Canada - États-Unis (1er mai 1997)

 

Championnats du monde 1997, premier tour, poule A.

L'équipe américaine a enchaîné trois victoires sans convaincre, mais passe aujourd'hui son premier vrai test face à une équipe canadienne dos au mur après deux mauvais résultats. C'est toujours dans ces situations, quand la victoire devient impérative, que le Canada répond présent. Et le fait de rencontrer le voisin du sud, avec qui la rivalité est exacerbée depuis la victoire américaine à la coupe du monde, ne fait que renforcer cette volonté de rachat. Mais le nouvel entraîneur américain Jeff Jackson a un autre genre de revanche à prendre : il a été battu avec ses juniors en finale des derniers Mondiaux juniors à Genève.

Le début de rencontre est idéal pour les Canadiens avec un but de Rob Zamuner dès la deuxième minute. Une crosse haute de leur capitaine Evason, qui vaut 2'+2', les oblige alors à se replier en défense, et ils continuent le même travail une fois revenus à égalité numérique. Ils œuvrent collectivement en zone neutre, avec la ligne de Primeau en tête de file, pour neutraliser les Américains, qu'ils ne laissent pas respirer. On sent le Canada revigoré par le fait d'être confronté à un style nord-américain, à ce hockey vertical qu'il connaît bien et dans lequel il se sent comme un poisson dans l'eau.

Au deuxième tiers-temps, ce sont les unités spéciales qui font la différence. Zamuner part deux fois en prison, mais Don Sweeney et ses coéquipiers font du bon travail en infériorité numérique. À l'inverse, quand Ranheim part en prison pour une obstruction, Jeff Friesen prouve que le jeu de puissance canadien est efficace.

La dernière période permet aux Canadiens de creuser l'écart. Après un but d'Anson Carter, le "premier noir en équipe canadienne", Ken Klee finit certes par tromper Burke pour sauver l'honneur. Mais le score devient lourd dans les dernières minutes. À sa sortie de prison, Owen Nolan ajuste Chris Terreri entre les jambières. Puis, sur une passe de Friesen déviée sur la crosse de Recchi, le centre aux cheveux mi-longs Travis Green est en position idéale et n'a plus qu'à envoyer le palet au fond de toutes ses forces.

Dans ce match physique et animé, l'intensité de jeu est montée régulièrement, mais c'est le Canada qui jouait le plus vite, et les Américains ont eu du mal à suivre ce rythme.

Désignés joueurs du match : Sean Burke pour le Canada et Chris Terreri pour les États-Unis.

Commentaires d'après-match

Andy Murray (entraîneur du Canada) : "Pour mon discours d'avant-match, j'ai placé un palet devant chaque joueur, et je leur ai demandé de ramasser ce palet avec un doigt sans qu'il ne touche aucune autre partie de la main. C'est évidemment impossible. Mais si vous utilisez vos cinq doigts, vous pouvez ramasser le palet facilement. Cela illustre que vous ne pouvez pas le faire par vous-même, mais que vous pouvez y arriver collectivement."

Keith Primeau (attaquant du Canada) : "L'intensité est élevée ici, autant qu'à la coupe du monde, parce que pour beaucoup de joueurs, c'est leur Coupe Stanley. Certains de nos gars sont surpris de ce niveau, et l'intensité ne va faire que croître quand la compétition avancera. On ne peut pas se permettre d'avoir trop de mauvais matches. Nous ne pouvons plus en avoir. L'année a été si longue [il a été échangé à Hartford par les Detroit Red Wings] que revenir à la maison avec une médaille d'or serait quelque chose de spécial."

Jeff Jackson (entraîneur des États-Unis) : "La profondeur de l'effectif a fait la différence. Les Canadiens étaient capables de jouer de façon consistante pendant soixante minutes, et pas nous."

 

Canada - États-Unis 5-1 (1-0, 1-0, 3-1)

Jeudi 1er mai 1997 à 18h30 à l'Élysée Arena de Turku. 11565 spectateurs.

Arbitrage de Gerhard Müller (ALL) assisté d'Aleksandr Poliakov (RUS) et Rudolf Lauff (SVK).

Pénalités : Canada 16' (4', 4', 8'), États-Unis 14' (2', 6', 6').

Tirs : Canada 34 (5, 17, 10), États-Unis 31 (2, 10, 19).

Évolution du score :
1-0 à 01'22" : Zamuner assisté d'Iginla et Primeau
2-0 à 38'48" : Friesen assisté de Recchi (sup. num.)
3-0 à 48'09" : Carter
3-1 à 50'22" : Klee assisté de Weinrich et McInnis
4-1 à 55'39" : Nolan assisté de Sweeney
5-1 à 58'45" : Green assisté de Recchi et Friesen (sup. num.)

 

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