Suède - Bélarus (9 mai 1998)
Championnats du monde 1998, deuxième phase, poule 1.
Se détendre... sans se relâcher avant un supposé "match facile"
La Tre Kronor a passé un vendredi sans entraînement, privilégiant la détente : promenade en bateau le jour sur le lac de Zurich, match de football le soir entre le FC Zurich et les Grasshoppers, sacrés champions (avec un capitaine suédois, le défenseur Mats Gren). L'équipe de Suède a vu repartir son défenseur Mattias Norström, car les nerfs du pied gauche sont touchés. Les Kings de Los Angeles l'ont rappelé en Amérique pour des examens plus approfondis. Jan Mertzig le remplacera, mais la substitution ne sera pas autorisée avant les demi-finales. Les Scandinaves peuvent d'ores et déjà s'y qualifier en battant le Bélarus. Le Dagens Nyheter a écrit que ce serait un "match facile", en référence à la victoire aisée à Nagano, mais il peut être dangereux de sous-estimer ainsi un adversaire méconnu.
Le premier constat est que Peter Forsberg rôle de plus en plus important après son entrée en douceur avant-hier. "Foppa" prend désormais les mises au jeu sur sa ligne, à la place de Micke Johansson, et il est aussi incorporé sur l'unité majeure de powerplay à la place de Sundström sur le cinq majeur. Ce cinq de rêve avec Forsberg et Sundin est bien installé mais sans trouver d'ouverture pendant la première pénalité sifflée contre Bekbulatov (retenir), et il n'entre en jeu que très tardivement lors du second avantage numérique (parce que c'est Mats Sundin qui l'a obtenu en provoquant une obstruction de Karachun). La plus belle occasion survient dans l'intervalle, à 5 contre 5. Elle est à mettre à l'actif d'Anders Huusko, qui est marqué de près par Matushkin mais qui parvient pourtant à se jeter sur le centre d'Ulf Dahlén pour une reprise instantanée à 3 mètres qui oblige Andrei Mezin à un gros arrêt. Le Bélarus a plutôt passé son temps à défendre, mais il l'a tellement bien fait qu'il mène aux tirs (6 à 5) après vingt minutes.
La Suède doit hausser le ton en deuxième période, et elle y parvient. Mikael Johansson sert une belle passe en zone neutre à Peter Forsberg qui a pris de l'élan pour passer entre les défenseurs et - malgré Khmyl qui se tracte à lui avec sa crosse - tirer entre les jambes d'Andrei Mezin (1-0, 25'45"). Loin de faire plier le Bélarus, ce but l'incite à démontrer ses capacités offensives : la maîtrise du palet d'Andrei Kovalev pour dribbler dans de petits espaces et tenter un tir à mi-distance, ou encore la détermination de Sergei Shitkovski à prendre son propre rebond sur une action conclue par la seule faute suédoise, un cross-check de Kim Johnsson sur Oleg Antonenko qui avait imposé sa présence dans le slot. Cette supériorité numérique plombe le Bélarus qui n'arrive jamais à rester en zone offensive.
Dès lors la Tre Kronor prend les commandes et déploie son jeu de possession avec sa maestria technique. Sur la seule alerte, Tommy Salo sort fort à-propos de sa cage pour devancer la possible échappée d'Andrievski (35'03"). Les jaune et bleu pèsent sur le jeu, dominent dans les bandes, mais ne forcent pas leur chance plus que ça. Comme avant-hier face à la Finlande, le score minimum (1-0) semble leur convenir. Le Bélarus fait les efforts nécessaires pour tenir, tel Erkovich qui s'allonge sur le ventre pour bloquer la passe de Jörgen Jönsson à 2 contre 1 à trente secondes de la pause.
Le match devient encore plus défensif en troisième période, tant les défenses bien placées laissent peu d'espaces. Ulf Dahlén parvient juste à échapper à Khmyl sur un tour de cage. Son compagnon de ligne Anders Huusko a la meilleure chance, seul face au but, mais son tir à bout portant est repoussé par Andrei Mezin (50'05"). Le Bélarus est endurant et ne cède pas. Quand Sergei Stas part en prison pour une charge avec la crosse à six minutes de la fin, l'impensable intervient : c'est la star Peter Forsberg qui est déséquilibrée en zone offensive en essayant de tirer en pivot après un petit coup de crosse d'Oleg Romanov pour le déstabliser. Ce dernier lance alors une contre-attaque, qu'il conclut lui-même dans une cage grande ouverte après un jeu en triangle parfait d'Aleksei Kalyuzhny et Vassili Pankov (1-1, 55'46").
La Suède domine toujours mais a très peu de temps pour reprendre l'avantage. Jörgen Jönsson manque la balle de match, servi entre les cercles par Peter Nordström. Heureusement, le capitaine Mats Sundin est là pour donner la victoire à son équipe par son action-signature : petite ramasse pour effacer le défenseur Romanov et tir du poignet idéalement placé entre la mitaine et la botte de Mezin (2-1, 57'50"). Le Bélarus est éliminé avec cette défaite, pourtant Anatoly Varivonchik ne fait pas sortir son gardien quand son équipe tient le palet au fond de la zone adverse avec une minute à jouer. Il prend un temps mort trop tard (59'15"), avant un engagement en zone biélorusse que remporte Peter Forsberg. Le palet reste pour ainsi dire jaune jusqu'à la sirène.
La Suède rejoint la République tchèque en demi-finale. Ces deux nations sont les favorites du tournoi par leur capacité à contrôler le jeu. Les Scandinaves semblent peut-être avoir un peu plus de confiance dans leur système défensif et leur gardien, mais cela peut leur coûter cher car une avance d'un but est une faible protection dans le hockey sur glace...
Étoiles du match Hockey Archives : *** Mats Sundin
/ ** Mikael Johansson
/ * Oleg Romanov
et Aleksei Lozkhin
Marc Branchu
Désignés joueurs du match : Peter Forsberg pour la Suède et Oleg Romanov pour le Bélarus.
Commentaires d'après-match :
Kent Forsberg (entraîneur de la Suède) : "Chaque match du groupe est une finale. Nous étions sous pression de prendre des points, donc sachant que le Bélarus est imprévisible et capable de surprendre, les joueurs étaient un peu nerveux. Nous avions affronté le Bélarus aux JO, mais ce match a été plus difficile."
Anatoli Varivonchik (entraîneur du Bélarus) : "Je ne peux enlever à aucun des joueurs son désir de se battre. En ce Jour de la Victoire (commémoration de la Seconde Guerre Mondiale), chacun voulait jouer de se mieux et faire plaisir aux gens. Je pense que méritions un match nul mais le talent de nos adversaires nous en a privés. Nous avons fait un peu plus d'erreurs qu'on ne peut se le permettre contre la Suède. [...] Non, je ne considère pas notre performance contre le Canada comme faible. Il y a un juste une séquence malheureuse en deuxième période où les Canadiens ont mené 4-0 en quatre minutes. Sans cela, le match aurait tourné de manière complètement différente."
Suède -
Bélarus 2-1 (0-0, 1-0, 1-1)
Samedi 9 mai 1998 à 20h00 au Hallenstadion de Zurich. 2900 spectateurs.
Arbitres : Vladimír Mihálik
assisté de Pavel Halas
et Milan Mášik
Pénalités :
Suède 2' (0', 2', 0') ;
Bélarus 6' (4', 0', 2').
Tirs cadrés :
Suède 26 (5, 11, 10) ;
Bélarus 17 (6, 8, 3).
Évolution du score :
1-0 à 25'45" : Forsberg assisté de M. Johansson
1-1 à 55'48" : D. Pankov assisté de V. Pankov et Kalyuzhny (inf. num.)
2-1 à 57'50" : Sundin
Suède
Attaquants :
19 Mikael Renberg (-1) - 13 Mats Sundin (C) - 37 Niklas Sundström
6 Anders Huusko - 16 Nichlas Falk - 22 Ulf Dahlén (A)
18 Jonas Bergqvist - 31 Jörgen Jönsson - 23 Peter Nordström
24 Patric Kjellberg (A, +1) - 21 Peter Forsberg (+1) - 9 Mikael Johansson (+2) (+1)
Défenseurs :
20 Johan Tornberg (+1) - 2 Mattias Öhlund (+1, 2')
17 Hans Jonsson - 12 Niclas Hävelid
4 Kim Johnsson - 28 Christer Olsson (+1)
Gardien :
35 Tommy Salo
Remplaçant : 1 Johan Hedberg (G). En réserve : 30 Magnus Eriksson (G), 14 Mattias Norström (D, genou gauche), 33 Fredrik Modin (A, œil gauche).
Bélarus
Attaquants :
9 Aleksandr Andrievsky (C) - 11 Vadim Bekbulatov (2') - 16 Andrei Skabelka
8 Aleksei Lozhkin - 24 Aleksandr Galchenyuk - 13 Andrei Kovalev
14 Vasili Pankov (A, -1) - 17 Aleksei Kalyuzhny (-1) - 28 Dmitry Pankov (-2)
18 Oleg Antonenko - 10 Viktor Karachun (2') - 21 Sergei Shitkovsky
Défenseurs :
6 Igor Matushkin - 5 Oleg Romanov
3 Oleg Khmyl (-1) - 7 Sergei Erkovich (-1)
26 Sergei Stas (2') - 20 Oleg Mikulchik
Gardien :
30 Andrei Mezin
Remplaçant : 2 Aleksandr Gavrilyonok (G). Absent : 23 Ruslan Salei (commotion).
en noir, la feuille de match officielle ; en rouge, les corrections de Hockey Archives