Epinal - Strasbourg (7 octobre 2000)

 

Match comptant pour la quatrième journée de la poule nord du Championnat de France de division 1.

Pour la deuxième soirée à Poissompré, on ressent déjà les effets de l'automne : la température se rapproche progressivement du zéro et les blousons ressortent. Mais pas d'inquiétude, pas encore de neige. Les Strasbourgeois sont donc bien arrivés à bon port accompagné d'un bus de supporters spécialement affrété pour l'événement.

Pour le deuxième derby de la saison, les Spinaliens autant que les Alsaciens n'ont pas trop le choix. Il faut marquer des points pour jouer les play-offs. Cette rencontre s'avère importante pour la suite. Les joueurs de l'Etoile noire restent sur un titre de champion 1999-2000 de la poule de maintien de Nationale 1, maigre consolation d'une première partie de saison manquée qu'ils vont tout faire pour ne pas rééditer. Le calendrier leur a été adapté, ils ont joué leurs trois premières rencontres à l'extérieur puisque leur patinoire est occupée par la foire expo. C'est la même chose chaque année. Depuis la reprise, ils ont 40 minutes de trajet pour aller s'entraîner à des heures peu... professionnelles pour une équipe de hockey. Mais ils n'ont pas le choix.

De leur côté, les Dauphins ont quitté les eaux troubles d'un début de saison difficile face à l'étonnant promu Dijon. La seule modification à noter est le départ de Pierre Rossat-Mignod, un ex-défenseur lyonnais, pour incompatibilité entre ses études à Nancy et les entraînements à Epinal. Cette décision a fait un heureux : Radoslav Regenda, défenseur slovaque, avait aussi été testé la semaine passée mais n'avait pas été retenu. Regenda récupère donc le maillot de n9 que Rossat-Mignod n'aura porté qu'une fois à Dunkerque. On aurait pu alors penser que le nouvel arrivant ne pourrait pas participer à la rencontre de ce soir. On avait tort. Il faut encore préciser que les arbitres étant en grève depuis un mois, le sujet s'est encore réglé à la Mc Gyver et ça commence à grogner un peu partout.

La rencontre débute avec un peu de retard, la patinoire accueillait une bonne chambrée de supporters. D'entrée les visiteurs récupèrent le palet qu'ils ne garderont pas longtemps. Frédéric Dehaëne part en contre face au gardien adverse, le n39 Aikää. 38" de jeu, ouverture du score de Dehaëne. Le public explose d'entrée de jeu. Le record est battu, la semaine passée Kozlov avait marqué après 39 secondes de jeu.

Mais les joueurs de l'Etoile noire ne s'en laissent pas compter et reviennent à l'assaut. Et les pénalités pleuvent déjà du côté spinalien. Pour exemple Anthony Maurice sortira et ne rentrera plus de la rencontre : blessure ! A 3 contre 5, les Dauphins feront étalage de leur agilité défensive, les Strasbourgeois, eux, donneront une leçon de jeu de puissance qui mettra en avant les talents d'Yvan Bock. Yvan Bock, le nouveau gardien des Dauphins, s'affirme un peu plus avec brio à chaque nouvelle rencontre. Oubliée la représentation dijonnaise.

Les Dauphins qui mènent au score essaieront d'enrayer le jeu alsacien avec plus ou moins de succès. De son côté, la nouvelle recrue, Mikhaïl Kozlov, fait étalage de son talent à garder le palet au milieu de quatre joueurs alsaciens. Et c'est encore lui qui se fera sécher alors qu'il se dirigeait vers le but : tir de pénalité ! (19') Kozlov est acclamé, à lui de tenter sa chance seul face au dernier rempart qu'est Aikää. Aux encouragements succède le silence. L'international Estonien part avec le palet, le gardien s'avance. Kozlov part à droite puis à gauche et tire. Le palet semble être entré dans la cage, mais la mitaine du Strasbourgeois se charge de ressortir l'indésirable. Kozlov reprend et la glisse au fond puisque Aikää est couché au sol. Celui-ci fumant se relève et agresse l'ex-Lyonnais, qui lui répond du tac au tac... Que n'avait-il pas fait là ? Tous montent sur la glace, la partie de catch commence avec la prestation très remarquée d'un cinglé, le n6 Groleau... Se croyant dans un camp de naturistes, il sort du banc en galopant, ses gants volent, ainsi que sa crosse... son maillot... et ses épaulières et retourne sécher Kozlov par derrière s'il vous plaît. Groleau est hors de lui, les Alsaciens, il est vrai, auront développé un jeu musclé auxquels les locaux n'auront pas manqué de répondre.

Les arbitres sont déjà dépassés par les événements. Ce cher Groleau, qui ne verra pas sa soirée finir là, faute d'arbitre officiel, n'écopera que de 10 minutes de pénalité. Suffisant tout de même pour qu'il reprenne le contrôle de lui même. Petit détail insignifiant, le but ne sera pas validé et le tiers s'achèvera là. Les esprits réchauffés rentrent alors aux vestiaires après 50 minutes passées sur la glace.

Pour la deuxième entame, les Dauphins mettront immédiatement les choses au point par le vivace Mysicka, acclamé comme il se doit. 2-0. Les Dauphins bien inspirés vont alors attendre la réponse adverse mais au fur et à mesure vont se faire annihiler par une domination plus ou moins fructueuse des adversaires piqués au vif. Ce deuxième tiers ravivera la flamme des supporters strasbourgeois qui avaient fait le déplacement. 2-1, puis 2-2 (alors qu'auparavant Haapasaari manquait le break), le palet glisse lentement entre les bottes de Bock, Féfé tente de l'intercepter... trop tard. Les supporters de l'Etoile Noire exultent, les joueurs vexés chambrent à leur tour, en particulier Feutry qui tendra l'oreille en direction des supporters spinaliens.

Pour la dernière partie de la soirée, les Dauphins vont alors reprendre le jeu à leur compte. Portés par un public uni derrière ses joueurs, il faudra attendre une dizaine de minutes avant que Féfé, le nouvel entraîneur-joueur se charge de redonner l'avantage en pleine lucarne, un symbole ! 3-2, ce n'est pas terminé, les Alsaciens tentent de réagir. A quelques minutes de la fin de la rencontre, le coach strasbourgeois, Daniel Bourdages, usera d'un temps mort pour préparer la sortie du gardien. Inutile, Kozlov glissera aussi son palet pour clôturer le score et sceller la victoire des Dauphins (4-2). Chapeau bas, Monsieur Kozlov. Un grand monsieur qui tout de même aura été chahuté une bonne partie de la soirée par la défense alsacienne.

Avec ce résultat, certains prédisent un grand cru que sera cette année 2000-2001. D'autres admettent même que rarement et depuis longtemps les Spinaliens n'avaient pas fait la différence de cette manière en fin de rencontre... Peut-être un signe d'un avenir tout tracé...

Compte-rendu signé Frédéric Lalevée

 

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