Lettonie - Slovaquie (10 février 2002)

 

Match comptant pour le tour préliminaire des Jeux Olympiques 2002.

C'est le match de la dernière chance pour les Slovaques, qui présentent un effectif un peu plus fourni avec les arrivées de Stumpel, Demitra et Hossa (même si Palffý est sur le banc... en blouson, ayant disputé la veille le seul match que Dave Taylor, le manager de Los Angeles, autorisait la Slovaquie à lui faire jouer). L'effet est spectaculaire : l'engagement est gagné, Stumpel franchit la bleue, tire instantanément et marque en à peine onze secondes. La défense lettonne, pour sa part renforcée de Skrastins et Ozolinsh, est mise à mal par une attaque slovaque enfin capable de vraies actions collectives. Mais cette domination est interrompue par une pénalité de Sechny, et les Lettons profitent à plein de cette rare occasion. Sur une passe croisée d'Ozolinsh, Fanduls, oublié par la défense slovaque, égalise. Après cet intermède, les Slovaques repartent à l'assaut, et Petrovický trouve un intervalle pour Bartecko, qui se présente seul devant Naumovs. Le gardien balte a le meilleur sur cette action, mais il connaît une nouvelle faiblesse sur un lancer frappé de Pardavý, qui venait de passer la bleue dans une action proche du premier but. Il peste après son défenseur car il était masqué sur ces deux tirs, mais si on ajoute cela à sa déconcentration sur le but de Trattnig la veille, son bilan ne plaide pas en sa faveur. Mais son vis-à-vis Pavol Rybár n'a pas non plus été impérial jusqu'ici, et s'incline lui aussi sur un tir lointain de Nizivijs. Une deuxième supériorité numérique n'apporte rien cette fois-ci aux Lettons, mais au moins parviennent-ils à s'installer en zone adverse, alors que les Slovaques se cassent les dents dans la même situation en essayant de passer individuellement en force.

Naumovs rappelle ses qualités en début de deuxième tiers, d'abord en gagnant un duel face à Demitra qui avait reçu le palet seul à la bleue, puis par un réflexe de la jambière alors que Sechny pensait avoir l'angle ouvert après avoir contourné la cage. La Lettonie réagit quand Belavskis est envoyé en contre par Kercs. Rybár écarte la première tentative, et pendant quelques secondes, il ne sait plus où donner de la tête entre Belavskis, Skratins et Kercs. La Slovaquie se dégage, mais les Baltes parviennent à conclure l'action suivante, grâce à une intelligente remise instantanée de Cipruss qui décale Macijevskis. Ján Fílc tente alors de faire jouer le fameux effet psychologique en remplaçant Rybár par Ján Lašák. Le résultat dépasse ses espérances puisque Hossa part en contre-attaque et égalise entre les bottes de Naumovs. Réduits à trois pendant quarante-cinq secondes alors que Fanduls et Pantelejevs sont en prison, les Lettons passent un mauvais moment. Ils sont bien malheureux car, à une seconde de la fin de la première pénalité, c'est le genou du défenseur Viktors Ignatjevs qui dévie un slap de Visnovský dans les cages. Les fautes coûtent très cher à la Lettonie : alors que c'est au tour d'Ignatjevs d'être en prison, les Slovaques exécutent une magnifique combinaison à trois, avec Pavlikovský et Hossa derrière la ligne de but, et le capitaine Robert Petrovický devant la cage pour mettre le palet au fond. En gagnant de "seulement" deux buts, les Slovaques, victimes du but en cage vide de la veille, seraient toujours éliminés. C'est pourquoi on assiste peut-être à un tournant à deux minutes de la fin de la deuxième période. Un contrôle complètement raté de Smrek permet à Kercs de partir en deux contre un. Il préfère attendre pour servir un troisième homme, Rodrigo Lavins, mais Lašák repousse, et on repart immédiatement dans l'autre sens : en une poignée de secondes, les Slovaques traversent la glace et démarquent Demitra pour le 6-3. Alors qu'on croit les Lettons assommés, ils relancent au contraire la rencontre en réduisant le score par Macijevskis à seulement quatre secondes de la fin du deuxième tiers-temps.

Ce résultat partiel n'arrange pas grand monde, car les Lettons devraient alors battre l'Allemagne de trois buts pour se qualifier. C'est pourquoi ils cherchent à égaliser, et parviennent à revenir dans le match par Belavskis, après cinq minutes en troisième période. Un surnombre laisse Ján Filc interloqué et les Slovaques dépités, surtout après le slap de Tribuncovs qui profite de la pénalité pour égaliser. Les Slovaques sont désormais trop loin de leur objectif et ne peuvent guère espérer creuser à nouveau un écart suffisant pour rester en course dans le tournoi. Ils baissent donc les bras, sauvés seulement par leur poteau de la défaite. Le temps mort demandé par Filc ne changera rien : les efforts désespérés des Slovaques sont trop désordonnés, à l'image de la position de hors-jeu de Demitra sur une action de Hossa, preuve que la cohésion n'a pas eu le temps de se faire entre les nouveaux arrivants.

La Slovaquie a un temps cru l'exploit possible en menant de trois buts, mais la défaite initiale était trop lourde à rattraper, même dans un match rendu fou par la faiblesse des gardiens. Elle a certes retrouvé par moments son collectif offensif, mais sa défense n'était pas à la hauteur des ambitions qu'elle affichait. Quant aux Lettons, ils ont réussi à faire en sorte que ce résultat ne profite pas avant tout aux Allemands en allant chercher l'égalisation. La rencontre Lettonie-Allemagne, qui désignera l'équipe qualifiée, promet ainsi énormément. Les Lettons aimeraient bien y récupérer un Arturs Irbe qui fulmine : les Carolina Hurricanes l'ont gardé pour... lui faire suivre la rencontre contre San José (0-4) depuis le banc comme second gardien. Il a déclaré : "Le mécontentement ne suffit pas à décrire ce que je ressens. Je suis anéanti".

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Commentaires d'après-match :

Curt Lindström (entraîneur de la Lettonie) : "Plus vous avez de joueurs de NHL, plus vous avez de problèmes. Cela a déstabilisé nos adversaires. J'y croyais avant le tournoi, nous n'y sommes pas encore mais j'y crois toujours. Quant à Segrejs Naumovs, il s'est bien débrouillé. Après sa performance d'hier, il a eu le droit à deux bises du président dans les vestiaires. Je lui ai demandé avant le match combien il comptait en recevoir aujourd'hui."

Robert Petrovický (attaquant de la Slovaquie) : "C'est très décevant. Nous avons de très bons joueurs partout en NHL. Ici, nous jouons à deux ou trois lignes, des gars prennent l'avion la nuit et arrivent le matin, ils doivent enchaîner deux ou trois matches et traverser le continent. C'est dur pour les joueurs de NHL. C'est dur pour toute l'équipe. C'est dur pour la Slovaquie. Tout ce que nous demandons à la NHL, c'est cinq jours. Nos gardiens auraient peut-être toujours autant de mal, mais notre attaque pourrait être mortelle, notre défense saurait se tenir. Si tout le monde était arrivé la veille du tournoi, il n'y aucun doute pour moi que nous nous serions qualifiés. Le prochain match risque d'être embarrassant, on risque de se retrouver à douze contre vingt-deux Autrichiens."

 

Lettonie - Slovaquie 6-6 (2-2, 2-4, 2-0).

Dimanche 10 février à 19h00 au E-Center de Salt Lake City.

Arbitrage d'Ulf Rådbjer (SUE) assisté de Sergueï Kulakov et Sergueï Shelyanin (RUS). 8377 spectateurs.

Pénalités : Lettonie 12' (2', 8', 2'), Slovaquie 12' (6', 4', 2').

Tirs : Lettonie 24 (7, 9, 8), Slovaquie 35 (10, 13, 12).

Évolution du score :

0-1 à 00'11" : Stumpel assisté de Lintner et Visnovský.

1-1 à 06'39" : Fanduls assisté d'Ozolinsh (sup. num.).

1-2 à 08'23" : Pardavý assisté de Majeský.

2-2 à 11'45" : Nizivijs assisté d'Ozolinsh.

3-2 à 25'02" : Macijevskis assisté de Cipruss et Nizivijs.

3-3 à 25'37" : Hossa assisté de Stumpel.

3-4 à 28'13" : Visnovský assisté de Demitra (double sup. num.).

3-5 à 33'20" : Petrovický assisté de Hossa et Pavlikovský (sup. num.).

3-6 à 38'20" : Demitra assisté de Petrovický.

4-6 à 39'56" : Macijevskis assisté d'Ozolinsh.

5-6 à 44'45" : Belavskis assisté de Semjonovs.

6-6 à 47'43" : Tribuncovs assisté d'Ozolinsh et Cipruss (sup. num.).

 

Lettonie

Gardiens : Sergejs Naumovs.

Défenseurs : Atvars Tribuncovs - Sandis Ozolinsh ; Karlis Skrastins - Rodrigo Lavins ; Igors Bondarevs - Viktors Ignatjevs ; Olegs Sorokins - Kaspars Astasenko.

Attaquants : Aleksandrs Kercs - Aleksanders Belavskis - Vyacheslavs Fanduls ; Aigars Cipruss - Aleksanders Nizivijs - Aleksanders Macijevskis ; Harijs Vitolins - Leonids Tambijevs - Gregorijs Pantelejevs ; Andrejs Maticins - Aleksanders Semjonovs - Sergejs Senins.

Entraîneur : Curt Lindström.

Slovaquie

Gardien : Pavol Rybár (puis Ján Lašák à 25'02", sorti de sa cage à partir de 59'25").

Défenseurs : Richard Lintner - Lubomír Visnovský ; Jaroslav Obsut - Petr Smrek ; Richard Pavlikovský - Ivan Majeský.

Attaquants : Marián Hossa - Rastislav Pavlikovsky - Josef Stumpel ; Robert Petrovický - Pavol Demitra - Lubos Bartecko ; Jaroslav Török - Richard Sechný - Ján Pardavý ; Richard Kapuš.

Entraîneur : Ján Filc.

 

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