Suède - Russie (10 mai 2001)

 

Quart de finale des championnats du monde 2001.

Cette rencontre oppose les deux grands perdants de l'an passé : la Suède, septième, et la Russie, onzième, qui veulent toutes deux faire oublier cet échec historique. Si elle a évité le pire, c'est-à-dire un désastre du même ordre, la Russie a fait un tournoi moyen et doit maintenant faire chuter une grosse équipe suédoise pour espérer revenir sur le podium mondial, leur objectif avoué. Ils prennent les Suédois de vitesse en début de match. Karpov ne conclut pas une contre-attaque en infériorité, mais Anton But amène la sienne au bout en se servant d'Olsson pour masquer son tir. Comme les Finlandais, les Russes ont vite compris la méthode pour désarçonner la Suède, en essayant de dérouter rapidement sa défense. Le navire aux trois couronnes prend l'eau de toutes parts : Korolyuk et Golts se présentent tour à tour seuls devant Salo, mais le premier ne parvient pas à ramener le palet après sa feinte et le second tire au-dessus. Seul la première ligne suédoise inquiète quelque peu Sokolov, alors que les Russes partent de nouveau à deux contre un en infériorité, mais Oleg Tverdovsky trouve l'extérieur du poteau sur la passe de Golts. Andreas Johansson se crée une superbe occasion personnelle en se débarrassant magnifiquement d'un défenseur, mais dans l'ensemble, les Suédois s'en tirent à bon compte en n'ayant encaissé qu'un seul but.

C'est encore par des individualités que les Scandinaves font la différence dans le deuxième tiers-temps : Daniel Alfredsson fait le tour complet de la zone, partant de derrière la cage, longeant la bande et la bleue pour revenir vers le but égaliser dans la lucarne et se poser en concurrent de Pärssinen et Pantelejevs pour le titre de plus belle action individuelle du tournoi. C'est maintenant au tour de Sokolov d'être mis à contribution : il dévie un revers de Renberg mais, alors que Kuvaldin est en prison, il s'incline sur un tir de la bleue de Kim Johnsson, en partie parce qu'Axelsson lui est passé devant au moment opportun. Mais le jeu de puissance russe concrétise également : d'abord par un lancer de Tverdovsky dont la trajectoire est déviée par la crosse de Röhlin, puis, alors que Modin est pénalisé pour retenir, une diagonale de Zhdan ouvre la cage à Karpov, qui cadre de justesse son tir en s'aidant du poteau. En grand manque d'efficacité alors qu'ils dominaient en première période, les Russe sont bien réagi au retour suédois. Après avoir repris l'avantage grâce à un bon jeu de puissance et ont confirmé en dominant la fin de tiers.

La reprise est encore à leur avantage, mais sans que Salo soit inquiété outre mesure. Le jeu s'interrompt lorsque Petrochinin est atteint à la base du nez par la crosse d'Andreas Johansson et saigne abondamment, obligeant le service d'entretien à gratter la glace pendant un long moment. Le Suédois est pénalisé de 2'+2', mais les Russes sont par trop imprécis, à l'image de Golts qui manque le cadre. À sept minutes de la fin, Sokolov capte entre les jambières un tir de Rohlin puis, couché, relâche alors le palet que Modin met au fond. Mais l'arbitre ayant sifflé avant le tir de Modin, la question est de savoir si le palet avait ou non franchi la ligne sur le premier tir. Le juge vidéo met un temps interminable à se décider avant que le but soit finalement accordé... à Modin ! Tout cela est un peu confus. Les Suédois paraissent dès lors plus en jambes, même s'ils sont sauvés une fois par la transversale.

La prolongation est équilibrée, et comme il se doit les équipes jouent avec la peur au ventre alors que le public retient son souffle. Finalement, c'est la Suède qui fait la décision sur un lancer de la bleue que Sokolov ne voit pas partir. Difficile à avaler pour les Russes qui ont fait ce qu'il fallait pour s'imposer, qui ont parfaitement exploité les failles défensives suédoises et utilisé les supériorités numériques. Cependant, ce sont les occasions manquées et les tirs non cadrés de la première période qui leur ont coûté la victoire. Contrainte à courir après le score face à la Finlande, la Suède a cette fois toujours été à portée des Russes et a pu s'en sortir. Cependant, elle se prépare sans doute encore un sale quart d'heure en début de match face aux Tchèques, où elle risque une fois de plus de perdre le match d'entrée.

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Commentaires d'après-match

Hardy Nilsson (entraîneur de la Suède) : "Nous sommes bien partis, mais après leur premier but, nous avons perdu la tête. À la première pause, j'étais content qu'il n'y ait que 1-0 pour la Russie. J'avais le sentiment en troisième période que ce n'était pas notre jour, mais j'ai changé d'avis après que nous avons marqué le troisième but. La Russie a continué à jouer comme s'ils avaient peur de perdre. J'ai déjà souvent été à Hanovre, mais je n'ai jamais été aussi content d'y aller que maintenant."

 

Suède - Russie 4-3 a.p. (0-1, 2-2, 1-0, 1-0)

Jeudi 10 mai 2001 à 20h00 à la Kölnarena, Cologne. 18514 spectateurs.

Arbitrage de Dave Wright (CAN) assisté d'Alfred Hascher (ALL) et Derek Nansen (USA).

Pénalités : Suède 14' (2', 6', 6', 0'), Russie 14' (4', 8', 2', 0').

Tirs : Suède 33 (11, 10, 9, 3), Russie 27 (11, 6, 8, 2).

Évolution du score :

0-1 à 05'29" : But assisté de Kuznetsov et Korolyuk

1-1 à 12'03" : Alfredsson assisté d'Axelsson

2-1 à 25'20" : Johnsson assisté d'Alfredsson et Tjärnqvist

2-2 à 31'20" : Tverdovsky assisté de Razin et Gusmanov

2-3 à 32'55" : Karpov assisté de Zhdan et Yashin

3-3 à 53'16" : Modin assisté de Röhlin et A. Johansson

4-3 à 66'03" : Johnsson assisté de Modin

 

Suède

Gardien : Tommy Salo.

Défenseurs : Leif Rohlin - Mattias Öhlund ; Daniel Tjärnqvist - Kim Johnsson ; Peter Andersson - Bjorn Nord ; Christer Olsson - Jimmy Ölvestad.

Attaquants : Andreas Johansson - Jörgen Jönsson - Mikael Renberg ; Daniel Alfredsson - Kristofer Ottosson - Per-Johan Axelsson ; Kristian Huselius - Fredrik Modin - Mathias Johansson ; Henrik Zetterberg - Andreas Salomonsson - Henrik Sedin.

Russie

Gardien : Maksim Sokolov.

Défenseurs : Andrei Evstafiev - Oleg Tverdovsky ; Aleksandr Zhdan - Vitali Vishnevsky ; Oleg Orekhovsky - Sergei Petrochinin ; Dmitri Krasotkin - Sergei Zhukov.

Attaquants : Ravil Gusmanov - Andrei Razin - Aleksandr Golts ; Pavel Datsyuk - Aleksei Yashin - Valeri Karpov ; Aleksandr Kharitonov - Aleksandr Prokopiev - Aleksandr Kuvaldin ; Anton But - Yuri Kuznetsov - Aleksandr Korolyuk.

 

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