du monde), il détient un record qu'il n'a partagé qu'avec le gardien Vladislav Tretiak, et il faut aussi y ajouter sa troisième médaille d'or olympique en 1972. Ragulin, c'était le prototype du défenseur imperturbable, toujours bien placé, qui ne perdait jamais son sang-froid. En tant que premier relanceur, il était un pilier de l'équipe soviétique dominatrice des années soixante.

Ragulin est aussi le premier superchampion formé par le légendaire Nikolaï Epstein dans le club du Khimik Voskresensk. Selon la légende, c'est en le prenant en flagrant délit en train de voler des crosses dans le vestiaire avec ses deux frères qu'Epstein avait enrôlé ce trio de jeunes musiciens qui semblait vouloir se muer en hockeyeurs. Une autre histoire raconte qu'aux championnats du monde 1966 à Ljubljana, où Ragulin était peut-être le meilleur joueur du tournoi, une femme millionnaire était tombée amoureuse du grand gabarit de l'arrière russe au point de vouloir payer l'intégralité du banquet d'adieux pour pouvoir dîner en tête-à-tête avec Ragulin (qui refusa cette invitation et préféra rejoindre ses camarades).

Dans ses vieilles années, quand sa lenteur commençait à être trop handicapante pour qu'il se porte à l'attaque et use de son fort lancer, il se concentra sur sa spécialité, les sobres tâches défensives. Anatoli Tarasov l'utilisa ainsi en 1971/72 comme "stoppeur" dans son système novateur avec un seul homme derrière, deux demi-centres et deux attaquants. Le n5 de Ragulin a été retiré au CSKA Moscou, lors d'une cérémonie qui a eu lieu il y a un an presque jour pour jour, le 14 novembre 2003.

19/11 Suède : Les jeunes sacrifiés

En Suède, les managers des clubs n'ont pas pu s'empêcher de tous recruter des joueurs libérés par le lock-out pour ne pas être en reste sur le voisin, mais en même temps ils reconnaissaient presque aussi unanimement que cela aurait un impact négatif sur les jeunes joueurs qui seraient les premières victimes et ne pourraient pas se développer, alors que les jeunes générations étaient déjà considérées plus faibles que leurs devancières. On vient d'en avoir la confirmation à Djurgården, où Robert Nilsson et Johannes Salmonsson, deux des attaquants les plus prometteurs, ont été prêtés à des clubs d'Allsvenskan (deuxième division), Hammarby et Almtuna, parce qu'ils n'avaient plus de temps de glace. Même cause, mêmes effets, le recrutement du joueur de NHL Dan Boyle a directement pris la place de l'espoir Daniel Fernholm, qui avait une bonne première saison l'an dernier. La surprise, c'est que Fernholm n'a pas été envoyé dans un club de division inférieure, mais à Bolzano, en Italie.

Djurgården a par ailleurs dû changer son choix de gardien. Andrew Raycroft avait initialement été engagé, mais l'agent du rookie NHL de l'année avait menti en prétendant que son joueur était sous contrat avec Boston. En vérité, il n'a toujours pas signé. Or un accord avait été passé cet été au sein de l'Elitserien suédoise pour stipuler que les joueurs sans contrat NHL devaient nécessairement s'engager pour la saison entière sans clause de départ en cas de lock-out. Raycroft ne voulant pas s'y engager, le DIF s'est rabattu sur Marty Turco, une valeur plus sûre sur la durée puisqu'il a aligné d'excellentes statistiques sur quatre saisons avec Dallas.

Le gardien, c'était aussi le gros problème de Malmö. Plus que les arrivées du défenseur finlandais Janne Niinimaa et de l'attaquant américain d'origine coréenne Richard Park, c'est donc celle de Pasi Nurminen qui est importante. Il ne pouvait rien faire pour les Pelicans Lahti, toujours bons derniers de la SM-liiga finlandaise, par contre il devrait aider Malmö, lanterne rouge suédoise, à décoller. Dès le premier match, Nurminen a réussi trente-cinq arrêts et grandement contribué à ramener un match nul (1-1) de chez le leader Frölunda, qui a du coup cédé sa place de premier à Timrå, dont la trêve n'a pas brisé l'élan et qui a gagné 2-1 chez le troisième Linköping.

La remontée potentielle de Malmö n'est pas une bonne nouvelle de Södertälje, qui connaît de son côté de gros problèmes offensifs. Le SSK s'était fourvoyé en recrutant les jumeaux Ferraro, qui avaient la réputation de gros travailleurs mais ont passé l'essentiel de leur carrière en AHL. Les Américains ont en effet la plus gros raté de l'Elitserien cette saison, au point de n'être même plus titulaires. Mais le doublé de l'international finlandais Olli Jokinen dès son premier match a peut-être débloqué Södertälje, qui a gagné 7-6 en déplacement chez Brynäs (après le 5-9 contre Mora, la patinoire de Gävle donne décidément lieu à des scores improbables !). Cette rencontre a aussi servi au défenseur offensif Dick Tärnström, lui aussi très décevant jusqu'ici, à dérouiller son compteur en inscrivant un but et quatre assistances.

20/11 Ligue Magnus : la cassure ?

Ceux qui faisaient la fine bouche sur la première place de Tours ne manquaient pas de rappeler que les Diables noirs avaient jusqu'ici affronté (et battu) à domicile. les favoris désignés Pour la première fois ce soir, ils se rendaient chez l'un d'eux, Grenoble. S'il est exact que ce test, très engagé et physique, s'est soldé par une défaite, les Tourangeaux ont tout de même mené 2-0 après le premier tiers-temps et ont obligé les Isérois à s'arracher, eux qui ont un leader dans ces cas-là en la personne de Laurent Meunier, auteur de deux buts. Le mois de décembre sera celui de la remise en question perpétuelle pour l'ASGT, avec un calendrier semé de pièges potentiels. En attendant, c'est bien elle qui mène la Ligue Magnus à mi-championnat.

Cette dernière journée des matches aller était l'occasion d'assister aux débuts des ultimes jokers, puisque la date limite d'engagement était le 15 novembre. Les deux dernières recrues ont connu des fortunes très diverses. Le cinquième joueur de NHL du championnat, Mark Rycroft, qui a finalement eu le feu vert de la CNACG, s'est bien amusé avec sa nouvelle équipe de Briançon en inscrivant deux buts et deux assistances. Son coéquipier Julien Desrosiers a fait encore mieux avec quatre buts et deux assists. Il faut dire que l'opposition proposée par Clermont-Ferrand était très faible, l'ex-gardien gapençais Radek Lukes ayant pris quatre buts en un quart d'heure avant d'être remplacé par Chardon, pour un total de 11-1. Le second "petit nouveau" n'en était pas un, puisqu'il s'agissait de l'ex-international slovaque Slavomir Vorobel, qui avait quitté Anglet - où il n'avait laissé que des bons souvenirs - après une suspension controversée. Mais son retour n'a pas aidé la défense basque qui a été humiliée par la lanterne rouge Dunkerque (5-7), où Tomas Valko a été réintégré dans l'effectif.

Pour l'Hormadi, qui venait de gagner enfin à l'extérieur, cet échec à domicile est un énorme coup d'arrêt qui pourrait être lourd de conséquences. Surtout que Dijon est maintenant complètement relancé après avoir avalé 4-0 Angers, qui venait pourtant d'infliger sa troisième défaite de la saison à Rouen. Après une nouvelle bonne prestation couronnée par un blanchissage, Jimmy Bjennmyr, le troisième gardien suédois cette saison par la Bourgogne, semble être le bon. Une cassure de trois points s'est maintenant créée entre le huitième Dijon et le neuvième Anglet. Mais d'autres équipes pourraient revenir dans la course aux play-offs. Sans doute pas Villard, qui a poursuivi sa dégringolade à Amiens (4-0 avec un doublé de Julian Marcos). Par contre, en perdant de peu à Rouen (3-1) et à Mulhouse (4-2), les outsiders Morzine-Avoriaz et Épinal ont prouvé leur solidité, et le derby Épinal-Dijon de samedi prochain est celui de la dernière chance pour les Vosgiens.

22/11 Allemagne : Kassel s'enfonce

La trêve internationale n'a donné lieu à aucun licenciement d'entraîneur en DEL (contrairement à ce qui s'est passé en deuxième Bundesliga où Daniel Naud, l'ex-joueur de Viry et Rouen, a été démis de ses fonctions à Bietigheim-Bissingen), mais il n'a pas fallu attendre beaucoup plus longtemps. Samedi, deux chaises ont sauté, celle de Gunnar Leidborg à Hanovre et celle de Mike McParland qui a démissionné de son propre chef pour la première fois de sa carrière. Il faut dire que Kassel a été blanchi cinq fois d'affilée à l'extérieur (!), et qu'en plus de cette attaque défaillante, la défense n'est pour autant pas meilleure que par le passé. Initialement, elle devait être blindée grâce à John-Michael Liles à l'occasion du lock-out, mais comme il s'est blessé à la coupe du monde, c'est un autre international américain de NHL qui est arrivé, Nick Schultz. Kif-kif ? Non, car Papa Schultz a extrêmement déçu et n'a pas été le renfort attendu. Kassel s'enfonce dangereusement au classement, le retour espéré en play-offs n'est plus qu'une illusion, et il faudra au contraire lutter pour le maintien.

On ne parle pas encore de crise à Mannheim, mais les résultats n'ont pourtant rien d'enthousiasmant. Les Adler ont été battus 3-0 hier à Iserlohn, avec un premier blanchissage de la saison pour le jeune gardien allemand Dmitrij Kotschnew. Les plus combatifs ont gagné, et Cristobal Huet n'est pour rien dans cette défaite. Il a au contraire empêché par ses réflexes que la défaite soit plus lourde. À son retour de l'équipe de France, Cristo s'était d'abord assis sur le banc mardi dernier pour voir sa doublure Steve Passmore s'incliner aux tirs au but à Düsseldorf. Il a réagi en se montrant meilleur dans cet exercice, et avec quelle classe. Le public de Mannheim n'est pas prêt d'oublier le fantastique duel qui a eu lieu vendredi entre Cristobal Huet et Adam Svoboda, le gardien international tchèque. En onze tireurs de chaque côté, pas un n'avait réussi à battre les deux portiers en état de grâce ! Finalement, Eric Healey a alors transformé sa tentative pour Mannheim. Et Cristo n'a plus eu qu'à arrêter la sienne, la douzième sur douze, pour décrocher un succès mémorable. Des points dont ont bien besoin les Adler, qui ne sont plus que cinquièmes à sept points de Cologne, qui compte pourtant deux parties de moins.

Le principal sujet de discussion en ce moment en DEL, ce n'est toutefois pas l'incroyable séance aux tirs au but de Cristo, mais une nouvelle règle imposée par la ligue qui pénalise automatiquement de deux minutes tout joueur envoyant le palet dans le public. Une décision qui fait suite à une plainte à Hambourg, où une spectatrice de l'ultramoderne Color Line Arena a eu gain de cause contre le club après avoir été atteinte par un palet.

23/11 Italie : De Rouville à Val Pusteria

Philippe de Rouville, l'ex-gardien de Briançon, vient d'être engagé par Val Pusteria, club de série A italienne. L'équipe basée à Brunico, qui était la seule du championnat à ne pas avoir fait appel à un gardien étranger jusqu'ici, a en effet perdu son titulaire, l'espoir René Baur, qui sera absent sur blessure plus longtemps que prévu. Elle a donc estimé qu'elle ne pouvait continuer avec sa doublure Ewald Mitterrutzner, qui s'était pris huit buts à Bolzano même s'il a participé samedi à la victoire 7-4 (avec deux buts de Dino Grossi et un de Patrick Bona) sur la glace d'Asiago, le club entraîné par Heikki Leime qui est toujours à la peine.

Il faut dire que Turin devient compétitif, notamment avec l'arrivée il y a trois semaines du gardien suédois Kristofer Martin, et que la lutte pour la qualification en play-offs et contre la relégation devient plus intense. Le succès de samedi a donc fait du bien à Val Pusteria qui a de nouveau repassé les Piémontais pour un point et est revenu sur le huitième Alleghe, qui vient pour sa part de perdre son gardien. L'excellent Juuso Riksman, qui était arrivé tout droit de MoDo où il avait été écarté pour faire place à Salo, a en effet reçu une offre intéressante dans son pays natal, la Finlande, et a donc lâché son nouveau club, qui est à son tour à la recherche d'un remplaçant.

24/11 L'esprit de la coupe trône sur le Mont-Blanc

On l'invoque en mille prières, mais il ne répond pas systématiquement, et c'est ce qui fait son charme. L'esprit de la coupe est toujours quelque part, mais pas toujours là où on l'attend. Et si le derby normand entre Caen et Rouen a été intéressant (3-6), l'éventuel outsider Lyon n'a à aucun moment pu inquiéter une équipe de Villard-de-Lans même diminuée (0-6). Avec deux divisions d'écart, Reims n'a pas fait le poids contre Épinal (3-13), mais par contre Nice a mené la vie dure à Desrosiers, Rycroft & co, et Briançon ne s'y est imposé que d'un but (4-5). Chamonix a bien failli créer la surprise à Pôle sud en tenant vaillamment tête à Grenoble (4-3), mais c'est finalement le Mont-Blanc - encore lui - qui est responsable de la seule élimination du jour d'un club de Ligue Magnus. Dans une revanche de la division 1 de l'année passée, c'est aux tirs au but que Morzine a cédé sur la glace de Saint-Gervais (4-3).

Il y a eu d'autres surprises, malheureuses celle-là pour Asnières et Cergy, deux clubs de D1 qui ont été tous deux éliminés à domicile par un club hiérarchiquement inférieur, en l'occurrence la réserve d'Amiens et la quasi-réserve de Rouen (Le Havre), pensionnaires de D2. Ce double échec laisse donc Viry, vainqueur 8-2 chez le seul club de D3 restant Béthune, comme seul représentant francilien.

Quant aux deux chocs entre clubs de Ligue Magnus, ils n'ont pas forcément été des plus savoureux. Le match Angers-Tours a été assez peu intense, les Diables noirs faisant respecter leur statut de leader du championnat sans convaincre le Haras plus que lors de leur précédent passage. Un peu plus intéressant a été Dijon-Mulhouse, où Steve Montador, chronologiquement le premier joueur de NHL arrivé en France après le lock-out, s'est lâché en inscrivant deux buts et une assistance. Menés 0-3, les Bourguignons se sont bien révoltés en fin de match, mais ils ont été trop courts (2-3).

27/11 Ligue Magnus : regroupement général

Tours étant exempt, le regroupement attendu a bien eu lieu en tête de la Ligue Magnus. Grenoble, vainqueur 6-2 d'Anglet, et Rouen, où Salminen et Doucet se sont tirés la bourre avec trois buts chacun dans la victoire 6-2 à Clermont, ont rejoint les Diables noirs au nombre de points. La comparaison entre les trois équipes aux confrontations directes est favorable aux Dragons, qui avaient gagné de deux buts en Isère et perdu d'un but à Tours. Avec Dunkerque et Gap comme deux prochains adversaires, on peut penser que les Rouennais vont conserver cette première place pendant les deux prochaines semaines, jusqu'au prochain grand choc de Ligue Magnus, Rouen-Grenoble. Rappelons que les Mulhousiens (qui ont gagné 7-3 à Dunkerque), avec leurs deux matches en moins, n'ont qu'un point de retard sur le trio de tête.

La journée était encore plus décisive pour la qualification en play-offs, où l'écart pouvait se creuser irrémédiablement. C'est finalement le contraire qui s'est produit. C'était ce soir ou jamais pour Épinal, et les Vosgiens ont préféré que ce soit ce soir, avec une victoire 4-1 contre Dijon et une réhabilitation pour le très critiqué Daniel Goneau (un but et deux assistances). Morzine remonte aussi en battant Amiens sur le score inverse du match aller (4-2), faisant donc en sorte que les Gothiques soient toujours concernés par la course à la qualification, alors que Briançon (vainqueur 5-0 à Gap) se met de plus en plus à l'abri. Et même Villard-de-Lans est revenu dans la course en allant remporter une victoire-surprise à Angers sur un but en prolongation du défenseur Christophe Lepers.

27/11 Division 1 : Courbevoie et Lyon s'en rapprochent

L'Ile-de-France fera cette saison ce qu'elle n'avait réussi l'an passé, qualifier deux de ses équipes pour la poule finale de division 1. Neuilly-sur-Marne a assuré sa qualification en battant Caen 7-5 et en prenant du même coup une option sur la deuxième place du groupe nord, et Courbevoie a fait l'essentiel en écrasant Amnéville 8-2. Reste pour le COC à se rendre à Garges la semaine prochaine, où une victoire serait sans doute synonyme de qualif.

Dans le sud, par contre, l'équipe francilienne exilée Cergy n'a pas confirmé sa bonne forme récente et a connu une douche froide à domicile contre Valence (2-6). Du coup, Lyon fait la très bonne affaire du jour en se défaisant de son concurrent direct Limoges (5-3). La situation est cependant bien moins définitive qu'au nord, puisque tout le monde peut encore espérer se qualifier après les perfs de Valence mais aussi d'Avignon, qui a ramené un étonnant 0-0 de Saint-Gervais et qui reçoit les Lyonnais la semaine prochaine. Montpellier jouera au même moment un match important à Limoges car les Vipers ne sont pas encore à l'abri après leur défaite à domicile contre Chamonix, parfaite vengeance du match aller (1-3). Les Chamoniards viennent pourtant de perdre leur attaquant Johan Larsson, rentré en Suède pour suivre la santé de sa femme enceinte, et ils se sont déplacés sans leurs cadres expérimentés Pouget et Margerit. Cela n'a pas empêche le très jeune effectif aligné de s'imposer grâce à deux buts de Damien Raux, l'ancien junior de Rouen.

29/11 Suède : HV 71, où s'arrêtera la chute ?

Depuis le jour où il est devenu leader de l'Elitserien, c'est comme si Timrå était brutalement redescendu de son nuage, à la manière d'un personnage de Tex Avery qui aurait marché dans les airs avant de tout d'un coup regarder en bas. La pression de la première place était peut-être trop forte pour cette équipe qui n'aura finalement savouré que deux jours la pole position. Le match au sommet contre Frölunda (2-5), qui a alors repris son bien, a fait figure de cassure. Après une série de quatorze victoires en quinze rencontres, Timrå reste maintenant sur quatre défaites d'affilée et n'est plus que troisième, loin derrière Frölunda plus souverain que jamais. Le seul bémol du début de saison de l'équipe de Göteborg était la relative discrétion de Magnus Kahnberg, le meilleur joueur d'Elitserien la saison dernière, qui n'avait marqué que deux buts. Cette éclipse est désormais finie, car Kahnberg, pour son retour samedi sur la glace de Jönköping après une absence de trois rencontres pour une blessure à l'aine, a été décisif avec un doublé qui a assommé HV 71.

Cette crise passagère de Timrå n'est rien à côté du calvaire que vit justement le champion en titre, le HV 71 de Jönköping. La trêve internationale était censée le faire enfin décoller grâce au renfort de trois joueurs de NHL, les défenseurs Brian McCabe et Anders Eriksson ainsi que le gardien Brian Boucher, qui n'a pas fait mieux que le titulaire Stefan Liv. La situation a au contraire empiré puisque HV 71 a aligné cinq défaites depuis l'arrivée de ces recrues à la trêve, qui n'a fait qu'accentuer les problèmes déjà présents. Oui, l'effectif est de qualité, et il l'a toujours été, les dirigeants n'auraient peut-être pas dû se dédire de la confiance qu'ils avaient initialement témoigné en leurs joueurs en ne voulant pas user du lock-out. Le problème est sans doute ailleurs, dans la tête. C'est grave, docteur ? C'est préoccupant, en tout cas. Si auparavant HV 71 était simplement à la peine en milieu de tableau, maintenant il est carrément en position de jouer les barrages de maintien en fin de saison. Il est avant-dernier, et voit même revenir sur lui la lanterne rouge Malmö, qui se sent pousser des ailes depuis l'arrivée du gardien finlandais Pasi Nurminen, qui vient d'aligner deux blanchissages consécutifs.

30/11 On ne change pas une équipe (de France) qui gagne)

Il ne fallait pas s'attendre à une révolution après la mission brillamment accomplie du tournoi de préqualification olympique de Briançon, et effectivement, Dave Henderson a reconduit sa sélection, si ce n'est que Huet n'est pas disponible et que Brice Chauvel (alors blessé) prend la place de Pierre-Édouard Bellemare. C'est en Pologne, pour la deuxième et dernière manche de l'Euro Challenge cette saison, que les Français aborderont la dernière ligne droite avant la qualification olympique en Autriche, où le défi sera très ardu. D'autant plus ardu que Christoph Brandner, qui avait commencé la saison en AHL, vient de revenir à Klagenfurt dans le championnat autrichien, et que ça fait un grand joueur de plus dans une équipe qui sera très difficile à battre.

Gardiens : Christophe Burnet (Chamonix), Fabrice Lhenry (Mulhouse).

Défenseurs : Baptiste Amar (Grenoble), Simon Bachelet (Grenoble), Vincent Bachet (Amiens), Nicolas Besch (Rouen), Jean-François Bonnard (Grenoble), Nicolas Favarin (Grenoble), Guillaume Karrer (Amiens), Nicolas Pousset (Briançon).

Attaquants : Nicolas Antonoff (Grenoble), Guillaume Besse (Rouen), Brice Chauvel (Amiens), Olivier Coqueux (Mulhouse), Xavier Daramy (Anglet), David Dostal (Anglet), Laurent Gras (Amiens), Kévin Hecquefeuille (Grenoble), Laurent Meunier (Grenoble), François Rozenthal (Amiens), Maurice Rozenthal (Mulhouse), Jonathan Zwikel (Amiens).

Remplaçants : Julien Figved (G, Angers), Antoine Mindjimba (G, Amiens), Allan Carriou (D, Mulhouse), Sébastien Dermigny (D, La Chaux-de-Fonds, SUI), Lilian Prunet (D, Mulhouse), Thibault Geffroy (A, HPK Hämeenlinna juniors, FIN), Alexandre Lefebvre (A, Rouen), Tristan Lemoine (A, Rouen), Anthony Mortas (A, Amiens).

30/11 Suisse : rupture entre Jim Koleff et Langnau

Pendant la trêve internationale, Jim Koleff, dont l'existence est depuis des années empoisonnée par un cancer qui ne cesse de récidiver, a subi une opération préventive qui a révélé, malgré des communiqués rassurants, qu'il n'en avait pas encore fini dans son combat contre la maladie. Il devra finalement subir une nouvelle chimiothérapie jusqu'en janvier, et devait donc céder d'ici là son poste d'entraîneur de Langnau à son assistant Dave Chambers.

Mais Koleff a ensuite ajouté qu'il quitterait de toute façon le SCL à la fin de la saison, précisant qu'il faisait d'ores et déjà cette annonce pour laisser à ses dirigeants le temps de se retourner. Ceux-ci ne l'ont pas entendu de cette oreille, et ont rétorqué que cette déclaration subite de départ dans les médias équivalait à une rupture de contrat. Il y avait visiblement de l'eau dans le gaz, et hier, la rupture entre Koleff et les SCL Tigers a été officialisée. C'est donc Chambers qui s'occupera de l'équipe jusqu'à nouvel ordre, reste à savoir si le fidèle adjoint se satisfera de cette place obtenue au détriment de son mentor. Cet emballage médiatique soldé par le départ de Koleff laisse en tout cas beaucoup de questions en suspens à Langnau, car c'est lui qui avait construit l'équipe. Et la marge sportive est faible aujourd'hui car la qualification plus qu'espérée en play-offs semble une nouvelle fois plutôt compromise.

 

 

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