France - Pays-Bas (17 avril 2001)

 

Deuxième journée des championnats du monde 2001 de division 1, groupe A.

Les Pays-Bas abordent la rencontre avec un absent de marque : l'attaquant naturalisé de Bracknell, Mark Bultje, blessé au genou, préfère se ménager en prévision des matches cruciaux pour le maintien et laisse son coéquipier de club Chris Brant seul en piste.

Après une première occasion du premier bloc Bozon-Besse-Pouget, l'ancien défenseur de Viry et Amiens, Leo van den Thillart, aujourd'hui à Milan, prend la première pénalité pour accrocher. Une fois sorti, il est à son tour victime d'un forechecking trop appuyé de Laurent Meunier, qui le relaie sur le banc de la prison. Dans leurs séances respectives d'infériorité (un des points stigmatisés la veille par Heikki Leime), les deux formations font bonne figure, mais cela ne durera pas. Pour l'heure, les Pays-Bas remplissent l'objectif assigné la veille par le capitaine Tom Hartogs (deux fois champion de France avec Brest et une avec Grenoble) : tenir le 0-0 le plus longtemps possible. Ils font même mieux que ça : Perez et Filippin sont envoyés en prison, et le vétéran Dave Livingston, 38 ans, en profite pour ouvrir la marque. Le match est beaucoup plus alerte que la veille, mais l'élévation de rythme n'est pas au bénéfice des tricolores, qui se mettent encore en danger en fin de tiers par des pertes de palet près de leur but. Les Polonais leur avaient pourtant montré la voie la veille : pour vaincre les Polonais, il faut du sérieux en défense et de la discipline. Tout ce qui a manqué aux Bleus, condamnés par des pénalités superflues.

Sermonnés par Heikki Leime, ils jouent bien mieux dans le deuxième tiers, emmenés par la ligne Aimonetto-Meunier-Treille, qui peut faire face au défi physique des Néerlandais tout en les dépassant en vivacité. Mais c'est au sein de la première ligne de supériorité numérique, aux côtés de Bozon et Pouget, que s'illustre Meunier en assistant l'attaquant de Lugano sur l'égalisation, alors qu'Hartogs purge une pénalité. C'est que l'indiscipline a changé de camp, et que les Hollandais accumulent les prisons alors que les Français ont l'intelligence de ne pas répondre. Toujours dangereux, Dave Livingston réussit à partir en contre en infériorité, mais, comme Hans Kroon un peu plus tard qui se propulse hors du banc des pénalités vers le but adverse, il se heurte à Cristobal Huet, dont le vis-à-vis Marcel Nijland est également impérial. Les Bleus, qui jouent désormais à trois lignes pour plus de densité, le soumettent en effet à une pression constante. Pour sa part, Christian Pouget a la lèvre ouverte par un palet et quitte provisoirement ses coéquipiers. Il est remplacé sur le jeu de puissance par Treille, sans que le rendement de cette ligne en soit affecté : un tir de Bozon idéalement dévié devant le but (par Bachet ou par le défenseur adverse ?) permet aux Bleus de quitter la glace en ayant repris l'avantage. Les Français auront complètement pris la mesure de leurs adversaires dans ce tiers : 18 lancers contre 2 maigres contre-attaques maîtrisées par Huet.

Pouget revient sur la glace avec un pansement sur la lèvre supérieure, mais ce sont les Néerlandais qui laissent les Français cois en réussissant le coup parfait : égaliser d'entrée par Christophe Brant avant de se replier en défense, et de tenir dix bonnes minutes. Leo van den Thillart ceinture alors Aimonetto et le balance par terre. Dans l'avantage numérique ainsi provoqué, Denis Perez doit insister par trois fois avant de tromper Nijland. Mais les Néerlandais n'abdiquent pas et ce diable de Chris Brant égalise dans la foulée. La France cède à la panique et est victime d'un 2 contre 1 victorieux de Brant et Livingston. Les Bleus sont menés 3-4 et les minutes s'égrènent. une minute de la fin, Amar, du coin de la zone, adresse une passe parfaitement reprise par Yorick Treille, démarqué devant le but, ce qui permet de sauver les meubles.

Ce nul est clairement une contre-performance, mais il permet d'assurer l'essentiel en ne compromettant pas la suite de la compétition. L'objectif reste le même pour la France : remporter tous les matches restants. Il faudra s'y prendre autrement que contre des Néerlandais qui ont sur tirer leur épingle du jeu en s'appuyant presque exclusivement sur l'apport de leur unique bloc constitué de professionnels à plein temps et sur le gardien de Heerenveen, Marcel Nijland, auteur d'un grand match.

Désignés joueurs du match : Philippe Bozon pour la France et Leo van den Thillart pour les Pays-Bas.

Marc Branchu

Commentaires d'après-match :

Heikki Leime (entraîneur de la France) : "On a beaucoup travaillé, on a dominé et on aurait sans doute mérité de gagner mais, dans le hockey, il n'y a pas de victoire pour le travail. Il y a des soirs où rien ne va, où t'as les occasions mais où tu n'arrives pas à marquer. Avec quelques buts d'avance, le match aurait été différent. Il faut maintenant oublier ce match et regarder vers le futur. Peut-être que c'est plus difficile de jouer pour gagner que de jouer pour ne pas perdre."

Guillaume Besse (attaquant de la France) : "Ce soir nous avons clairement manqué d'opportunisme même si on est content de s'en sortir avec un point car on ne pouvait pas se permettre de perdre. Mais on le ressent comme une petite défaite car, au fond de nous, on savait qu'on devait l'emporter. De ce qu'on nous avait dit, je les croyais plus gros et plus durs."

Tom Hartogs (capitaine des Pays-Bas) : "On a joué à 150%. Bvoir Bozon et Pouget travailler aussi fort, cela prouve qu'on a vraiment bien joué."

 

France - Pays-Bas 4-4 (0-1, 2-0, 2-3)

3451 spectateurs. Arbitre : Richard Forest (CAN) assisté de Matthew Folka et Michael Linke.

Pénalités : France 8' (6', 2', 0'), Pays-Bas 16' (6', 8', 2')

Tirs : France 46 (11, 18, 17), Pays-Bas 15 (7, 2, 6)

Evolution du score :

0-1 à 12'56" : Livingston assisté de Hartogs (double sup. num.)

1-1 à 27'57" : Bozon assisté de Meunier et Pouget (sup. num.)

2-1 à 37'58" : Bozon assisté de Bachet (sup. num.)

2-2 à 40'20" : Brant assisté de Hartogs (sup. num.)

3-2 à 49'06" : Perez assisté de Meunier (sup. num.)

3-3 à 49'49" : Brant

3-4 à 57'04" : Livingston assisté de Brant

4-4 à 59'02" : Treille assisté de Amar et Pouget

France :

Gardien : Cristobal Huet.

Défenseurs : Allan Carriou - Vincent Bachet ; Denis Perez (C) - Nicolas Pousset ; Baptiste Amar - Sébastien Dermigny ; Karl Dewolf - Jean-Christophe Filippin.

Attaquants : Philippe Bozon (A) - Christian Pouget - Guillaume Besse ; Richard Aimonetto - Laurent Meunier (A) - Yorick Treille ; Maurice Rozenthal - Laurent Gras - François Rozenthal ; Yven Sadoun - Alain Vogin - Pierre Allard.

Entraîneur : Heikki Leime.

Pays-Bas :

Gardien : Marcel Nijland

Défenseurs : Leo van den Thillart - Rody Jacobs ; Jacco Landman - Bas de Haan ; Siebold van den Werf - Peter Wagteveld ; Jeffrey van Iersel.

Attaquants : Christophe Brant - Tom Hartogs (C) - Dave Livingston ; Simon de Wit - Tommie Speel - Chris Eimers ; Dennis ten Bokkel - Erik Landman - Hans Kroon ; Joost Zeebregts

Absents : Mark Bultje et John Versteeg

 

Les autres matches :

Les Polonais continuent d'impressionner par leur difficile défensive qui leur a permis d'aligner un deuxième blanchissage d'affilée face aux Hongrois (3-0), prochains adversaires de l'équipe de France. Celle-ci voit ainsi sa tâche facilitée : les attaquants adverses ne sont pas en confiance avant de la rencontrer puisqu'ils se sont déjà cassé les dents sur les Polonais, comme c'était déjà le cas des Pays-Bas... Euh, aurais-je dit une bêtise ? Trêve de plaisanteries, cela prouve surtout qu'il faudra disputer un dernier match sérieux dimanche prochain, mais après l'avertissement donné plus tard dans la journée par les Néerlandais, les Bleus ne prendront plus personne à la légère. Et surtout pas les Danois, faciles vainqueurs des Lituaniens (8-1).

 

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