Grenoble - Amiens (13 avril 1991)
Quart de finale du championnat de France, match 1.
Que reste-t-il de l'élan grenoblois après 5 semaines de coupure ?
Le Comité National de Hockey sur Glace a décidé cette année d'une formule inédite : démarrer les play-offs dès les quarts de finale, et donc les décaler après les championnats du monde, de mi-avril à mi-mai. Jamais une saison ne se sera achevée aussi tard en France. Le dénouement intervient après cinq semaines complètes d'arrêt. On avait laissé Grenoble sur une série de 7 victoires en fin de saison régulière : cet élan sera-t-il brisé par la longue pause ? Celui du public l'est peut-être... La patinoire Clémenceau est à moitié vide, les supporters n'ayant guère apprécié les hausses de prix décidées par les dirigeants du club pour ces play-offs.
L'équipe grenobloise ayant été bâtie autour de la moitié de l'équipe de France ou presque, on peut se dire que les internationaux sont revenus avec une confiance toujours élevée. Les Bleus viennent de monter dans l'élite pour la première fois de leur histoire lors du Mondial B de Ljubljana. Mais pour les Brûleurs de Loups, cette réussite a été payée très cher : le gardien Jean-Marc Djian (adducteurs) et le centre Christophe Ville (genou) se sont blessés. C'est donc une équipe grenobloise affaiblie qui se présente face à Amiens, où ne manque à l'appel que Benoît Nicoud (c'est Sacha Kalisa qui prend place en défense aux côtés de Zubkov).
Les doutes sont levés dès la première présence. Jean-Philippe Lemoine relance de sa zone vers Philippe Bozon qui remonte le palet, fait le tour du but et sert idéalement Karel Svoboda avec la cage grande ouverte. Amiens revient dans le match en se montrant meilleur en supériorité numérique : Grenoble est inefficace dans cet exercice, alors que Henderson vient s'infiltrer dans une défense passive et fusiller l'habituel gardien remplaçant Yaël Cravero à bout portant pendant que Lemoine est en prison. Pendant la pénalité suivante contre Dusseau, ce sont carrément les Gothiques qui se montrent les plus dangereux en infériorité numérique avec des contre-attaques de Nachtigal, Galarneau et Zubkov. Les visiteurs patinent mieux que leurs adversaires et arrivent dont à rivaliser avec un adversaire supposé techniquement meilleur.
La première ligne grenobloise passe toutefois la vitesse supérieure au retour sur la glace. Plus vite encore qu'en première période, elle marque en 19 secondes, par un lancer en pivot de Christian Pouget. Surtout, elle parvient cette fois à remettre ça et à enfoncer le clou, sur un tir en entrée de zone de Karel Svoboda que Patrick Foliot freine sans l'arrêter. Le gardien saint-pierrais est ensuite sauvé par son poteau sur un tir de Christian Bozon, mais il encaisse un nouveau but de Svoboda sur la présence suivante.
L'écart est fait et le troisième tiers-temps est une formalité. Christian Pouget imite Svoboda en signant à son tour un hat-trick, réussi dans toutes les situations de jeu : il dévie en effet un tir de Bozon en supériorité numérique avant d'être lancé par son compère pour clore le score en infériorité numérique (alors que Lemoine cire encore le banc des pénalités). Entre-temps, Stéphane Arcangeloni a inscrit le seul but qui ne soit pas à mettre à l'actif du premier trio grenoblois, qui a survolé son sujet ce soir.
Grenoble est pleinement rassuré et a même pu faire tourner tout son banc en fin de match, mais la qualification n'est pas encore acquise. En prévoyant que l'équipe la moins bien classée puisse recevoir au match 2 et au match 3, la formule décidée par le CNHG diminue l'avantage des favoris. Leur victoire à domicile dans ce match 1 était donc impérative.
Palets de match de l'USJF (attribués par Jean-Loup Dalaison du Dauphiné Libéré) : *** Karel Svoboda (Grenoble), ** Christian Pouget (Grenoble), * Philippe Bozon (Grenoble).

Grenoble 1990/91
Au dernier rang, de gauche à droite, Éric Lebey, Stéphane Barin, Christian Bozon, Yves Crettenand, Stéphane Arcangeloni, Jean-Luc Chapuis, Alan Chauvin, Nicolas Carry, André Ansalem (responsable matériel)
Au rang médian, Stephen Harrison, Karel Svoboda, Bernard Séguy, Fabrice Texier, Bohuslav Ebermann (entraîneur), Gérald Guennelon, Maxence Fontanel, Jérôme Boudon, Christophe Ville
Assis, Yaël Cravero, Philippe Bozon, Jean-Pierre Gravier (président d'honneur), Christian Pouget, Jean Leblond (président), Jean-Philippe Lemoine, Jean-Marc Djian
Commentaires d'après-match (dans le Courrier Picard) :
Louis Côté (défenseur d'Amiens) : "Ce match résume parfaitement notre saison. Nous n'arrivons pas à conclure nos actions offensives. Grenoble sans Ville a tout de même fait un gros match et a saisi toutes les occasions qui se présentaient. Quant à nous, il est évident que nous devons maintenant obligatoire:ment l'emporter et qui plus est gagner un match à Grenoble. Ce qui croyez-moi ne sera pas une mince affaire. Le gros avantage de Grenoble a résidé dans le fait que les nombreux internationaux avaient encore le rythme des championnats du monde. Pour notre part, nous n'étions que trois dans cette situation. Je pense qu'il faudra au moins un match avant que toute l'équipe soit de nouveau dans le bain. Souhaitons que ce soit à l'occasion du match de mardi car autrement il sera trop tard ! [...] Reste que notre équipe n'a pas une grosse offensive cette année et il est évident que nous devons super bien jouer défensivement pour avoir une chance de nous en sortir."
CSG Grenoble - HC Amiens Somme 7-1 (1-1, 3-0, 3-0)
Samedi 13 avril 1991 à 20h30 à la patinoire Clémenceau. 1300 spectateurs.
Arbitres : M. Macron assisté de MM. Boite et Antunes.
Pénalités : Grenoble 6' ; Amiens 8'.
Évolution du score :
1-0 à 00'28" : Svoboda assisté de P. Bozon et Lemoine
1-1 à 07'14" : Henderson assisté de Nachtigal (sup. num.)
2-1 à 20'19" : Pouget assisté de P. Bozon et Svoboda
3-1 à 23'15" : Svoboda assisté de Pouget
4-1 à 31'37" : Svoboda assisté de Séguy
5-1 à 46'27" : Pouget assisté de P. Bozon et Harrison (sup. num.)
6-1 à 47'48" : Arcangeloni assisté de Crettenand
7-1 à 50'55" : Pouget assisté de P. Bozon (inf. num.)