Mulhouse - Rouen (13 mars 2002)
Match comptant pour la trente-sixième journée du championnat Elite 2001/2002.
La dernière ligne droite est lancée, en l'occurrence, la dernière série des matches retours de ce curieux championnat. Bien peu de monde à la patinoire de l'Illberg, pour ce match en semaine. Quelques courageux rouennais ont tenu à venir soutenir leur équipe fétiche.
Ce sont les Dragons qui vont ouvrir rapidement les hostilités, profitant notamment d'une supériorité consécutive à un "retenir" de Ruokonen. Ça joue vite, le palet circule bien devant la cage de Lhenry, qui doit faire preuve de beaucoup de concentration pour soutenir ses camarades, un peu submergés par les assauts de Besse, Paradis ou Pajonkowski. Ce n'est qu'au bout de 5-6 minutes de jeu que les Scorpions envoient une, puis deux banderilles avec des tirs lointains de Karlsson et Bringuet. Puis Ruokonen qui remonte la moitié de la patinoire, passe derrière la cage adverse, et trompe Groenveld d'un tir du revers. Ouverture surprise de la marque par les locaux, qui tentent alors d'enfoncer le clou. Ils ont pris de l'assurance, et c'est au tour des Rouennais de subir : Faith, de près, puis un slap de Ruokonen mettent en évidence un "Philou" toujours aussi efficace. Rouen semble devenu apathique, et ne commence à se remettre de son but encaissé qu'au bout de 6-7 minutes bien endiablées du côté local. Le reste de la période se résume alors à des réponses de part et d'autre des deux protagonistes. Le tiers est très agréable à regarder car peu coupé par les arrêts de jeu, Mulhouse est bien discipliné pour les relances, et très rapide en attaque, avec des contres de Croz (trop décentré), ou de la paire Galmiche-Bilbao. De son côté, Rouen, par l'intermédiaire de Paradis, ou Kevorkian, met à l'ouvrage un Lhenry impeccable.
Le duel tourne en cette deuxième période, à un récital de Mulhouse, qui, sans asphyxier Rouen, l'accule assez régulièrement devant sa zone : Provencher, puis Croz, Aubry, Dimet (de près), tous vont chauffer la mitaine, ou la plaque, d'un Groenveld très inspiré, ou aussi chanceux quand il n'y a personne pour exploiter les quelques rebonds laissés. Rouen semble attendre son heure, en plaçant quelques rares contres, notamment de Besse, superbement décentré par Jodoin, ou de Pajonkowski : deux actions où l'on voit un Rouen très précis dans ses passes, Mulhouse commet deux trous... que Lhenry rebouche aussitôt ! Nous sommes à environ trente-cinq minutes de jeu, Rouen commence à remonter la machine, mais Mulhouse tient à merveille. Jusqu'à cette faute de Boman qui va changer singulièrement la donne : une charge virile sur Riihijärvi, pas forcément méchante, mais la crosse semble bien haute et va percuter, puis exploser, le nez du Finlandais... Une faute, du sang sur la glace, la sanction est connue : 5' plus 20' plus méconduite de match. Dur, dur, mais évident (même si de l'aveu d'un membre du staff rouennais, la faute en elle même ne méritait pas cette sanction). La "tour de défense" normande ne remontera pas sur la glace. Pour Mulhouse, il va falloir tenir cinq minutes, et la fin du match, sans leur grand et efficace Suédois. Et ils vont y arriver, se payant le luxe de deux contres par Faith, puis Coqueux. Rouen peine à bien s'installer. Il reste une minute à jouer dans la période quand Doucet exploite plus rapidement que Lhenry un rebond laissé. Encore cinquante secondes à 5 contre 4, malgré ce but ! Hélas, le temps d'engager, Rouen s'installe de nouveau, et "le Pajon", en défenseur, mystifie de la bleue Lhenry, d'un tir dont il a le secret. Sur le banc rouennais, on explose de joie, Lhenry, lui explose de rage devant M. Durand, sanctionnant par là même son équipe, qui va jouer une petite minute en double infériorité.
Des Dragons qui entament l'ultime tiers en continuant de pousser, Lhenry déjouant Doucet d'un superbe grand écart. Mulhouse se reconstitue lentement au niveau de son effectif, et remonte vers la cage des Rouennais. Une superbe occasion de revenir, en supériorité, quand Faith bénéficie du rebond d'un tir de Provencher. La cage est grande ouverte mais le Slovaque n'est pas assez prompt à conclure. Ruokonen, puis encore Provencher, tentent d'enfoncer le clou. Les locaux vont bénéficier d'une "crosse haute" de Bellier généreusement sanctionnée, mais ils peinent à s'installer, et c'est même Lacroix qui s'offre un contre. Revenu à égalité, Rouen attend le moindre écart de la défense haut-rhinoise pour remonter dangereusement. Provencher s'offre une énième remontée, il résiste bien au retour de Carlsson, mais son tir part un poil au-dessus. Carlsson décentre superbement Doucet, mais le petit capitaine, face à Lhenry, perd une nouvelle fois son duel. Encore des assauts de Galmiche, légèrement trop court pour exploiter un filon de Bilbao, ou de Faith. Rouen, de son côté, étouffe les Mulhousiens durant les deux dernières minutes, en les repoussant le plus loin possible des buts de Groenveld. La sortie tardive de Lhenry ne changera plus rien, situation où les Scorpions semblent d'ailleurs avoir vraiment du mal à s'exprimer.
Dommage, en gros, qu'une faute soit à l'origine du destin de ce match, au demeurant très calme au niveau des pénalités. Personne ne peut dire ce qu'il se serait passé sans celle ci. Mais c'est vraiment dommage pour les mulhousiens, qui ont été très agréablement concluants durant la totalité du match, peut-être un peu hésitants devant la cage adverse. Encore quelques erreurs de relance, mais ils étaient plutôt bien disciplinés derrière, et très combatifs devant, avec un Fabrice Lhenry bien en évidence pour les soutenir.
Rouen m'a paru assez décevant, semblant se satisfaire de ce court résultat. Dommage de ne pas mettre un peu plus de manière pour un prétendant au titre. Pourtant, la ligne Besse-Paradis-Pajonkowski était assez concluante , hier soir, dans les mouvements offensifs, et leur exploitation de la moindre erreur adverse était assez percutante, avec des ouvertures bien précises. La blessure de Rihijarvi, les réduisant à quatre derrière, les a peut-être conduit à se méfier des locaux, en privilégiant le résultat d'abord.
Récompensés (laborieusement) à la fin du match : Lhenry et Groenveld.
Glop-Glop :
- pour Rouen : Bellier (beaucoup de cœur), Jodoin et Groenveld.
- pour Mulhouse : Galmiche (dommage qu'il revienne si tard cette saison), Bilbao et Coqueux.
Pas Glop : Un match un peu escamoté par une faute. La sanction est dure, mais l'issue est rageante. Arbitrage correct, et à signaler, de monsieur Durand. Moins correctes, les réactions ultras locales, pas très sport.
Compte-rendu signé Sébastien Rault
Mulhouse - Rouen 1-2 (1-0, 0-2, 0-0)
Patinoire de l'Illberg. 650 spectateurs.
Arbitrage de Gilles Durand assisté de Nicolas Charmillot et Sébastien Moine.
Pénalités : Mulhouse 33' (2' Ruokonen, 2' Faith / 5'+match Boman, 2' Lhenry / 2' surnombre), Rouen 10' (2' Bellier / 2' Jodoin / 2' Bussat, 4' Bellier).
Tirs : Mulhouse 26 (9, 10, 7) ; Rouen 35 (10, 12, 13).
Évolution du score :
1-0 à 08'15" : Ruokonen assisté de Faith.
1-1 à 39'05" : Doucet assisté de Vogin et Lacroix (sup. num.).
1-2 à 39'17" : Pajonkowski assisté de Paradis (sup. num.).
Mulhouse :
Gardien : Fabrice Lhenry.
Défenseurs : Ari Lehmusvuori - Nicolas Carry ; Andreas Karlsson - Lilian Prunet ; Miikka Ruokonen - Olivier Dimet.
Attaquants : Juraj Faith - Olivier Coqueux - Johan Boman ; Benjamin Galmiche - Lionel Bilbao - Jimmy Provencher ; Vincent Bringuet - Étienne Croz - Julien Aubry.
Remplaçants : Édouard Denis (G), Maximilien Lageard.
Rouen :
Gardien : Phil Groeneveld.
Défenseurs : Jean-François Jodoin - Daniel Carlsson ; Allan Carriou - Heikki Riihijärvi ; Patrice Bellier.
Attaquants : Franck Pajonkowski - Daniel Paradis - Guillaume Besse ; Simon Lacroix - Alain Vogin - Éric Doucet ; Alexis Billard - Thomas Bussat - Aram Kevorkian.
Remplaçant : Paul Charret (G).