Canada - Slovaquie (le 11 novembre 2000 à Hanovre)

 

Match comptant pour la deuxième journée de la Deutschland Cup.

Ce match qui oppose les deux vainqueurs du premier jour peut être quasiment considéré comme la finale du tournoi. Les Slovaques obtiennent rapidement une supériorité numérique et harcèlent Gordon : Uram fait étalage de sa technique et part une première fois en dribble vers le but. Gordon fait barrage, Uram récupère le palet derrière la cage et donne en retrait à Plch, dont le tir est arrêté. Ce n'est que partie remise : un slap de Babka est repoussé à droite sur Plch, qui redonne instantanément au second poteau pour une reprise d'Uram. Les Slovaques terminent ainsi le tiers sur un avantage parfaitement construit en jeu de puissance.

Et lorsque les Canadiens se retrouvent à leur tour en avantage, comme au deuxième tiers, ce sont les contre-attaques slovaques qui sont les plus remarquées. C'est d'abord un 2 contre 1 où la frappe de Pavlikovsky trouve Gordon, puis c'est Kulha qui est près de prendre le rebond d'un tir de Babka. Et ce sont les Slovaques qui donnent peu après une leçon de jeu de puissance aux inventeurs du jeu, en doublant la mise par un slap de volée de Droppa. Dans la minute suivante, Vladimír Orszagh fait la différence individuellement et conclut d'un revers pleine lucarne. Heureusement pour les Canadiens, une autre supériorité numérique slovaque n'est pas convertie et les Slovaques abordent le dernier tiers à 3-0.

De plus, ils semblent gérer magistralement cet avantage puisqu'ils tuent une pénalité qui couraient principalement sur cette dernière période. Mais, à la quarante-quatrième minute, sur un engagement dans en zone slovaque, le palet est délivré à Shawn Anderson, dont le lancer puissant trompe Rybar. Dans la foulée, Orszagh choisit mal son moment pour prendre une pénalité (accrocher). L'occasion est belle pour les Canadiens, mais leur jeu de puissance n'est décidément pas leur point fort du jour, alors qu'ils avaient infligé deux buts aux Suisses dans cet exercice. Mais tout vient à point à qui sait attendre, dit le dicton. Les pénalités se succèdent, et c'est au tour de Strbak, qui faisait le ménage devant le but de Rybar, de visiter la prison. Comme quoi les Slovaques auraient gagné à être plus attentifs à la sagesse populaire. Car tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse, et qu'elle goûte à nouveau au slap d'Anderson, dès les premiers instants de la supériorité numérique. Les Slovaques n'ont pas le temps de s'en remettre que les Canadiens ont déjà égalisé grâce à une passe dans le slot de Chyzkowski, détourné contre son camp par un Slovaque. Dès lors, le temps mort demandé par les Slovaques semble arriver un peu tard. Casselman et Anderson leur offrent pourtant un 5 contre 3 sur un plateau d'argent, mais Orszagh, qui ne semble guère apprécier la fine gastronomie, gâche le dîner en prenant une pénalité pour avoir pris un peu trop à cur soin rôle dans l'enclave. Les deux dernières minutes sont dantesques : McLlwain prend son propre rebond et donne un avantage quasi-décisif aux Canadiens. Il reste à peine vingt secondes quand Von Stefenelli est pénalisé. Les Slovaques sortent leur gardien et profitent de leur double avantage numérique pour mettre le feu devant le but de Gordon. Mais celui-ci ne tremble pas, et lorsque l'arbitre siffle à quatre secondes du terme, les jeux semblent faits. Mais les Slovaques gagnent l'engagement, Pavlikovsky s'empare du palet sur son revers et se met en position de tir. Gordon s'interpose sur son slap, mais Kuhla, seul dans le slot, se précipite pour propulser le palet, conservé à quelques centimètres devant les jambières du gardien canadien, en force sous ses bottes... à seulement une petite seconde de la sirène.

Le public en redemande : est-ce pour cela que le chronomètre oublie de se déclencher au début de la prolongation ? Les Canadiens ne s'embarrassent pas de fioritures et envoient régulièrement le palet au fond. Tactique qui finit par payer puisque Faust envoie en retrait à Norris, qui déboule au milieu de quatre défenseurs slovaques statiques pour inscrire le but vainqueur.

Les Slovaques, qui avaient patiemment construit leur avance grâce à leur jeu de puissance et qui avaient toutes les cartes en main, ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes et à leur indiscipline (notamment Orszagh, qui avait pourtant signé un but magnifique de technique et de virtuosité). Les multiples pénalités ont fini par casser leur rythme et ont laissé des traces indélébiles, permettant aux Canadiens de prendre le match à leur compte. Il faut noter les ressources morales de cette équipe assemblée pour la circonstance à partir de joueurs évoluant essentiellement en DEL, et qui a porté haut ses couleurs nationales. Les puissants slaps des défenseurs semblent avoir impressionné les observateurs, puisque Droppa et Anderson sont élus joueurs du match de chaque équipe.

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Preussag Arena de Hanovre, le 11 novembre 2000 à 15 h 30.

Canada - Slovaquie 5-4 a.p. (0-1, 0-2, 4-1, 1-0)

Spectateurs : 3368. Arbitre : M. Schütz (Allemagne).

Pénalités : Canada 20' + 10' pour Fearns, Slovaquie 12'.

Évolution du score :

0-1 à 03'19" : Uram assisté de Plch et Babka (sup. num.).

0-2 à 28'30" : Stefanka assisté de Majesky (sup. num.).

0-3 à 29'09" : Osrzagh assisté de Török et Pavlikovsky.

1-3 à 43'56" : Anderson assisté de Miner et Miller.

2-3 à 50'30" : Anderson assisté de Casselman et Miner (sup. num.)

3-3 à 51'33" : Chyzowski.

4-3 à 58'45" : McLlwain.

4-4 à 59'59" : Kuhla assisté de Pavlikovsky et Sechny (sup. num.).

5-4 à 63'24" : Norris assisté de Faust et Schlegel.

 

Canada :

Gardien : Ian Gordon. Remplaçant : Muzzatti.

Défenseurs : Miner - Anderson ; Schlegel - Johnston ; Allen - Fearns ; Peacock - von Stefenelli.

Attaquants : Savoia - Shuchuk - Pearson ; Chyzowski - Miller - Lindberg ; Kennedy - Murphy - Casselman ; Norris - Faust - McLlwain.

Slovaquie :

Gardien : Pavol Rybar. Remplaçant : Lipovsky.

Défenseurs : Droppa - Majesky ; Pavlikovsky - Balka ; Strbak - Milo ; Kulha - Novotny.

Attaquants : Lipiansky - Kapu - Vaic ; Rataj - Hartaj - Stefanka ; Török - Sechny - Orszagh ; Uram - Pucher - Plch.

 

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