France - Ukraine (13 février 2002)

 

Match comptant pour le tour préliminaire des Jeux Olympiques 2002.

Heikki Leime, qui doit se passer de Richard Aimonetto souffrant du poignet et du pouce, tente le pari de séparer ses deux leaders offensifs, Philippe Bozon et Maurice Rozenthal. Le défi des Français, désormais éliminés, est d'offrir un beau cadeau d'anniversaire à Anthony Mortas (qui fête ses 28 ans) et une digne fin de carrière à Bozon et Perez. La nouvelle génération doit montrer sa capacité à prendre la relève, et c'est le travail du futur pilier Yorick Treille qui provoque les deux premières fautes du match, un retenir de Bobrovnikov et une crosse haute de Timchenko. Mais le jeu de puissance des Bleus, jamais dangereux, est très décevant. Ce n'est pas mieux, où en infériorité numérique, où ils tournent à 63 % depuis le début du tournoi, statistique qui va encore empirer. Igor Chibirev profite en effet d'une minute quarante passée à cinq contre trois (charge avec la crosse de Carriou et mauvais réflexe de Bozon, qui cingle un adversaire au visage) pour ouvrir la marque après exactement douze minutes de jeu. En fin de tiers, après une nouvelle supériorité numérique au cours de laquelle les Français ont toujours autant de mal à s'installer en zone adverse, Bachelet est à son tour pénalisé. Sur l'avantage, Salnikov s'impose contre la bande et libère tranquillement le vétéran Dmitri Khristich, dernier renfort de NHL arrivé dans la formation ukrainienne. La défense des Bleus a manqué de caractère dans ce premier tiers et a été particulièrement médiocre, lente, mal placée et pas dans son match.

Leime reforme le duo Bozon/Rozenthal pour recréer enfin du jeu offensif en début de deuxième période. Le premier cité fait preuve d'opportunisme et profite d'une petite saute de concentration de la défense ukrainienne pour récupérer un palet qu'elle tardait à dégager et pour se faufiler jusqu'au but tel un lézard dans un jeu de quilles. Mais deux déviations, la première de Chakhraitchouk qui détourne un tir de Skryubko entre les jambes de Huet, et la seconde de Ponikarovsky, qu'on avait laissé poser sa carcasse juste devant le gardien de Lugano, enfoncent encore les Bleus. Il est difficile d'imaginer une équipe de France jouant plus mal qu'en ce début de rencontre : elle ne patine pas, elle allie manque d'engagement et indiscipline, frustrée de réagir un temps trop tard. Il y a le feu dans la maison bleue ! Heureusement, le capitaine Arnaud Briand intercepte un palet contre la bande et envoie l'inévitable Bozon se charger une nouvelle fois d'éteindre l'incendie. cela devient presque un évènement ensuite de voir les Français provoquer enfin un décalage lors d'un jeu de puissance. Léger frémissement dans l'électrocardiogramme des Bleus : ils sont passés du mauvais au passable dans cette fin de deuxième période.

Salnikov enchaîne deux vilaines fautes sur les jumeaux Rozenthal dans la même action au troisième tiers : une charge avec la crosse au visage de Maurice et un fauchage du genou au passé fragile de François. Au cours des quatre minutes de supériorité, Denis Perez finit la tête la première contre la bande et, le temps qu'il se relève, personne ne l'a suppléé : Chiriaev et Lytvynenko partent seuls en contre, mais ce dernier laisse le palet derrière lui au lieu de prendre lui-même sa chance, et Bozon revient s'interposer. Le jeu de puissance français est toujours incapable de s'organiser. Les Français se créent un peu plus d'occasions en fin de match, mais ils ont les jambes lourdes et manquent de punch, de vivacité, et bien sûr d'efficacité.

La France a disputé un de ses plus mauvais matches depuis longtemps et a gâché la belle impression qu'elle avait faite jusqu'ici malgré l'élimination. Elle ne s'est pas rassurée sur sa capacité à gérer le départ de Philippe Bozon, encore obligé d'être au four, au moulin, et à la caisse de la boulangerie.

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Commentaires d'après-match (au micro de France 2) :

Laurent Meunier : "Ils marquent trois buts en powerplay, on en met zéro. C'est une lacune, ça montre qu'on a beaucoup de travail à réaliser. On a encore du retard, physiquement et techniquement. Bozon et Perez vont partir, ils étaient encore les deux meilleurs ce soir. Sans eux, chacun devra faire des efforts, élever son jeu et se mettre au niveau physique. Il faut qu'on réalise qu'on est moins fort que cette équipe d'Ukraine et qu'il faudra travailler encore plus que ce qu'on a fait jusque là."

Denis Perez : "On a une mauvaise habitude contre des équipes comme ça de ne pas faire la différence, cette équipe-là n'est pas meilleure que nous. Ils sont très techniques, et dès qu'on les laisse devant, ils savent très bien y faire. Ils jouent fermé, attendent les contre-attaques, avec deux buts d'avance c'est beaucoup plus facile pour eux."

Philippe Bozon : "Le début du match était très difficile, on n'était pas dedans. Il est clair qu'on n'y était pas du tout physiquement, on était en retard sur toutes les actions. Quand vous êtes en retard, vous faites des fautes, et quand vous faites des fautes, vous êtes pénalisés. Physiquement, on a un petit peu payé la note des deux premiers matches, il y a une petite réaction, mais quand l'Ukraine est devant, elle joue le coup à merveille."

 

France - Ukraine 2-4 (0-2, 2-2, 0-0).

Mercredi 13 février 2002 à 19h00 à la Seven Peaks Ice Arena de Provo. 6019 spectateurs.

Arbitrage d'Ulf Rådbjer assisté de James Garofalo et Eduards Odinsch.

Pénalités : France 14' (10', 4', 0'), Ukraine 16' (8', 4', 4').

Tirs : France 31 (6, 15, 10), Ukraine 32 (14, 13, 5).

Évolution du score :

0-1 à 12'00" : Chibirev assisté de Salnikov et Chiriaev (double sup. num.).

0-2 à 18'36" : Khristich assisté de Salnikov (sup. num.).

1-2 à 22'42" : Bozon.

1-3 à 23'39" : Chakhraïtchouk assisté de Sryubko et Savenko.

1-4 à 24'38" : Ponikarovsky assisté de Salnikov et Chiriaev (sup. num.).

2-4 à 25'59" : Bozon assisté de Bachet.

 

France

Gardien : Cristobal Huet (sorti de sa cage à partir de 59'25").

Défenseurs : Denis Perez - Baptiste Amar ; Karl Dewolf - Vincent Bachet ; Allan Carriou - Jean François Bonnard ; Benoît Pourtanel.

Attaquants : Philippe Bozon - Arnaud Briand - Stéphane Barin ; François Rozenthal - Jonathan Zwikel - Maurice Rozenthal ; Yorick Treille - Laurent Meunier - Guillaume Besse ; Benoît Bachelet - Laurent Gras - Anthony Mortas.

Entraîneur : Heikki Leime.

Ukraine

Gardien : Konstantin Simchuk.

Défenseurs : Valeri Chiriaev - Vyatcheslav Timchenko ; Sergueï Klymentiev - Youri Gunko ; Andreï Sryubko - Dmitri Tolkounov

Attaquants : Dmitri Khristich - Igor Chibirev - Roman Salnikov ; Vitali Lytvyenko - Vadim Chakhraïtchouk - Bogdan Savenko ; Valentin Oletsky - Vassili Bobrovnikov - Alekseï Ponikarovsky ; Vadim Slivchenko - Vyatcheslav Zavalnyuk - Vladislav Sierov.

Entraîneur : Anatoli Bogdanov.

 

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