Slovaquie - Allemagne (9 février 2002)

 

Match comptant pour le tour préliminaire des Jeux Olympiques 2002.

Les Slovaques se présentent à trois blocs avec six joueurs débarqués le matin après avoir joué la veille en NHL, alors que les Allemands ont pu effectuer une vraie de semaine de préparation ensemble. C'est donc le collectif germanique qui prend d'abord le dessus, même si la vitesse individuelle d'un Pardavý ou d'un Šatan leur permet de se créer les meilleures occasions. Mais peu à peu, les Slovaques rajoutent de l'intensité, menés par un Šatan intenable, et prennent le contrôle du palet, ce qui se traduit par un poteau de Šmrek. Les Allemands semblent dépassés à l'image d'un Soccio qui concède dans les dernières secondes une pénalité très évitable pour avoir fait trébucher un adversaire en zone neutre. Ce premier tiers se termine donc sur un score vierge, les deux gardiens Pavol Rybár et Marc Seliger, tous deux titulaires inattendus, ayant maintenu leurs cages inviolées.

A la reprise, le jeu de puissance slovaque commet une énorme erreur en perdant à la bleue un palet qui ricoche contre la bande. Le capitaine Jürgen Rumrich surgit pour prendre la rondelle laissée libre entre deux Slovaques et fonce cueillir Rybár pour ouvrir le score après seulement trente secondes en deuxième période. Les défenseurs slovaques accumulent les bourdes et Pavlikovský perd lui aussi le palet au profit de Martin Reichel, rattrapé à temps pour qu'il ne puisse pas à son tour titrer confortablement. Confrontés à la redoutable efficacité allemande, les Slovaques semblent mal dans leur peau et Handzuš, qui se passe les nerfs sur un adversaire, est envoyé se calmer en prison. L'occasion est idéale pour l'Allemagne : un tir de la bleue, dévié ou non par MacKay qui a en tout cas contribué à désorienter Rybar, fait passer le score à 2-0. C'est au tour de l'Allemagne de jouer en infériorité, et le jeu doit être interrompu car Jörg Mayr, le fidèle défenseur de Cologne, a pris le palet en pleine figure en se couchant devant le tir de Šatan. Les Slovaques, qui jouent un temps en double supériorité numérique, font rentrer Zigmund Palffý, jusque là laissé au repos selon l'accord passé avec Los Angeles (il était censé rester sur le banc sauf en cas de force majeure), pour tenter de forcer le destin, mais la mitaine de Seliger gagne en assurance au fil des minutes.

En manque de direction collective, les Slovaques ne trouvent pas la solution, semblant baisser les bras après avoir tout essayé sans réussite au tiers précédent. Ce n'est que dans les cinq dernières minutes que, poussés par une patinoire acquise à leur cause (grâce à des supporters d'origine slovaque vivant en Amérique du nord, le coût exorbitant des places et de l'hébergement est déjà prohibitif pour les Allemands, il est carrément inabordable pour les Slovaques), ils jettent leurs dernières forces, mais Seliger répond présent avec un double arrêt de la jambière. La Slovaquie tente le tout pour le tout en faisant sortir son gardien à une minute de la fin. Mauvaise idée car Kathan en profite pour inscrire un troisième but qui coûte cher. À 2-0, la suite du tournoi s'annonçait difficile pour les Slovaques, mais à 3-0, la situation devient carrément inextricable, tant il sera difficile de rattraper la différence de buts en cas d'égalité à trois avec la Lettonie.

Comme à Nagano, les Slovaques ont été battus d'entrée et n'ont pas retenu la leçon. Laisser autant de places libres pour des joueurs qui doivent débarquer au dernier moment n'est probablement pas le moyen idéal de passer le premier tour. Une équipe de Slovaques évoluant en Europe avait blanchi ces mêmes Allemands deux fois cette saison dans des tournois amicaux, ce qu'une formation de joueurs certes talentueux, mais qui n'ont pas eu le temps de se connaître et qui ont gravement failli en défense, n'a pas réussi à faire. L'Allemagne a montré la voie en ne faisant appel qu'avec parcimonie à ses joueurs évoluant outre-Atlantique. Arrivé pour un séjour express après trois heures de sommeil et deux heures d'avion, Marco Sturm n'a d'ailleurs pas eu le même rendement qu'au Mondial allemand et a montré lui aussi que l'appel à des joueurs de NHL n'était pas nécessairement la panacée.

La formation slovaque qui a rencontré la Suisse en matches de préparation aurait-elle été en mesure de se défaire de cette équipe d'Allemagne ? On ne le saura pas, puisqu'on a préféré en envoyer la moitié à la maison et ouvrir la porte aux joueurs de NHL. Mais ces derniers ont à peine eu le temps de s'essuyer les chaussures sur le paillasson qu'une sortie prématurée les guette déjà.

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Commentaires d'après-match :

Marc Seliger (gardien de l'Allemagne, auteur d'un blanchissage) : "Je pense que notre équipe a très bien joué défensivement. Même sans Olie [Olaf Kölzig, le gardien des Washington Capitals en NHL], nous sommes capable de battre les grosses équipes. Nous l'avons prouvé aujourd'hui. Nous avons joué en équipe, pas comme des individualités, et c'est pourquoi nous les avons battus."

Miroslav Šatan (attaquant de la Slovaquie) : "Si vous journalistes étiez dans notre situation, vous écririez beaucoup à ce sujet. Je me suis couché à 5 heures du matin après un long voyage pour rejoindre l'équipe, tout ça par la faute de la NHL qui ne veut pas lâcher ses joueurs pour le tour préliminaire. Je ne pense pas que ce système soit juste, je l'ai déjà dit , mais j'espère que les gens qui sont responsables et qui prennent ces décisions vont s'en rendre compte."

 

Slovaquie - Allemagne 0-3 (0-0, 0-2, 0-1).

Le 9 février à 16h00 au E-Center de West Valley City.

Arbitrage de M. Kevin Acheson assisté de MM. James Donald Garofalo et Sergueï Kulakov. 8504 spectateurs.

Pénalités : Slovaquie 8' (2', 4', 2'), Allemagne 10' (2', 6', 2').

Tirs : Slovaquie 29 (8, 13, 8), Allemagne 17 (5, 5, 7).

Évolution du score :

0-1 à 22'12" : Rumrich (inf. num.)

0-2 à 25'46" : Benda assisté de MacKay et Soccio (sup. num.)

0-3 à 59'07" : Kathan assisté de Seidenberg (cage vide)

 

Slovaquie

Gardien : Pavol Rybár (sorti de sa cage de 58'51" à 59'07").

Défenseurs : Petr Smrek - Ivan Majeský ; Richard Lintner - Jaroslav Obsut ; Richard Pavlikovský - Lubomír Visnovský.

Attaquants : Robert Petrovický - Rastislav Pavlikovsky - Richard Kapuš ; Ján Pardavý - Jaroslav Török - Richard Sechný ; Lubos Bartecko - Michal Handzuš - Miroslav Šatan ; Zigmund Palffy.

Entraîneur : Ján Filc.

Allemagne

Gardien : Marc Seliger.

Défenseurs : Erich Goldmann - Jörg Mayr ; Christian Ehrhoff - Daniel Kunce ; Christoph Schubert - Jan Benda ; Andreas Renz - Dennis Seidenberg.

Attaquants : Jürgen Rumrich - Stefan Ustorf - Martin Reichel ; Andreas Morczinietz - Len Soccio - Klaus Kathan ; Marco Sturm - Tobias Abstreiter - Daniel Kreutzer ; Andreas Loth - Wayne Hynes - Mark MacKay.

Entraîneur : Hans Zach.

 

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