Reims - Bordeaux (16 décembre 1989)

 

Match comptant pour la vingt-deuxième journée du championnat de France 1990.

Après deux matches de l'équipe de France contre l'Italie, le championnat redémarre ce soir. En trombe. Avec des affiches qui mettent directement aux prises quelques favoris du championnat, Grenoble-Rouen et Amiens-Tours. Les Français Volants peuvent en profiter, Bordeaux aussi... en cas de victoire à Reims. Ce ne sera pas facile, loin s'en faut, car l'équipe la plus jeune du championnat a prouvé sa bonne qualité de jeu en battant Rouen et Amiens avant la trêve. Privé de Goicoechea (retenu avec l'équipe de France "olympique"), Dubé et Giguère, l'entraîneur bordelais André Saint-Laurent a décidé le défenseur Kaze Jurek en attaque. Il jouera au centre avec les deux autres Polonais naturalisés aux noms francisés, Svitac et Causlovsqui.

Les Girondins possèdent une qualité qui fait défaut aux Champenois : l'expérience. Ils ont très bien négocié leur partie en s'imposant tout de suite pour mener 5-0 après la première période. La raison du plus fort, grâce à un jeu très physique. André Saint-Laurent s'est longtemps baladé (façon de parler) dans les matchs musclés de la NHL, la ligue professionnelle nord-américaine. En vieux routier, il sait qu'en hockey sur glace, tout va très vite. Il n'y a que peu de place pour la philosophie.

En revanche, la tactique est souvent décisive. Face à des Rémois qui ont hésité à "forcer" le jeu, Bordeaux est resté fidèle à un style bien établi : un échec-avant avec deux joueurs, c'est-à-dire que les Girondins ont pressé leurs adversaires. Ce système, généreux, implique une participation active des arrières. Il n'est donc pas étonnant de constater que quatre des sept buts sont signés par des défenseurs (Poudrier, Lahiton, Decock et Baumann). La multiplicité des buteurs depuis le début de la saison est une preuve supplémentaire de l'homogénéité des Bordelais. Dans une rencontre qu'il était important de maîtriser, les coéquipiers de Guy Dupuis, "l'âme de l'équipe", ont également retrouvé la discipline collective.

Compte-rendu signé Laurent Bellet

 

Commentaire d'après-match (dans Sud Ouest)

André Saint-Laurent (entraîneur de Bordeaux) : "J'avais demandé à mes joueurs de pratiquer un jeu physique. Reims possède une équipe de qualité, mais composée de jeunes joueurs. Il nous fallait maîtriser la situation dès le début. Taper sur la table pour prouver que nous étions les patrons sur la glace. Le troisième homme a bien assuré son repli défensif. Dans ses conditions, la tâche des défenseurs et du gardien est simplifiée."

 

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