République Tchèque - Allemagne (26 avril 1997)

 

Championnats du monde 1997, premier tour, poule A.

Les deux adversaires ont des raisons de douter au moment de rentrer dans ce championnat du monde. Neuf mois après le titre de Vienne, le sélectionneur national tchèque Ludek Bukac a été viré en février à cause d'un bilan désastreux sur la nouvelle saison (15 défaites en 18 matches) qui lui a valu de sévères critiques. C'est un duo composé d'Ivan Hlinka et Slavomir Lener qui a repris la main, mais il a eu peu de temps pour remettre les choses en ordre. Tenant compte des fâcheries intervenues entre Bukac et certaines stars de NHL, ils ont majoritairement constitué leur équipe à partir des joueurs qui évoluent au pays. On retrouve à la fois du sang neuf et douze champions du monde de l'an passé.

Dans le camp d'en face, George Kingston, qui avait justement succédé à Bukac à la tête de l'équipe d'Allemagne, a lui aussi droit à un traitement rude de la part de la presse, après des défaites en amical contre la Lettonie (par deux fois) et l'Italie. L'ex-international Udo Kießling, recordman des sélections, a encore enfoncé le clou récemment en déclarant : "Ses affirmations, comme quoi le hockey allemand lui tient à cœur comme aucun autre, sont un fieffé mensonge. Kingston n'a qu'une chose en vue, c'est de sauver sa tête ! Au lieu de former les joueurs allemands qui sont de moins en moins nombreux en DEL, il préfère récupérer dans son pays des professionnels nord-américains avec un passeport allemand. C'est comme cela que l'on détruit encore plus le hockey allemand."

Kingston, qui ne s'exprime qu'en anglais, a quand même appris deux mots dans la langue de Goethe, qu'il ressasse à loisir pour décrire l'état d'esprit que doit avoir son équipe : "Gemeinsam" et "Zusammenarbeit" ("ensemble" et "travail collectif"). On pouvait attendre plus original de la part de quelqu'un qui possède un doctorat en philosophie de l'Université de l'Alberta, mais ça a déjà fonctionné contre l'équipe tchèque à la coupe du monde, et l'on souhaite répéter le même scénario.

C'est d'ailleurs pour ça que Peppi Heiss, le héros d'alors, a été de nouveau titularisé ce soir. Et pendant quarante minutes, le miracle se produit. Le gardien de Cologne garde ses cages inviolées, et sur une supériorité numérique, Mirko Lüdemann met l'Allemagne sur la route d'un exploit qui pourrait conditionner la suite de la compétition.

Mais les Tchèques connaissent tout autant l'importance de ce premier match, où ils n'ont pas le droit à l'erreur. Martin Prochazka égalise, et à quatre minutes de la fin, Roman Simicek leur enlève une sacrée épine du pied. Ils ont souffert pour venir à bout d'une équipe allemande très disciplinée tactiquement et exemplaire de combativité.

Ce match d'ouverture a aussi permis de contempler la Hartwall Arena, la première salle européenne qui reprenne vraiment les standards en vigueur en Amérique du nord, dans sa conception autant que dans son organisation. On pourrait s'y méprendre tant rien ne la distingue de ses cousines d'outre-Atlantique... s'il n'y avait pas un détail qui fait la différence et qui constitue une preuve irréfutable que l'on est bien en Finlande. Pour le trouver, il faut chercher au Silver Star Café, et c'est de là que l'on peut suivre le match depuis... deux saunas.

Désignés joueurs du match : Vladimir Vujtek pour la République tchèque et Josef Heiss pour l'Allemagne.

Commentaire d'après-match

George Kingston (entraîneur de l'Allemagne) : "L'an dernier non plus, on ne nous faisait pas confiance. Nous avons pourtant réussi une sensation en battant le Canada 5-1 et nous nous sommes qualifiés pour les quarts de finale. Nous voulons rester dans les huit meilleurs du monde, et à long terme, en dépit de toutes les difficultés, nous voulons attaquer le top-6. Mais je sais bien qu'ici, ce sera très compliqué."

 

République Tchèque - Allemagne 2-1 (0-0, 0-1, 2-0)

Samedi 26 avril 1997 à 16h00 à la Hartwall Arena de Helsinki. 12862 spectateurs.

Arbitrage de Thomas Andersson (SUE) assisté de Darren Gibbs (CAN) et Tim Kotyra (USA).

Pénalités : République Tchèque 8', Allemagne 10'.

Évolution du score :
0-1 à 31'03" : Lüdemann assisté de Stefan et Draisaitl (sup. num.)
1-1 à 45'33" : M. Procházka assisté de Vujtek et Patera
2-1 à 56'07" : Šimícek assisté de Vujtek

 

République Tchèque

Attaquants :
Richard Zemlicka - Jirí Dopita - Ondrej Kratena
Rostislav Vlach - Robert Reichel - Robert Lang
Martin Procházka - Pavel Patera - Vladimir Vujtek
David Moravec - Román Šimícek - Viktor Ujcík
David Výborný

Défenseurs :
Jirí Veber - Jirí Vykoukal
Ladislav Benýšek - Jirí Šlégr
Frantíšek Kaberle - Libor Procházka

Gardien :
Román Cechmánek

Remplaçants : Milan Hnilicka (G), Vlastimil Kroupa.

Allemagne

Attaquants :
Jan Benda - Mark MacKay - Jochen Hecht
Dieter Hegen - Jürgen Rumrich - Marco Sturm
Reemt Pyka - Martin Reichel - Alexander Serikow
Andreas Lupzig - Peter Draisaitl - Leo Stefan

Défenseurs :
Jochen Molling - Brad Bergen
Daniel Nowak - Daniel Kunce
Markus Wieland - Erich Goldmann
Mirko Lüdemann - Torsten Kienass

Gardien :
Josef Heiss

Remplaçant : Olaf Kölzig (G).

 

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