Grenoble - Angers (16 mars 2002)

 

Match comptant pour la neuvième journée de la troisième phase du championnat Elite 2001/2002

Pour leur avant-dernière rencontre de la saison à domicile et devant les caméras de Pathé Sport, les Brûleurs de Loups avaient à cœur de se reprendre après le rendez-vous manqué face à Reims dans la semaine. Rappelons que les Grenoblois s'étaient inclinés mardi en Champagne 5-3 après avoir pourtant mené 3-0 au début du match. Pour rester dans la course au titre, la victoire était de toute façon impérative.

Pour ce match, les Brûleurs de Loups enregistraient le retour de suspension de Jean-François Bonnard (ce qui leur permettaient de présenter une défense à six) alors que les Ducs étaient privés de Paulin Bordeleau. La rencontre débutait sous un rythme très soutenu et plaisant, les deux équipes se montrant particulièrement incisives offensivement. Si les deux portiers Rolland et Burnet veillaient au grain (ce qui fut d'ailleurs une constante durant toute la rencontre), c'est le second qui allait s'incliner une première fois : Guillemard réussissait son entrée en zone et servait à merveille Oprandi qui venait de rentrer sur la glace pour l'ouverture du score, le Gapençais prenant un malin plaisir à marquer face à ses anciens coéquipiers. La première pénalité du match infligée à Fougère allait pourtant donner l'occasion aux Ducs de revenir dans la partie. Mais au contraire Agnel subtilisait le palet dans la zone de défense grenobloise et lançait Podlaha qui partait en break et trompait en deux temps l'infortuné Burnet pour le deuxième but grenoblois de la soirée. Un début de rencontre idéal pour Grenoble qui allait tenir cet avantage de deux buts jusqu'à la pause.

Pourtant, comme face à Reims il y a trois jours où ils avaient deux buts d'avance à l'issue de la première période, les Brûleurs de Loups se montraient subitement fébriles. Euphoriques et dynamiques au premier tiers, ils devenaient maladroits et empruntés, n'arrivant pas à se dégager proprement de leur zone défensive. Un bon pressing des Ducs allait d'ailleurs permettre au duo Ferrari-Veret de réduire le score après moins de cinq minutes dans le deuxième tiers-temps. Patrick Rolland, qui avait vu le mouvement volontaire du patin de Jérôme Veret qui avait dévié victorieusement la passe au second poteau, protesta en vain auprès de l'arbitre. Avec plus qu'un but d'avance, les Brûleurs de Loups n'allaient par reprendre confiance bien au contraire. Ne sachant visiblement pas quelle tactique employer (conserver l'acquis ou tenter de creuser l'écart) les partenaires de Bachelet allaient se monter de plus en plus timides offensivement, leurs rares velléités étant parfaitement stoppées par Burnet. De leur côté les Ducs se montraient de plus en plus incisifs mais butaient eux aussi sur un excellent Rolland.

Le troisième tiers débutait sur le même rythme dans une rencontre qui avait sérieusement baissé d'intensité. Les occasions étaient toutes annihilées par les gardiens de buts à l'image de ce break de Podlaha parfaitement stoppé par Burnet ou de cet arrêt "réflexe" de Rolland qui jetait ses bottes pour empêcher les Ducs d'égaliser. Et alors que les Brûleurs de Loups semblaient tant bien que mal conserver leur maigre avantage, les Ducs allaient égaliser au moment où on s'y attendait le moins. Un tir presque anodin de Rousselin finissait sa course en plein dans la lucarne de Rolland au plus grand dépit des spectateurs et des joueurs grenoblois alors que les Ducs laissaient éclater leur joie ! Les Angevins avaient bien mérité leur point du match nul. La prolongation de cinq minutes qui suivit aurait pu permettre à l'une ou l'autre des équipes de l'emporter tant elle fut jouée sur un rythme débridé mais finalement on en restera sur ce score de 2-2.

Les Brûleurs de Loups pouvaient avoir d'énormes regrets dans ce match pour ne pas avoir su conserver un avantage acquis grâce à un début de match de très bonne facture. Visiblement la leçon du match perdu mardi à Reims n'a pas été retenue, Grenoble ayant adopté la même tactique défensive une fois un avantage significatif inscrit au tableau d'affichage. Mais cette tactique vient de montrer encore ses limites alors qu'en enfonçant un peu plus le clou au deuxième tiers, le match aurait pu être plié définitivement pour les Brûleurs sans donner le moindre espoir de retour aux Ducs. Mais ces derniers ont joué crânement leur chance montrant une belle combativité sans la pression du résultat et se plaisant visiblement dans ce rôle d'arbitre de la fin de saison. Car après avoir écarté Amiens de la course au titre mardi, ils enterrent maintenant les derniers espoirs grenoblois (sauf miracle ou grosse contre-performance des deux premiers) laissant Rouennais et Rémois s'expliquer pour la Coupe Magnus. Ce qui ne fera qu'attiser les regrets des Grenoblois décidément bien inconstants cette saison sur leur glace et surtout (à l'image de leur saison), incapables de jouer 60 minutes à un niveau égal...

Compte-rendu signé Christophe Laparra

 

Commentaires d'après-match (au micro de Pathé Sport) :

Patrick Rolland (gardien de Grenoble) : "C'est dommage de prendre ce but dans les dernières minutes. Quand on veut jouer au hourra-hockey, on s'assure qu'on peut marquer plus de buts que l'adversaire. Cela fait deux faux-pas de suite, cela va commencer à être dur pour le titre maintenant."

Christophe Burnet (gardien d'Angers) : "Il est dommage qu'on ne se libère que maintenant, c'est vraiment bien de pouvoir jouer comme ça. Notre passage à vide nous a privé de beaucoup de choses : on arrive à accrocher Amiens ou Grenoble, et on prend une raclée contre Anglet..."

Nicolas Leroy (attaquant d'Angers) : "Notre équipe rejoue à son niveau du début de saison. Ça fait plaisir de prendre des points. On a montré qu'on peut être aussi bon que les meilleures équipes de ce championnat."

 

Grenoble - Angers 2-2 après prolongation (2-0, 0-1, 0-1, 0-0)

Arbitrage de M. Mendlowitcz assisté de MM. Velay et Carlin. 2500 spectateurs.

Pénalités : Grenoble 8', Angers 8'.

Tirs : Grenoble 47 (19, 14, 9, 5), Angers 34 (6, 13, 14, 1).

Engagements : Grenoble 45 (12, 16, 10, 7), Angers 39 (9, 15, 14, 1).

Évolution du score :

1-0 à 11'57" : Oprandi assisté de Guillemard et Pouget.

2-0 à 13'30" : Podlaha assisté de Agnel (inf. num.).

2-1 à 24'44" : J. Veret assisté de Ferrari et Larroque.

2-2 à 57'33" : Rousselin assisté de Balmat.

 

Grenoble

Gardien : Patrick Rolland

Défenseurs : Simon Bachelet - Christian Pouget ; Jean-François Bonnard - Roland Fougère ; Christian Elian - Bruno Maynard. 

Attaquants : Josef Podlaha - Benjamin Agnel - Sébastien Oprandi ; Arto Vuoti - Benoit Bachelet - Harri Suvanto ; Nicolas Antonoff - Franck Guillemard - Xavier De Murcia.

Remplaçants : Arnaud Goetz (G), Thomas Bergamelli, Marc Billieras, Philippe Guers et Romain Bachelet.

Absents : Stéphane Gachet et Laurent Deschaume (blessés).

Angers

Gardien : Christophe Burnet

Défenseurs : Francis Couturier - Benoît Pourtanel ; Stéphane Balmat - Sébastien Rousselin ; Patrik Bärgman - Roberto Baldris.

Attaquants : Juho Jokinen - Jani Tuominen - Julien Pihant ; Jérôme Veret - François Ferrari - Jean-Michel Larroque ; Nicolas Leroy - Jordan Peter - Laurent Veret.

Remplaçant : Jérôme Plumejeau (G).

Absent : Paulin Bordeleau.

 

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