Neuilly-sur-Marne - Épinal (14 septembre 2002)

 

Match comptant pour la première journée de la poule nord du championnat de France de division 1.

La première surprise de la saison de division 1 concerne non pas les joueurs mais les arbitres : ils ne sont que deux sur la glace. Cela ne choque pas outre mesure les spectateurs locaux puisque les duos arbitraux étaient la règle en division 2, mais cela jette un petit froid chez la douzaine de supporters visiteurs. La nouvelle division 1 - dans laquelle Épinal a choisi de rester - s'apparente-elle sur ce point important de l'organisation du jeu à l'ex-D2 ? Heureusement, l'explication est simplement que le troisième arbitre était blessé. Reste le jeu lui-même : y aura-t-il nivellement par le bas ?

Les premières minutes doivent déjà fournir un renseignement. Au vu des dix-sept buts encaissés en amical à Tours, beaucoup craignaient en effet que Neuilly soit mangé tout cru. Une minute de jeu à peine, et déjà l'ogre spinalien est tout près d'avaler la première bouchée. Jérôme Pourtanel, qui s'est fait des sueurs froides, parvient finalement à s'asseoir sur le palet avant qu'il ne franchisse la ligne. Alors qu'Épinal répartit son effort entre tous ses joueurs, preuve en est le tir de Zitouni, les attaques de Neuilly-sur-Marne sont l'œuvre exclusive de la première ligne, où le déjà remarqué duo slovaque Svitana-Vastusko a été rejoint par Lionel Barin, ancien joueur de Cergy, et auteur d'un bon tir à 2'27". La meilleure action est ainsi pour Milan Vastusko à la sixième minute. Il s'échappe, feinte Caillou, mais croise trop son revers.

Sur cette action, un surnombre est sifflé contre les Spinaliens. Neuilly pourrait avoir une bonne opportunité d'ouvrir le score, mais le duo d'arrières Legou-Veret est un peu trop maladroit pour bien organiser le jeu de puissance. Épinal accélère alors nettement le jeu et Pourtanel a le gant qui chauffe. On se dit donc que le round d'observation est terminé et que les Vosgiens vont mettre les choses au point.

Erreur. Après ces dix premières minutes sans but, Neuilly-sur-Marne a pris confiance et le premier bloc n'est plus seul. Après un une-deux, le palet revient ainsi derrière Miroslav Kecka, qui réussit un bon tir en pivot. Rémi Caillou doit alors fermer rapidement ses jambières. Jérôme Pourtanel est lui aussi toujours sollicité et doit se coucher devant Anthony Maurice à la quatorzième minute. Les locaux prennent leur première pénalité à 18'11" (obstruction de Sillies), et elle n'est pas loin d'être fatale. Guillaume Géhin démarque Ondrej Ibl à 19'44", mais le Tchèque intégré au milieu des Spinaliens pure souche de la troisième ligne échoue sur Pourtanel. On s'en tient donc à un 0-0 pour ce premier tiers. Même si la différence de patinage entre les deux équipes a été sensible par moments, Épinal n'a pas encore été très percutant, et Neuilly a bien tenu le rythme.

Au repos, en supporter connaisseur d'Épinal, Barbapapa prédit : "les deux premières lignes ont été bloquées, vous allez voir, le salut va venir de la troisième, comme toujours." On ne sait s'il se destine à une reconversion comme prophète, en tout cas les faits ne mettent que deux minutes à lui donner raison en deuxième période. Là où les nombreux Tchèques se sont cassés les dents, ce sont deux joueurs formés au club qui font la décision, Papelier passant à Géhin qui ouvre la marque. Deux minutes après le but des deux Guillaume, Anthony Maurice se retrouve tout seul sur un centre en retrait de Ribanelli, mais son lancer est miraculeusement arrêté par Jérôme Pourtanel. Celui-ci fait également barrage à une échappée solitaire d'Ibl à la vingt-neuvième minute.

Comme Caillou assure quand il faut derrière, Épinal a de quoi enfoncer le clou devant après un 2'+2' contre Bergès. Mais l'occasion est gâchée par Maurice, qui ajoute à un cinglage inutile au centre de la glace une contestation non moins malvenue : 2'+2' aussi. Pire même, avec un retenir d'Ibl, Épinal se retrouve à trois contre quatre. Heureusement pour les visiteurs, Caillou réagit parfaitement sur deux tentatives de Vastusko.

Comme en première période, Épinal se retrouve avec un scénario idéal, une supériorité en fin de tiers. Pasquereau est pénalisé pour accrocher (37'42") et râle en montrant sa crosse cassée, ce qui ne le disculpe pas en soi, bien au contraire puisque cela prouve bien à quoi il l'a utilisée. Dehaëne est ensuite légèrement touché au visage par une crosse haute de Bergès, et Épinal se retrouve à cinq contre trois (même si Maurice prend 10' pour s'être énervé après cet incident). Ce n'est donc pas le moindre mérite de Neuilly que de rejoindre la pause avec seulement un but de retard.

Tout est encore jouable, reste à savoir qui craquera le premier. Épinal, qui a souvent faibli dans le dernier tiers durant ses matches amicaux ? Ou Neuilly-sur-Marne, qui a pour habitude de tout donner en début de match mais qui est parfois cuit en fin de rencontre ? Plutôt les locaux, dont les sorties de zone deviennent plus difficile, alors qu'Épinal maîtrise la glace plus tranquillement. Seules les charges jugées incorrectes de Lukes et Ilic permettent d'équilibrer le début de la dernière période. Pas suffisamment néanmoins, puisque c'est en infériorité que Vaclav Lukes double la mise sur un exploit personnel.

Neuilly-sur-Marne donne alors tout pour revenir. À neuf minutes de la fin, Sillies, esseulé face au but, tente de trouver le trou entre les jambes de Caillou, mais celui-ci dévie le palet de sa crosse. Puis, à quatre contre quatre (accrocher de Géhin contre dureté de Legou), Vladimir Domin passe près de la grosse boulette devant son but alors que Svitanen surgit face à lui, mais le palet prend l'air vers la bande... Malheureusement, Mickaël Goujot commet une vilaine charge avec le coude sur la tête de Papelier, juste devant les supporters spinaliens, et suffisamment près de l'arbitre pour être envoyé en prison.

Il faut donc attendre qu'un temps mort soit demandé et que la pénalité soit tuée pour que Neuilly puisse essayer de lancer quelques dernières tentatives désespérées, mais Desrochers est trop présomptueux et ne parvient pas à passer. Évidemment, les espaces s'ouvrent pour Épinal, et sur un centre de Trebaticky, Lukes n'a qu'à propulser le palet dans la cage vide.

Il est dommage qu'Anthony Becaglia (champion de France junior 2001 avec Viry, l'année où il avait contribué à l'historique montée de l'équipe de France des moins de vingt ans dans l'élite) ait trouvé le poteau à trente secondes de la fin. D'une part personnellement, car il a semblé sur ce match avoir un peu de mal à se faire une bonne place dans cette nouvelle équipe. Et d'autre part collectivement, car Neuilly-sur-Marne a signé une entrée en matière de tout premier ordre et aurait mérité de sauver l'honneur. En tout cas, Rémi Caillou ne se plaindra pas de ce blanchissage pour son premier match officiel depuis son retour à Épinal (dont il avait porté les couleurs lors de la difficile époque du pôle France). Tout le monde repart donc content, Neuilly, qui a montré sa valeur en résistant à un des favoris, Épinal, qui a remporté la victoire, et l'observateur neutre, qui notera que cette poule nord de division 1 supposée beaucoup trop déséquilibrée pourra quand même donner lieu à quelques confrontations intéressantes.

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

PS : signalons la présence dans les tribunes de Jaroslav Sikl. Le Tchèque est venu en voisin voir ses anciens coéquipiers d'Épinal, équipe où il a évolué avant de jouer à Cherbourg et à Garges-lès-Gonesse.

 

 

Neuilly-sur-Marne - Épinal 0-3 (0-0, 0-1, 0-2)

Samedi 14 septembre 2002 à 18h15 à la patinoire municipale de Neuilly-sur-Marne. 100 spectateurs environ.

Pénalités : Neuilly-sur-Marne 14' (2', 8', 4'), Épinal 24' (2', 6'+10', 6').

Évolution du score :

0-1 à 22'17" : Géhin assisté de Papelier.

0-2 à 47'31" : Lukes (inf. num.).

0-3 à 58'32" : Lukes assisté de Trebaticky et Mysicka.

 

Neuilly-sur-Marne

Gardien : Jérôme Pourtanel (C).

Défenseurs : Guillaume Sillies - Julien Pasquereau ; Mickaël Goujot - Laurent Veret ; Franck Legou.

Attaquants : Milan Vastusko - Pavol Svitana - Lionel Barin ; Nicolas Bergès - Miroslav Kecka - Steeve Desrochers ; Bachir Aghrou - Bertrand Danton - Anthony Becaglia.

Épinal

Gardien : Rémi Caillou.

Défenseurs : Vladimír Domin - Jaroslav Farar ; Vladislav Vlcek - Rodoslav Regenda ; Borislav Ilic - Djamel Zitouni.

Attaquants : Tomáš Mýsicka - Roman Trebatický - Vaclav Lukeš ; Christophe Ribanelli - Anthony Maurice - Frédéric Dehaëne (C) ; Guillaume Papelier - Ondrej Ibl - Guillaume Géhin.

 

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