Canada - Allemagne (29 décembre 2002)

 

Match comptant pour le premier tour des Championnats du Monde des moins de 20 ans 2003, groupe B.

Les Allemands, qui ont vu Martin Hinterstocker repartir en avion au pays après une fêlure du tibia au match précédent, se présentent en victimes expiatoires. Le Canada a été si impressionnant lors de ses premières sorties que la seule question qui se pose consiste à savoir à quelle sauce les pauvres Allemands vont être mangés. Des T-shirts rouges ont été distribués aux spectateurs, transformant les tribunes en une gigantesque marée rouge qui s'attend à écumer devant un festival de buts.

Pourtant, tout ne se passe pas comme prévu pour les stars canadiennes. Comme un symbole, le roi des mises en échec Jordin Tootoo est même envoyé en prison pour charge incorrecte, la seule pénalité canadienne du match. Même s'ils sont bien sûr dominés, les Allemands ne lâchent rien et imposent un forechecking payant. Sous la pression, le défenseur canadien Brendan Bell passe derrière son but et dégage le palet plein champ sur David Danner, qui n'en demandait pas tant et qui propulse le palet dans la cage de David Le Neveu, qui s'attendait à une titularisation plus tranquille. Les Allemands, qui n'avaient pas marqué un seul but en deux rencontres, se permettent ainsi de mener au score contre le Canada !

Subissant la pression canadienne constante, les Allemands sont bien souvent mis à la faute et se retrouvent même à trois contre cinq, mais le jeu de puissance canadien n'est plus aussi efficace que dans les rencontres précédentes et les attaquants canadiens échouent tous sur Dimitri Pätzold. C'est tout le Canada qui découvre ainsi le jeune gardien de Mannheim, un des plus fameux représentants des "Allemands de la Volga", ces populations germaniques émigrées au Kazakhstan au dix-neuvième siècle, et qui ont été rapatriées dans la dernière décennie depuis la chute de l'URSS.

Il faut attendre le vingt-cinquième tir canadien de la partie, signé du n°25 Pierre-Alexandre Parenteau sur son propre rebond, pour que Dimitri Pätzold soit enfin battu. Et dix secondes plus tard, Scottie Upshall enterre déjà les espoirs allemands. Passée cette période difficile, Pätzold retrouve sa cuirasse de rempart invincible et multiplie les parades alors que son équipe passe dans sa moitié de glace quasiment toute la deuxième période, et y concède l'incroyable total de vingt-quatre tirs !

Les Allemands continuent à être les seuls pénalisés alors que leur jeu est moins rugueux que celui de leurs adversaires, et les locaux retrouvent de leur superbe grâce à deux lancers de la bleue de Carlo Colaiacovo, l'un direct et l'autre dévié par Jay McClement. Le Canada a donc fait oublier la torture qu'il a infligée à ses supporters en finissant par retrouver son jeu. Mais on retiendra de cette soirée, outre la nouvelle démonstration de Pätzold, cette équipe allemande bien placée, qui prend toujours des décisions judicieuses, et qui commet peu d'erreurs.

 

Commentaires d'après-match :

Marc Habscheid (entraîneur du Canada) : "Ce Pätzold a été incroyable aujourd'hui. Il couvre une grande zone de son filet et il réalise des arrêts miraculeux. Pour nous, ce fut un match utile car c'est la première fois que nous avons eu à être menés au score. Nous avions abandonné toutes les qualités qui avait fait notre succès. Nous avions besoin de les retrouver et c'est ce qu'on a fait en deuxième période. Cela montre qu'on ne peut pas de permettre de relâcher sa crosse dans ce tournoi et qu'il n'y a pas de petites équipes. Nous avons affronté l'adversité et c'est toujours difficile de se confronter à un gardien en si bonne forme."

Ernst Höfner (entraîneur de l'Allemagne) : "Cette atmosphère vaut la peine d'être vécue, je la considère même supérieure à celle des JO. Nous avons cherché à sécuriser notre zone et à éviter les rebonds. Mais contre ces futurs joueurs de NHL, cela ne peut pas réussir pendant soixante minutes. Comme on l'avait vu dans nos matches amicaux cette saison, où nous n'avions pas marqué un seul but en cinq matches contre la Suisse et la Slovaquie, nous nous créons trop peu d'occasions. Nos moyens techniques sont trop limités pour être vraiment dangereux devant le but adverse et pour mettre le palet au fond - si besoin au moyen d'un rebond. Quant à la façon dont l'arbitre a sifflé, elle traduit la pression qu'il doit subir avec la passion canadienne autour de ce tournoi."

 

Canada - Allemagne 4-1 (0-1, 3-0, 1-0)

Dimanche 29 décembre 2002 à 16h10 au Metro Center de Halifax. 10594 spectateurs.

Arbitrage de Rick Looker (USA) assisté de Peter Feola (USA) et Daniel Stricker (SUI).

Pénalités : Canada 2' (2', 0', 0'), Allemagne 22' (8', 8', 6').

Tirs : Canada 53 (12, 24, 17), Allemagne 14 (4, 4, 6).

Évolution du score :

0-1 à 09'05" : Danner

1-1 à 32'14" : Parenteau assisté de Roy et Rouleau

2-1 à 32'24" : Upshall

3-1 à 39'32" : Colaiacovo assisté de Wellwood et White (double sup. num.)

4-1 à 50'24" : McClement assisté de Colaiacovo

 

Canada

Gardien : David Le Neveu.

Défenseurs : Brendan Bell - Steve Eminger ; Nathan Paetsch - Alexandre Rouleau ; Jeff Woywitka - Carlo Colaiacovo ; Ian White - Matthew Stajan.

Attaquants : Jordin Tootoo - Jay McClement - Daniel Paille ; Pierre-Alexandre Parenteau - Pierre-Marc Bouchard - Brooks Laich ; Boyd Gordon - Kyle Wellwood - Scottie Upshall ; Joffrey Lupul - Derek Roy - Gregory Campbell.

Allemagne

Gardien : Dimitri Pätzold.

Défenseurs : Alexander Sulzer - Felix Petermann ; Stephen Wilhelm - Stefan Schauer ; Robert Bartlick - Martin Walter ; Dirk Wrobel.

Attaquants : Yannic Seidenberg - Marcel Goc - Adrian Grygiel ; Kai Hospelt - Marcus Kink - David Danner ; Christoph Ullmann - Alexander Barta - Josef Menauer ; Benjamin Barz - Max Seyller - Daniel Menge.

 

 

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