Canada - États-Unis (10 mai 2001)

 

Quart de finale des championnats du monde 2001.

Le Canada profite des modifications d'effectif autorisées pour les quarts de finale pour donner sa chance à Daniel Marois. C'est une juste récompense pour le joueur d'Ambrí-Piotta, qui a connu une saison difficile, ne marquant plus depuis le début de l'année et étant sifflé plus souvent qu'à son tour par le public tessinois, mais qui a effectué toute la préparation de l'équipe canadienne. Du fait de la blessure de Thornton, KO après un choc contre son coéquipier Walker lors de la rencontre face aux Tchèques, Brenden Morrow fait aussi sa rentrée.

La première période est conforme aux dernières sorties des deux formations : plus appliqués dans le repli défensif, les Américains rentrent un peu mieux dans le match. Les Canadiens, un peu trop sûrs d'eux et qui ont déchanté dans les deux précédentes rencontres, paraissent moins en confiance et sont même sauvés une fois par le poteau, mais l'ouverture du score les soulage : à la lutte dans le coin, les Américains tentent de se dégager mais Marois contre le palet avec son patin. Jeff Friesen s'en saisit derrière le but et remet à Patrick Marleau, sorti du banc de la prison peu de temps auparavant, qui reprend imparablement. Après ce premier but, le Canada enchaîne sur un jeu de puissance où Smyth et Richard auraient très bien pu enfoncer un peu plus les Américains, à qui la pause fait du bien.

Cependant, ils ne parviennent pas à inverser la tendance en cours à la reprise : sur un engagement gagné par Walz, Rem Murray tire puissamment du revers dans la lucarne opposée de Robert Esche, qui était masqué par Tanabe. Les Américains se créent très peu d'occasions et ne paraissent alors pas vraiment en mesure de revenir, pourtant ils mettent à profit une contre-attaque : sur un centre de Kraft, Hendrickson, complètement seul, peut faire une reprise d'école. Ensuite, Walker contourne la cage et Esche perd de vue le palet, qui est en fait à l'opposé et que Stuart pousse au fond des filets pour le 3-1. La réplique est là encore instantanée et vient d'une action individuelle de Brian Gionta, qui part de la bande, se recentre, et tire en pivotant sous le bras de Brathwaite. Les Américains se régalent de la fébrilité canadienne, et David Legwand surgit du banc en fin de tiers pour égaliser en contre-attaque.

En début de troisième tiers, la confusion règne autour des cages américaines. Esche rate un dégagement derrière son but et doit revenir en catastrophe, mais, à son grand soulagement, Richards tire au-dessus. Les Canadiens trouvent aussi une transversale, puis le petit filet sur un 2 contre 1 de Morrow et Sullivan, un peu large sur sa feinte. On sent que le Canada cherche à faire la différence, alors que les Américains restent sereins et s'en tiennent à leur tactique défensive : ils acculent les Canadiens contre la bande, et quand ils peuvent se dégager, envoient dans le fond et changent de ligne avant de subir une nouvelle période de pression canadienne. À ce petit jeu, ils épuisent les nerfs canadiens et s'acheminent tranquillement vers la prolongation.

Leur patience est récompensée au bout de seulement trente secondes de la prolongation : Doug Brown récupère le palet contre la bande dans sa zone et lance Jeff Halpern en contre-attaque, celui-ci centre alors au second poteau pour Darby Hendrickson qui n'a plus qu'à envoyer la rondelle dans la cage vide. Belle maîtrise tactique des Américains, qui ont peu à peu mis en place une stratégie défensive payante, et qui s'y sont tenus. La contre-attaque attendue ne s'est jamais présentée dans le temps réglementaire, mais elle est arrivée en prolongation alors que les nerfs des Canadiens trop impatients avaient fondu pour cause de surchauffe.

Wayne Gretzky quitte la patinoire à pas feutrés. On l'aura vu extrêmement tendu, soufflant sans cesse tout au long des matches. Il avait déclaré vouloir l'or, mais s'est vite rendu compte que cette équipe ne répondrait pas à ses attentes. L'orgueil du berceau du hockey en a encore pris un coup, mais il faut peut-être en passer par là pour ne pas arriver à Salt Lake City en se croyant invincibles, comme si Nagano n'était qu'une péripétie. En tout cas, Kirk Muller, le vétéran de Dallas appelé en renfort, mais qui avait été ménagé le temps qu'il se remette du décalage horaire, aura fait le voyage pour rien.

Désignés meilleurs joueurs du match : Patrick Marleau pour le Canada et Brian Gionta pour les États-Unis.

Trois meilleurs joueurs canadiens du tournoi : Ryan Smyth, Kris Draper et Scott Walker.

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Canada - États-Unis 3-4 après prolongation (1-0, 2-3, 0-0, 0-1)

Jeudi 10 mai 2001 à 20h00 à la Preussag Arena de Hanovre. 6857 spectateurs.

Arbitrage d'Ulf Rådbjer (SUE) assisté de Antti Hämäläinen (FIN) et Sergei Kulakov (RUS).

Pénalités : Canada 8' (6', 2', 0', 0'), États-Unis 12' (8', 2', 2', 0').

Tirs : Canada 30 (14, 11, 5, 0), États-Unis 23 (6, 11, 5, 1).

Évolution du score :

1-0 à 17'41" : Marleau assisté de Friesen et Marois

2-0 à 22'23" : Murray assisté de Walz

2-1 à 27'33" : Hendrickson assisté de Kraft

3-1 à 28'41" : Stuart assisté de Walker et Friesen

3-2 à 31'05" : Gionta assisté de Hendrickson

3-3 à 36'51" : Legwand assisté de Connolly

3-4 à 60'32" : Hendrickson assisté de Brown et Hedican

 

Canada

Gardien : Fred Brathwaite.

Défenseurs : Derek Morris - Kyle McLaren ; Jason Smith - Eric Brewer ; Brad Stuart - Wayne Redden ; Stéphane Robidas - Daniel Marois.

Attaquants : Brad Richards - Vincent Lecavalier - Ryan Smyth ; Rem Murray - Wesley Walz - Brad Isbister ; Scott Walker - Patrick Marleau - Jeff Friesen ; Steve Sullivan - Kris Draper - Brandon Murray.

États-Unis

Gardien : Robert Esche.

Défenseurs : Phil Housley - Hal Gill ; Mark Eaton - Deron Quint ; Eric Weinrich - Bret Hedican ; David Tanabe.

Attaquants : Doug Brown - Jeff Halpern - Mike Knuble ; Craig Darby - David Legwand - Tim Connolly ; Brian Gionta - Darby Hendrickson - Ryan Kraft ; Landon Wilson - Derek Plante - Jim Campbell.

 

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