Asiago - Keramin Minsk (22 novembre 2002)

 

Match comptant pour le troisième tour de la Coupe Continentale 2002/2003, poule K.

Asiago aborde cette Coupe Continentale dans des circonstances délicates. Déjà, le légendaire Lucio Topatigh n'a toujours pas récupéré de sa fracture du larynx, causée par une crosse haute d'Alex Avancini dans un match de championnat contre Bolzano en début de mois. Mais surtout, on vient d'apprendre qu'Asiago perdait sur tapis vert le bénéfice de sa victoire contre Merano pour avoir aligné plus de quatre joueurs non italiens. C'est une rude sanction pour un club qui n'avait pas été le premier, loin de là, à faire capoter le gentleman agreement. Mais, alors que ses concurrents recrutaient les traditionnels Italo-Canadiens et Italo-Américains, Asiago panachait ses importations en rajoutant des touches finlandaise et suédoise (Kortelainen et Berqvist), croyant n'être pas moins dans son droit que les autres puisque ce sont des citoyens de l'Union Européenne. Mal lui en a pris car Merano a ressorti d'on ne sait où un règlement en contradiction avec tout ce qui s'est fait en Italie depuis deux ans, car c'est bien que parce que les Italo-Canadiens n'étaient pas considérés comme italiens que ces "oriundi" se sont mis en grève...

Comme Asiago avait justifié ces deux recrutements par l'échéance de la Coupe Continentale, il lui reste maintenant à prouver qu'ils auront au moins rempli leur objectif. Cela passe par une victoire face à l'adversaire proposé le premier jour, a priori à sa portée puisque Minsk avait logiquement perdu ses trois rencontres l'an passé dans cette même patinoire et au même stade de la compétition. Mais cette équipe a progressé entre-temps avec son nouvel entraîneur Evgueni Lebedev, qui a remplacé Valeri Voronin, et qui a apporté un jeu plus occidental, qui s'adapte parfaitement aux rudes batailles des glaces italiennes.

La formation de Benoît Laporte se rend très vite compte que ce match ne sera pas une partie de plaisir face à un adversaire transformé aussi bien tactiquement que physiquement depuis un an. Minsk domine complètement les dix premières minutes de jeu et aurait dû être capable de concrétiser en supériorité numérique, mais François Gravel a notamment réalisé un sauvetage miraculeux sur un tir supposé gagnant de Chuprys. Et sur la première offensive sérieuse d'Asiago, une action peut-être entachée d'un hors-jeu (c'est du moins ce que réclamaient les Biélorusses), les Italiens, qu'on croyait sur le point de craquer, ouvrent le score contre le cours du jeu grâce à Stefano Frigo, habile à prendre le rebond du tir de Bousquet.

Compte tenu des splendides occasions de Maleshkevich, qui échoue sur Gravel, et de Khaïlak, qui tire au-dessus, finir le premier tiers-temps avec cette marque inespérée de 1-0 devrait suffire au bonheur des locaux. Pourtant, ils sont agacés par les nombreuses pénalités que leur a infligées l'arbitre norvégien M. Hansen. Après avoir contesté les deux minutes qu'il avait prises pour crosse haute, Jason Cirone a ainsi reçu une méconduite de dix minutes supplémentaires. Pourtant, les Italiens, trop habitués à un arbitrage trop laxiste dans leur championnat national, devront eux-mêmes reconnaître que la sévérité aux normes internationales de M. Hansen est valable pour les deux camps, comme le prouvent les 2'+10' pour charge dans le dos infligées à Sergueï Paklin en début de deuxième période, sanction prévue au règlement mais quasiment jamais appliquée en Italie.

Entre-temps, les deux pénalités consécutives infligées en fin de premier tiers à Dudik et Verbitski ont déjà permis à Asiago de mener 2-0. Dès la reprise, Giorgio De Bettin a en effet exploité la double supériorité par une magnifique reprise à la suite d'une belle combinaison entre Marchetti et Bousquet. Démarqué par Schivo, De Bettin a même quoi ajouter un troisième but, de même que Roland Ramoser qui s'infiltre dans la défense mais ne cadre pas son tir. Asiago a en quelque sorte mis la charrue avant les bufs, puisque, à défaut de l'inverse en début de match, c'est sa domination dans le jeu qui finit par refléter sa domination au tableau d'affichage.

Mais c'est alors qu'Asiago a renversé le jeu en sa faveur que Minsk en fait de même avec le score. Les Biélorusses se retrouvent à cinq puis à quatre contre trois et Dmitri Dudik se saisit de cette dernière chance d'un tir précis de la bleue. Quatre minutes plus tard, la jeune quatrième ligne offensive d'Asiago se fait balader par les joueurs de Minsk qui remontent la glace en deux passes et concluent grâce à une déviation contre son camp de Michele Strazzabosco. Le défenseur italien décide de laver immédiatement cet affront et y parvient en quinze secondes d'un missile de la bleue. Asiago est de nouveau en avantage, et on se dit que le plus dur est passé. Mais les conclusions manquées en fin de tiers par Laplante et Savage en jeu de puissance font que les jeux sont encore loin d'être faits.

Asiago n'arrive pas à faire la différence en supériorité, ni à porter l'accélération décisive. L'équipe de Benoît Laporte donne tout de même l'impression qu'elle va s'en sortir en comptant sur son seul Gravel, précieux dans des périodes aussi tendues. Mais à force de jouer avec le feu, Asiago se fait piéger sur un contre à deux minutes de la fin, lorsque la première erreur de placement de Pierangelo Cibien ouvre un boulevard à Dmitri Mialeshka. Les Biélorusses sont à deux contre un, et le dernier défenseur Giovanni Marchetti connaît la prédisposition de l'école soviétique à toujours privilégier le jeu collectif... Mais Mialeshka cache son jeu jusqu'au dernier moment et décoche un tir à trois mètres qui surprend tout le monde, Gravel compris.

Ce nul concédé sur la fin laisse une immense impression gâchis à Asiago, car cela fait un point de perdu par rapport au Jukurit, considéré comme le rival majeur. Même les tirs de pénalité aisément remportés grâce à un 5/5 de Gravel ne consoleront pas les Italiens. Même s'ils sont censés départager les équipes en cas d'égalité parfaite, ils n'ont jamais servi une seule fois depuis qu'ils ont été instaurés en Coupe Continentale. Mais le grand enseignement de la rencontre est que le Keramin Minsk, arrivé en excellente condition physique, est un candidat beaucoup plus sérieux que l'an passé.

 

Commentaire d'après-match

Valeri Ermolov (attaquant de Minsk) : "Nous sommes venus en Italie avec une attitude combative. Le match d'aujourd'hui était le plus difficile. Mais chacun a tout donné et nous avons fait bonne impression. La perestroïka tactique est à l'avantage de cette équipe. Maintenant, le Keramin joue un hockey rapide, actif et physique. J'ai ce jeu déjà ancré dans l'âme, je m'adapte rapidement aux nouvelles tendances."

 

Asiago (ITA) - Keramin Minsk (BLR) 3-3 (1-0, 2-2, 0-1)

Vendredi 22 novembre 2002 à 20h30 au Stadio Odegar d'Asiago. 1100 spectateurs.

Arbitrage de Ole Stian Hansen (NOR) assisté de Claudio Pianezze et Luca Zatta (ITA).

Pénalités : Asiago 28' (20', 6', 2') ; Minsk 30' (6', 20', 4').

Tirs : Asiago 25 (5, 12, 8) ; Minsk 39 (16, 12, 11).

Évolution du score :

0-1 à 09'12" : Frigo assisté de Bousquet

0-2 à 20'26" : De Bettin assisté de Bousquet et Marchetti (double sup. num.)

1-2 à 30'29" : Dudik assisté de Yarmolov et Bashko (sup. num.)

2-2 à 35'58" : Yarmolov assisté d'Ovsiannikov et Bashko

2-3 à 36'13" : Strazzabosco

3-3 à 57'52" : Mialeshka assisté de Chupris

Meilleurs joueurs (vote des entraîneurs) : François Gravel pour Asiago et Dmitri Dudik pour Minsk.

Tirs de pénalité à la fin du match : Asiago 3 (Bettin, Bousquet, Cirone) - Minsk 0.

 

Asiago

Gardien : François Gravel.

Défenseurs : Giovanni Marchetti - Pierangelo Cibien ; Valentin Vellar - Michele Strazzabosco ; Florian Ramoser - Luigi Da Corte ; Michael Corradin - Stefan Bergqvist.

Attaquants : Mika Kortelainen - Jason Cirone - Giorgio De Bettin ; Reggie Savage - Dany Bousquet - Stefano Frigo ; Riccardo Mosele - Richard Laplante - Luca Rigoni ; Andrea Rodeghiero - Gianluca Schivo - Luca Roffo.

Remplaçant : Nicola Lobbia (G). Absents : Lucio Topatigh (fracture du larynx), Fabio Rigoni, Paolo Basso.

Coach : Benoît Laporte.

Keramin Minsk

Gardien : Leonid Grishukevich.

Défenseurs : Vadim Navitski - Alekseï Titavets ; Andreï Bashko - Aleksandr Riadinski ; Aleksei Verbitski - Vladimir Svita ; Vladimir Matveïev - Sergueï Paklin.

Attaquants : Dmitri Ovsiannikov - Oleg Malashkevich - Vladimir Khaïlak ; Guennadi Savilov - Valeri Ermolov - Dmitri Dudik ; Yaroslav Chupris - Alekseï Krutsikov - Dmitri Mialeshka ; Alekseï Monakhov - Pavel Valchok.

Remplaçant : Aleksandr Zarudny (G).

Coach : Evgueni Lebedev.

 

 

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