France - Italie (24 février 1994)

 

Match pour la neuvième place des Jeux olympiques 1994.

La France, 8e chez elle aux derniers JO à Albertville, et l'Italie, 8e chez elle aux derniers championnats du monde à Milan et Canazei, ont toutes deux raté les quarts de finale et n'ont pu confirmer leur position sans avoir l'avantage de jouer à domicile. L'enjeu de ce match pour les deux équipes est de ne perdre qu'une place dans la hiérarchie mondiale, un petit recul logique avec l'arrivée de la Slovaquie indépendante.

Les Bleus, surtout, ont un mauvais souvenir à effacer. Ils ont en travers de la gorge cette défaite fatale contre l'Italie au premier tour qui les avait éliminés, une défaite trop lourde (7-3) dans une soirée qui avait déraillé à partir du 2-1 encaissé par Petri Ylönen, sur un tir lointain et anodin de Phil de Gaetano. Un match qui les avait privés de l'exposition de la télévision française pour la suite de leur tournoi.

Cette seconde confrontation est idéalement lancée pour la France par un but de Franck Saunier dès la première minute. Ville, Barin, Arcangeloni, Perez puis Laporte se procurent tour à tour des occasions, puis l'élan bleu s'éteint. Martin Pavlu égalise pour l'Italie et les Français se retrouvent à défendre. Ils s'en sortent grâce aux efforts de la paire Moyon-Woodburn.

La partie, très équilibrée, n'emballe le public que par moments. C'est le cas en fin de deuxième période, quand la France tue une pénalité de Pierre Pousse puis bénéficie à son tour d'un avantage numérique pour une rudesse de Zarrillo. Un slap de Serge Poudrier percute le poteau et résonne dans la patinoire : la confusion profite alors à Stéphane Arcangeloni. La France mène 2-1 et tient enfin sa revanche sur cet adversaire qui a brisé son rêve. Elle tient, mais elle subit de plus en plus. Denis Perez puis Franck Pajonkowski sont pénalisés pour retenir. Patatras ! Tout s'écroule à cinq minutes de la fin avec deux buts italiens à trente-six secondes d'intervalle - de Figliuzzi pendant la prison de "Pajon" puis de Zarrillo sur un palet "donné" par Poudrier à Orlando - qui renversent le score.

La France finit donc dixième et frustrée. Des nuages de plus en plus gris planent sur la relation avec son sélectionneur suédois Kjell Larsson, dont le contrat s'achève en fin de saison après le championnat du monde.

Commentaires d'après-match (dans L'Équipe)

Kjell Larsson (entraîneur de la France) : "Je suis vraiment très étonné que l'on parle de déception. N'oubliez pas que la France avait [en 1992] l'énorme avantage de jouer devant son public. Et puis, son groupe était beaucoup plus facile qu'à Lillehammer. Je suis globalement satisfait, car mon équipe joue avec beaucoup plus de stabilité. Elle ne perd plus par huit buts d'écart comme ce fut le cas contre les Russes à Albertville. Qu'on ne me reproche pas mon système trop défensif, car il comporte aussi une relance avec des contre-attaques. En hockey, presque tous les buts sont marqués sur des breaks. Je regrette aussi que Petri Ylönen ait été au top uniquement sur les deux derniers matches. S'il avait fait la mÍme chose contre les États-Unis, je suis persuadé que nous aurions gagné. Quant aux jeunes, ils ont beaucoup à apprendre dans la zone défensive. Ce qui est malgré tout formidable, c'est que la France arrive à faire presque jeu égal avec l'Italie. Pourtant, dans ce pays, les clubs disputent trois matches par semaine ! Ne l'écrivez pas, mais je pense que l'entraîneur doit y Ítre un peu pour quelque chose."

 

France - Italie 2-3 (1-1, 1-0, 0-2)
Jeudi 24 février 1994 à 15h00 à la Fjellhallen de Gjøvik. 3770 spectateurs.
Arbitrage de Peter Slapke (ALL) assisté d'Erik Larssen et John Svarstad (NOR).
Pénalités : France 10' (2', 4', 4'), Italie 8' (2', 6', 0').
Tirs cadrés : France 30 (12, 13, 5), Italie 31 (13, 7, 11).
Tirs totaux : France 46 (17, 19, 10), Italie 42 (15, 10, 17).
Engagements : France 24 (8, 8, 8), Italie 29 (10, 7, 12).

Évolution du score :
1-0 à 00'33" : Saunier assisté de Pajonkowski et Briand
1-1 à 11'06" : Pavlu assisté de Figliuzzi et Camazzola
2-1 à 38'25" : Arcangeloni assisté de Ville (sup. num.)
2-2 à 54'34" : Figliuzzi (sup. num.)
2-3 à 55'10" : Zarrillo assisté d'Orlando
 

France

Attaquants :
4 Franck Saunier (-1) - 32 Franck Pajonkowski (-1, 2') - 8 Arnaud Briand (-1)
26 Stéphane Arcangeloni - 21 Christophe Ville (A) - 7 Stéphane Barin
14 Benoît Laporte (+1) - 17 Pierrick Maia (+1) - 25 Antoine Richer (C, +1)
12 Sylvain Girard (-1) - 10 Pierre Pousse (-1, 4') - 15 Benjamin Agnel (-1)

Défenseurs :
19 Stéphane Botteri (2') - 3 Christophe Moyon (+1)
27 Serge Poudrier - 24 Denis Perez (A, -1, 2')
5 Steven Woodburn (-1) - 23 Gérald Guennelon (-1)

Gardien :
29 Petri Ylönen

Remplaçants : 1 Michel Vallière (G), 22 Bruno Saunier. En réserve : 30 Fabrice Lhenry (G), 18 Éric Lemarque (adducteurs).

Italie

Attaquants :
16 Bruno Zarrillo (2') - 17 Gaetano Orlando (A) - 27 Lucio Topatigh (A, -1)
91 Stefano Figliuzzi (+1) - 12 Maurizio Mansi (+1) - 28 Martin Pavlu (+2)
11 Roland Ramoser (2') - 32 Vezio Sacratini (2') - 10 Lino De Toni
18 Alexander Gschliesser - [Sacratini] - 19 Patrick Brugnoli

Défenseurs :
6 Jimmy Camazzola (+1, 2') - 25 Anthony Circelli (+1)
37 Michael De Angelis - 3 Phil De Gaetano
4 Robert Oberrauch (C) - 7 William Stewart
41 Luigi Da Corte

Gardien :
Bruno Campese

Remplaçant : 33 David Delfino (G), 5 Leo Insam (D). En réserve : 34 Michael Rosati (G), 9 Emilio Iovio.

 

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