Mulhouse - Grenoble (17 octobre 2001)

 

Match comptant pour la onzième journée du championnat Elite 2001/2002

À la tête des Scorpions, toujours décimés par les blessures, Christer Eriksson devait se demander combien de temps allait durer cette "pénitence". Manquaient, en effet, à l'appel, Croz, Boman et Prunet. En face, sous une nouvelle tenue, les Bruleurs de loups ne devaient se passer que de Guillemard... Avantage pour Grenoble, sur le papier ? On pourrait le penser quand on voit les positions, mais Mulhouse revient d'une victoire chez le leader angevin. Méfiance donc...

Et d'ailleurs, les Scorpions ne se posent pas de questions, ouvrant les hostilités, puis imposant progressivement leur jeu. Rolland leur rappelle sa tâche, non sans quelques difficultés... Grenoble semble calme, attend son tour. Et sur leur première attaque, Vuoti s'enfuit à toute allure sur la droite de Lhenry et sert Suvanto sur un plateau, qui marque d'une reprise immédiate. Le repli défensif mulhousien a été pris en défaut ! Mais les locaux, bien qu'un peu sonnés par ce réalisme, ne s'en laissent pas compter, continuent leurs efforts, même si la manière est un peu trop brouillonne devant le but. Les pénalités qui tombent ne facilitent pas les choses des deux côtés, mais sur l'une d'elles, Bilbao sert son canonnier de service, Andreas Karlsson qui redonne alors de l'espoir à ses coéquipiers, et ce n'est que justice pour leurs efforts. Hélas, il reste quarante secondes à jouer, et Mulhouse négocie mal une énième supériorité, Grenoble part en contre, un premier tir sur Lhenry qui repousse, les quatre Grenoblois s'installent alors dans la zone adverse et Jeff Bonnard, d'un bon tir, remet son équipe du bon côté. Leçon de réalisme, premier chapitre !

Après deux coups de semonces, il faut maintenant tuer la partie. Et c'est ce que Grenoble va faire durant la deuxième période. Fini d'attendre pour placer des contres, c'est à Lhenry de travailler ! Et le bougre, il va en avoir du travail : des attaques sur les deux ailes, des tirs de la bleue, des intimidations aussi, devant sa cage. Mais Mulhouse tient, patiemment, difficilement aussi. Les contres sont rares, et avortés par manque de précision. Pourtant, la discipline est de mise, par rapport au premier tiers. Et à force de pousser, Grenoble va marquer, par l'intermédiaire d'Elian : un bon travail de ce diable de Vuoti qui sert pour Elian, un peu en retrait, un bon tir tendu... et de trois.

Dur de se remotiver quand on a deux buts de retard, et qu'au niveau lignes, on est au four et au moulin, à défendre et à contrer, et ce, sur deux blocs : c'est ce que doivent se dire Coqueux et Bilbao à l'entame de ce troisième tiers. Et pourtant, ils repartent, de plus belle, au charbon. Et le doute va un peu s'estomper quand ce même Bilbao conclut un lancer de Karlsson : la joie exprimée fait plaisir à voir, et remotive les troupes. Grenoble sent alors qu'il vaut mieux calmer le jeu, à défaut de ses esprits, et endort peu à peu son adversaire, qui laisse de plus en plus de forces dans ses tentatives. Au fur et à mesure, Grenoble repointe de plus en plus son museau vers Lhenry, quelques contres bien sentis tels ce bel exploit en solitaire de Podlaha, avant de mordre à nouveau : Agnel nous refait une "Dennis Savard", un petit tour sur lui-même, et hop, en retrait pour Podlaha qui tire instantanément.

Fini, rideau, Mulhouse est bien trop fatigué pour remonter : les relances sont de moins en moins précises, le repli est de plus en plus dur (deux lignes en défense, ça fatigue bien son homme !). Et ce cinquième but, dans la cage vide, paraît un peu anecdotique, les Scorpions ont encore du cur, mais plus de forces pour réagir depuis quelques moments.

Grenoble a montré qu'il était le plus fort, mais la manière aurait pu être plus significative. Et d'ailleurs, les passes n'étaient pas toujours très ajustées. Mais le collectif se trouve déjà bien, ce qui est normal quand on sait que beaucoup se connaissaient, et jouaient ensemble la saison dernière. Les quatre buts sont d'ailleurs de belles actions collectives, toutes conclues en tir tendu.

De l'autre côté, Mulhouse a joué sans complexes, mais a peut être tout donné trop tôt, surtout avec un effectif limité en nombre. La première ligne est pourtant de plus en plus dangereuse, rapide, mais l'attaque pêche en conclusion. Il manquait, notamment hier soir, du monde au centre, devant le slot. Aubry, Faith ou Maatta arrivaient bien à passer sur les ailes mais personne ne se trouvait au centre : bon boulot de la défense grenobloise, certes, mais peut-être un peu d'organisation à revoir pour Mulhouse. Quand à la défense, Lageard est arrivé trop tard sur la glace, ses quatre compères étaient déjà bien entamés physiquement, entre contres et replis.

Vivement le retour des 3 lascars !

J'ai bien aimé :

- Pour Mulhouse : Grosse présence de Ruokonen et Karlsson (le patron derrière !) au niveau relances, jeu de puissance et défense, et aussi de Bilbao (beaucoup de cur à l'ouvrage).

- Pour Grenoble : Bonnard (bien concentré derrière) et le "danger permanent" créé par Vuoti et Podlaha.

Compte-rendu signé Stéphane Rault

 

Mulhouse - Grenoble 2-5 (1-2, 0-1, 1-2).

Arbitrage de M. Durand. 650 spectateurs.

Pénalités : Mulhouse 10' (6', 4', 0'), Grenoble 20' (8', 4', 8').

Évolution du score :

0-1 à 06'18" : Suvanto assisté de Vuoti et Pouget.

1-1 à 16'24" : Karlsson assisté de Bilbao (sup. num.).

1-2 à 19'20" : Bonnard assisté de B. Bachelet (inf. num.).

1-3 à 35'54" : Elian assisté de Vuoti et Fougère.

2-3 à 41'12" : Bilbao assisté de Karlsson.

2-4 à 48'43" : Podlaha assisté d'Agnel et Elian.

2-5 à 59'46" : B. Bachelet assisté de Vuoti (cage vide).

 

Mulhouse

Gardien : Lhenry.

Défenseurs : Ruokonen - Lehmusvuori ; Karlsson - Dumenil ; Lageard.

Attaquants : Pazak - Coqueux - Faith ; Maatta - Bilbao - Vaillant ; Bringuet - Coqueux (ou Bilbao) - Aubry.

Remplaçants : Denis (G), Hitze, Rénier.

Grenoble

Gardien : Rolland.

Défenseurs : Gachet - Pouget ; Bonnard - Fougère ; Elian - Maynard.

Attaquants : Suvanto - B. Bachelet - Vuoti ; Podlaha - Agnel - S. Bachelet ; Oprandi - Bergamelli - Billieras.

Remplaçants : Goetz (G), Guers.

 

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