Russie - Lettonie (5 mai 2000)

 

Championnats du monde 2000 à Saint-Pétersbourg, deuxième tour, groupe E.

La mobilisation a été décrétée dans l'équipe russe, dont les joueurs ont réaffirmé qu'ils travaillaient à s'améliorer, que l'atmosphère était bonne et qu'ils étaient persuadés de progresser. La visite prévue du musée de l'Ermitage hier a ainsi été remplacée par un entraînement supplémentaire. À l'heure où la Russie joue déjà sa place en quarts de finale, on se désole de constater que les tribunes ne sont pas remplies. C'est qu'il n'y a qu'un seul guichet ouvert à l'entrée de la patinoire, et au moment du coup d'envoi il reste encore des centaines de spectateurs en train de faire la queue...

Cette désorganisation affectera-t-elle aussi l'équipe russe ? Les lignes sont à nouveau remodelées, le duo du Dynamo Prokopiev-Kharitonov est complété par Maksim Afinogenov, Valeri Kamensky est mis avec Zhamnov et Petrov, et Andreï Nikolishin le remplace aux côtés de Kudashov et Kovalenko. Transparent avant-hier, Sushinsky est laissé de côté. Comme lors du match contre la Suisse, Aleksandr Khavanov est blessé au coude et la Russie est contrainte de jouer à six défenseurs.

Mais quelles que soient les formules essayées, les pièces du puzzle ne s'emboîtent pas. L'interaction entre les joueurs laisse toujours autant à désirer. L'autre sujet d'inquiétude, le controversé Ilya Bryzgalov, pourtant décrit par Tretiak lui-même comme le meilleur gardien russe actuel, se montre extrêmement fébrile dès les premières minutes. Il a de la chance que sa parade peu sûre sur un tir de Vyaceslavs Fanduls ne renvoie pas le palet dans ses propres filets.

Le scénario reprend trait pour trait celui des précédentes rencontres des Russes. Ils ont la possession du palet et la domination territoriale, mais toujours aussi peu d'imagination offensive. Leurs adversaires jouent le contre, avec un pressing actif et une détermination maximale. À la neuvième minute, pourtant, les spectateurs se lèvent. Valeri Kamensky entre en zone sur la gauche, attire le défenseur, et décale avec précision Zhamnov... dont le tir échoue sur la transversale. Problème récurrent, le jeu de puissance russe, qui n'arrive même plus à s'installer en zone offensive malgré deux possibilités successives.

En deuxième période, Kamensky prend la première pénalité russe. Et les Lettons, eux, ne laissent pas passer l'occasion. Aleksandrs Belavskis ouvre le score en lucarne. En totale contradiction avec la patience de la combinaison collective qui avait fait la légende du hockey soviétique, les Russes tirent dans toutes les positions, dès qu'ils le peuvent, à la canadienne, sans autre idée. Quand les lancers sont cadrés, Arturs Irbe est là pour les arrêter. Oleg Petrov parvient tout de même à égaliser sur un palet récupéré à la bleue par Zhamnov. Mais Aleksandrs Semjonovs inscrit deux buts coup sur coup, dont un pendant une prison de Petrov, pour amenuiser les espoirs russes, tout de même ravivés par la réduction du score de Pavel Bure.

Entre-temps, Yakushev a finalement renoncé à son jeune favori Bryzgalov et fait rentrer Podomatski à sa place. Mais il est trop tard. Les attaquants russes échouent sur l'implacable gardien letton Arturs Irbe, qui avait commencé sa carrière internationale sous le maillot de l'URSS, où il avait côtoyé les Bure (9 tirs), Kamensky ou Kravchuk qu'il a écśurés ce soir. En battant pour la première fois en match officiel l'ancien occupant honni, la Lettonie vit son plus grand jour de fête depuis l'indépendance, et leurs milliers de supporters ayant fait le déplacement se souviendront toute leur vie de ce match.

La Russie est éliminée à 95% des quarts de finale, et ses dernières chances reposent sur le fil de défaites répétées des Suisses, voire des Suédois. C'est un véritable cataclysme sur le hockey mondial. Ce championnat du monde qui devait marquer l'éclatante renaissance du hockey russe est en train de signer son enterrement, la plus mauvaise performance de toute son histoire. Et les rumeurs courent déjà pour savoir qui succèdera à Aleksandr Yakushev comme entraîneur national...

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Russie - Lettonie 2-3 (0-0, 2-3, 0-0)

Vendredi 5 mai 2000 à 16h30 au Dvorets Sporta de Saint-Pétersbourg. 7500 spectateurs.

Arbitrage de Peter Andersson (SUE) assisté de John Costello (USA) et Serge Carpentier (CAN).

Pénalités : Russie 16' (0', 8', 8'), Lettonie 12' (4', 2', 6').

Tirs : Russie 39 (9, 18, 12), Lettonie 26 (8, 10, 8).

Évolution du score :

0-1 à 21'58" : Belavskis assisté de Kercs et Lavinš (sup. num.)

1-1 à 14'16" : Petrov assisté de Zhamnov

1-2 à 36'58" : Semjonovs assisté de Nizivijs

1-3 à 38'36" : Semjonovs (sup. num.)

2-3 à 39'25" : Bure assisté de Kozlov

 

Russie

Gardien : Ilya Bryzgalov puis à 38'36" Egor Podomatsky (sorti de sa cage de 59'03" à 59'59").

Défenseurs : Igor Kravchuk - Sergueï Gonchar ; Dmitri Mironov - Alekseï Zhitnik ; Andreï Markov - Maksim Galanov.

Attaquants : Viktor Kozlov - Alekseï Yashin - Pavel Bure ; Valeri Kamensky - Alekseï Zhamnov - Oleg Petrov ; Aleksandr Kharitonov - Aleksandr Prokopiev - Maksim Afinogenov ; Alekseï Kudashov - Andrei Nikolishin - Andreï Kovalenko.

Remplaçant : Egor Podomatski (G).

Lettonie

Gardien : Arturs Irbe.

Défenseurs : Karlis Skrastinš - Normunds Sejejs ; Viktors Ignatjevs - Igors Bondarevs ; Rodrigo Lavinš - Andrejs Maticins ; Janis Sprukts - Atvars Tribuncovs.

Attaquants : Leonids Tambijevs - Harijs Vitolinš - Gregorijs Pantelejevs ; Aleksandrs Nizivijs - Aleksandrs Semjonovs - Juris Opulskis ; Aleksandrs Kercs - Vyaceslavs Fanduls - Aleksandrs Belavskis ; Artis Abols - Sergejs Senins - Aigars Cipruss.

Remplaçant : Sergejs Naumovs (G).

 

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