Pays-Bas - France (15 avril 2002)

 

Deuxième journée du championnat du monde 2002 de division I, groupe A.

Jean-François Bonnard est placé sur la première ligne défensive, apparié à Vincent Bachet, en lieu et place de Baptiste Amar. Arnaud Briand, remis de sa béquille au-dessus du genou, tient sa place, de même que Dewolf, qui souffre d'une déchirure intercostale, et qui, finalement, regagnera prudemment les vestiaires un peu plus tôt. Les Pays-Bas comptent en revanche un absent de valeur : Chris Brant, trois côtes cassées contre le Kazakhstan. La déception vient de l'assistance très maigre. Les Néerlandais ne semblent pas se passionner pour leur équipe nationale de hockey, au point qu'on entend plus la poignée de supporters français.

Le début de match des Français est assez brouillon et voilà qui plus est qu'on leur met des bâtons dans les roues... ou plutôt dans les patins. En effet, alors que Benoît Bachelet se dirige vers le but à la neuvième minute, il trébuche sur la crosse de Besse qui traînait sur la glace. Vidéo-gag, acte 1... Les Bleus sont bloqués en zone neutre, souvent coincés contre les bandes par des Néerlandais attentistes et bien placés. Il faut donc s'en remettre à des exploits individuels pour franchir la bleue, et quand Zwikel y parvient, il peut remettre à François Rozenthal pour un bon tir, l'arbitre sifflant un peu vite alors qu'Aimonetto guettait le rebond. En fin de tiers, sans doute agacé du manque d'efficacité de son équipe, Treille fracasse sa crosse sur une tentative de lancer. Vidéo-gag, acte 2... Dans la foulée, sur leur troisième avantage numérique de la partie, les Bleus mettent enfin la pression en zone adverse, et Gras est accroché par un défenseur... et prend deux minutes de pénalité pour méconduite ! L'arbitre estime sans doute qu'il avait un peu trop forcé son plongeon, même si la faute à si courte distance de la cage paraissait évidente. A une trentaine de secondes du terme, les Pays-Bas sont ainsi en supériorité et Ten Bokkel reçoit le palet seul face au but, surpris lui-même de l'aubaine. Le temps qu'il réalise ce qui lui arrive, les défenseurs tricolores sont déjà revenus sur lui.

Les Néerlandais se créent leur meilleure opportunité dans la première minute de la deuxième période avec un rebond intéressant pour Schaafsma. Les Français ouvrent le jeu et se procurent de bonnes occasions en duo, par Benoît Bachelet et Vincent Bachet, puis par Stéphane Barin et Arnaud Briand, qui manque le cadre. Sur la contre-attaque, Bultje part dans le dos de la défense et est retenu par Bachet. C'est en infériorité que les Bleus obtiennent leur meilleure chance, mais François Rozenthal perd son face-à-face avec Marcel Nijland. Schaafsma retient Maurice Rozenthal qui passe le long de la bande, mais le jeu de puissance tricolore est toujours aussi peu dangereux. On voit au contraire Jean-François Bonnard et Maurice Rozenthal se télescoper frontalement au niveau de leur ligne bleue. Vidéo-gag, acte 3... Arnaud Briand, obligé de commettre une faute pour que ce moment n'ait pas des conséquences plus dramatiques, ne peut s'empêcher de rigoler en rejoignant le banc des prisons.

Trêve de plaisanteries, place maintenant au sérieux pour la seconde moitié du match. La France concrétise enfin une supériorité avec un jeu en triangle entre Arnaud Briand, Maurice Rozenthal et Vincent Bachet, oublié devant la cage, qui déride enfin le tableau d'affichage. Le jeu de puissance des Bleus n'est pas pour autant guéri de tous ses maux, puisqu'il ne met pas à profit un 2'+2' d'Erik Landman, qui avait propulsé Anthony Mortas sur sa cage et avait sans doute un peu trop rouspété ensuite. Ce sont même les Pays-Bas qui partent deux fois en contre, d'abord par Tom Hartogs et Dave Livingston, puis par ce dernier tout seul, qui se permet un tir en pivot en déséquilibre alors que Bonnard l'a mis en échec. Tout un symbole pour ce vétéran qui met un point d'honneur à conclure toutes ses actions par un tir, certes pas toujours dangereux, même dans les situations les plus difficiles.

Guillaume Besse libère les Bleus dès le début du troisième tiers-temps par une action individuelle : il déborde son défenseur sur l'aile gauche avant de repiquer au centre pour glisser le palet entre les jambières de Nijland. Ce dernier s'interpose ensuite devant une échappée de Benoît Bachelet, mais ne peut rien contre une déviation de Maurice Rozenthal sur un centre de la gauche d'Arnaud Briand. On joue depuis guère plus de cinq minutes dans le dernier tiers quand Maurice Rozenthal, au sortir d'une belle occasion infructueuse, ne laisse pas le temps aux Pays-Bas de se relancer. Il intercepte le palet à la bleue et une bonne combinaison ouvre la cage à Stéphane Barin pour le 4-0. La rencontre s'emballe, et cela profite aussi à l'équipe locale, qui sauve l'honneur par Simon de Wit. Les Néerlandais, qui ont déjà montré contre le Kazakhtsan qu'ils savaient revenir dans un match, ne perdent pas espoir. Avec Zwikel en prison, le palet s'envole sur un centre de Livingston, retombe à la verticale juste devant la ligne et rentre dans la cage de Cristobal Huet. Il est urgent de tuer le match, mais Nijland détourne encore le palet sur une contre-attaque de François Rozenthal, violemment cinglé au passage par un défenseur. La France préserve finalement sa victoire, mais il est d'ores et déjà clair qu'il ne faudra pas compter sur la différence de buts pour devancer le Belarus.

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Conférence de presse :

Manfred Wolf (entraîneur des Pays-Bas) : "Nous avons pris quelques pénalités stupides en deuxième période qui nous ont coûté cher. Non seulement les Français ont marqué, mais l'énergie que nos joueurs ont dépensé nous a manqué dans le dernier tiers. Nous avons eu une saute de concentration pendant environ trois minutes où nous avons perdu le match."

Heikki Leime (entraîneur de la France) : "Les Pays-Bas sont une formation difficile à jouer. Ils ont beaucoup de hockeyeurs expérimentés et je suis content de cette victoire. Nous avons une équipe jeune, nous manquons peut-être de leaders. Les Néerlandais ne devraient pas avoir de problèmes à se maintenir, leur hockey a des années d'avance sur les Croates qui ont fait preuve de beaucoup de cur mais sont moins bons techniquement."

 

Pays-Bas - France 2-4 (0-0, 0-1, 2-3)

Le 15 avril à 19h30 à Eindhoven. 700 spectateurs.

Arbitrage d'Alf Inge Andersen (NOR) assisté de Torkel Saarnio (FIN) et Gian Reto Peer (SUI).

Pénalités : Pays-Bas 26' (6', 8'+10', 2'), France 12' (4', 4', 4').

Tirs : Pays-Bas 14 (2, 5, 7), France 34 (10, 7, 17).

Évolution du score :

0-1 à 32'41" : Bachet assisté de M. Rozenthal (sup. num.)

0-2 à 42'18" : Besse assisté de Gras

0-3 à 43'09" : M. Rozenthal assisté de Briand et Amar

0-4 à 45'28" : Barin assisté de M. Rozenthal

1-4 à 47'53" : De Wit assisté de Schaafsma

2-4 à 52'45" : Eimers assisté de Livingston et Hartogs

Élus meilleurs joueurs du match : Marcel Nijland pour les Pays-Bas et Vincent Bachet pour la France.

 

Pays-Bas

Gardien : Marcel Nijland.

Défenseurs : Bas de Haan - Leo van den Thillart ; Rody Jacobs - Jeffrey van Iersel ; Jacco Landman - Peter Wagteveld ; Alexander Schaafsma.

Attaquants : Dave Livington - Tom Hartogs - Dennis ten Bokkel ; Mark Bultje - Tommie Speel - Chris Eimers ; Simon de Wit - Erik Landman - Hilbert Kroon ; Peter van Biezen - Bob Teunissen - Nicky Rohde.

Entraîneur : Manfred Wolf.

France

Gardien : Cristobal Huet

Défenseurs : Vincent Bachet - Jean-François Bonnard ; Nicolas Pousset - Baptiste Amar ; Benoît Pourtanel - Karl Dewolf (puis Simon Bachelet).

Attaquants : Maurice Rozenthal - Arnaud Briand - Stéphane Barin ; Richard Aimonetto - Jonathan Zwikel - François Rozenthal ; Laurent Meunier - Anthony Mortas - Yorick Treille ; Guillaume Besse - Laurent Gras - Benoît Bachelet ; Yven Sadoun.

Remplaçant : Patrick Rolland (G).

Entraîneur : Heikki Leime.

 

 

Interview d'après-match (par Thierry Frechon) :

Guillaume Besse

- Pouvez-vous nous raconter votre but de ce soir ?

Je reçois une belle passe dans le centre de Jean-François Bonnard, je pense... Je m'aperçois que les joueurs adverses sont arrêtés, je profite de mon élan pour déborder... Je repique à la cage et je lance. Je pense que le gardien a anticipé une passe au centre vers Laurent Gras, qui était bien bloqué, donc j'ai tenté ma chance et c'est rentré.

- Pour le moment l'équipe de France a joué deux équipes défensives avec succès, est-ce que ce sera le même cas de figure face au Kazakhstan ?

Le Kazakhstan devrait être plus offensif que la Croatie et les Pays-Bas car ils ont plus de potentiel à l'attaque. Ce sera à nous de jouer comme nous savons le faire et comme nous l'avons fait lors de nos deux premiers matches. En jouant notre jeu, nous savons que nous avons nos chances de battre les équipes que nous allons rencontrer. Avec notre système qui consiste à faire jouer notre adversaire comme nous le souhaitons, nous devrions être capable de les battre.

- Est-ce qu'il y a des choses qui vous surprennent dans ces championnats du monde par rapport aux compétitions nationales ?

En équipe de France, la concurrence est rude car il y a beaucoup de bons joueurs, non pas qu'à Rouen ils ne soient pas bons, au contraire, mais ici le banc est long. Le niveau international, aussi, est plus élevé qu'en championnat Élite français. Malgré ces difficultés, c'est vraiment le premier tournoi où j'arrive à avoir pas mal de temps de glace et j'arrive à m'imposer un peu plus. Je joue dans toutes les situations, ce qui ne m'arrivait pas avant les JO par exemple. C'est encourageant pour la suite, pour essayer de marquer des buts afin d'aider l'équipe.

 

 

Retour aux Championnats du monde