Villard-de-Lans - Brest (18 mars 2000)

 

Onzième journée de la poule finale du championnat de France de Nationale 1.

Les Brestois, forts de leur expérience, monopolisent le palet dès les premières secondes. Les supporters des Ours subissent leur première douche froide au bout de seulement 51 secondes de jeu. Yves Bertrand déborde la défense villardienne, centre pour Rami Koivisto, l'ex-pensionnaire des Brûleurs de Loups, qui reprend victorieusement en feintant Patrick Rolland qui plonge mais du mauvais côté. La domination brestoise se confirme dans les minutes qui suivent, les Albatros se montrant souvent menaçants pour le portier alpin. Heureusement la défense villardienne tient le choc, Martin Lapointe le premier, qui domine allègrement ses matchs personnels, anihilant les offensives adverses. Bellier, Girard, Wilen ne sont pas en reste ainsi que les jeunes mais déjà expérimentés Nicolas Favarin et Frédérick Borgnet. Les atouts brestois demeurent avant tout dans leur expérience du haut-niveau (gestion des situations difficiles menée d'une main de maître) et dans leur rapidité et leur précision, les Villardiens ayant pour eux leur fougue. Toutefois, malgré ces valeurs combatives, les Ours ne récupèrent que trés peu de palet. Ils se contentent de partir en contre quand ils le peuvent, ou à dégager, la pression bretonne se maintenant.

Recadrés par Dennis Murphy à la pause, les Villardiens reviennent du vestiaire avec de meilleures volontés encore. Surprise, ils prennent à présent le jeu à leur compte mettant pour la première fois en vraie difficulté l'excellent gardien Mathieu Vachon. Les Brestois opèrent alors uniquement en contre, Rolland s'imposant de nombreuses fois avec brio. Néanmoins les Ours demeurent impuissants : les Negro, Carry, Bourgey ont beau partir à l'assaut de la citadelle finistérienne, rien ne passe. La défense brestoise est bien en place, l'entrée de la zone offensive étant un véritable rempart. Les Ours tentent donc par tous les moyens de marquer et même pour cela de tirer de loin, mais Vachon est bien là. Stéphane Lacuisse part en breakaway : Rolland se couche tandis que l'attaquant place le palet sous la transversale. Galarneau commence à faire des siennes en agressant Pereira et Lapointe, ce dernier s'imposant avec panache à toutes ses attaques : quoi de plus honteux pour un joueur ayant évolué en NHL...

Les Ours repartent sur les mêmes bases en troisième période, dominant avec encore plus de maîtrise. Les tirs s'intensifient sur la cage de Vachon qui réalise des exploits dignes d'un très grand gardien. Les Ours essaient de partout : en 1 contre 1, en contournant la cage, en frappant à ras-de-glace, en lucarne, de loin, rien ne passe. Les Brestois continuent d'opérer par contres. Ils récupèrent peu de palets mais les exploitent de manière parfaite, Patrick Rolland réussissant lui aussi une grande performance. Alors que le chemin des filets semble enfin s'être ouvert aux villardiens qui arrivent à 2 contre 1 sur le but de Vachon, Galarneau pousse la cage. Seul Brestois à se conduire de cette manière, il s'en prend ensuite à Carry qui doit mesurer deux têtes de moins que lui, en multipliant les cinglages et les piquages. Les Ours, surmotivés, sortent leur gardien à deux minutes de la fin pour jouer le tout pour le tout. 6 Villardiens affrontent 4 Brestois (Galarneau en prison). La bataille est acharnée : les Ours s'installent dans le camp breton, lancent de multiples offensives et finissent par s'ouvrir le but. Martin Lapointe, servi par Boccard (et pas l'inverse comme le prétend la feuille de match officielle), slape de la bleue - sa spécialité - entre les bottes de Vachon. Il reste 11 secondes à jouer, Villard repart à l'assaut mais c'est trop tard.

Victoire logique de Brest qui a su opposer à la formidable volonté des Ours, un réalisme impeccable. Les hommes qui brillèrent particuliérement dans cette rencontre furent Rolland et Vachon, sauvant à plusieurs reprises leur équipe ; Lapointe qui su s'imposer royalement devant des joueurs présupposés beaucoup plus forts que lui ; Galarneau par son anti-sportivité et sa présomption. Enfin, et il faut le signaler, l'excellent arbitrage de Monsieur Savaria. Le match a été splendide, digne d'un bon match élite, tant l'enjeu et le jeu étaient présents de part et d'autre. Bravo aux Brestois pour leur belle victoire et également aux Ours pour leur combativité. c'est dans la défaite que s'écrivent les plus belles histoires...

 

Villard - Brest 1-2 (0-1, 0-1, 1-0)
Samedi 18 mars 2000 à la patinoire de Villard-de-Lans. 900 spectateurs.
Arbitrage de M. Savaria assisté de MM. Margry et Avavian.
Pénalités : Villard 8', Brest 16'.
Tirs : Villard 34 (4, 17, 13), Brest 26 (9, 10, 7).

Évolution du score :
0-1 à 00'51" : Koivisto assisté de Bertrand
0-2 à 26'33" : Lacuisse assisté de E. Legon et Kulonen
1-2 à 59'49" : Lapointe assisté de Boccard et Carry (sup. num.)
 

Villard-de-Lans

Attaquants :
Pierre Bourgey - Christophe Negro (C) - Franck Billieras
Christophe Peyronnet - Michaël Pereira - Alexandre Goncalves
Alexis Boccard - Romain Carry - Aurélien Albano

Défenseurs :
Patrice Bellier - Martin Lapointe
Martin Wilén - Jean-Marc Girard
Frédérick Borgnet - Nicolas Favarin

Gardien :
Patrick Rolland [sorti à 58']

Remplaçants : Pascal Favarin (G), Romain Surle, Thierry Morand, Yves Cruz, James Cruz. Absent : Zac Gross (dos).

Brest

Attaquants :
Alexandre Baillard - Markku Takala - Michel Galarneau (C)
Yves Bertrand - Janne Ijäs - Rami Koivisto
Stéphane Lacuisse - Eric Legon

Défenseurs :
Marko Halonen - Timo Kulonen
Daniel Kysela - Jari Rosenberg
Christophe Legon - Aurelian Popescou

Gardien :
Mathieu Vachon

Absents : Gabriel Bounoure (G), Lilian Prunet, Frédéric Chaisson (douleurs costales), Krzysztof Niedzolka (adducteurs).

 

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