Belarus - France (11 février 2002)

 

Match comptant pour le tour préliminaire des Jeux Olympiques 2002.

Après la défaite suisse, le Belarus peut se qualifier dès ce soir s'il bat des Bleus qui commencent à se dire qu'il y a la place pour passer. Ces derniers comptent pour cela sur leur duo magique qui ouvre rapidement le score, Maurice Rozenthal déviant une passe du revers de Philippe Bozon depuis la bande droite. On s'inquiète quand Andreï Skabelka reste étendu longtemps sur la glace après une charge régulière de Denis Perez, mais il finit par se relever sous les applaudissements et par retrouver peu à peu ses esprits. Perez est pénalisé peu après pour retenir et Bachet le rejoint rapidement pour une crosse haute qui a atteint sans mal le visage d'Andrievski. Les Français se retrouvent donc à trois contre cinq pendant une minute et quarante secondes. Une fois installés, les Biélorusses n'ont aucun mal à conclure, Andreï Rasolko reprenant le rebond d'un lancer de Zhudik. Il y avait de toute manière deux rouges qui voyaient la cage ouverte. Les Bleus doivent prendre garde à ne pas se faire prendre de vitesse par les rapides Biélorusses, car le jeune Koltsov (qui a affronté les Bleuets aux championnats du monde juniors) s'échappe, mais perd son duel contre Huet, de même que Dmitri Pankov en infériorité numérique. Toujours à quatre contre cinq, Tsyplakov réussit deux superbes dribbles au sein de la défense tricolore avant d'échouer à son tour sur le gardien de Lugano.

La France tient toujours, mais les meilleures occasions sont encore biélorusses à la reprise avec Dmitri Pankov. C'est l'autre Pankov, Vassili, qui s'échappe au milieu de la ligne défensive bleue à la vingt-neuvième minute et qui est fauché par Mortas. Le tir de pénalité est indiscutable, mais le grand écart de Huet fait barrage à la tentative de Kovalev. Les Bleus mettent de l'engagement, parfois trop, et Maurice Rozenthal peut s'estimer content qu'une charge dans le dos sur Kalyuzhny ne lui vaille pas de pénalité. Denis Perez, qui se couche devant un tir, a le malheur de voir le palet lui frapper le gant, exactement sur sa main plâtrée - il s'était cassé le doigt en championnat contre Reims. Le vétéran des JO remontera cependant sur la glace un peu plus tard. Après un tir de Bozon, la tentative d'Arnaud Briand rebondit sur le gardien et le capitaine des Bleus lève les bras. Mais il n'y a absolument pas but, Matushkin ayant volleyé le palet avant qu'il ne passe la ligne. C'est ensuite Bozon qui s'enfonce dans la défense biélorusse comme dans du beurre. Sergueï Chabanov s'est couché en vain et l'attaquant du Genève-Servette adresse une passe en retrait, mais aucun Tricolore n'a réussi à suivre son leader pour arriver à temps devant la cage vide. Le match devient tendu et, après une échauffourée entre Barin et Mikulchik lors d'un engagement, une vilaine charge dans le dos coude en avant sur Zwikel n'est pas sanctionnée par l'arbitre. Il appelle en revanche un retenir contre Amar que les Français paient cher. Un lancer de Romanov est dévié par un patin de Tsyplakov et le Belarus passe devant. Dudik est à son tour pénalisé, mais le jeu de puissance français est moins efficace, malgré une déviation lobée de Wikel. Les Bleus sont bien mal récompensés de leur bonne deuxième période.

Un accrochage de Bonnard met la France d'entrée en infériorité à la reprise. Les Bleus passent le cap, mais éprouvent encore des difficultés à se montrer dangereux. À neuf minutes de la fin, Treille passe en retrait pour Perez dont le tir est arrêté par Chabanov et dont la crosse est retenue par Dmitri Pankov. C'est l'instant ou jamais pour que le jeu de puissance français se retrouve enfin. Une occasion manquée de Meunier au rebond d'une déviation de Maurice Rozenthal, un hors-jeu dommageable de Barin et Briand mal coordonnés, et les deux minutes sont passées. Les Bleus passent ensuite près de la correctionnelle lorsque Barin, seul à la relance, perd le palet en tentant de dribbler Kalyuzhny, mais Cristobal Huet sauve encore les Tricolores. Il reste six minutes à jouer quand Andreï Kovalev prend sous son aile la crosse de Vincent Bachet. Le briseur de bâton est envoyé à son tour en prison. Les Français s'installent bien en zone offensive, mais toutes leurs tentatives sont repoussées par Chabanov. Heikki Leime demande un temps mort pour donner les dernières consignes et faire se reposer ses leaders. Mais, après un lancer de Perez au-dessus de la cage, Dmitri Pankov part en contre et crucifie Huet. Les Bleus disputent les ultimes secondes à six contre quatre après la sortie de Cristo et une pénalité contre Stas, mais il est trop tard.

Le dénouement est cruel pour les Bleus qui ont pu compter sur un excellent Cristobal Huet et qui ont fait jeu égal avec leurs adversaires, qu'ils retrouveront en avril aux championnats du monde de division 1 pour une revanche qui promet déjà beaucoup. Cette équipe de France est méritante et a montré qu'elle avait les moyens d'atteindre son rêve, une deuxième semaine parmi les étoiles du hockey international, ce qui aurait été une incroyable consécration pour toute une génération, celle des Bozon et Perez, qui a tant apporté à la sélection nationale. Mais ce sont les Biélorusses qui accèderont au tournoi final, et ce pour la deuxième fois consécutive. Autant ils avaient été impériaux à Nagano, autant la réussite a été avec eux cette fois-ci dans un groupe équilibré qui aurait pu basculer en faveur de n'importe laquelle des quatre équipes.

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Commentaires d'après-match :

Philippe Bozon (qui dispute sa dernière compétition internationale) : "Nous nous attendions à ce type de rencontre. Nous savions qu'ils jouaient avec de longues passes et nous avons tenté de les intercepter. Nous leur avons mis la pression et plutôt bien joué. Nous n'avons pas su marquer d'autre but, voilà tout ce qu'il nous a manqué. C'est une grande déception. On avait un rêve et puis le rêve s'est brisé ce soir. C'est un peu difficile à accepter. C'est dur d'accepter d'arrêter, ce sera forcément très, très dur de quitter ce groupe."

Denis Perez (qui s'en ira lui aussi après ses cinquièmes JO) : "C'est un rêve qui s'envole sur ce match-là. Ils jouent toujours en contre, ils marquent des buts sur des supériorités, alors que nous, on force tout le temps... Le temps passe, on essaie de jouer notre va-tout et ils ont de la réussite. C'est malheureux, c'est très dur, car on y croyait dur comme fer, notre groupe était d'enfer. On voulait tous bien faire et réécrire une page du hockey français. Malheureusement, on ne l'a pas fait, mais on peut sortir la tête haute et il y a encore un match contre l'Ukraine, on ira pour la gagne. On a pris un gros coup sur la tête, mais la compétition n'est pas terminée."

 

Belarus - France 3-1 (1-1, 1-0, 1-0)

Lundi 11 février à 19h00 à la Peaks Ice Arena de Provo.

Arbitres : M. Scott Hansen assisté de MM. Rudolf Lauff et Derek Nansen. 6214 spectateurs.

Pénalités : Belarus 14' (2', 6', 6'), France 10' (4', 4', 2').

Tirs : Belarus 21 (10, 5, 6), France 22 (7, 9, 7).

Engagements : Belarus 31, France 32.

Évolution du score :

0-1 à 03'34" : M. Rozenthal assisté de Bozon.

1-1 à 08'19" : Rasolko assisté de Zhurik (double sup. num.).

2-1 à 36'25" : Tsyplakov assisté de Romanov et Khmyl (sup. num.).

3-1 à 57'56" : D. Pankov assisté de Bekboulatov.

 

Belarus

Gardien : Sergueï Chabanov.

Défenseurs : Oleg Romanov - Oleg Khmyl ; Aleksandr Zhurik - Vladimir Kopat ; Sergueï Stas - Oleg Mikulchik ; Igor Matushkin - Aleksandr Makritski.

Attaquants : Andreï Kovalev - Alekseï Kalyuzhny - Vladimir Tsyplakov ; Konstantin Koltsov - Andreï Rassolko - Dmitri Dudik ; Andreï Skabelka - Vadim Bekboulatov - Aleksandr Andrievski ; Dmitri Pankov - Vassili Pankov - Oleg Antonenko.

Entraîneur : Vladimir Krikunov.

France

Gardien : Cristobal Huet (sorti de sa cage à partir de 59'16").

Défenseurs : Denis Perez - Allan Carriou ; Baptiste Amar - Vincent Bachet ; Jean François Bonnard - Benoît Pourtanel ; Karl Dewolf.

Attaquants : Maurice Rozenthal - Arnaud Briand - Philippe Bozon ; Stéphane Barin - Jonathan Zwikel - François Rozenthal ; Richard Aimonetto - Laurent Meunier - Yorick Treille ; Anthony Mortas - Laurent Gras - Benoît Bachelet ; Guillaume Besse.

Entraîneur : Heikki Leime.

 

Retour aux Jeux Olympiques