États-Unis - Allemagne (8 mai 1998)
Championnats du monde 1998, poule de maintien.
Le Titanic n'a pas encore coulé
"L'entraîneur américain Jeff Jackson doit se sentir comme le capitaine du Titanic", a commenté la télévision américaine à propos de ce championnat du monde. "Pendant des semaines, il a lancé un SOS à la NHL, mais personne n'a répondu. Maintenant, l'équipe est en train de couler."
Pourtant, un homme a accepté de participer à l'opération commando pour la poule de maintien. C'est auprès des Devils du New Jersey, premiers de la Conférence Est de NHL mais éliminés au premier tour par Ottawa, que les Américains ont occupé l'ultime place vacante : Kevin Dean est... le neuvième défenseur de l'effectif. Cela signifie que le staff américain s'est résolu à jouer toute la compétition avec 11 attaquants seulement, même si Michael Crowley donne un coup de main devant !
Force est de reconnaître que la défense américaine fonctionne. L'Allemagne, dans le doute, ne produit pas grand chose (à peine 14 tirs en 60 minutes !) malgré de fréquentes supériorités numériques et même une phase de 5 contre 3 pendant 1'12" à la mi-match, après une rudesse de Don Brashear et une charge avec la crosse d'Adam Burt. Mais offensivement, après un but refusé à Kevin Miller à la cinquième minute (cage déplacée) et un poteau de Bates Battaglia en début de deuxième période, les Américains ne trouvent plus la clé de Marc Seliger.
Le premier à craquer est Garth Snow. Le portier des Vancouver Canucks capte mal le tir puissant de Jürgen Rumrich depuis la ligne bleue. Un but chanceux pour Rumrich... qui fête ainsi en beauté sa 100e sélection ! L'attaquant des Berlin Capitals prend volontiers cette réussite, cela récompense le travail défensif qu'il effectue sur sa ligne. Les Américains accélèrent alors et se précipitent même pour riposter, d'abord sans grand résultat.
En ce moment, le sort s'acharne sur Sascha Goc. Le défenseur allemand soignait dernièrement une angine avec des antibiotiques et ne s'est pas entraîné hier. Revenu au jeu aujourd'hui, il a aussi mal vécu d'avoir cassé une de ses crosses à l'entraînement du matin, lui qui se sent nerveux dès qu'il n'a plus trois crosses avec lui en match. Et à cinq minutes de la fin, voilà qu'un Américain donne un coup de crosse exactement dans la nuque du poissard cumulard. L'arbitre lui crie "relève-toi" en pensant qu'il simule, mais Goc a des vertiges. Il avait déjà eu les cervicales bloquées après un cross-check lors du match amical de préparation face au Japon. Le médecin allemand lui interdit à juste titre de reprendre le jeu, car le défenseur ne se rend plus vraiment compte de ce qui se passe sur la glace.
En l'occurrence, à la dernière minute, un palet perdu par Leo Stefan aboutit en fin de compte à l'égalisation américaine sur un tir de Matt Cullen (1-1). Marc Seliger manque de peu le blanchissage qu'il aurait mérité par ses beaux arrêts. Les États-Unis évitent le pire, l'avenir dira si c'est un bon ou un mauvais point pour les deux équipes.
Étoiles du match Hockey Archives : *** Stefan Mayer
/ ** Matt Cullen
/ * Marc Seliger ![]()
Marc Branchu
Commentaires d'après-match
Eric Weinrich (capitaine des États-Unis) : "Tous les pays ont leurs meilleurs joueurs ici, sauf nous. Je ne devrais peut-être pas le dire, mais tant que les joueurs américains ne feront pas preuve d'un peu de fierté nationale, cela se reproduira chaque année."
Erich Kühnhackl (entraîneur-adjoint de l'Allemagne) : "Nous devons vivre avec le fait qu'une place entre 9 et 12 est réalise pour quelques années. Si je pars du principe que l'équipe nationale est notre vitrine, nous avons besoin de plus de soutien. La question cruiale est voulons-nous du hockey sur glace en Allemagne ou voulons-nous du hockey sur glace allemand ? Nous avons trop peu de joueurs qui prennent des responsabilités dans leurs clubs. En Bundesliga jouaient 70% d'Allemagne. Aujourd'hui en DEL, il en reste 15 à 16%. Il y a du potentiel dans cette équipe. Si on peut travailler de façon continue avec ces jeunes dans les prochaines années, s'ils jouent en DEL, une place avec les meilleurs redeviendra possible. Les joueurs du Kazakhstan, du Bélarus, de Lettonie ou d'Ukraine, encore formés en Union Soviétique, prennent de l'âge."
États-Unis -
Allemagne 1-1 (0-0, 0-0, 1-1)
Vendredi 8 mai 1998 à 20h00 au Hallenstadion de Zurich. 1200 spectateurs.
Arbitrage de Valeri Bokarev
assisté de Daniel Nater
et Marc Mendlowictz
Pénalités :
États-Unis 18' (4', 10', 4') ;
Allemagne 14' (2', 6', 6').
Tirs cadrés :
États-Unis 32 (8, 8, 16) ;
Allemagne 14 (4, 6, 4).
Évolution du score :
0-1 à 48'38" : Rumrich assisté de Hecht
1-1 à 59'13" : Cullen assisté de Iafrate et Drury
États-Unis (2' pour surnombre)
Attaquants :
25 Shojn Podein (2') - 7 Darby Hendrickson - 22 Tom Chorske (A)
33 Bates Battaglia - 20 Bryan Smolinski - 17 Kevin Miller (2')
13 Ted Drury - 45 Matt Cullen - 9 Chris Drury (+1)
38 Michael Crowley (-1) - 21 Mark Parrish - 8 Donald Brashear (-1, 4')
Défenseurs :
6 Adam Burt (A, 2') - 23 Chris Luongo
28 Kevin Dean - 19 Greg Brown
34 Al Iafrate (+1, 2') - 2 Eric Weinrich (C, +1, 2')
27 Dan Trebil (-1)
Gardien :
30 Garth Snow (2')
Remplaçant : 32 Tim Thomas (G). Absents : 1 Mike Dunham (G), 11 Paul Stanton (D).
Allemagne
Attaquants :
23 Dieter Hegen (C) - 81 Mark MacKay (A, -1) - 20 Jürgen Rumrich (A, +1)
22 Andreas Lupzig (-1, 2') - 17 Peter Draisaitl (-1) - 13 Leo Stefan
91 Florian Keller - 29 Jochen Hecht (+1) - 11 Sven Felski
10 Reemt Pyka - 28 Rainer Zerwesz - 19 Christopher Straube
88 Christoph Sandner
Défenseurs :
25 Daniel Nowak - 2 Michael Bresagk
36 Erich Goldmann (6') - 32 Stefan Mayer (+1, 2')
21 Lars Brüggemann - 24 Sascha Goc (2')
12 Klaus Micheller (2')
Gardien :
40 Marc Seliger
Remplaçant : 1 Kai Fischer (G). Absent : 30 Joseph Heiss (G, adducteurs).