Rouen - Chamonix (29 février 2000)
Demi-finale de la Coupe de France.
Une demi-finale de Coupe de France... Cela faisant bien longtemps qu'on n'avait pas vu ça ! En plus à Rouen ! Une bonne soirée en perspective... Comme opposant, Chamonix, qui lutte à couteaux tirés avec Viry pour accrocher la huitième et dernière place qualificative pour les play-offs. Adversaire qui ne paraît donc pas hors d'atteinte pour des Rouennais en pleine forme à la maison. Toutefois, méfiance. Amiens, il y a quelques jours, avait dû se dire de même et avait alors encaissé une belle déconvenue au Coliséum lors des quarts de finale. C'est un match de coupe... tout peut arriver...
Cependant ce serait mentir que de déclarer que j'ai pu un seul instant douter du succès des locaux. Dès le début du match, Rouen allait assiéger les buts de Lhenry et réussir à marquer deux fois avant que dix minutes ne soient affichées au compteur. Déjà plié ? Quand même, là... J'avais beau discuter à la boutique des supporters pour m'informer du match de gala de samedi, le temps serait bien long. Heureusement, il y avait Mister Big-Mac Durand. D'un magistral coup d'injustice magique, il punissait deux Rouennais pour des fautes imaginaires. A cinq contre trois les choses se gâtent quand même un peu. Et même si les montagnards étaient encore dans le bus, il ne leur fut pas trop difficile de réduire la marque. Le jeu redevenait alors plus intéressant... Le problème, c'est que l'arbitre fut pris d'une soudaine réminiscence. A partir de là, ce fut un match fou, Rouen dominant de la tête et des épaules des Chamoniards incapables de suivre le rythme, et un Durand qui pénalise les Dragons et laisse tout faire aux gens de la Savoie. Résultat : un deuxième tiers gag !
En effet, 4-4, c'est le score inscrit lors de cette période... Les Chamoniards, se croyant revenus dans leur forêt alpine, entreprenne une chasse aux dragons... On décide d'employer les pièges à loups. Le vieux trappeur, responsable de la bonne conduite de la manœuvre, acquiesce d'un signe bizarre et d'un bruit qui l'est tout autant : il écarte les bras (comme voulant soudain s'envoler) et hurle : "rien, rien, jouer..." A partir de là, les défenseurs de Chamonix font de la trottinette en s'accrochant sur vingt mètres aux attaquants rouennais, obstruction, coup de crosse, la classique ! Pourtant, la queue de castor pendant sous le nez de l'arbitre ne l'empêcha pas de siffler nombre de pénalité invisibles contre les Rouennais. Dans ce même état d'esprit, les commis de Davy Crockett ne sifflaient les dégagement interdits qu'une fois par tranche de dix minutes... On rigole, on rigole, mais quand, à force de rire, les Chamoniards menèrent 5-4, il fallut que je m'emploie pour éviter que mon voisin ne s'étouffe avec son sandwich ! Le temps des sourires était terminé, il fallait passer au sale boulot... Car bien entendu, à force de ne rien pénaliser contre les Chamoniards, ces derniers s'enhardissaient de plus en plus et commençaient à sérieusement échauffer les esprits rouennais. Tant et si bien que ce qui devait arriver arriva, à savoir une bagarre prévisible. Une charge honteuse d'un Husky, alors qu'une pénalité allait être appelée contre eux, mit le feu aux poudres : Dugas et Caron aux affaires (Dugal, en atelier tricot ce soir, leur ayant prêté la boîte à gifles). Résultat : deux exclus de chaque côté... Logique, logique...
Le troisième tiers pouvait commencer; les choses ne tardèrent pas trop, et Lhenry eut le plaisir d'aller rechercher encore quatre fois le palets au fond de sa cage, alors qu'Antinori, bien moyen jusque là, réussissait une fort belle dernière période. Résultat : 10-5 score final. Rouen se qualifie donc pour la finale de cette coupe de France qui se jouera le 18 (et non le 14) mars à Boulogne-Billancourt. Venez nombreux !
Tout d'abord, les satisfactions. Un Pinard en très, très grande forme : quatre buts, un assist, de très beaux gestes... Félicitations ! Un bravo également à Doucet et Besse, auteurs d'un match de très belle facture. Remarquons également le travail de Dugal qui gratifia le public de gestes techniques d'une grande difficulté, prouvant ainsi qu'il sait être autre chose qu'un défenseur physique.
Ensuite les demi-bonnes nouvelles : Stefano Antinori fut très moyen lors des deux premiers tiers. À sa décharge, soulignons le fait qu'il prend un but en double infériorité, un dévié par Tuomisto, un autre sur un contre où Dugal avait perdu sa crosse et encore un autre sur un tir dévié (du patin selon lui). Donc, relativisons tout cela. Ce qui est certain, c'est que même avec cinq buts dans la musette il sut (au contraire de Lhenry) rester concentré en nous gratifiant d'arrêts décisifs dans le troisième tiers. Pas mal pour un jeune de 19 ans !
Compte-rendu signé Patrick Chevallier
Rouen - Chamonix 10-5 (2-1, 4-4, 4-0)
Mardi 29 février à 20h00 à l'île Lacroix. Arbitrage de M. Benoist.
Évolution du score :
1-0 à 04'55" : Pinard assisté de Doucet et Nokkosmäki
2-0 à 09'49" : Doucet assisté de Pinard et Nokkosmäki
2-1 à 11'42" : Boisson assisté de Zubek et Soghomonian
2-2 à 20'38" : David assisté de Charlet et Croz
3-2 à 21'02" : Besse
4-2 à 26'09" : Pinard
4-3 à 26'56" : Durand assisté de Soghomonian et Blais
2-2 à 31'51" : Veret assisté d'Arcangeloni
2-2 à 32'16" : Durand assisté de Charlet
5-5 à 36'04" : Pinard assisté de Pajonkowski
6-5 à 37'04" : Besse assisté de Genest et Groulx
7-5 à 48'41" : Pinard assisté de Doucet et Pajonkowski
8-5 à 48'55" : Groulx assisté d'Agnel
9-5 à 53'27" : Besse assisté de Boman et Dugal
10-5 à 56'46" : Pajonkowski assisté de Doucet et Tuomisto
Absents : Groeneveld (fracture du doigt) et Amsellem à Rouen, Dubé à Anglet