Mulhouse - Rouen (27 octobre 2001)

 

Match comptant pour la quatorzième journée du championnat Elite 2001/2002

C'est l'histoire d'une trentaine de supporters rouennais qui vont découvrir une nouvelle patinoire, en terre alsacienne. Découvrir aussi l'antre d'un nouveau promu, qui à l'aller, leur avait causé, ainsi qu'à leur équipe fétiche, bien des soucis.

Voici donc les tribulations du récent champion de France, les Dragons de Rouen, face aux Scorpions de Mulhouse : face à un promu aussi irrégulier qu'imprévisible, comment allait réagir la troupe à Guy Fournier, surtout après quelques matches de championnat bien moyens, et une récente tournée européenne décevante ?

On ne va pas beaucoup se poser de questions, d'ailleurs, dès l'entame du match. Rouen assiège le but de Lhenry, qui repousse les essais. On intimide un peu les locaux, par l'intermédiaire de Bellier. La prison va immédiatement libérer les Mulhousiens, un premier tir sur Groenveld, qui repousse, mais décentré, il ne peut revenir assez vite pour contrer Pazak, qui marque excentré. A peine le temps d'engager que Vaillant lance Boman, qui se rue sur le but, un essai, un rebond, un deuxième rebond et but : deux actions, deux buts, pas mal l'efficacité. Et nos trente Rouennais de perdre leur voix... Les Ultras mulhousiens se chargent de prendre le relais. Rouen va mettre alors quelques minutes pour retrouver son jeu, remonter sûrement le palet en zone adverse, et s'installer. Une bonne combinaison de Lacroix et Vogin aboutit dans la crosse de Riihijärvi : un peu de place entre lui et Lhenry, un tir et but. On se réveille sur la glace, dans les tribunes, on reprend ses esprits, le match est équilibré, sur la glace, dans les tribunes aussi. Doucet va profiter d'une erreur de pressing "défensif" de Boman sur Lacroix pour égaliser. Le bel avantage a fondu comme neige au soleil. Pas longtemps d'ailleurs, puisque Bussat choisit une charge pas forcément à-propos pour pénaliser son équipe. L'engagement affole la défense rouennaise, qui repousse, mais Groenveld, tout comme ses défenseurs, sont trop excentrés pour arrêter Vaillant. L'entraîneur-joueur des Scorpions est tout heureux de redresser son équipe qui commençait à douter. Les Ultras locaux redonnent encore plus d'ardeur à leurs encouragements. Rouen pousse lentement, mais sûrement, mais Mulhouse attend la faille, ou plutôt les failles, car la défense rouennaise n'est pas très sereine, et laisse beaucoup de liberté d'action à ses adversaires. Dans ces cas-là, la meilleure défense, c'est l'attaque. Lehmusvuori est contraint de charger pour freiner les assauts. La sanction ne va pas tarder : Carriou tire sur Lhenry, qui repousse, Vogin ressert Doucet qui marque. Décidemment, le score va et vient, et est déjà ample pour un premier tiers-temps. Nos trente Rouennais se demandent alors comment la partie va continuer : la défense paraît soucieuse, Groenveld a déjà été mieux inspiré, et Mulhouse exploite la moindre faille. Le mieux est d'y croire, continuer à encourager, pour gagner le match lancé contre... les Ultras.

Et les encouragements vont reprendre de plus belle quand, après vingt secondes, Doucet, dans un trou de souris, trompe Lhenry. Pour la première fois du match, Rouen mène au score. Ce n'est peut-être pas grand chose, mais cela donne confiance pour essayer de dérouler son jeu. Petit à petit, on s'aperçoit que Rouen monte en puissance, la défense contient un peu mieux les essais de Boman, Pazak, ou Vaillant. De plus, la première ligne, celle des "petits", mais ô combien remuants, donne de plus en plus de mal aux Dumenil, Prunet et autres Ruokonen. Le match reste équilibré, mais Mulhouse s'essouffle plus rapidement. C'est alors que les trois "lilliputiens" rouennais vont anéantir le match : d'abord une échappée de Vogin, face à deux Mulhousiens, qui choisissent de le laisser shooter : son slap rageur nettoie la lucarne de Lhenry. Ensuite, sur un petit, ou plutôt très grand numéro de leur n11, le Doudou, qui se paie le luxe de slalomer dans la défense mulhousienne avant de tromper une nouvelle fois l'infortuné portier local. Le temps pour Eriksson de calmer les esprits, par un temps mort, l'engagement est à peine joué que, de nouveau, le feu s'installe : un premier tir que Lhenry repousse comme il peut, mais il ne peut se redresser pour la reprise du rebond par Riihijärvi. En trois minutes, le match est tué, de fort belle façon d'ailleurs. Rouen réussit toutes ses passes, l'accélération a laissé sur place des mulhousiens qui se demandent ce qu'il arrive, tout comme leurs Ultras qui redécouvrent que l'Elite ne pardonne pas, un instant, la moindre faille. De l'autre côté des tribunes, on n'en demande pas tant, tant la manière est agréable, et réconfortante.

Aussi, ce troisième tiers pourrait paraître superflu, la différence de score est trop importante. De chaque côté, on recentre pourtant la défense (Bessard du Parc pour Rouen, et Lageard, pour Mulhouse, ne joueront que très peu cette période), Denis succédant à Lhenry dans la cage mulhousienne. Pazak, qui vient de se blesser, va obliger Eriksson à modifier ses lignes, les trois centres (Croz, Bilbao, Coqueux) vont être plus sollicités. Et le but de Karlsson, un bon tir bien amené par Vaillant, après un essai de près de Prunet, va redonner du tonus et un peu de piquant à ce match. Rouen va chercher à limiter la casse, lançant un peu plus Ribourg, Kevorkian ou "le Pajon", qui va d'ailleurs affoler la défense dans l'une de ses "pajonnades" légendaires. Mulhouse, de son côté, tente, laisse toutes ses forces dans de derniers assauts de Boman ou Bilbao, mais la finition n'est pas là.

Et sur ce score lourd, mais mérité, les Rouennais remercient leur trentaine d'aficionados pour leur soutien, Mulhouse remerciant ses Ultras pour leurs encouragements tenaces.

De mémoire des Rouennais présents, on n'a pas vu de match des Dragons de cette qualité depuis le début de la saison ! Mulhouse ferait-il les frais du réveil rouennais ? Pourtant, leur premier tiers était mitigé : certes ils sont revenus par deux fois au score, mais des imprécisions, des largesses de relance et de positionnement les avaient mis en porte-à-faux, à la merci des contres, très inspirés, des Mulhousiens. La première ligne (Vogin-Doucet-Lacroix) allait les remettre, par la suite, dans le droit chemin, par un travail de fourmi très impressionnant. Nul doute que le retour de Paradis donnera un complément d'attaque encore plus dangereux.

Mulhouse, de son côté, a eu la malchance de ne pas savoir contenir cette fougue pendant trois minutes... d'enfer, le palet étant scotché aux crosses adverses. Beaucoup de combativité, cependant. Mais il y a du ménage physique à faire devant la cage de Lhenry, qui, malgré ses sept buts encaissés, nous a gratifiés de quelques arrêts de grande classe. Là aussi, la venue du joker Provencher, s'il est bien associé, pourra donner du tonus à une attaque déficiente en quantité.

A noter un match très correct, au niveau des pénalités comme au niveau de l'esprit. À 7-3, Mulhouse aurait pu chercher à pourrir le jeu, par vexation ou déception. Il n'en a rien été, c'est tout à l'honneur des deux équipes, qui ont cherché à jouer jusqu'au bout. La petite lutte vocale des deux groupes de supporters n'aura pas été désagréable non plus.

J'ai bien aimé :

- Pour Mulhouse : La ténacité de Coqueux, Vaillant et Bilbao

- Pour Rouen : En plus de la première ligne, étourdissante, je dirais la "tour de contrôle" Riihijärvi et les bonnes impression laissées par Kevorkian et Ribourg.

Compte-rendu signé Stéphane Rault

 

Mulhouse - Rouen 4-7 (3-3, 0-4, 1-0).

Pénalités : Mulhouse 6' (4', 0', 2'), Rouen 8' (4', 2', 2').

Tirs : Mulhouse 28 (10, 7, 11), Rouen 29 (11, 14, 4).

Évolution du score :

1-0 à 01'22" : Pazak (sup. num.).

2-0 à 01'50" : Boman assisté de Vaillant et Bilbao.

2-1 à 04'17" : Riihijärvi assisté de Lacroix et Vogin.

2-2 à 11'20" : Doucet assisté de Lacroix et Riihijärvi.

3-2 à 13'08" : Vaillant assisté de Bilbao (sup. num.).

3-3 à 18'11" : Doucet assisté de Vogin (sup. num.).

3-4 à 20'21" : Doucet.

3-5 à 31'53" : Vogin assisté de Doucet.

3-6 à 33'50" : Doucet.

3-7 à 34'14" : Riihijärvi assisté de Lacroix et Vogin.

4-7 à 44'49" : Karlsson assisté de Vaillant et Prunet.

 

Mulhouse

Gardien : Lhenry (puis Denis à 40'00").

Défenseurs : Ruokonen - Lageard ; Dumenil - Lehmusvuori ; Karlsson - Prunet.

Attaquants : Boman - Bilbao - Vaillant ; Pazak - Coqueux - Faith ; Aubry - Croz - Bringuet.

Remplaçant : Hitze. Absents : Maatta, Provencher, Galmiche.

Rouen :

Gardien : Groenveld.

Défenseurs : Riihijärvi - Bessard du Parc ; Carriou - Bellier ; Carlsson - Jodoin.

Attaquants : Doucet - Vogin - Lacroix ; Besse - Pajonkowski - Ribourg ; Kevorkian - Bussat - Billard.

Remplaçant : Charret (G).

 

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