Mulhouse - Clermont-Ferrand (5 octobre 2002)

 

Match comptant pour la quatrième journée de la poule sud du championnat de France, Super 16.

Mulhouse reprenait le chemin de sa patinoire, après deux semaines de repos depuis une victoire assez laborieuse sur Villard. Clermont revenait d'une cinglante défaite à domicile contre Gap. Aussi, les deux équipes avaient sûrement à cur de se rassurer.

Laborieux

Pas grand chose à signaler de la première période. Nous sommes à huit minutes de jeu et Mulhouse mène par un tir cadré à zéro... Autant dire que le match n'est pas vraiment excitant à regarder. On voit bien que Clermont est nettement en dessous de Mulhouse, notamment au niveau de la précision de jeu. Ils n'arrivent pas à entrer en zone adverse, pensent surtout à dégager le palet, puis éventuellement à exploiter un rare contre. En face, Mulhouse presse, mais d'une façon loin d'être efficace, notamment par une finition brouillonne, comme cette énorme occasion, en jeu de puissance, où Coqueux se retrouve seul face à Godefroy. Le jeune Clermontois gagne, avec brio, son duel, avec une magnifique pirouette. À partir de cette action, le match va un peu se débrider, les esprits vont un peu s'échauffer, notamment Lindberg et Lecompère exclus, et l'arbitre, un peu tatillon, éprouve d'ailleurs quelques difficultés à rester serein. De fait, Clermont, en se recroquevillant tout le tiers, et en ratant deux ou trois contres (par manque de précision de la dernière passe) s'expose à deux autres tiers très difficiles. Combien de temps vont-ils tenir ?

Accélération

Au deuxième tiers-temps, Clermont tire le premier, mais la belle ouverture transversale de Kukla ne trouve personne. Dommage, car sur le contre, Strandberg fait un petit numéro et ouvre le score. Et Mulhouse, un peu libéré, d'assiéger le camp adverse. La façon est un peu moins brouillonne que précédemment, mais Godefroy et ses cinq défenseurs tiennent la baraque, jusqu'à un petit numéro de Coqueux, derrière puis devant la cage, pour le 2-0. Puis, curieusement, Clermont marque sur un tir que l'on pensait sans problème pour Lhenry. Ryhänen tire dès l'entrée en zone, et son palet glisse très rapidement le long de la glace. Petit froid dans la patinoire, surtout que Clermont s'enhardit un peu, avant d'être refroidi par un troisième but des Scorpions, un tir à mi-zone de Chassard, suite à un travail derrière la cage de Coqueux. La fin de période est un peu plus intéressante, Clermont ose, notamment par la ligne Vosta-Kukla-Roux, mais Mulhouse attend la moindre occasion pour contrer, comme le dernier but du tiers, par Faith, qui gagne son face-à-face contre le gardien arverne.

On se lâche...

... pour cette dernière période. Mulhouse continue à pousser, et Clermont, qui n'a plus rien à perdre, essaie plus hardiment de tenter sa chance (toutes proportions gardées). En fait, ils manquent surtout de précision dans leur dernier geste, et aussi d'un peu de présence physique. On assiste quand même à quelques essais de Ryhänen, ou du bouillant attaquant junior Gavalda qui fait preuve d'un culot bien agréable à voir. Et l'on pense que Godefroy va rester le tiers invaincu, malgré de nombreuses actions dangereuses mulhousiennes, notamment en supériorité, avec deux paires offensives (Bilbao-Aimonetto et Coqueux-Faith) assez intenables. Hélas pour Clermont, alors qu'il reste une dizaine de secondes à jouer, une dernière remontée de Bilbao, un petit centre impeccable, à toute allure, pour Aimonetto à la finition, et c'en est fini de l'invincibilité périodique de l'infortuné gardien clermontois, néanmoins méritant.

Bref....

Côté mulhousien, Christer Eriksson peut être satisfait de ses "pitbulls" (c'était sa définition du jour pour motiver ses troupes). Gros pressing, même si le match a été franchement laborieux à se mettre en route. Côté attaque, beaucoup de mouvement, de rapidité, de collectif aussi. Et deux duos, Bilbao-Aimonetto et Coqueux-Faith, assez inspirés. Par contre, au niveau défense, quelques réserves. Au vu des rares contres adverses, on aurait pu mieux attendre en rigueur. Surtout, cette prestation est à relativiser compte tenu de l'adversaire.

Sans vouloir enfoncer Clermont-Ferrand d'ailleurs. Car que pouvaient espérer nos Sangliers Arvernes ce soir, face à un favori de la poule ? La différence de niveau est assez notable, surtout au niveau de la rigueur de jeu, dans les passes surtout. Un peu moins de présence physique, moins de précision, un peu moins de vitesse... et quatre buts d'écart à la fin du match.

L'écart relativement faible, au vu des occasions respectives, est à mettre au crédit d'un gardien très volontaire, bien aidé par "cinq défenseurs" très solidaires. Si le style n'était pas très académique, la volonté y était.

Si l'on compare au dernier Besançon-Amiens, la différence de niveau entre les deux protagonistes est similaire. Clermont aura, par contre, été plus volontaire, plus intéressant à voir. En tout cas, sûrement un peu plus convaincant que samedi dernier en Auvergne.

Pour résumer le match

Domination de Mulhouse durant tout le match, avec des nuances.

1er tiers long à mettre en route, assez brouillon, Clermont subit nettement.

2e tiers plus intéressant, Mulhouse accélère nettement, Clermont ose un peu plus.

3e tiers encore un peu plus vivace, mais la tendance est toujours la même.

Quelques petits lauriers...

À Mulhouse pour les deux duos cités plus haut (Bilbao-Aimonetto et Coqueux-Faith). À Clermont, belle prestation de Maxime Godefroy (et quelques arrêts assez époustouflants). Beaucoup de cur aussi du côté de chez Mouly, par exemple.

Compte-rendu signé Stéphane Rault

 

Commentaire d'après-match (dans L'Alsace)

Christer Eriksson (entraîneur de Mulhouse) : "Cette semaine, nous avons mis l'accent sur le physique et l'explosivité. Les séances étaient plus courtes mais plus intenses. Ces efforts, mes joueurs les ont certainement ressentis durant la rencontre mais ils devraient en récolter les fruits devant Grenoble. Nous ne pouvions pas effectuer ce travail physique la semaine qui précède le grand rendez-vous. Nous ne l'avons évidemment pas dit aux joueurs mais nous savions que la victoire était quasiment assurée devant Clermont. Nous avons donc pensé un peu plus loin que ce match et préparé la partie à quatre points qui nous attend en fin de semaine."

 

Mulhouse - Clermont-Ferrand 5-1 (0-0, 4-1, 1-0)

Le 5 octobre 2002 à 17h40 à la patinoire de l'Illberg.

Tirs : Mulhouse 34 (10, 14, 10) ; Clermont 9 (1, 3, 5).

Pénalités : Mulhouse 32' (2' Brinckö, 2' Ablad, 2' Aimonetto, p.m. Lindgren / 2' Bilbao, 2' Larroque / 2' Brinckö) ; Clermont Ferrand 46' (2' Kukla, 2' Nilly, p.m. Lecompère, 2' Roux / 10' Marinov, 2' Mouly, 2' Saint-Aubin / 2' Rÿhanen, 2' Mouly, 2' surnombre).

Évolution du score :

1-0 à 20'54" : Strandberg assisté de Coqueux et Faith.

2-0 à 34'02" : Coqueux assisté de Faith et Strandberg.

2-1 à 36'33" : Ryhänen assisté de Sjödin.

3-1 à 37'37" : Chassard assisté de Coqueux et Ruokonen.

4-1 à 39'45" : Faith assisté de Ruokonen.

5-1 à 59'53" : Aimonetto assisté de Bilbao et Ollila.

 

Mulhouse

Gardien : Fabrice Lhenry.

Défenseurs : Anders Strandberg - Miikka Ruokonen ; Jukka Ollila - Tobias Ablad ; Lilian Prunet (A) - Dusan Brinckö.

Attaquants : Lionel Bilbao (C) - Richard Aimonetto - Johan Lindgren ; Guillaume Chassard - Olivier Coqueux (A) - Juraj Faith ; Vincent Bringuet - Etienne Croz - Jean-Michel Larroque ; Julien Catil.

Remplaçant : Stéphane Burnet (G). Absents : Francis Ballet, Thomas Bergamelli, Steve Michou.

Clermont-Ferrand

Gardien : Maxime Godefroy

Défenseurs : Eric Marinov - Henrik Karlsson ; William Mouly - Trevor Hammer ; Yann Lecompère.

Attaquants : Christophe Roux (C) - Miroslav Kukla (A) - Ondrej Vosta ; Sami Ryhänen - Stefan Sjödin - Frédéric Saint-Aubin ; Réjean Pageau (A) - Frédéric Nilly - Pierrick Bazin ; Cyril Gavalda.

Remplaçants : Fabien Chardon (G), Arnaud Villedieu, Philippe Jantzen, Pierre Haley. Absent : Jarle Naesset.

 

 

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