Briançon - Mulhouse (14 septembre 2002)

 

Match comptant pour la première journée de la poule sud du Super 16.

L'entrée de Mulhouse en Super 16 était très attendue après les excellents résultats des Alsaciens lors des matches de préparation. Malgré la mise au repos de Francis Ballet qui souffre d'une luxation à l'épaule, ils confirment immédiatement leur statut de favori en se créant des occasions par chacune de leurs trois lignes offensives : un tir d'Aimonetto sur la jambière de Figved, un une-deux entre Coqueux et Faith, et un contournement de cage de Croz. Briançon en est alors réduit à un jeu de contre-attaques que pratique à merveille Gelinas. Les Mulhousiens construisent leurs attaques avec brio, mais ne réussissent pas à battre conclure, pas même en supériorité numérique où Lindgren s'ouvre le chemin du but mais vient s'enferrer sur Figved.

Les Diables Rouges se révèlent beaucoup plus coriaces que prévu dans leur antre et ils préparent même un scénario démoniaque. De derrière la cage, Pérez sort comme un diable de sa bouteille et d'un coup de fourche viole la cage dorée de l'innocent Lhenry. Les Mulhousiens paraissent fébriles et commettent des péchés coupables de placement et de relance, alors que la défense adverse se sent pousser des ailes. Il faut dire qu'il dispose avec Julien Figved d'un cerbère de qualité qu'Eriksson avait tort de mésestimer avant le match. Les aventuriers téméraires qui le considèrent comme un jeunot de D1 sont implacablement châtiés l'un après l'autre, le dernier étant Coqueux à 18'30".

Les grenouilles de bénitier alsaciennes se montrent capables de rebondir. Dès la reprise, ils passent à l'assaut à tire-d'aile. Les murailles de Briançon cèdent face aux trompettes de Jéricho de la deuxième ligne alsacienne : Figved colmate la percée d'Aimonetto mais Lindgren trouve la brèche au rebond. Mais la liqueur des dieux ne fait effet qu'un temps et les voilà qui se muent en hommes alors qu'un Diable est pourtant déchu et envoyé sur le banc. Les Mulhousiens craignent de se brûler les ailes et seul Lilian Prunet s'ose à un tir qui frôle le poteau (24'13"). Briançon profite de la reprise de flamme pour rôtir à point la défense briançonnaise en augmentant la percussion physique. Mulhouse s'agace et en oublie ses vertus, les quelques lancers lointains de Coqueux & co n'étant pas suivis au rebond. Et même lorsque Figved montre une faille en toute fin de tiers, Bilbao ne cède pas à la tentation d'en profiter.

Les pénalités continuent à s'accumuler en troisième période qui ne fait plus place aux bons sentiments. Mulhouse n'a plus le cœur à la charité et n'a pas l'intention de partager les points avec son prochain. À six minutes de la fin, Prunet lance dans la lucarne, mais Figved réagit promptement. Briançon s'adjuge donc un point pour son premier match en Super 16, mais Mulhouse est dans l'obligation morale de gagner en prolongation et son capitaine Lionel Bilbao est le gardien de sa foi. Il s'en va défier une dernière fois le cerbère et finit par s'ouvrir les portes de la victoire. Le HCM est redescendu de son petit nuage ce soir. Il a quitté la sphère céleste des matches amicaux pour une saison de dure labeur où la terre nourricière ne délivrera pas d'elle-même la récolte de points.

 

Commentaires d'après-match (dans L'Alsace)

Juha Jokiharju (entraîneur de Briançon) : "L'attitude de mes joueurs n'est pas une surprise pour moi. Je leur avais dit de mettre de côté le fait qu'ils allaient affronter des pros. J'ai joué contre des stars de la NHL et je n'ai jamais fait de complexe. Sur la glace, il n'y a que des joueurs et chacun peut saisir sa chance, même si elle est faible. En ce sens, je suis fier du combat qu'ont livré mes joueurs".

Julien Figved (gardien de Briançon) : "Les matches où je suis bombardé me plaisent et la philosophie de Jokiharju nous enlève de la pression avant le match".

Christer Eriksson (entraîneur de Mulhouse) : "Il y avait un manque de synchronisation entre l'attaque et la défense. J'ai trouvé les joueurs un peu crispés, et je leur ai dit de se relaxer. Mais cela n'a marché qu'en prolongation, où j'ai eu l'impression d'avoir appuyé sur un bouton".

Lionel Bilbao (buteur décisif de Mulhouse) : "Inconsciemment, nous sommes arrivés sur la glace avec à l'esprit le fait que nous allions affronter une équipe de D1. On s'est cru arrivé avant l'heure et nous n'avons pas eu la partie facile malgré notre réaction d'orgueil sur la fin. Un seul point de pris, cela aurait fait désordre. Le fait d'être tombé sur des gars de caractère sert de leçon et de base de travail".

 

Briançon - Mulhouse 1-2 a.p. (1-0, 0-1, 0-0, 0-1)

Arbitrage de M. Mendlowictz. 1200 spectateurs.

Pénalités : Briançon 18', Mulhouse 16'+10'.

Évolution du score :

1-0 à 12'36" : Robert assisté de Boldron et M. Perez

1-1 à 21'27" : Larroque assisté d'Aimonetto

1-2 à 61'53" : Bilbao assisté de Brinckö

 

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