Brest - Amiens (16 novembre 2002)

 

Match comptant pour la onzième journée de la poule nord du Super 16.

Même si le jeu et le match n'auront pas été exceptionnels quand au niveau du 'spectacle' comme a pu l'être Brest-Angers, les Albatros réalisent néanmoins le match parfait grâce à leur tactique consistant à attendre les Amiénois puis à partir en contre, avec comme ingrédients principaux un Dell'Olio des grands soirs et un réalisme hors pair. Brest s'empare donc de la première place de sa poule à la grande surprise de bon nombre tout de même !

Pression gothique

Alors que le match se joue à guichets fermés devant une assistance de 1400 personnes inondant jusque les escaliers, Amiens fait son apparition avec un effectif de seulement seize joueurs, Julian Marcos et François Rozenthal étant absents. Ceci juste après que M. Bounoure est intervenu sur la glace pour faire un rapide speech afin de se plaindre des installations faisant régulièrement des siennes, l'absence d'électricité à la table de marque en début de match étant au plat du jour.

Toujours est-il que le match commence doucement mais sûrement. Brest attend et Amiens semble vouloir prendre l'initiative du jeu et le fait savoir par deux fois par l'intermédiaire de Hecquefeuille (7'00) puis Luc Chauvel (8'31) qui tout seul plein axe trouve la mitaine de Dell'Olio. Ça continue de chauffer quand Bachet à la suite d'une échappée voit le palet frôler le montant droit de Dell'Olio. Les Brestois ne tardent pas à répondre à ces trois chaudes alertes par l'intermédiaire de Slysh et Sharyton (11'12) qui se permettent le luxe d'un petit pont sur Denis Perez avant de voir leur offensive échouer sur Mindjimba. Slysh est toujours en vue puisque quatre minutes plus tard, seul plein axe, il fusille Mindjimba entre les jambières que celui-ci referme toutefois à temps (15'20).

Alors qu'Amiens reste très dangereux, obligeant les Brestois à procéder seulement par contres, c'est Oprandi qui, après seulement trois occasions franches brestoises, ouvre le score pour les locaux à la suite d'un cafouillage dans la zone de Mindji' (1-0 à 17'24). Un but qui sera suivi une minute plus tard par un nouveau contre du tandem Yven Sadoun - Christophe Niedziolka qui, malgré une série de jolies passes dans l'optique d'enrhumer le dernier défenseur gothique, bute sur le portier amiénois (18'21).

On en reste là pour ce premier tiers clôturé sur ce score de 1 à 0 pour les locaux. L'euphorie n'a pas encore pris dans les tribunes, le public ayant bien trop peur d'un retour des visiteurs dans le deuxième tiers comme il y est accoutumé. Malgré une première manche assez ouverte, l'initiative du jeu est à l'actif des Amiénois qui, bien que se créant plus d'occasions, ne parviennent pas à trouver la faille d'un Dell'Olio déjà chaud.

Au tour des Brestois

Contrairement au premier tiers où l'ouverture ne s'était déclarée qu'en toute fin de manche, après deux minutes de jeu à la reprise, Sami Wikström part en contre sur la gauche et adresse un lancer somme toute sans grande difficulté pour un gardien de la trempe de Mindjimba... Pourtant ce dernier, la preuve que ça arrive aux meilleurs, se 'troue' littéralement, laissant passer le palet entre ses jambières pour le deuxième but brestois (2-0 à 21'55). Dynamisés et confiants après ce deuxième but plutôt flatteur, les Brestois se permettent de mettre la pression sur la cage amiénoise, ce qui a le don d'énerver le fougueux Mindjimba.

Il s'ensuit une période plus creuse, plus calme, où les Brestois ont repris leur esprits pour s'appliquer à mettre en place le mieux possible leur tactique. Cela durera jusqu'à la fin du tiers avec seulement un lancer de Dewolf semant quelque peu le trouble dans la défensive brestoise ou encore une action chaude où Chauvel à la réception d'un centre ne parvient pas à conclure par deux fois, voire encore un gros lancer de Bachet dévié de justesse par Dell'Olio, mais rien de plus ne vient émailler cette seconde moitié de tiers.

Ce deuxième tiers a vu les Brestois prendre quelque peu l'initiative du jeu en début de tiers et les Albatros s'y sont procuré pas mal d'occasions cette fois-ci, tout du moins un peu plus que les Gothiques. Malgré tout, Amiens reste présent, et bien mieux que ça même, notamment en contre et en supériorité.

La messe était dite ?

A 2-0, on s'attendait enfin à une réaction des Amiénois vraisemblablement bien éprouvés et ayant du mal à accélérer. Cette réaction 'tant attendue' viendra. En effet Amiens reprend le jeu à son compte, Brest n'ayant plus à faire le jeu avec deux buts d'avance à vingt minutes de la fin du match. Le premier à le faire savoir est Laurent Gras qui par deux fois voit ses tirs dévier par le bouclier de Dell'Olio décidément en grande forme (41'50). Côté brestois, celui qui tente de lui répondre se nomme Yven Sadoun. Suivi comme son ombre par Bergvist, il peut récupérer un bon centre de Kysela sans pour autant mettre assez de puissance dans sa reprise pour inquiéter le moins du monde Mindji'.

Puis vient le retour d'Amiens, du moins on le croit, lorsque généreusement M. Bergamelli refuse un but marqué suite à une frappe aérienne de Perez que Dewolf déviera en l'air de la crosse dans le but brestois (49'44). Fausse alerte ! Mais attention, Amiens revient à la charge par l'intermédiaire de Hecquefeuille qui s'enflamme soudainement en tentant un raid solitaire dans la défense brestoise, qui finit en fin de compte entre la mitaine de Dell'Olio et le glaçon du Rïnkla (51'12).

Toujours est-il que l'arrière-garde et les plans bretons tiennent toujours et de bien belle manière, mais Amiens ne débarque pas de n'importe où et n'entend pas lâcher l'affaire comme ça. Les visiteurs sont d'ailleurs tout prêts encore de réduire la marque à la suite d'un cafouillage où malgré cinq-six tirs sur la cage brestoise, un défenseur ou Dell'Olio lui-même parvient à contrer in extremis.

Les ardeurs des Amiénois se calment enfin, comme s'ils étaient résignés devant la solidité à toute épreuve des Brestois. Pire que ça, le coup de grâce final arrive à une minute de la fin quand, parti en contre, Niedziolka emmène les deux défenseurs vers lui pour finalement passer la rondelle dans l'espace pour Loïc Sadoun qui reprend le palet comme ça vient, direction la lucarne (3-0 à 59'03). La messe est dite.

Amiens usé, Brest au point

Ce troisième tiers a été dans la même lignée que ses prédécesseurs. Les Albatros, n'ayant aucun intérêt à se lancer à l'attaque, ont bien assuré derrière malgré les nombreux coups de boutoir et autres rudes mises en échec toujours à la limite de la régularité, et ont finalement tenu de bien belle manière et avec l'aide d'un Dell'Olio qui réalise son premier blanchissage et sa meilleur prestation sous la tunique bleue depuis son arrivée dans la cité du Ponant. Tous unis, les Brestois ont su faire face aux provocations plus que physiques des Gothiques qui n'ont finalement pas suffi à les déstabiliser. Même si la victoire peut paraître large, il n'en reste pas moins que le score est plutôt flatteur pour les Brestois qui bien que n'ayant pas eu beaucoup d'actions ont compensé par un impressionnant réalisme.

Les deux équipes se séparent, se saluent, puis Mindjimba prête les plombs et se prend à taper sur Yven Sadoun sans raison apparente avant de venir narguer toute une tribune debout comme un seul homme pour le huer. Debout comme un seul homme pour répondre également à la 'ola' improvisée par Sharyton, Kastsiuchonak et Kysela. Une bonne ambiance devant une salle comble pourtant pas encouragée par une programmation musicale ne convenant pas des mieux à l'ambiance d'un match de hockey.

Amiens, visiblement éprouvé physiquement, manquant de 'gnac' et de mordant et dans l'impossibilité complète de mettre réellement en danger les Brestois, sans doute que la présence d'un François Rozenthal ne leur aurait pas fait de mal. Toujours est-il qu'il faut féliciter les Brestois pour ce résultat et cette prestation parfaite du point de vue tactique...

Compte-rendu signé William Boussard

 

Commentaires d'après-match

Sébastien Oprandi

Sébastien Oprandi (attaquant de Brest) : "On a été sérieux en défense et réalistes devant, et je pense que c'est ce qui nous a permis de gagner ce soir. Jean-Baptiste (ndlr : Dell'Olio) a fait un grand match et c'est également grâce à lui et à notre discipline qu'on l'a emporté. C'est vrai que ça allait vite devant mais on est capables de jouer au hockey et on l'a prouvé ce soir. Si on est soudés, si on est unis, on est capable de battre n'importe qui. Ce soir, d'après ce que j'ai compris, on est premier, donc c'est une bonne chose, mais il ne faut pas oublier qu'on a le match contre Dijon la semaine prochaine, que Dijon postule sérieusement pour rentrer dans les quatre et ça serait bien que ça ne soit pas à notre place, donc il va falloir être sérieux et réitérer notre prestation de ce soir. Mais on est capable de faire des matchs comme ça, et nous on le savait, et c'était bien de le prouver à notre public ce soir et à nos dirigeants. Concernant mon but, c'est vrai que ca me fait plaisir, mais on est dans un climat particulier ici, il y a beaucoup de joueurs donc ce n'est pas évident d'être à l'aise. Je ne suis pas un néophyte et je connais le niveau du championnat, donc ce n'est pas en marquant ce soir que je vais sauter au plafond non plus. Pour moi, faire un bon match, ce n'est pas forcement marquer, c'est faire un gros travail et surtout gagner à la fin, c'est peut-être plus ingrat mais c'est comme ça. Mais bon, c'est vrai que ca fait toujours plaisir."

Antoine Mindjimba (gardien d'Amiens) : " Ce qui était un peu délicat pour nous, c'est qu'on avait pratiquement dix joueurs en équipe de France entre les seniors et les moins de vingt ans, donc on n'a pu s'entraîner tous au complet que trois fois cette semaine. Donc on a peut-être manqué d'un petit peu de cohésion et d'automatismes au niveau du groupe, ce qui explique notre contre-performance. Sinon, on a vu une équipe de Brest un petit peu similaire à celle qu'on avait vue à Amiens, c'est-à-dire pas d'individualités, mais un gros collectif remarquablement organisé défensivement. On a pris beaucoup de shoots mais très peu d'occasions dangereuses. Les Brestois ont eu beaucoup moins d'actions mais elles étaient plus portées sur la cage."

 

Brest - Amiens 3-0 (1-0, 1-0, 1-0)

Samedi 16 novembre 2002 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 1400 spectateurs.

Arbitrage de M. Bergamelli assisté de MM. Juret et Bliek.

Pénalités : Brest 8', Amiens 10'.

Évolution du score :

1-0 à 17'24" : Oprandi assisté de Wikström et Veret

2-0 à 21'55" : Wikström assisté de Pulawski et Veret

3-0 à 59'03" : L. Sadoun assisté de Niedziolka et Tsyplakov

 

Brest

Gardien : Jean-Baptiste Dell'Olio.

Défenseurs : Timo Kulonen - Daniel Kysela ; Viktor Kastyuchonak - Viktor Tolstik ; Vladimir Tsyplakov - Tadeusz Pulawski.

Attaquants : Yven Sadoun - Christophe Niedziolka - Loïc Sadoun ; Viktor Sharyton - Maksim Tikhonov - Maksim Slysh ; Sébastien Oprandi - Sami Wikström - Jérôme Veret.

Remplaçants : Gabriel Bounoure (G), Janne Ijäs, Denis Potapov, Stéphane Lacuisse, Sylvain Giet. Absent : Dusan Barica.

Coach : Sergueï Tukmachev.

Amiens

Gardien : Antoine Mindjimba.

Défenseurs : Vincent Bachet - Frederik Bergqvist ; Karl Dewolf - Arnaud Mazzone ; Frédéric Brodin - Denis Pérez.

Attaquants : Brice Chauvel - Laurent Gras - Luc Chauvel ; Arto Kulmala - Anthony Mortas - Benoît Paillet ; Mickaël Brodin - Kévin Hecquefeuille.

Remplaçant : Didier Drif (G). Absent : François Rozenthal.

Coach : Antoine Richer.

 

 

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