Suède - Slovaquie (5 mai 2001)

 

Championnats du monde 2001, deuxième tour, groupe F.

Sans doute impressionnés par le feu d'artifice suédois de la veille, les Slovaques se montrent très prudents et attendent qu'une opportunité se présente, pourquoi pas sous la forme d'une faute scandinave. Et en effet, alors que Öhlund est déjà en prison, Axelsson part en contre et, pour essayer de gagner de précieuses secondes, adresse une passe en retrait à... Chara ! Pour tenter de rattraper son erreur, il revient accrocher le géant de Trencín. Seulement voilà, en quarante-quatre secondes à cinq contre trois, les Slovaques ne parviennent pas à s'installer une seule fois. Ils obtiennent certes quelques rebonds intéressants à cinq contre quatre, mais les Suédois n'ont aucune raison de s'affoler et attendent patiemment leur tour : à trois minutes de la fin, la déviation de Christer Olsson prend par surprise Pavol Rybár.

Sachant bien négocier les moments importants, les Suédois enfoncent le clou : Per-Johan Axelsson passe devant la cage, attend que Rybár s'étende de tout son long et n'a plus qu'à passer outre pour marquer le deuxième but. Le public s'enflamme alors à l'annonce du deuxième but allemand contre le Canada, mais il a l'occasion de s'intéresser de nouveau au match qui se déroule sous ses yeux. Nagy effectue une passe de derrière la cage, et Cíger et Zedník s'emploient pour faire rentrer le palet, qui passe finalement Salo. Le but est justement validé après recours à la vidéo. Les Suédois sont encore en danger en infériorité numérique, et une illusion d'optique fait d'ailleurs croire à une partie du public que l'égalisation est venue. Dans un 2 contre 1 en fin de tiers, Mathias Johansson sert Kristian Huselius, mais le meilleur marqueur du championnat suédois est beaucoup moins en réussite sous le maillot national.

À l'affût, la Slovaquie ne profite encore pas d'une supériorité numérique, et Öhlund, pour sa part, convertit le jeu de puissance suédois et signe le 3-1. Le suspense est alors haletant ! Vraiment ? Hé oui, je parle bien sûr de celui d'Allemagne-Canada, bien entendu, dont la patinoire attend avec anxiété les furtives annonces de l'évolution du score sur l'écran géant de 20 tonnes et de la taille d'un appartement pour une famille (on en apprend, des choses passionnantes, dans les guides !). Des jurons de dépit ont fusé lorsque le Canada a égalisé, mais c'est l'explosion au moment où l'Allemagne prend l'avantage (et on n'aura pas le temps d'en savoir plus, quelle déception attend les supporters en rentrant chez eux...) pendant un temps mort demandé par les Slovaques. Ceux-ci sortent en effet leur gardien, ce qui est d'autant plus avantageux que les équipes jouaient alors à quatre contre quatre. Mais ce n'est pas maintenant que les espaces vont s'ouvrir. La tactique slovaque était vouée à l'échec : jamais mise hors de position, la défense suédoise s'est vite rassurée et les Scandinaves se sont mis au diapason de leurs adversaires sans jamais trop en faire. Les Slovaques ont attendu des circonstances favorables qui ne sont jamais arrivées, d'autant que la supériorité du jeu de puissance suédois ne plaidait pas en la faveur de cette stratégie attentiste. Avec cette victoire peu contestée par des adversaires trop timorés, la Suède prend de plus en plus confiance.

Désignés meilleurs joueurs du match : Per-Johan Axelsson pour la Suède et Vladimír Országh pour la Slovaquie.

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Commentaires d'après-match

Hardy Nilsson (entraîneur de la Suède) : "Nous nous attendions à un match dur et nous l'avons eu. Je pense que nous avons bien joué jusqu'à la seconde moitié de la deuxième période. Mais après cela nous avons eu quelques problèmes. Dans le troisième tiers, nous avons bien contrôlé le match. Je ne pense pas qu'il soit injuste que nous ayons gagné, et même si ça l'était, je m'en fiche."

Ján Filc (entraîneur de la Slovaquie) : "Nous connaissons bien les Suédois puisque nous avons disputé quelques matches amicaux contre eux. Je pense que c'est leur meilleur match puisque nous avons tous deux ajouté des joueurs de qualité à nos effectifs. Il y a eu quelques étranges décisions arbitrales, et à la fin une supériorité numérique ne nous a pas été accordée."

Mattias Öhlund (défenseur de la Suède) : "Il y a eu quelques plongeons flagrants. J'ai légèrement accroché Chara et il s'est envolé. Il fait quand même 115 kilos."

 

Suède - Slovaquie 3-1 (1-0, 1-1, 1-0)

Samedi 5 mai 2001 à 20h00 à la Kölnarena, Cologne. 8321 spectateurs.

Arbitrage de Leonid Vaisfeld (RUS) assisté de Petr Blumel (TCH) et Sergei Kulakov (RUS).

Pénalités : Suède 14' (4', 4', 6'), Slovaquie 14' (4', 6', 4').

Tirs : Suède 28 (9, 11, 8), Slovaquie 27 (10, 9, 8).

Évolution du score :

1-0 à 18'30" : Ottosson assisté de Tjärnqvist et Axelsson (sup. num.)

2-0 à 21'48" : Axelsson assisté de Johnsson

2-1 à 29'25" : Zedník assisté de Cíger et Nagy

3-1 à 54'40" : Ohlund assisté de Jönsson et Johansson (sup. num.)

 

Suède

Gardien : Tommy Salo.

Défenseurs : Leif Rohlin - Mattias Öhlund ; Daniel Tjärnqvist - Kim Johnsson ; Peter Andersson - Björn Nord ; Christer Olsson.

Attaquants : Andreas Johansson - Mikael Renberg - Jörgen Jönsson ; Henrik Zetterberg - Henrik Sedin - Kristian Huselius ; Mathias Johansson - Fredrik Modin - Daniel Alfredsson ; Andreas Salomonsson - Kristofer Ottosson - Per-Johan Axelsson.

Slovaquie

Gardien : Pavol Rybár.

Défenseurs : Zdeno Chára - Richard Pavlikovský ; Martin Štrbák - Lubomír Sekeráš ; Ivan Droppa - Richard Lintner ; Branislav Mezei.

Attaquants : Zdeno Cíger - Ladislav Nagy - Richard Zedník ; Robert Petrovický - Peter Pucher - Vladimír Országh ; Marian Hossa - Radovan Somik - Marián Gáborík ; Peter Bartos - Miroslav Hlinka - Ján Pardavý.

 

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