Italie - Lettonie (8 mai 1998)
Championnats du monde 1998, poule de maintien.
Premier cas de dopage au Mondial depuis huit ans
Une heure et demie avant le match, la presse apprend que l'analyse d'urine de Mike de Angelis après le match Canada-Italie a été positive à l'éphédrine, y compris l'échantillon B vite analysé au laboratoire de Lausanne. Le défenseur a été aussitôt suspendu par l'IIHF, y compris pour le prochain champion du monde. Le Dr. Valeriano Vianini, vice-président de la Fédération italienne de hockey et également pharmacien, a déclaré que le joueur s'estimait innocent et ferait probablement appel. De Angelis a précisé au médecin-chef du Mondial, Dieter Montag, qu'il avait absorbé une "préparation contenant plusieurs vitamines, du ginseng et du Metabolizer 2000", et il a aussi avoué devant la commission avoir ingurgité des pilules données... par un coéquipier.
On devine donc les Italiens très perturbés, et pourtant ils sont de suite dans leur match. Après 30 secondes seulmeent, Bruno Zarrillo dribble Vītoliņš puis voit que les deux défenseurs lettons lui font face et décale sur l'aile gauche Gaetano Orlando puisque le couloir a été laissé libre par Čudinovs, mais le centre italien tire dans la botte droite du gardien et percute violemment la cage. Un fait qui aura son importance : la star italienne écourtera sa présence suivante et ne reviendra plus sur la glace (remplacé un temps par Chelodi puis par Margoni). Après quatre minutes, Armando Chelodi surgit pour prendre un palet laissé par Insam, contourne le défenseur Skrastiņš puis évite le poke-check d'Arturs Irbe... mais pas sa mitaine étendue au sol qui bloque in extremis la feinte de l'attaquant de Bolzano, tout proche de l'accès à la cage vide. La défense balte est en souffrance et Čudinovs ceinture Ramoser sur l'engagement qui suit. Cette infériorité numérique ranime la Lettonie, qui s'appuie notamment sur l'excellent travail de Sandis Ozoliņš pour sevrer les Italiens de palet. La seconde pénalité (une obstruction de Semjonovs sur Iob dans le slot) donne même lieu à un dégagement d'Irbe qui envoie Olegs Znaroks seul au but. Sa feinte est bien lue par le gardien Mike Rosati mais Leo Insam est revenu donner un coup de crosse par derrière qui met fin au powerplay.
Larry Rucchin prend une pénalité idiote en accrochant Beļavskis (qui sait en rajouter). La Lettonie fait bien circuler le palet mais cherche tellement le jeu parfait qu'elle ne tire jamais, hormis un revers dos au but de Pavlovs, sans danger. En fin de tiers, alors que Vītoliņš est en prison pour crosse haute, Tambijevs part en breakaway mais "remorque" Bartolone, logiquement pénalisé pour cet accrochage grossier. Puis c'est Maticins qui accroche Strazzabosco et laisse la Lettonie à 3 contre 4 pour 43 secondes. Tambijevs dégage le palet loin sur l'engagement, puis le ressort de nouveau pour éloigner le danger et conserver le 0-0 à la pause.
La Lettonie accélère vraiment à la reprise : tir de Harijs Vītoliņš sur passe de derrière la cage de Znaroks ; magnifique passe du gardien Arturs Irbe sorti loin de son but pour propulser en contre-attaque Aleksandrs Kercs ; superbe passe de Tambijevs pour la reprise d'Ozoliņš au poteau gauche ; centre de Kercs pour Ozoliņš seul entre les cercles. Mais tous les lancers ont pour terminus Mike Rosati, tandis que l'Italie met la pression à son tour sur Irbe qui doit parfois jouer des coudes.
Les séquences de passes baltes sont de plus en plus habiles, et même la quatrième ligne au temps de jeu plus faible s'y joint. Juris Opulskis centre pour Herberts Vasiljevs, qui ne peut compléter sa déviation face au but car il est accroché dans le dos par Gschliesser. Une pénalité d'autant plus "utile" que l'Italie la tue facilement, avec un très bon travail de Busillo au passage. Le quatrième trio letton arrache un autre avantage numérique quand Insam retient Nizivijs : Rosati pare du bouclier le tir de Semjonovs sur passe de Kercs et s'interpose d'un poke-check quand Tambijevs s'infiltre. Les meilleures occasions ont clairement été baltes dans ce deuxième tiers-temps... mais c'est l'Italie qui ouvre finalement le score ! Un slap lointain du capitaine Robert Oberrauch frappe l'épaule d'Irbe... et retombe dans son dos sans qu'il comprenne à temps où est la rondelle (1-0).
Pour se remettre de ce but un peu gag, la Lettonie sait qu'elle pourra aborder la troisième période à 5 contre 4 car Chitarroni accroché Kercs au centre de la glace à 15 secondes de la sirène. Au retour sur la glace, les cadres Zarrillo, Biafore et Topatigh se chargent eux-même de la priver de palet en infériorité. Les blancs n'entrent jamais en zone en possession, sauf quand Belavskis perce la bleue entre Strazzabosco et Rucchin effectue un plongeon très théâtral. Même s'il était un peu accroché, il a réussi à excéder M. Mihalik qui ne siffle plus rien après cette simulation grotesque, ni les nombreux petits accrochages, ni les fautes plus évidentes comme le croc-en-jambe de Strazzabosco sur Semjonovs.
La menace balte est plus diffuse alors que le danger pour l'Italie vient encore du premier trio même en l'absence d'Orlando : Topatigh et Margoni mènent la contre-attaque pour servir en retrait dans l'axe Zarrillo en troisième homme qui tire droit dans la poitrine d'Irbe. Les Lettons dominent donc, mais doivent apprendre à faire aussi la loi dans l'enclave adverse. Justement, Vītoliņš s'y impose physiquement sur Bartolone... qui le fait trébucher en se relevant. Ce vilain geste d'anti-jeu vaut 2 minutes pour obstruction, une faute lourde de conséquences de la part du défenseur italien sans doute le plus actif du tournoi. À 4 contre 5, Rosati part de la botte un tir d'Ozoliņš bien servi en retrait par Tambijevs... mais il est piégé à 6 secondes de la fin de la pénalité par une autre passe de derrière la cage, une offrande de Vītoliņš pour Znaroks au moment où le gardien tournait la tête de l'autre côté et ouvrait la cage (1-1).
Insam soulève Ņiživijs crosse entre les jambes et passe au travers de la patrouille. L'arbitre slovaque a rangé son sifflet, et les joueurs ont rangé leur audace. Ils pressent peu et ne veulent pas tout compromettre par une erreur. On se contente de mettre quelques palets à la cage et d'envoyer un joueur au rebond. À une minute de la fin, pourtant, une excellente passe de Maticins en zone neutre envoie Kercs en contre-attaque mais l'attaquant, gêné par un accrochage non sifflé de Zarrillo, tire en plein plastron du gardien. Coup de tonnerre à 21 secondes de la fin : Chitarroni charge Tambijevs avec le coude dans le coin et la pénalité est cette fois appelée. Irbe veut même quitter sa cage mais son coach Leonids Beresnevs lui ordonne d'y retourner. Restant à cinq, les Lettons n'obtiendront qu'un tir contré. On n'est donc pas plus avancé dans la lutte pour le maintien après ce deuxième match nul 1-1 de la journée.
Désignés joueurs du match : Bruno Zarrillo
et Aleksandrs Kerčs ![]()
Étoiles du match Hockey Archives : *** Leonids Tambijevs
/ ** Bruno Zarrillo
/ * Mike Rosati ![]()
Marc Branchu
Commentaires d'après-match
Harijs Vītoliņš (attaquant de la Lettonie) : "L'année dernière, nous avons perdu contre les Italiens, donc il fallait qu'on prenne notre revanche. Tout le monde s'attendait à ce qu'on gagne, du coup il y avait de la tension. La qualité de la glace était vraiment mauvaise. On a eu plein d'occasions, mais le palet rebondissait sur la crosse, et on n'a rien pu faire. Le matin à Zurich, c'est normal, mais le soir, ça devient comme du papier de verre. Le palet ne glisse pas, il se met à rouler et à rebondir."
Italie -
Lettonie 1-1 (0-0, 1-0, 0-1)
Vendredi 8 mai 1998 à 20h00 au Hallenstadion de Zurich. 1200 spectateurs.
Arbitrage de Vladimír Mihálik
assisté de Panu Bruun
et Stefan Danielsson
Pénalités :
Italie 18' (6', 8', 4') ;
Lettonie 12' (8', 4', 0').
Tirs cadrés :
Italie 25 (6, 11, 8) ;
Lettonie 26 (5, 8, 13).
Évolution du score :
1-0 à 39'09" : Oberrauch assisté de Mansi et Rosati
1-1 à 51'45" : Znaroks assisté de Vītoliņš (sup. num.)
Italie
Attaquants :
16 Bruno Zarrillo [puis Margoni] - 17 Gaetano Orlando (A) [blessé à 0'30", puis Zarrillo] - 27 Lucio Topatigh (A)
12 Maurizio Mansi (+1) - 24 Mario Chitarroni (+1, 4') - 21 Joe Busillo (+1)
71 Anthony Iob - 8 Armando Chelodi - 11 Roland Ramoser (C)
18 Alexander Gschliesser (2') - 77 Markus Brunner (2') - 22 Stefano Margoni
Défenseurs :
25 Chad Biafore - 29 Christopher Bartolone (+1, 4')
6 Michele Strazzabosco - 26 Lawrence Rucchin (2')
5 Leo Insam (4') - 4 Robert Oberrauch (C, +1)
23 Giovanni Marchetti (en supériorité numérique)
Gardien :
34 Mike Rosati
Remplaçant : 1 Mario Brunetta (G). En réserve : 33 Andrea Carpano (G). Exclu pour dopage : 37 Michael De Angelis (D).
Lettonie
Attaquants :
11 Olegs Znaroks (C) - 20 Harijs Vītoliņš (A, -1, 2') - 18 Igors Pavlovs (-1)
21 Aleksandrs Kerčs - 27 Aleksandrs Semjonovs (2') - 9 Aleksandrs Beļavskis (-1)
24 Andrejs Ignatovičs - 29 Aigars Cipruss (-1) - 14 Leonids Tambijevs
23 Juris Opulskis - 26 Herberts Vasiljevs - 71 Aleksandrs Ņiživijs
Défenseurs :
5 Igors Bondarevs - 17 Sergejs Čudinovs (2')
2 Rodrigo Laviņš (-1) - 28 Andrejs Maticins (A, -1, 2')
7 Karlis Skrastiņš - 8 Sandis Ozoliņš (2')
Gardiens :
1 Artūrs Irbe
Remplaçants : 30 Juris Klodāns (G), 6 Atvars Tribunčovs (D, enrhumé). Absent : 4 Normunds Sējējs (D, ligaments du genou).
en noir, la feuille de match officielle ; en rouge, les corrections de Hockey Archives