Tours - Angers (28 septembre 2002)

 

Match comptant pour la troisième journée de la poule nord du championnat de France, Super 16.

Pour ce troisième match de championnat, l'ASGT affrontait son proche voisin, Angers. Les deux équipes se connaissent bien puisqu'elles se sont affrontées à deux reprises lors des matches de préparation (une victoire pour Tours et un match nul). Les Diables Noirs ne bénéficiaient pas d'un effectif complet. Marcel Paulovsky a été écarté définitivement du groupe et remplacé par Kostial (Slovaque, ex-Banska Bystrica) pas encore qualifié pour le match de ce soir. Jean-François Gamelin, qui se remet d'une entorse à la cheville, était équipé mais n'a pas participé au jeu.

Sur une glace assez mauvaise, le premier tiers s'est joué sur un faux rythme des deux côtés. Très rapidement, Angers se met à la faute par Deveze qui écope d'une pénalité (2' +10') à 00'59 du coup d'envoi pour tentative de piquage. L'ASGT s'installe en zone offensive : Jodoin d'un tir dévié, Bohunicky (à côté de la cage), testent le gardien angevin Christophe Burnet.

Les Ducs ne semblent pas encore rentrés dans le match et se mettent de nouveau à la faute par Bordeleau (2'24). Tours ne saura pas profiter de cette supériorité numérique, gênée dans sa mise en place, par une équipe angevine solidaire et bien regroupée. Jan Supuka parvient à shooter (04'28) mais sans succès. Sébastien Decaens s'illustre aussi par un bon tir, bien capté par Burnet.

De son côté, Thierry Noël, le portier tourangeau, connaît un début de match difficile, en se mettant en danger tout seul, sur des contrôles de palet difficiles ou des relances hasardeuses. Heureusement que la première très nette occasion angevine ne viendra qu'après la sixième minute.

Pas grand chose à se mettre sous la dent lors de ce premier tiers-temps à cause d'un jeu approximatif des deux côtés, côté attaques, et des défenses qui cadenassent les espaces. Angers se fait prendre, pour une première fois, en surnombre (09'24) ce qui permet à Alon Eizenman, bien en jambes, d'envoyer un bon tir sur Burnet qui détourne (09'43). Côté angevin, Pourtanel puis Jokinen font passer un frisson dans le dos des 1800 spectateurs mais Thierry Noël est enfin entré dans sa partie (12'30).

Le jeu continue de se dérouler dans un train-train assez insipide, émaillé de temps en temps par une action plus tranchante, comme celle de Chris George (tir détourné par Noël, 15'48). Peu avant la pause, Pourtanel est envoyé en prison pour deux minutes (16'25), un avantage dont ne saura profiter Tours puisque, à son tour, Novosad hérite de deux minutes pour attitude antisportive (16'42). Dernier fait marquant de cette première période, les Ducs reçoivent leur deuxième pénalité pour surnombre (18'48), c'est dire la piètre qualité du spectacle proposé.

Dix minutes de feu

La deuxième période commence sous de meilleurs auspices, avec une très belle occasion pour Vannienwenhove (21'06) mais Noël lui fait échec. Peut être que cette chaude alerte a provoqué enfin le réveil tourangeau. Les Diables noirs vont prouver qu'ils sont capables d'accélérer.

Le premier à sonner la charge est l'excellent Dino Grossi qui shoote sur Burnet (24'28) ; ce dernier ne peut que détourner le palet, et Desrosiers, toujours à l'affût devant le slot, reprend sans succès. Ensuite, les occasions tourangelles se succèdent. Angers est totalement submergé par les assauts répétés de Novosad (25'16), Decaens qui part en dribble seul mais glisse le palet sur le côté de la cage angevine (27'07), puis Grossi encore. Comble de malchance, deux missiles de Norbert Périnet (28'31) et d'Alon Eizenman (29'15) viennent heurter la transversale de Burnet. Tant dominer et ne pas concrétiser, voilà qui devient inquiétant d'autant plus que, à l'assaut des cages angevines, les Diables noirs s'exposent évidemment aux contres rapides des Ducs. Et il faut un Thierry Noël impeccable pour empêcher Jokinen ou George d'ouvrir le score.

Angers patine après le palet sans pouvoir le maîtriser et, dépassé, logiquement, sous la pression tourangelle, se met à la faute : Bordeleau puis Ferrari sont envoyés sur le banc des prisons. Mais une fois de plus, les Diables noirs ne tirent pas avantage de ces supériorités numériques malgré de très bons tirs de Jodoin et de Pulscak.

Passé l'orage tourangeau, l'intensité du match retombe et on se demande bien si Tours n'a pas laissé passer sa chance. Grossi tente une dernière fois de s'infiltrer seul dans la défense angevine mais il est bien pris par Pourtanel et Tuominen (18'09). Le deuxième tiers se termine, comme le premier, par deux minutes de pénalité pour surnombre, mais de Tours cette fois-ci.

Enfin, Simak !

A l'entame du troisième tiers, les deux équipes semblent désireuses de ne pas trop se découvrir. Le jeu est ralenti par la fatigue et par un état de la glace franchement mauvais. Decaens, le centre tourangeau, se crée une occasion, avec pour réplique immédiate, un contre rageur des Ducs qui provoque une belle panique devant la zone de Noël.

Il faut ensuite attendre la cinquième minute pour voir un tir de Pulscak à côté de la cage. Le défenseur tourangeau Jean-François Jodoin commet une faute qui lui vaut deux minutes et qui aurait pu coûter très cher aux Tourangeaux : le tir de Pihant vient heurter le haut de la crosse du portier tourangeau ce qui sort le palet de la lucarne (48'17). Puis Noël, encore lui, sûrement l'homme du match, s'interpose, seul, devant Bordeleau parti en break-away (51'04).

Mais Angers continue de multiplier les fautes ; en bénéficiant d'une énième supériorité numérique, les hommes de Millette ne devaient pas laisser passer une nouvelle chance, d'autant plus que la fin du match approchait. Sur une des rares phases de jeu bien construites en jeu de puissance, Novosad décale Marcel Simak sur le côté gauche de Burnet, et le géant défenseur des Diables décoche un slap imparable, le gardien semblant masqué par l'activité devant son slot (1-0, 52'09). Encore une fois, la délivrance vient de la part d'un des joueurs les plus en vue depuis l'année dernière.

Ce but réveille les deux équipes en même temps que le public. Angers tente d'accélérer pour revenir au score bien évidemment. Dans sa précipitation, les joueurs de Derek Haas continuent de commettre des fautes (Ferrari, Bordeleau) parce que les espaces s'ouvrent pour les contres tourangeaux : Eizenman teste une nouvelle fois Burnet (arrêt de la mitaine, 54'17), Périnet part seul mais tire à côté (56'45).

Sur la fin de la rencontre, les Diables noirs sont fébriles et devant la pression angevine, ils font des erreurs : Jodoin se troue ainsi complètement à proximité de sa cage, et qui oblige Thierry Noël à un arrêt fabuleux (57'13) pour sauver le gain du match. Malgré un temps mort réclamé par Angers puis la sortie du gardien Christophe Burnet à une minute du coup de sirène final, le score n'évoluera plus.

Tours tient sa victoire, ô combien précieuse dans la course aux points pour les play-offs. L'ASGT confirme ainsi ses prétentions après sa très courte défaite en déplacement à Amiens (2-1), la semaine dernière, à quarante secondes de la fin du match. Contre Angers, la victoire a été longue à se dessiner mais elle n'est pas imméritée au regard des dix minutes de folie de la deuxième période avec des occasions très nettes.

Compte-rendu signé E. O'Grady

 

Commentaire d'après-match (sur ducsdangers.com)

Paulin Bordeleau junior (attaquant d'Angers) : "Après chaque défaite, on essaie de relativiser. Après celle-ci, on ne peut que relativiser, la glace est terrible, si j'étais entraîneur, je ne laisserais pas mes joueurs jouer un match là-dessus. Ils sont habitués à jouer avec une glace comme ça, ils ont leurs repères, c'est impossible de faire un jeu en finesse. Mais on a le potentiel pour finir dans les quatre premiers, je crois que c'est un objectif très atteignable. [...] Je me suis rééduqué tout l'été et j'ai commencé la musculation un mois avant d'arriver. Mon genou est à 95% de ses capacités. Jokinen et Tuominen sont des marqueurs reconnus, tandis que notre ligne a tout à prouver. J'essaie de travailler avec mes ailiers et on s'aide pour être le plus productif possible. Je veux tellement bien faire que parfois j'en fais trop et ça influence mon jeu; Je pense peut être un peu trop à marquer !"

 

Tours - Angers 1-0 (0-0, 0-0, 1-0)

Samedi 28 septembre 2002 à 20h30 à Tours. 1800 spectateurs.

Arbitrage de M. Benoist assisté de MM. Bataille et Hauchart.

Pénalités : Tours 16' ; Angers 46'.

Évolution du score :

1-0 à 52'09" : Simak assisté de Novosad (sup. num.).

 

 

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